HUMEURS DES CHAPRAIS

24 septembre 2016

Besançon ville horlogère

eveline

Les éditions Alan Sutton viennent de rééditer un ouvrage d'Eveline Toillon, publié pour la première fois en l'an 2000. Son titre , "Besançon ville horlogère". Eveline Toillon est bien connue pour ses ouvrages concernant la ville de Besançon. Le plus célèbre est certainement celui concernant "Les rues de Besançon" publié aux éditions Cêtre; ou encore, aux éditions Alan Sutton, en 1998,  " Mémoire en Images : Besançon".

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Si le quartier des Chaprais apparaît peu, et pour cause, dans cet ouvrage historique, notons toutefois la mention de l'horloger AMIET qui était installé 5 rue des Chaprais et dont deux chronomètres sont reproduits : celui offert au Pape Léon XIII par le diocèse de Besançon en 1888, et celui offert en 1889, par des royalistes franc-comtois, au comte de Paris (un siècle après la Révolution française, tout un symbole!). Ajoutons que la mairie de Saône possède un mouvement d'horloge estampillé Amiet.( Pour plus de détails sur AMIET, vous pouvez vous reporter au billet en date du 21 juin 2014 : saisir ce nom dans le moteur de recherche).Ci-dessous, le chronomètre offert à Léon XIII.

amiet chrono léon XIII

Autre évocation, LIP, installé rue des Chalets avant de quitter ces murs pour une usine flambant neuf à Palente. 

Enfin, une mention qui nous concerne indirectement, l'évocation de la revue La France Horlogère : si le siège de ce journal puis revue était au 20 rue Gambetta, depuis sa création en 1901, rappelons qu'elle appartenait à l'imprimeur Millot qui rachètera Le Petit Comtois. Cette famille a longtemps habité les Chaprais et un des descendants, André Millot, a légué à la ville le terrain du Parc des Chaprais actuel, rue de l'Eglise. Nous aurons l'occasion de revenir sur la famille Millot dans un prochain billet.

Ci-dessous le bâtiment de l'ancienne imprimerie Millot, 2àà rue Gambetta

eveline toillon millot

Chacun le sait, le développement de l'horlogerie à Besançon, a commencé dans la Boucle. puis s'est étendu à Battant. Et au début du XX° siècle, parallèlement au développement des Chaprais, les horlogers s'implantent dans notre quartier. Tout d'abord timidement : dans l'annuaire des métiers de l'horlogerie datant de 1883, sauf erreur de notre part, on en compte 7 (contre 250 recensés parmi les 5 métiers de l'horlogerie dont un membre au moins est installé aux Chaprais. 

Le métier le plus important alors était celui d'établisseur : on en comptait 142, en 1883, à Besançon dont un seul, Barbazat Constant installé à la Grande Viotte (qui englobait alors la rue Nicolas Bruand qui fait partie des Chaprais). 

Que faisait l'établisseur? Il se qualifiait souvent lui-même de négociant ou fabricant en horlogerie. Il disposait d'un réseau très dense de sous-traitants chargés d'élaborer les différentes parties d'une montre (boîte, cadran, aiguilles, mouvement, etc.). Il faisait ensuite assembler ces différentes pièces dans ses ateliers.

Toujours en 1883, on compte, aux Chaprais, un seul graveur-guillocheur, GRY à la Mouillère sur 46 à Besançon. Un seul fabricant de secrets sur 14, madame Ravillers (veuve), rue de la Cassotte. Un seul commissionnaire-courtier , madame Craplet (veuve) rue de Belfort (8 pour la ville). Et enfin 3 marchands horlogers-rhabilleurs sur 40 : Cattin Elie, Jacob-Descombes, Roche, tous 3 rue de Belfort

La production de montres, à Besançon, était alors de plus de 491 000!

Trente ans plus tard, en 1913, on recense 27 noms dans 7 métiers de l'horlogerie qui comptent 192 noms sur l'ensemble de la ville!Citons les plus nombreux, les établisseurs, qui sont 18 aux Chaprais (108 sur la ville):

Antoine, avenue Fontaine-Argent; Bailly, 7 bis rue de la Cassotte; Benoit P, 14 rue du Chasnot; Beauclerc C. 9 avenue Carnot; Charles, 8 avenue Fontaine-Argent; Favre-Heinrich (les fils) avenue Denfert rochereau; Gindrot-Vieille 1 avenue Denfert Rochereau; Humbert 13 rue de la Mouillère;

horloger paul humbert

 

Leschot 19 avenue Denfert Rochereau; Levy P. 19 avenue Carnot (à noter le téléphone n° 1.41); Lipman, rue des Chalets (tel 099); Loiseau rue des Noyers (actuelle rue Krug) avec tel. 0.03; Mathias et Ulman 5 rue de la Mouillère; Meyer (Utinam) rue des Villas; Richert Laval (Perla) villas bisontines; Simon N. 8 avenue Fontaine Argent; Trincano (le futur directeur de l'école d'horlogerie?) 19 avenue Fontaine Argent. Si 9 de ces établisseurs sur 108 au total sur la ville possèdent le téléphone, ils sont déjà 3 aux Chaprais sur 18 ! A noter les deux marques de montres "Utinam" et "Perla".

Nous continuerons, bien sûr, à étudier le développement de l'horlogerie aux Chaprais et vous révélerons d'autres marques horlogères aujourd'hui disparues.

Ont déjà fait l'objet d'un billet, sur ce blog, les marques ou maisons horlogères suivantes : Amiet, Kelton, Lip, ATO, Petolat Frères et Anguenot, Nappey, Gezismar, Philipe, Unic, les spiraux français, etc.

