HUMEURS DES CHAPRAIS

26 juillet 2017

Et avant le magasin de luminaires, 9 rue des Chaprais, il y avait quoi?

Les chapraisiens se souviennent certainement qu'avant le magasin de luminaires, au 9 rue des Chaprais, exerçait là un coiffeur pour hommes.

lumi elec 9 rue des chaprais

Mais difficile de se souvenir que dès le début du XX° siècle, il s'agissait d'un marchand de parapluies. C'est ce que nous rappelle une chapraisienne qui se souvient de la boutique de ses arrière grands-parents puis celle de ses grands-parents. Elle nous a transmis beaucoup de photos qui vous donneront une idée de la physionomie de la rue des Chaprais et de ses commerces.

marchand de parapluies chaprais 9 rue des chaprais-3 (2)

Sur cette photo ancienne du début du XIX° siècle, on peut voir debout son arrière grand-père Monsieur Chambre avec sa femme assise et les enfants : Hélène Chambre la plus âgée, René Chambre et sa grand-mère Julienne Chambre qui a tenu ensuite le magasin. On remarquera que le magasin assurait la réparation des parapluies et ombrelles et vendait du linoleum et des toiles cirées.

La famille semble provenir de Corrèze et avait migré à Besançon où résidait une importante "colonie" auvergnate.

Julienne, la fille Chambre, est souvent citée comme Madame Gaston (le prénom de son grand-père , son mari ) Berche. Elle est née en 1901. Son mari M.Gaston Berche a travaillé comme électricien à L'Est Electrique qui se trouvait à l'époque 28 avenue Carnot. Il ne se doutait pas alors, que la boutique de son épouse deviendrait plus tard un magasin de luminaires et d'électricité

marchand de parapluies photo 2

Voici donc madame Berche vers 1919, devant sa boutique.

marchand de parapluies photos magasin rue des Chaprais_0002 (2)

Et voici l'état de la rue des Chaprais, après le bombardement de la gare, par l'aviation britannique le 16 juillet 1943.

marchand de parapluies photos magasin rue des Chaprais_0003 (2)

 

marchand de parapluies photos magasin rue des Chaprais_0004 (2)

Les grands-parents avaient acheté une maison, 24 rue Charles Fourrier, vendue il y a peu.

marchand de parapluies photos magasin rue des Chaprais_0005 (2)

 

Vous aussi, si vous avez des documents historiques sur le quartier, n'hésitez pas à nous les confier. Nous les numériserons et vous les rendrons. Contribuez ainsi à la rédaction d'une mémoire collective des Chaprais.

 Sources : madame Marielle Combe; M. Christian Mourey.

 


22 juillet 2017

Les Nouvelles Galeries autrefois

C'est l'été, le temps des lectures et des ballades. Et si partant du haut Doubs, nous revenions aux Chaprais puis dirigions nos pas vers le centre ville? C'est un peu à cela que nous invite le livre dont il est question ci-après....

Dans un livre de souvenirs intitulé "Enfance paysanne dans le Haut-Doubs : Pissenavache 1923-1938", M. Arthur Griffon évoque la vie paysanne dans ces années 30.

enfance paysanne 001 (2)

Jusqu'à 12, 13 ans, c'est l'âge des culottes courtes :

"Le premier complet, c'était à 12 ans pour la première communion, ce qui m'a permis de faire mon premier voyage à Besançon.Ma soeur Camille, de 6 ans mon aînée, sur les conseils de Melle Racle, institutrice, avait été placée à Besançon chez un de ses cousins, Monsieur Mathey, comme bonne (employée de maison).Elle était tellement timide et gênée devant les gens que l'institutrice disait à ma mère que ça lui ferait du bien de sortir un peu de Pissenvache. Je rappelle que c'était la seule fille de la famille avec sept garçons.....

Monsieur Mathey était directeur d'un grand magasin qui devait déjà s'appeler les Nouvelles Galeries. De fil en aiguille, si l'on peut dire, il avait été décidé que ma mère et moi descendions à Besançon pour acheter mon complet aux Nouvelles Galeries, que nous mangerions avenue Fontaine Argent chez M. Mathey, le voyage s'effectuant par le "tacot", petit train à vapeur qui circulait de Besançon à Mouthe et au-delà par Pontarlier....