A noter la conférence d'Eveline Toillon, au FJT La Cassotte, le jeudi 29 septembre à 20 sur L'histoire des rues des Chaprais.

eveline


17 septembre 2016

Exposition du sculpteur Paul GONEZ

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Depuis le jeudi 14 septembre 2016, à l'ancien Conservatoire de Musique et  l'Ecole des Beaux-Arts, place de la Révolution, une exposition intitulée " De l'âge du fer à l'âge du bronze" nous donne à voir (et admirer) le travail de sculpteur de Paul GONEZ.

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Pourquoi évoquer cette exposition et la biographie de ce sculpteur (rédigée par Alain Prêtre, membre du groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais), alors que cette expo se déroule au centre ville et que l'atelier de Paul Gonez est installé rue de l'Avenir (proche des Chaprais, certes...).

Tout simplement parce que Paul Gonez a été étudiant à l'école des Beaux Arts de Besançon dont l'atelier sculpture se situait dans le vallon de la rue Isembart.

Ci-dessous : photo de l'intérieur de l'atelier de sculpure de l'école des Beaux Arts à Isembart (à gauche, le professeur Jacques Voitot); photo de l'extérieur du bâtiment de l'atelier, datant de 1958: devant le bâtiment de la Gangloff, celui en tole avec une verrière (cliché B. Faille site Mémoire Vive de la ville de besançon).

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Et puis, c'est dans son atelier, même s'il n'en est pas l'auteur direct, qu'a été conçue et assemblée la sculpture dire du "Cheval Blanc" de la rue de Belfort, visible depuis le parking du supermarché Casino. Ces proximités valaient donc bien ces quelques lignes....

Paul Gonez qui vit et travaille en Franche Comté, est né à Savenay (Loire Atlantique) en 1946 d'une famille originaire du Nord de la France.(ci-dessous, Paul Gonez, dans son atelier, en 2016).

Gonez photo 2016 atelier

Au cours de cette même année, ses parents vinrent s'installer dans la région nantaise ou son père réorganise et réinstalle, après les années de guerre, l'Ecole Normale à Savenay. Puis ses parents furent nommés à Besançon en 1954. Son père devenant intendant à l'école Normale, rue de la Madeleine à l'époque et sa mère, institutrice à l'école de l'Helvétie.

C'est donc à l'âge de 9 ans que Paul Gonez commencera à trouver ses racines en Franche-Comté.

A partir de l'âge de douze-treize ans, il passera son temps libre dans un petit local de la maison familiale, «  le capharnaüm » où, déjà, il démontera, transformera toutes sortes d'objets usuels ou mécaniques. C'est ainsi qu'il collectionnera fossiles, insectes, squelettes d'animaux, vieilles monnaies, anciens outils, reproductions de sculptures en plâtre.

Collégien, il suivra les cours du jeudi  aux Beaux-arts de Besançon et commencera à réaliser des figures d'animaux en acier soudés dans l'atelier de ferronnerie et de menuiserie de l'Ecole Montjoux.

Ensuite, c'est tout naturellement sur les conseils et encouragement de son professeur Jean Gilles qu'il entrera aux Beaux-arts en 1962. Il étudiera de 1962 à 1966 principalement sous la direction des professeurs de sculpture et de dessin Jean Gilles, Georges Oudot, Jacques Voitot.

Entre 1966 et 1968, il effectuera son service militaire notamment à Baden-Baden en Allemagne ou on lui permettra également de réaliser des sculptures dans l'atelier de mécanique de la caserne.

A son retour fin 1968, il obtiendra le poste de dessinateur à l'institut de géographie de la Faculté de Lettres de Besançon et ce , jusqu'en 1973

C'est pendant cette période qu'il créera de nombreuses sculptures en acier soudé d'inspiration animalière anomatiquement réaliste mais aussi imaginaires et souvent de grandes dimensions.

A partir de cette date, il se consacrera exclusivement à son art et commencera à pouvoir en vivre.

1974 sera l'année de sa première commande d'Etat (Collège de Frasne).

En 1976, il achètera un ancien bâtiment (première usine de Bourgeois Découpage) rue de l'Avenir à Besançon, bâtiment qu'il transformera au fil des années en un spacieux atelier qui deviendra son lieu de vie mais aussi bientôt un lieu d'exposition connu du public.

A partir de 1979 il délaissera l'acier soudé pour le bronze auquel il réservera des formes plus épurées, dans des réalisations marquées en particulier par des figures animales et humaines. 

En 1980, il créera ses premières sculptures figuratives fantastiques et chimériques.

gonez 1

 

C'est en 1991, qu'il trouvera de nouvelles sources d'inspiration lors d'un séjour au Zaïre et commencera à mélanger différents matériaux et matières .Ces nouvelles créations associeront souvent l'acier, la pierre, le verre, le bois ou bronze et emprunteront des symboles d'origine culturelle multiples.

Gonez 2012-effigie-guerriere Gonez (2)

Profondément originale, indépendante et puissante sa démarche ne se laisse enfermer, ni dans les procédés, ni dans les modes..

Gonez 7

Gonez 4

10 septembre 2016

Visites commentées d'une partie du cimetière des Chaprais...

Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, le samedi 17 septembre 2016, après-midi, sera organisée une visite commentée de la partie nord du cimetière des Chaprais, site classé depuis 1977. En fait, il y aura 3 visites semblables qui s'échelonneront sur le plan horaire, conduites par 3 bénévoles du Conseil Consultatif des Habitants des Chaprais/Cras. Ces visites sont, bien sûr, gratuites, mais comme le nombre de places est limité, il convient de s'inscrire auprès de l'office du tourisme de Besançon qui vous communiquera alors le lieu de rendez-vous ( tel. Besançon Tourisme Congrès 03 81 80 92 55). 

patrimoine-de-quartiers-chaprais-journees-du-patrimoine-2016

 Nous avons déjà consacré, par le passé, deux billets à ce cimetière : le 31 août 2013 et le 1er novembre de la même année (vous pouvez utiliser le moteur de recherche de ce blog si vous souhaitez les retrouver).