Que de découvertes en ville et aussi chez ces gens où nous mangions à midi. Une odeur d'abord indéfinissable, de cire sans doute, associée à quantité d'autres qui font que, comme dans les "pots pourris", chaque maison exhale une odeur différente. Un intérieur dont le seul souvenir est que je n'en connaissais pas de pareil"...

C'est à la fin du XIX° siècle qu'avait été créée la société des Nouvelles Galeries qui devait s'implanter rapidement dans les grandes villes. Le magasin de Besançon fut tout d'abord installé, semble-t-il, dans la chapelle désaffectée du couvent des dames de Battant, 59 rue des Granges, là où s'est installé la grande librairie L'intranquille.

Le magasin déménagea s'installa ensuite, pas très loin , en face, en lieu et place de ce qui avait été l'hôtel National, au 44 rue des Granges. Voici ce qu'en disent les historiens Lionel Estavoyer et Jean-Pierre Gavignet dans leur livre " Besançon, ses rues, ses maisons"publié chez Cêtre.

besançon ses rues ses maisons 001 (2)

"Au début du siècle, l'hôtel National était composé de quatre bâtiments qui encadrait une cour en quadrilatère allongé. Sur la rue des Granges se trouvait une construction basse qui abritait des magasins avec entresols. Elle était percée d'une grande porte cochère et couverte d'un toit mansardé. Au fond de la cour s'élevait le bâtiment le plus important : un café s'y logeait, ainsi que les cuisines, le bureau de l'établissement et, à l'étage, de vastes salles dont les portes-fenêtres ouvraient sur un grand balcon"....

nouvelles galeries modif 1909

 

nouvelles galeries 7

nouvelles galeries pub juin 1932

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                         Affiche de 1932

 

nouvelles galeries 3

Les mêmes auteurs, dans le même ouvrage, indiquent concernant les numéros 60,62,64 Grande Rue, là où sont installés Les Nouvelles Galeries devenues, depuis,  Galeries Lafayette:

"Rappelons que ces numéros étaient occupés à la Belle Epoque par un grand magasin de nouveautés, "Le Bon Marché". L'entrée était placée au 60; les fenêtres du premier étage, élargies, servaient de vitrines. De grandes devantures de bois habillaient le rez de chaussée des trois immeubles. Aux numéros 62 et 64, séparant les étages et les baies, des placards annonçaient le nom du magasin et énuméraient les articles très divers qu'il débitait : tapis, étoffes, costumes pour dames, fourrures, vêtements sur mesure pour hommes et enfants, corbeilles de mariage, etc."

Ci-dessous, illustrations p.39 du livre de Lionel Estavoyer et Jean-Pyerre Gavignet "Besançon autrefois".

bon marché 003

Quand ces deux magasins ont-ils fusionné? A vous de nous le dire...

bon marché personnel 2

Ce que nous pouvons cependant préciser, c'est que l'ouverture de ce grand  magasin, côté place du Quatre Septembre, ne se fit qu'en...1977!

Sources : livres cités de Lionel Estavoyer et Jean-Pierre Gavignet; archives municipales.

19 juillet 2017

La dame qui saignait du lait....

Voici un souvenir d'enfance de M. Pierre Brendel alors qu'il était enfant et habitait avenue Fontaine Argent.

 

pierre brendel

 


"Maman,Maman,j'ai vu une dame qui saignait du lait !!! ( C'est un enfant de 6 ans qui s'exprime ainsi ).

 

lait 2

 


Chaque matin,ma soeur ou moi,étions chargés d'aller cherché le lait nécéssaire pour la journée,cela impliquait de se lever de bonne heure,pour faire  la queue pour se faire servir.

A ce moment,je suis intrigué par ce que je vois,une dame est couchée par terre,devant une porte cochère,elle semble dormir ,ou alors elle est morte.

Dès lors,la tâche qui m'était confiée n'existe plus,je suis fasciné et j'entends dire :"elle va se réveiller ",dans mon esprit,cette dame a passé la nuit là,curieux tout de même cet endroit pour dormir !!!!!

 

lait 3

 

Son bidon à lait s'est renversé,et ,est tombé entre elle et la porte cochère,encore fermée à cette heure,le trottoir à cet endroit est en déclivité,si bien que le lait s'est déversé,en passant sous le corps de l'endormie,pour rejoindre le caniveau, je pouvais ainsi croire,que cette dame,que je croyais morte,saignait du lait.

 

lait 4

 

Ce jour là,tellement choqué,par cet incident,je rentrerai à la maison,sans lait.


J'apprendrai plus tard,beaucoup plus tard,que cette dame,avait fait une crise d'épilepsie,et était dans cet état,ce jour là,après une de ses crises."

Si vous aussi vous avez des souvenirs d'enfance passée aux Chaprais, d'anecdotes, n'hésitez pas à nous les communiquer. Nous ne manquerons pas de les publier.


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15 juillet 2017

Le bombardement de la gare Viotte : histoire d'une photo.

Le lendemain du bombardement de la gare Viotte, dans la nuit du 15 au 16 juillet 1943, nombreux sont les bisontins qui voulurent se rendre compte par eux-mêmes des dégâts provoqués par les bombardiers de la Royal Air Force.

Monsieur Raymond Perrin, alors Inspecteur aux Salines de Franche-Comté dont les bureaux étaient situés au 20 rue Carnot, fut une sorte de témoin privilégié puisqu'il habitait alors, avec son épouse et sa fille, au 1 rue Klein qui correspondait alors avec le 43 avenue Carnot.

Sa fille nous a confié ces photographies réalisées alors par son père et nous en a précisé les circonstances.

Au moment de l'alerte déclenchée lors de ce bombardement, les occupants du 1 rue Klein voulurent se réfugier dans la cave de l'immeuble. M. Perrin peu confiant dans cet abri les entraîna dans celui du garage Citroën 49 av. Carnot. Heureusement car après le bombardement les habitants constatèrent effondrement d'une partie de l’immeuble et de la cave. M. Perrin fit alors de nombreux clichés . Et parmi ces clichés , cette photo célèbre (qui a pu être prise par un autre photographe?) de la chambre de M. Monnier, avec la bombe non éclatée sur le lit. 

bombardement juillet 43 r perrin bombe 43 av Carnot non eclatee 001 -2-

Madame Elisabeth Pastwa la reproduit, page 41 (celle de M. Perrin ou d'un autre photographe?) dans son livre consacré à Besançon 1940/1944. Elle situe bien cette chambre prise en photo avenue Carnot.

A quand d'ailleurs la réédition de ce livre aujourd'hui épuisé? (à noter que dans son livre sur Besançon, collection Mémoire en images ed Alan Sutton , madame Eveline Toillon reproduit la même photo p.113 et indique qu'il s'agit d'une chambre de l'hôtel Terminus!).

Sur les photos suivantes (inédites?), on voit M. Monnier poser à côté de "sa" bombe (cliché R. Perrin)

bombardement juillet 1943 t perrin M

 . La 3° photo représente R. Perrin devant l'immeuble qu'il habite 1 rue Klein.M. Perrin disposait pour son appareil photo d'un trepied et d'un retardateur.

bombardement juillet 1943 r perrin devant degats 1 rue Klein 001 (2)

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12 juillet 2017

Photos insolites prises dans notre quartier

C'est l'été! Nous vous proposons trois photos insolites prises dans notre quartier des Chaprais....

insolite chat et souris

Depuis le temps  que ce chat court après cette souris, il aurait dû l'attraper, non. Cela se passe avenue Fontaine-Argent...et ça change des grafitis qui n'ont de sens que pour leur auteur et qui s'avèrent n'être qu'actes de vandalisme!

insolite 2

 

Il observe la circulation rue de l'Eglise et de Belfort. Les bruits de la rue ne nous permettent pas d'entendre ce qu'il semble nous murmurer....

insolite 7

Il avait été accroché là, rue Marie-Louise! Afin d'éclairer les passants?