Ci-dessous, le cimetière des Chaprais vu par le peintre jean-Claude Bourgeois (reproduction avec l'aimable autorisation de madame Dominique Bourgeois).

 

JC Bourgeois le cimetière des chaprais

 

Profitons en pour rappeler quelques faits et dates. C'est une loi de 1765 qui va interdire les cimetières en ville. Jusqu'alors, les cimetières étaient essentiellement paroissiaux : on se faisait inhumer dans le cimetière à proximité de son lieu de culte. L'idée d'un cimetière communal, à Besançon, remonte à 1792. Est alors acheté au citoyen Athalin, prêtre, le terrain du Champ Bruley. Le cimetière qui portera ce nom sera ouvert dès 1793. Mais très vite indique Anne-Lise THIERRY dans son mémoire de maîtrise datant de 1982 ( publié sous le titre "UNE NECROPOLE ROMANTIQUE Le cimetière des Chaprais au XIX° S.), le Champ Bruley deviendra un lieu d'horreur et un objet de répugnance, à tel point que la population refusa de s'y faire enterrer.

 

cimetière des chaprais anne lise thierry 001

 

En 1804, un décret napoléonien confirme l'interdiction des cimetières en ville et fixe les règles qui doivent être appliquées pour l'emplacement et l'organisation des cimetières.

Autre fait notable,  toujours sous Napoléon, en 1814, les troupes autrichiennes assiègent Besançon. Aussi le général Marulaz commandant la défense de la ville ordonne la destruction de tout obstacle à) cette défense, dans un rayon de 700 m par rapport à la vieille ville et ses remparts. L'église Saint Martin de Bregille qui regroupait les quelques paroissiens des Chaprais, quartier alors peu peuplé, fut détruite (cette église était située à l'emplacement de la gare actuelle de la Mouillère).

Ci-dessous, étude de Charles Ducat, début XX° siècle pour les scènes de la vie bisontine.

 

cimetière des chaprais étude de Charles Ducas

 

Le problème va donc se poser de trouver un nouveau lieu de culte dans le quartier. Tout d'abord, ce sera l'habitation, aux Chaprais, d'un pharmacien, le sieur DANGEST, qui sera utilisée. Mais les lieux sont trop étroits. Un particulier cède, à proximité, un terrain où sera édifiée, à l'emplacement que nous lui connaissons aujourd'hui, en 1820, l'église rebaptisée Saint Martin des Chaprais, terminée en 1822. Et deux ans plus tard, le cimetière des Chaprais sera créé, sur les terrains DANGEST rachetés par la ville. Il faut noter que le cimetière du Père Lachaise, à Paris avait ouvert en 1804. La partie nord, historique, du cimetière des Chaprais lui ressemble beaucoup.

Pour revenir aux visites organisées le 17 septembre, il sera, bien sûr, impossible de tout visiter! Les guides bénévoles improvisés ont sélectionné un circuit avec une trentaine de tombes remarquables pour leur mobilier funéraire ou pour la personnalité qui est enterrée.

 

cimetière chaprais m

 

 

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Alors, si vous êtes intéressé (e), n'oubliez pas de vous inscrire! Ci-dessous, photo Bernard Faille : le 1er novembre 1969 au cimetière des Chaprais. Fonds Mémoire Vive de la ville de Besançon

 

cimetière des chaprais 1er nov 69 B

 

 

 

03 septembre 2016

Début septembre 1936, c'était la fête aux Chaprais!...

La prochaine fête des associations, samedi 10 septembre organisée, aux Chaprais/Cras, sous l'égide de l'ASEP, et le 31° Troc des Chaprais sous l'égide de l'Union des Commerçants des Chaprais, ce dimanche 4 septembre nous incitent à revenir sur ces grandes fêtes populaires organisées dans les années 1930 dans notre quartier.

Pour l'instant, nous avons pu remonter jusqu'à 1885 (et les recherches continuent...), pour trouver trace d'une fête régulière, aux Chaprais, un dimanche du début du mois de septembre. Mais avec la création de la Commune Libre des Chaprais, cette fête prend une toute autre dimension. Il suffit de lire les dernières lignes d'un article du journal Le Petit Comtois, daté du 7 septembre 1936, pour s'en convaincre :"...Honneur aux Chaprais dépositaire de la bonne gaieté gauloise....Honneur à tous ceux qui, ces deux jours, ont aidé Besançon à se dérider. Notre bonne"vieille ville espagnole" en a bien besoin".

Il faut dire que les organisateurs avaient bien fait les choses. Voici quel était le programme de la journée du samedi 5 septembre.

" 20h30 retraites aux flambeaux et concert par les Amis des Arts et l'Union Musicale des Chaprais.

  21h15 réception du Négus

  21h30 arrivée du Duce. Entrevue entre les deux chefs d'Etat sous la médiation du Maire des Chaprais.

  21h45 départ du cortège de toutes les personnalités sous la conduite des Amis des Arts et de l'Union Musicale des Chaprais par l'avenue de la gare, la rue de Belfort jusqu'à la Mairerie des Chaprais (installée provisoirement au Café du Cercle, 37 rue de Belfort, aujourd'hui le café "Midi 37" , fermé depuis quelques années).

 

café du cercle 2

 

  22h30 grand bal gratuit au Café Français (alors 42 rue de Belfort; voir carte postale jointe ci-dessous).

 

rue de belfort couleurs café français

 

Voici le compte-rendu de cette première journée, dans Le Petit Comtois du 6 septembre 1936.