Si vous avez d'autres légendes à nous proposer, n'hésitez pas!

 

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08 juillet 2017

Braquage à la pharmacie...

Dans nos articles de l'été, nous évoquerons des faits insolites, nous publierons des photos amusantes, etc. bref, nous essairons de vous distraire...Ce fait divers vous est apporté par Alain Prêtre, membre du groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais. Il a mené l'enquête pour vous....

 

Nous sommes au mois d'août 1983 , pharmacie Lutz, avenue Carnot ( elle était alors situéeà la place actuelle de la boutique Work 2000).

work 2000 (1)

Un individu entre brutalement dans  l'officine , braque la pharmacienne, arme au poing. Avec un accent espagnol prononcé , il crie «  la caisse! »

Pharmacie actuelle (1)

Mme Oudet , lui remet aussitôt l'argent. Mme Gaiffe , la préparatrice en Pharmacie  qui se trouve dans l'arrière boutique  remarque que l'homme a des chaussures de couleur vive .. L'alerte est donnée. Munie de ces témoignages , la police arrête le voleur, peu de temps après ,sur le quai de la gare Viotte ,  ... repèré grâce a ses chaussures! Il a encore en poche , les rouleaux de monnaies remis à la pharmacie..

place flore hold up pharmacie juillet 83 (2)

 

Le pistolet du voleur était en plastique,  se souvient la pharmacienne....
Merci , à Mme Oudet et à sa préparatrice de l'époque Mme Gaiffe ( elle illustre d'ailleurs l'article de l'Est Républicain , photo Bernard Faille ).

 

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01 juillet 2017

Avez-vous remarqué la tombe de M. Tripard, au cimetière des Chaprais?

Lors du dernier café histoire que nous avons organisé, une participante a attiré notre attention sur la tombe d'un membre lointain de sa famille, M. Tripard. En fait ce sont deux tombes jumelles, surmontées de croix en pierre, que l'on aperçoit aisément dès l'entrée du cimetière, rue de l'Eglise, car sont enterrés là M. Tripard et son épouse.

P1040569

Sur la stèle funéraire on peut lire ceci :

Ci git

Constant TRIPARD

Conseiller honoraire à la Cour

de Besançon

Chevalier de la Légion d'honneur

décédé à Arceau

le 10 septembre 1884

âgé de 72 ans.

Il mourut en pardonnant

Fiat volontas tua!

Cette dernière citation latine signifie tout simplement : Que ta volonté soit faite!

Tripard

Pourquoi cette inscription énigmatique : il mourut en pardonnant....

La réponse se trouve dans Le Petit Comtois daté du 3 septembre 1884.

petit comtois titre

Sous le titre :

" Le double assassinat d'Arceau

Un crime horrible a été commis dimanche dernier dans le village d'Arceau, situé à environ 15 kms de Dijon.

M. Tripard, ancien conseiller à la Cour de Besançon, avait eu, en 1873, à diriger les débats de la Cour d'Assises dans une affaire de meurtre.

L'accusé, Hippolyte Marquis avait tué à coups de bâton dans une rixe, un de ses adversaires.

Reconnu coupable avec circonstances atténuantes, cet homme avait été condamné à 5 ans d'emprisonnement et en sa qualité de président M. Tripard avait prononcé la condamnation.

Marquis avait gardé à ce magistrat une haine profonde et avait juré de se venger.

Il sortit de prison en 1880 et son premier soin fut de rechercher M. Tripard. Ayant appris qu'il avait fait valoir ses droits à la retraite et qu'il habitait avec sa famille le village d'Arceau, Marquis vint se loger l'année dernière dans cette locakité et travailla chez plusieurs cultivateurs en attendant un moment favorable pour mettre à éxécution sezs sinistres projets.

Cette occasion ne s'étant pas présentée Marquis disparut ujn certain temps; mais vendredi dernier, il revint à Arceau et occupa sa journée, aisi que la suivante, à surveiller son ennemi.

Dimanche matin, il se rendit à l'église où M. Tripard entendait la messe en compagnie de son fils aîné.