"Ils avaient promis que même s'il pleuvait dans la boucle, il ferait beau aux Chaprais. C'était vrai. La soirée fut clémente. Le ciel lui même rendait hommage aux beaux efforts de nos Montmartois, les Chapraisiens.

Samedi donc, la Commune Libre avait fait les choses mieux que jamais: elle recevait à 20h15 le Négus et Mussolini. C'était une entrevue diplomatique que tous les pourparlers internationaux n'avaient pu faire aboutir. Pourtant ce rêve d'une réconciliation devint une réalité. (rappelons que l'Italie vient de conquérir l'Ethiopie, après quelques mois de guerre et que le Négus, l'empereur Hailé Sélassié s'est réfugié en Angleterre. Il retrouvera son trône dès1941). Devant la gare Viotte, les deux belligérants firent bien quelques difficultés. Mais l'échange d'une boîte de macaronis et d'un régime de bananes fit plus que bien des paroles. ( Voir ci-dessous la parodie de la rencontre entre Mussolini, le Duce, et l'empereur d'Ethiopie, le Negus).

 

 

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Une foule considérable assistait à l'entrevue. Le Maire des Chaprais avait accueilli les deux personnalités assisté de son chef du protocole et du commandant des sapeurs pompiers. Pendant ce temps un garde champêtre du cru assurait avec bienveillance mais fermement un discret service d'ordre.

 

commune negus 2

 

De l'immense cohue qui assiégeait les abords de la gare Viotte, un magnifique défilé se dégagea, qui, par tous les Chaprais, emmena les deux émissaires hommes d'Etat. Et tout se termina par un copieux vin d'honneur à la "Mairerie". Ceux qui ne participaient pas à ces agapes avaient ailleurs de quoi s'amuser: les manèges tournaient, les tirs pétaradaient et au bal voisin on dansait à perdre haleine.

Mais samedi n'était qu'un prélude. Aujourd'hui, de nouvelles réjouissances sont au programme. Hors la fête foraine, il y aura à 10h un cortège dans la ville, fleuri de toutes les notabilités citées. Puis à 14h ce sera place du 4 Septembre le départ d'une inénarrable course cycliste. Les 15 engagés accompliront Place du 4 Septembre/Place de la Liberté en passant par la rue de la République, la rue des Granges, le pont Battant, le quai de Strasbourg, l'avenue d'Helvétie et la rue des Chaprais. Le championnat du monde de demi-fond couru avant hier, n'est rien auprès de cette formidable épreuve. Qu'on se le dise!" (si nous avons bien compris, les vélos étaient sans chaîne ni pédales...).

A quand  une nouvelle commune Libre des Chaprais à même d'organiser ce type de fête populaire?....

Vous pouvez vous reporter aux billets déjà écrits sur la Commune Libre des Chaprais et la Mairerie (pour cela utiliser la rubrique recherche à droite de cette page).

 Et n'oubliez pas que le 8 septembre 1944, Besançon était libéré. Vous pouvez lire les 24 portraits des Résistants morts lors des combats pour cette libération, publiés l'été dernier et réalisés par M. Bernard Carré (saisir "Résistants" dans la rubrique recherche). Ces noms figurent sur la stèle érigée en leur mémoire, place de la Liberté.

Reproductions des cartes postales anciennes du site Mémoire Vive de la ville de Besançon.

 

 

 

31 août 2016

Un poème de Jean-Luc Andreoletti pour deux tableaux: de Roland Gaudillière et de Jean-Claude borgeois

 Roland Gaudillière et Jean-Claude Bourgeois ont toux deux habités aux Chaprais. Ils sont tous deux décédés. Jean-Luc Andreoletti est lui, bien vivant et habite rue des Jardins. Il a publié récemment, avec Jean-Bernard Emonin, aux éditions de l'Harmattan "A l'ombre des jardins d'Alkinoos". 

 

 

CROYANCES

 

J’ai cru au silence du matin et au café fumant

L'enterrement dans le Haut-Doubs

aux regards poisseux des nuits agitées, aux vérités de la veille

J’ai cru à la parole emprisonnée par les regards des amants

            aux cicatrices béantes des souvenirs qui émerveillent

 

J’ai cru à l’odeur des jours et à la chaleur des forêts

            aux eaux saumâtres des fleuves de mes peines

J’ai cru aux gestes de l’enfant désarmé et inquiet

            à l’obsédante ambiguïté de toute condition humaine

 

J’ai cru aux réponses au-delà de toutes questions

            en deçà de toute interrogation, de tout désir

J’ai cru aux limites voilées d’un nouvel l’horizon

            aux rives dissimulées qui inquiètent et attirent

 

J’ai cru aux clés qui ouvrent les portes d’un jouir sans fin

            aux sentiments obscurs, aux caprices curieux

J’ai cru au vol calculé des oiseaux et à l’appel du chemin

à l’effervescence des derniers crépitements du feu

 

J’ai cru aux résurgences et aux souterrains secrets

à la naïveté illégitime d’un nouveau mystère

J’ai cru aux torrents qui polissent les galets

            aux faux semblants nocturnes, à l’absence passagère

 

J’ai cru à l’ombre et au repos de la mémoire

            aux reflets du miroir, aux étreintes posthumes

J’ai cru à la pierre qui jalonne les routes du soir

            Aux aurores silencieuses dans l’agonie des brumes

 

J’ai cru aux regards invisibles et aux doutes du geste

            aux tempêtes à venir, à la douleur du chagrin

J’ai cru aux espaces vierges et au vent d’ouest

            à la honte muette face à l’insolence du destin

 

J’ai cru aux caresses, aux sourires et aux épithètes,

            à l’instant particulier où naît le rayon vert

J’ai cru aux chimères et aux dragons à deux têtes

            aux rencontres inconnues, aux regrets qu’on enterre

 

J’ai cru à la prudence des esprits et à l’harmonie des corps

au sourire de la victoire et au goût de la paix

J’ai cru aux ratures du passé et à l’envers du décor

à la clandestinité des signes et à la valeur du respect

 

J’ai cru aux discours enflammés et aux soliloques du sage

Jc BOURGEOIS 025 - Copie (2)

            au pardon donné après des soirs d’inquiétude

J’ai cru à l’insignifiance de l’absence, à la sagesse de l’âge

            aux arrogantes coïncidences malgré les incertitudes

 

J’ai cru à l’audace des mots et aux folles hésitations

au hasard d’une rencontre ou à sa nécessité première

J’ai cru à l’impossible et téméraire volonté des passions

            à la tendresse capable de vaincre les frontières

 

J’ai cru à la perfection volée aux portes de l’éternité

 

 

 

 

 

 

 

 

andreoletti photo

 

 

andreoletti poésie


27 août 2016

Les conseils municipaux bisontins de 1916 et les Chaprais....

Nous avons eu la curiosité d'examiner les délibérations du conseil municipal de Besançon au cours de l'année 1916 afin de noter celles qui concernent les Chaprais.

conseil M 1916 1

Alors que se passait-il il y a 100 ans? La guerre fait, bien sûr, l'objet de plusieurs délibérations concernant l'aide aux familles de soldats tués, l'aide aux soldats sur le front, etc. Il est frappant également de constater que les questions liées aux écoles que ce soit l'école d'horlogerie qui est municipale, la volonté de créer une section hôtelière pour les jeunes filles occupent une place importante.

école d'horlo

Douze bourses de 100 F sont accordées, au début de l'année 1916, à 12 élèves de l'école d'horlogerie dont 4 résident aux Chaprais : il s'agit de Cugnot Camille, 12 rue du Chasnot; Joly Pierre, 7 chemin des Cras (à noter que dans l'annuaire de 1936, un Pierre Joly exerce la profession d'horloger rue Bersot); Seur Georges, 6 rue des Docks (boulevard Diderot actuel); Riedoz, 24 rue du Chasnot.

Une demi-bourse d'état de 350 F est accordée, toujours pour l'école d'horlogerie pour le fils de madame Gaudard, veuve, 22 rue Charles Fourrier. Elle habite toujours à cette adresse en 1936 et il est noté qu'elle est propriétaire de son logement. Comme il reste de l'argent sur les crédits des bourses départementales, 5 bourses de 100 F sont attribuées à Paignay Georges, 3 rue des Cras; Gueldry Lucien 5 rue Charles Fourrier (madame Gueldry, veuve, y habite encore en 1936), et Charollais Fernand domicilié aux Cras.

En ce qui concerne les délibérations liées au quartier des Chaprais, elles sont de plusieurs ordres.

Tout d'abord, dès février 1916, il est proposé l'édification d'un pavillon du tourisme, en acquérant un terrain situé "en aval du pont de la République, rive droite du Doubs, d'une superficie de 12 ares 75". Ce terrain appartenant à l'état, il en est demandé la cession. Cette question revient à l'ordre du jour du conseil de mars 1916, car ce terrain ne peut être cédé que par le biais d'une vente aux enchères ou une déclaration d'utilité publique qui est aussitôt demandée au Préfet. Sauf erreur de notre part, cette question ne sera plus évoquée au cours de l'année 1916. Par ailleurs, il faudra attendre les années 50 pour que ce projet soit repris puis réalisé. 

Autre sujet abordé, en mars, la démolition d'un bâtiment appartenant à le compagnie de chemin de fer PLM, avenue d'Helvétie. Ce bâtiment et le terrain qui en dépend a été cédé à la ville en vue de l'élargissement de l'avenue d'Helvétie. Il abrite "une machine élévatoire du PLM" . Il n'en est pas dit plus...Un appel d'offre sera donc lancé pour cette démolition.

Toujours en mars, M. Racine, demeurant rue de l'Eglise, mécanicien au PLM, demande à la ville de pouvoir acquérir "le terrain d'un ancien chemin contigu à sa propriété, aux abords de la rue de l'Eglise et de la voie de chemin de fer Dijon-Belfort. Ce chemin qui desservait plusieurs propriétés a été en partie supprimé lors de l'établissement du chemin de fer. Le tronçon qui subsiste se compose de deux parties : la première de 3 à 4 m de largeur est perpendiculaire à la rue de l'Eglise où elle aboutit entre les numéros 33 à 35. Elle dessert 3 propriétés, notamment celle de M. Racine. La seconde partie de 1,80 m de large est parallèle à la rue de l'Eglise et se termine en impasse contre la clôture du chemin de fer. Elle est inutilisée et peut être, sans inconvénient, aliénée. Sa surface est de 27 m2. Le prix de cette cession paraît devoir être fixé à 4 F le m2, soit pour la totalité une somme de 108 F." Cet exposé entendu, le conseil municipal décide, à mains levées, de céder ce terrain.

église 1

église 2

Au mois de juin, est évoquée la vente d'un terrain, avenue Fontaine-Argent, appartenant aux Soeurs de la Charité pour les usines des automobiles Schneider. Certains conseillers municipaux demandent que l'on revienne sur la décision de fermeture les dimanches et jours fériés, des bureaux de poste des Chaprais et de Battant. Mais les transactions semblent insuffisantes ces jours là pour revenir sur cette décision de fermeture.

 

conseil M 1916 2

En août est débattue une demande des usines Schneider concernant les droits d'octroi sur les matériaux nécessaires à l'agrandissement de l'usine. Mais les textes réglementaires s'y opposent. Le conseil décide toutefois "d'examiner une demande de subvention correspondant à ces droits, à titre d'encouragement à l'industrie". 

schneider (2) carte camion

En comité secret, certainement par souci de discrétion, sont examinées des aides financières dans le cadre de l'assistance aux femmes en couches : 15 femmes des Chaprais sont concernées sur un total de 80 aides. Au mois d'octobre 3 femmes des Chaprais seront concernées sur un total de 50.