Marquis attendit que tout fut terminé et lorsque M. Tripard reprit le chemin de la maison, il le suivit de loin.

Arrivé près de la porte, Marquis tira de sa poche un revolver et fit feu deux fois à bout portant.

Le vieillard tomba; au bruit des détonations, M. Tripard fils qui précédait son père de quelques pas se retourna et s'élança vers l'assassin; mais celui-ci lui déchargea son arme en pleine poitrine et le malheureux tomba raide mort.

Plusieurs personnes accouraient en ce moment. Marquis profitant de l'émotion générale, prit sa course à travers champs mais des chasseurs se mirent à sa poursuite et l'un d'eux, M. benoit, ex-maire d'Arceau, l'arrêta en le menaçant de son fusil.

Pendant que l'on transportait dans sa chambre le corps de M. Tripard fils, d'autres personnes prodiguaient leurs soins au père qui respirait encore; mais l'état de ce dernier est à peu près désespéré, car il a reçu dans le dos deux balles qui n'ont pu être extraites et qui ont causé dans l'organisme des lésions très considérables.

Hier matin ont eu lieu les obsèques de M. Tripard fils mais auparavant Marquis a été confronté à sa victime.

L'assassin est écroué à la maison d'arrêt de Dijon.

M. Tripard ainsi que toute sa famille jouissait de l'estime et de la sympathie de tous les habitants d'Arceau. Aussi ce double crime a-t-il provoqué dans la région une émotion profonde et une indignation générale."

 

Tripard 3

 

Nous pouvons lire la suite dans Le Petit Comtois du 12 septembre 1884. Il est annoncé le décès (le 10 septembre) des suites de ses blessures, de M. Tripard et précisé que son corps ainsi que celui de son fils seront ramenés à Besançon, par le train de Dijon. Une cérémonie funéraire a été organisée à l'église Saint Martin des Chaprais.

24 juin 2017

Je me souviens de la SIOR : entretien avec M. Michel ARBEY, ancien cadre

A bientôt 90 ans, M. Michel Arbey peut évoquer son passé avec une mémoire quasi infaillible et une certaine fierté ! Pourtant, «  il n’en rajoute pas » comme l’on dit souvent.

michel arbey

Mais jugez plutôt !

Né à Besançon le 15 août 1927, il doit, à 15 ans et demi, pour des raisons impérieuses, quitter l’école d’horlogerie où il est en formation pour travailler dans une entreprise d’horlogerie qui fabrique des boîtes de montres en or et en acier chez Albert Edgard alors installé 11 rue de la Grette. Entré le 1er janvier 1943,  il y travaille jusqu’au 30 avril 1945. Puis  Beauchêne et Bredillot lui proposent de l’embaucher afin qu’il termine, son apprentissage du 2 mai 1945 au 5 décembre 1946. Il  enchaîne, aussitôt par un emploi chez Bourgeois, embauché par le directeur technique M. Robert Bouchet. Mais il doit  quitter cet emploi le 28 juin 1947 afin d’accomplir ses obligations militaires comme mécanicien dans l’aviation à la base de Dijon. Et dès sa libération le 15 juin 1948 il entre directement à la Société Industrielle d’Outilleurs réunis (SIOR) créée le 8 novembre 1947 par M. R. Bouchet, l’ancien directeur technique de chez Bourgeois, M. Marcel Brun outilleur à la Société Industrielle de Fabrication d’Outil de Précision (SIFOP), M. Gaston Régnier également outilleur à la SIFOP et M. Henri Leidelinger, quincailler à Fraisans et qui possédait un élément clef dans cette France à reconstruire après la guerre une autorisation alors indispensable pour acheter de l’acier. Nous sommes alors en juin 1948 ; l’entreprise vient de s’installer dans un atelier 95 rue de Belfort.

sior 2

Commence alors l’aventure formidable de la SIOR dans le quartier des Chaprais, puisque si l’entreprise déménage en 1956, c’est pour une usine nouvelle construite par ses soins au n° 20 de la rue des Jardins. Elle y restera jusqu’en 1993 année de son transfert définitif dans l’agglomération bisontine, à Chaudfontaine, où la SIOR en 1978 avait déjà commencé à aménager un atelier afin d’y transférer certaines de ses fabrications. La rue des Jardins avait alors perdu son dernier maraîcher, les jardins ayant été grignotés les uns après les autres par des constructions d’immeubles.