Il existe également une assistance obligatoire aux vieillards, infirmes et aux incurables privés de ressources : 3 personnes des Chaprais sont concernées sur un total de 26 ( 2 au titre de la vieillesse, la 3° au titre d'une infirmité).

Enfin, autre assistance, celle due aux familles nombreuses aux ressources insuffisantes pour élever leurs enfants : 3 familles demeurent aux Chaprais sur les 6 examinées pour la ville.

Autres faits marquants :

- la demande faite, en octobre,  par un propriétaire de l'enlèvement de 4 arbres au coin de l'avenue Denfert-Rochereau et la rue des Villas :il est accepté l'enlèvement de 3 sur 4;

Denfert villas

- la demande d'un habitant du 12 rue de la Cassotte afin d'échanger une concession perpétuelle au cimetière des Chaprais, où est enterrée sa fille, pour une plus grande afin d'y enterrer également son fils tombé au champ d'honneur. Elle lui fut refusée sous prétexte que tout échange doit se faire au profit exclusif de la ville!

- le renouvellement de l'abonnement au titre des droits d'octroi, de la Brasserie de la Mouillère, pour une somme de 45 000 f pour 1917.

gangloff 3

Vous pouvez consulter les délibérations des anciens conseils municipaux de la ville sur le site Mémoire Vive de la ville de Besançon.

24 août 2016

Un tableau de Roland Gaudillière et un poème de Jean-Luc Androletti

 Roland Gaudillière a longtemps habité les Chaprais. Son épouse Annie y réside encore. Elle vient, avec l'aide du conseil consultatif des habitants Chaprais/Cras de mettre en ligne un site qui s'efforce de rendre compte de la féconde production artistique de Roland Gaudillière. Vous pouvez le consulter sur http://www.roland-gaudilliere.com/e

 Jean-Luc Andreoletti, lui habite rue des Jardins. Par delà le temps, leurs oeuvres communiquent....

La poupée de chiffon

VISAGES

Les paroles congédiées s’éteignent au seuil des lèvres,

Portes du temple fermées pendant cette fausse trêve.

Le regard scrute, interroge ; dernier conquistador,

Espoir d’un futur bleu, regrets d’un passé mort.

Double vie : du possible renaît l’improbable ;

Double vue : du connu jaillit l’indéchiffrable ;

Mais Janus sait : ici, maintenant ou ailleurs,

Que du naufrage des rêves, éclosent toutes les peurs.

Que du néant se sont allumées toutes les vies.

Passage obligé, où s’explorent toutes les envies,

Sans victoire ni défaite, sans haine et sans larmes

Dans l’être cher, tu sais réveiller les charmes.

Passage obscur où soufflent les vents de la nuit,

La métamorphose de la chair enterre l’ennui.

Sous les rides, sous les ans, s’approche l’éternité ;

Et s’en revient l’amour et croît l’altérité.

Passage sensible où se fondent et la fuite

Et les sentiments teintés de paroles traduites.

Ni le fard, ni le sang, n’assèche le désir,

Janus ! Tes deux visages contemplent l’avenir.

andreoletti photo

Jean-Luc Andreoletti, enseignant aujourd'hui en retraite, a publié deux recueils. Le premier, en 2012, est intitulé Couleurs et même silence. Aux éditions Edilivre qui le présentent ainsi :

andreoletti poèmes

"De rencontres en mots, de mots en poèmes, l'intimité d'un parcours personnel se dévoile par-delà les découvertes et les doutes, par-delà les joies et les craintes.
Émotions et couleurs s’entremêlent aux silences chauds de l’aube. À travers ce choix de textes, Jean-Luc Andreoletti arpente un espace improbable où l'éphémère et l'infini contribuent à la force des émotions."

andreoletti poésie

 
En 2015, aux éditions Lharmattan, est publié A l'ombre des jardins d'Alkinoos, co-écrit avec Jean-Bernard Emonin . Il est présenté ainsi :

"Pas facile de tuer un homme même s'il est coupable du pire. Dans cet ouvrage à quatre mains, le nouvelliste et le poète traitent la question chacun à leur manière et nous entraînent tour à tour dans leurs univers respectifs d'ombre et de lumière. La musique des mots, en écho à la rudesse des interrogations, compose un livre acide et lumineux qui ne laisse pas indifférent."

Merci à madame Annie Gaudillière et à monsieur Jean-Luc Andreoletti pour leur autorisation de reproduction de ce  tableau et de ce poème.

 

 

 

20 août 2016

La nouvelle visite du ministre Alfred Rambaud, le 24 août 1896, à Besançon, avec le ministre Henry Boucher...

Donc, notre compatriote bisontin Alfred Nicolas Rambaud est de retour à Besançon, le 24 août 1896 (voir le billet précédent en date du 13 août 2016 consacré à sa première visite le 1er août 1896).

Mais cette fois, il vient surtout afin d'accompagner un autre ministre, Henry Boucher, ministre du commerce, de l'industrie, des postes et télégraphes.

Boucher Henry photo

Voici les explications de cette visite telles qu'elles figurent dans le registre officiel des délibérations municipales (conseil municipal, réunion du 20 août) :

"M. le Maire rappelle au Conseil que, lors de sa visite à Besançon, M. Rambaud, ministre de l'instruction publique, avait fait pressentir que son commerce du commerce et de l'industrie, M. Boucher, viendrait prochainement dans notre ville.

M. Boucher vient de faire part à M. Rambaud de son acceptation définitive et, après pourparlers, la date de son arrivée à Besançon est fixée à lundi prochain à 11 h du matin.

Le conseil accueille cette nouvelle avec satisfaction et malgré le désir exprimé par ce ministre qu'aucune réception officielle ne lui soit ménagée, à l'unanimité il est décidé que M. Boucher, ainsi que son collègue M. Rambaud, seront priés d'accepter les honneurs qui leur sont dus.

A cette occasion, les résolutions suivantes sont adoptées: les deux Ministres seront reçus à la gare par M. le Préfet du Doubs et le Conseil Municipal auxquels se joindront les membres de la Chambre de Commerce.

A midi, un déjeuner auquel seront conviés M. le Préfet, le Général commandant le 7° corps d'aemée et M. le Président de la Chambre de Commerce sera offert par la ville aux Ministres et à leurs Chefs de cabinet dans la grande salle de l'Hôtel de Ville.

M. le Ministre du commerce devant prolonger son séjour dans cette ville jusqu'au mardi soir, la municipalité l'entretiendra de toutes les questions intéressant la ville de Besançon, notamment du projet de construction de l'hôtel des postes et lui fera en outre visiter notre École  Nationale d'Horlogerie ainsi que l'Observatoire et les principaux établissements industriels.

Une sous-commission composée de M. Gondy, Grosjean et Pateu sera chargée de régler les détails de la réception; les frais auxquels elle donnera lieu seront prélevés sur le crédit des fêtes publiques".

Qui est Henry Boucher? Il est né en Lorraine en  1847 et meurt à Nancy en 1927. C'était un industriel papetier à Rambervilliers, dans les Vosges. Il a été député de ce département de 1889 à 1909, puis sénateur de 1909 à 1920. Il fut donc Ministre dans le gouvernement de Jules Méline du 29/04/1896 au 28/06/1898. S'il est aujourd'hui oublié, il a pourtant essayé de moderniser l'appareil commercial français en créant en 1898, l'Office national du commerce extérieur, office qui existe toujours.

rambaud boucher une Petit Comtois 25 août

Dans son discours prononcé dans la vase salle des Pas Perdus de la gare Viotte de l'époque, en réponse aux quelques lots de bienvenue du maire de Besançon, notre ministre indique : 

"Je suis profondément reconnaissant de l'éclat que vous donnez à cette réception; le ministre du commerce très modeste en ses oeuvres n'est pas habitué à cette pompe. S'il est venu parmi vous c'est qu'il veut rendre hommage aux vaillants efforts faits par la population bisontine pour pallier la crise industrielle.

Je sais d'ailleurs que si vous avez voulu donner tant de solennité à cette réception du ministre du commerce, c'est que dans une précédente visite, M. le ministre de l'instruction publique qui m'accompagne avait tenu à être reçu avec la plus grande simplicité....".

Reportez-vous au billet publié samedi dernier à propos de cette visite du 1er Août : banquet à l'hôtel de ville de 80 couverts....illuminations depuis le Casino jusqu'au centre ville, etc.C'est ce qui est qualifié, en 1896, de réception modeste...

rambaud boucher24août 1886- invitation

Le Maire n'oublie pas de présenter au ministre du commerce, le Président de la Chambre du commerce et de l'industrie, M. Dubourg. Huit voitures tirées par des chevaux (à raison de 4 occupants par voiture), selon un ordre protocolaire précis vont se diriger vers la Préfecture par le pont Battant, puis ensuite vers l'hôtel de ville pour le repas offert par le conseil municipal.

Rambaud boucher visite 24 août 1896

Nouveaux discours : du maire, d'abord, M. Vuillecard, qui indique : "...je vous

rambaud note restau 24 août 1886

présenterai les revendications de nos fabricants horlogers et autres ne doutant pas que tout votre concours nous sera acquis pour aider à réaliser des réformes depuis longtemps sollicitées"...

Réponse du ministre Henry Boucher : il "... rappelle que la première fois qu'il vint à Besançon, c'était en 1870 comme mobile des vosges. Il se souvient avec émotion de cette période de sa vie. Combien de progrès depuis.

Besançon est prête pour les luttes de la guerre, il faut qu'elle s'arme pour les luttes industrielles".

Il y aura ensuite une réunion à la Chambre de commerce avec ses représentants, puis visite à l'Ecole d'Horlogerie, puis Grandvelle où est projeté la construction d'un Hôtel des Postes. N'oublions pas que M. Boucher est aussi ministre des postes et télégraphes...

Mais on a oublié d'apporter les plans et le dossier n'avance pas car si la ville est autorisée à solliciter un emprunt (de 3 à 400 000 frs), il y a désaccord sur le prix de location réclamée par la ville : 42 000 frs alors que la poste proposait 8 000 frs. Et on sait aujourd'hui que le projet Grandvelle fut abandonné pour une construction rue Gambetta....

Sur la facture du restaurant on remarquera que les conseillers municipaux ont payé leur repas! Ci-dessous, la page 2 du Petit Comtois du 25 août 1896 rendant compte de la visite des deux ministres.

rambaud boucher petit comtois 25 août p 2

Le lendemain, dès 7h30, visite de l'Observatoire (ouvert en 1885). A 9h15 déplacement à Monfaucon et Saône. A 10h visite de 2 usine d'horlogerie dans la Boucle. puis direction les Prés de Vaux pour les visites de l'usine de soierie artificielle et des papeteries (n'oublions pas qu'Henry Boucher est industriel papetier dans les Vosges). Dans Le Petit Comtois de l'époque,il n'est pas indiqué, où se déroule le déjeuner (sauf erreur de notre part). A 7h du soit, il reçoit en préfecture M. Gondy président du conseil syndical de l'horlogerie. Puis direction les Chaprais pour un dîner au Casino de la Mouillère. Après le repas, théâtre pour le spectacle de la troupe de l'opéra comique qui donnait Carmen. Et feux d'artifice.