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Au sein de cette SIOR qui évolue, M. Michel Arbey évolue lui aussi. A 22 ans il est déjà, dans la classification professionnelle de l’époque reconnu comme Ouvrier professionnel 3° niveau (OP 3).  Ce qui a toujours été considéré comme le niveau envié des outilleurs.

sior 3

Le 2 octobre 1966, il devient cadre : il assure alors, à la tête d’une équipe comprenant des mécaniciens et des électriciens l’entretien (nous dirions aujourd’hui la maintenance) du parc de quelques 50  machines. Il est devenu une sorte de « roi de la mécanique » établissant le diagnostic des pannes et donnant les instructions pour leur réparation. Il s’implique alors dans la formation des jeunes qui sortaient d’école, dans les jurys de CAO auxquels ont toujours participé les professionnels. Il accompagne également des équipements commandés à l’étranger, comme en Allemagne afin de veiller à leur mise en route.

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L’heure de la retraite sonnera en le 30 août 1987. Commencera alors pour ce père de famille de trois enfants, grand-père, arrière, arrière-arrière, veuf puis remarié, l’ère des voyages, des randonnées, avec l’ascension du Mont Blanc pour ses70 ans, accompagné de son épouse, et des treks à l’étranger.

Cette vie professionnelle bien remplie, ces activités physiques mais aussi son art du bricolage dans l’aménagement d’une grande maison à Saint-Vit, nous incitent à penser que cet homme là est du bois à faire des centenaires !

Illustations : photos tirées du livre METALIS 75 ans d'aventure humaine publié en 2012. Tous droits réservés.

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17 juin 2017

Le parc des Chaprais de la rue de l'Eglise

Samedi dernier, c'était la fête traditionnelle du quartier des Chaprais dans le parc de la rue de l'Eglise. Ce parc, comme le rappelle une plaque apposée à l'entrée, a été donnée à la ville par M. André Millot. Et ce en souvenir de sa famille qui a habité pendant plus de 250 ans dans notre quartier et qui fut propriétaire du quotidien Le Petit Comtois.

andre millot photo 2

André Millot est né à Besançon le 19 mars 1913, villa des Iris, rue de l'Eglise (décédé à Paris le 7 février 1999).

andre millot tombe 4

Son grand-père, Jean Millot (1843-1922), s'était associé à son frère Georges (1845-1903), tous deux travaillant dans une imprimerie, afin de fonder, en 1882, une imprimerie artisanale typographique au 7 square Saint-Amour. Elle sera ensuite transférée au 20 rue Gambetta. Imprimeur du journal Le Petit Comtois, dont le premier numéro parut le 1er août 1883, sous la direction de Jules Gros, ils rechetèrent ensuite ce journal par divers actes se succédant de 1886 à 1903.

petit comtois n°& 1 08 1883)

millot frères imprimerie

Le père d'André, Louis (1884-1967) fit construire la villa des Iris en 1910, sur un terrain acheté par sa famille. Jusqu'alors, la famille Millot habitait en face, au 62 rue de Belfort, maison aujourd'hui disparue (l'emplacement est occupé par la station d'essence). Il avait repris la direction du journal jusqu'à la diparition de ce quotidien en 1944.

 

André Millot

C'est donc André Millot qui donne donc son parc à la ville, en 1978. Mais qui est ce fils de Louis Millot ?

parc des chaprais (2)

Tout d’abord notons qu’il a un frère aîné, Jean, né en 1911, au 6 rue de l’Eglise, qui dirigera longtemps une publication du groupe familial La France Horlogère jusqu’à sa fin tragique en 1986.

france horlogere

André a commencé ses études au lycée Victor Hugo à Besançon. Puis, avec son frère Jean, des études de Droit, à Paris. Ils habitaient alors un logement qui est resté dans la famille, rue Beaubourg. Etudes suivies de  trois années à l’Institut des Sciences Politiques de Paris dont il sort major.  Durant deux années il effectue des séjours comme auditeur libre dans des universités et instituts à Fribourg, Londres, Milan .A l’étude des langues, il ajoute l’histoire de l’art. Sa formation culturelle, linguistique, politique est donc très importante. Il semble avoir été éduqué, formé pour succéder alors à son père Louis, à la tête du Petit Comtois. Les événements en décideront autrement. Si quelques années avant la guerre, il entre à la rédaction du quotidien régional, dès la déclaration de la guerre il est mobilisé et affecté à l’Etat Major du 7° corps d’armée, puis à la 2° division légère de cavalerie comme aspirant. Démobilisé après l’armistice, il rejoint Le Petit Comtois. Mais l’équipe est extrêmement réduite. L’édition ne compte plus que 4 pages, voire deux en 1943. C’est le temps de la publication obligatoire des communiqués officiels qui émanent des administrations de l’Etat Français ou des autorités occupantes allemandes. Le temps du contournement de la censure des articles à double entente, du soutien moral à la population. Il va, dès 1943,  participer activement au mouvement clandestin ORA (Organisation de Résistance Armée), cellule Domergue du groupe Libération, est-il précisé dans un article publié dans La France Horlogère à l’occasion de son décès. Il semble qu’il passait des messages, de l’argent, des informations. Une perquisition sera effectuée par les allemands au domicile familial du 6 rue de l’Eglise. Mais ils n’ont rien trouvé. Arrêté à Besançon au titre du STO (Service du Travail Obligatoire), il s’échappe en zone libre et rejoint Villars les Dombes où la famille possède une maison. C’est en 1943 qu’il se marie avec une cousine germaine.

A la libération Le Petit Comtois ayant cessé de paraitre sur ordre des autorités allemandes le 22 mai 1944, il ne parvient pas, cependant, à obtenir l’autorisation de reparaître. André Millot se retrouve donc sans emploi. Un ami lui indique que le Ministère des Affaires Etrangères recrute alors d’anciens résistants. Il commence donc une carrière dans l’administration centrale. Puis il occupera divers postes en Europe avant d'être nommé Ambassadeur de France en Albanie peu avant sa retraite en 1974.

A la mort de son frère Jean, il s'occupera de la rédaction de La France Horlogère, sa fille, Isabelle en assumant la direction jusqu'à sa disparition en 2008.

france horlogère une revue

L'année prochaine, les chapraisiens seront invités, dans le cadre de la fête des Chaprais, à honorer la mémoire d'André Millot, à l'occasion du 40 éme anniversaire de la donation de ce parc.

 

millot affiche 1

 

 

 Sources : Famille Millot, Le Petit Comtois, France Horlogère, Roger Chipaux.

 

 

 

10 juin 2017

Je me souviens des garages des Chaprais: entretien avec M. Pierre Brendel

Même s’il n’habite plus les Chaprais, M. Pierre BRENDEL, à 80 ans, reste un chapraisien de cœur. Car il a vécu et travaillé une bonne partie de sa vie dans notre quartier.

pierre brendel

Et ses souvenirs en sont restés particulièrement vifs.

A l’origine, magasinier autos profession, il semble que cette passion pour la mécanique remonte à loin. A son arrière grand-père Georges, né en 1852 et mort en 1943 à 91 ans qui était déjà mécanicien réparateur au PLM?

A son grand-père Jean, mécanicien également  au PLM et qui habitait 125 rue de Belfort.

Ajoutons l’autre « Jean », le père, que l’on appelait Georges, né au 125 rue de Belfort le 26 juin 1910; il était mécanicien au garage Thieulin.

A propos de ce garage, M. Pierre Brendel se souvient avec précision des 3 sites dont disposait l’entreprise, avenue Fontaine-Argent :

- au n°20 était la station service, lavage, graissage ;

- au 22 on réparait les véhicules de tourisme ;

- au n°24 c’était les véhicules poids lourd.

Le 20 juin 1955, les actionnaires de l’entreprise Thieulin ont vendu leurs actions à PEUGEOT (alors rue de la Préfecture).

Thieulin alors représentait la marque RENAULT. Il a donc fallu, du fait de cette vente, trouver un local afin de stocker les pièces de la marque Renault. Ce fut au 27 avenue Carnot, en face du Sacré Cœur : une station service fut installée qui restera dans le quartier jusqu’à ce que Renault construise ses garages sur le boulevard.

Les poids lourds  étaient alors réparés rue de l’Eglise, après la salle des ventes actuelle.

Pierre travaillait dans ce garage avenue Carnot, chez Renault. Son père également. Comme il était magasinier, les conflits qui naissaient entre son service et celui de la réparation où œuvrait son père, se poursuivaient souvent à la maison. Aussi Pierre quitte le domicile familial pour un emploi, toujours chez Renault, à Morteau où il se retrouve seul. Il n’y reste pas longtemps car sa sœur qui est secrétaire l’avertit qu’un poste de magasinier est disponible rue de la Rotonde aux Véhicules Industriels. Il y est resté 38 ans !

véhicule industriel 2

René Guinot, le patron est propriétaire d’une maison rue du Château Rose. Il a exploité ce garage jusqu’à sa mort en 1964. L’entreprise a duré encore 2 ans, mais faute d’union entre les 12 salariés, elle a été rachetée en 1966 par le groupe Blondeau qui s’est débarrassé pour cela de son affaire dans les carburants. LA SNVI nouvelle est alors née, installée à Roche les Beauprés. En 1984, elle changera de patron puis s’installera en 1993, dans des nouveaux locaux sur la zone de transport.

M. Brendel se souvient de deux anecdotes particulières qui remontent toutes deux à son enfance.

véhicule indus facture 1941

En 1941, le garage est réquisitionné afin d'abriter des véhicules allemands!

En 1942, avec sa mère et sa sœur, il devait se rendre voir sa marraine qui habitait le haut de la rue de Belfort. Elle avait cuit  une tarte aux pommes et Pierre qui avait alors 6 ans, en voulait, en chemin, une part. Place de la Liberté était alors installé le poste de police du quartier. Comme il se rebellait contre sa mère, le planton du poste de police est venu le chercher, l’a emmené au poste et pour lui donner une leçon, et comme il ne se calmait pas, il l’a enfermé dans une pièce noire ! Il n’y serait resté que 10 minutes qui lui semblèrent des heures et il eut la peur de sa vie qui se traduisit en sanglots ! En 1944, on est aussi passé sur cette place. Des chaises étaient installées. On y tondait des femmes en dessinant sur le crane une croix gammée. Le jeune Pierre troublé a demandé à sa mère ce que ces femmes avaient fait. Elle préféra ne pas répondre…

Interroger Pierre sur la vie du quartier autrefois l’entraîne à évoquer de nombreux souvenirs : ceux de l’Aiglon et son équipe de gymnastique avec René Bolley, champion de France; ceux de la Commune des Chaprais la Mairerie qui s’installait au Café du Cercle , 37 rue de Belfort !  avec  comme « maire »  messieurs Morivel et Thévenot.

Il se souvient également de l’union artistique et intellectuelle des cheminots installée dans des préfabriqués rue de la Viotte dans les années 50 et 60. Il y avait des représentations de pièces de théâtre et on y tirait les rois. L’accès en était réservé aux cheminots et à leurs invités. Vers 20h le soir, il y avait un petit spectacle de type One Man Show, puis c’était le bal. C’était gratuit. Il y avait des filles, bien sûr. Mais tout se terminait à minuit et demi.

Pierre aurait encore bien d’autres souvenirs à partager. Sa générosité et son altruisme l’ont amené, à la retraite, à être bénévole chez les Compagnons d’Emmaüs durant 8 ans à raison de 20h par semaine. Et pour cela, il s’installa même à Planoise.

S’il existait un titre de Citoyen d’honneur des Chaprais, nul doute que Pierre Brendel en serait un des premiers affublé ! Nous lui souhaitons de nombreuses années de belle vie !