A noter que le directeur de la brasserie de la Mouillère -(qui deviendra plus tard la brasserie Gangloff, voir à ce sujet, nos billets publiés par ailleurs)- M. Boiteux fait goûter, au Casino, ses bières et attribuer la médaille d'honneur à son plus ancien ouvrier.

Le lendemain, dès 5h42 les deux ministres prennent, à la gare de la Mouillère, le train pour Morteau où se succèdent réceptions, visites (jusqu'à Villers le Lac), discours, toute la journée. Enfin, pour terminer la journée, Henry Boucher se dirige vers Neufchâtel, puis Genève, tandis que notre bisontin Alfred Rambaud rentre à Besançon par le dernier train au départ de Morteau!

Pour plus de détails encore, vous pouvez vous reporter utilement au journal Le Petit Comtois de l'époque. Pour cela vous pouvez les consulter sur le site Méloire Vive de la ville de Besançon : cliquer sur collections, bibliothèque, Le Petit Comtois.

rambaud boucher petit comtois 26 août p 2

Enfin, vous l'avez compris, ces deux visites de ministres au mois d'août 1896, ne sont pas dues au hasard. Mais ajoutons qu'il était alors, de tradition, que les ministres profitent de la vacance des Chambres (Parlement) en août pour organiser des visites et rencontres en France.

 Documentation et illustrations des archives de la bibliothèque municipale de Besançon.

17 août 2016

Un tableau de Jean-Claude Bourgeois, un texte de Michèle jourdan

 

 Jean-Claude Bourgeois a habité aux Chaprais : tout d'abord rue de Belfort, puis avenue Carnot. Michèle Jourdan habite rue Suard. La rencontre n'était pas probable....

Jc BOURGEOIS 005

Réflexion

 

Je ne voudrais pas vieillir,

Ne pas avoir un sourire amusé sur les lèvres,

Faire répéter les phrases,

Ajuster les lunettes pour un prix trop petit marqué,

Eviter que je me répète,

Ne pas gémir pour le chaud, pour le froid,

N’avoir à parler de rien aux miens

Pour de sombres contingences,

Etre libre comme autrefois, écouter sans rien dire

Les choses qui font rougir.

En sourire, devenir tolérant,

Je ne voudrais pas vieillir

Avant que mes enfants rechignent à venir me voir

Non, je ne voudrais pas vieillir

Pour ne pas les haïr, ne pas les détester disait l’’homme d’âge mûr.

Mjourdan 1

Michèle JOURDAN

Merci à madame Dominique Bourgeois de nous avoir permis de reproduire ce tableau qui appartient à une collection privée. Tous les droits en sont réservés.

 

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13 août 2016

Les visites du ministre Alfred Nicolas Rambaud, à Besançon, en août 1896.

A deux reprises, dans le courant du mois d'août (le 1er puis le 24), le Ministre de l'Instruction Publique, Alfred Nicolas Rambaud rend visite à sa ville natale, Besançon. C'est en effet, à Besançon, qu'est né Alfred Nicolas Rambaud, le 2 juillet 1842 (mort à Paris le 10 novembre 1916).

Rambaud alfred Nicolas

Historien, il fit tout à la fois une brillante carrière politique et universitaire (voir au sujet de sa carrière universitaire, l'article consacré sur le site de Vivre aux Chaprais au Passage Rambaud).

rambaud histoire de la russie

 

Alfred Rambaud est l'auteur de plus de 20 ouvrages d'histoire. Il a dirigé avec Alfred

ramùbaud histoire générale

Lavisse une histoire Générale en 8 volumes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fut tout d'abord élu conseiller général du Doubs (canton, de Roulans) en 1883. Puis sénateur en 1895. Il fut battu de justesse en 1903.  

Pourquoi évoquer, dans cette chronique, cet ancien ministre? Parce qu'aux Chaprais existe un passage Rambaud reliant la rue de Belfort et la rue des Chaprais. Et parce qu'il est passé dans notre quartier, puisqu'il s'est rendu, nous le verrons au Casino de la Mouillère.

Pour son premier voyage, il arrive donc à Besançon, par le train, à la gare Viotte le 1er août 1886. Le Petit Comtois précise à ce sujet qu'en fait il serait arrivé incognito le matin du 31 juillet, à 11h30 et se serait rendu chez des amis à quelque distance de Besançon. Puis il serait arrivé officiellement au train de 5h55, le soir.

rambaud visite affiche

Il faut dire qu'il arrive dans sa ville, dont le maire, radical socialiste, Claude François Vuillecard, s'est présenté aux élections sénatoriales de novembre 1895, contre Rambaud!Le maire de Besançon n'avait obtenu, au premier tour, que 80 voix sur un total de 896 délégués qui votaient quand M. Rambaud, arrivait en tête avec 257 voix. Au 2° tour, notre maire s'était désisté pour un candidat radical modéré, M. Borne qui ne recueillit que 295 voix contre 367 à M. Rambaud. Un troisième tour fut donc nécessaire : M. Rambaud l'emporta finalement par 515 voix contre 318 à M. Borne.

Et cette élection devait laisser des traces lors de cette réception officielle.

Que vient faire notre ministre, à Besançon, le 1er août 1896? 

Le compte-rendu que l'on peut lire dans Le Petit Comtois du 2 août 1896 témoigne d'un programme chargé! Dès 8h à la Préfecture, les cérémonies officielles se sont succédées. Avec des discours du Président du Conseil Général, le sénateur Bernard, du grand rabbin, du président du consistoire protestant, de l'archevêque de Besançon (Mgr Petit), du président de l'association des étudiants dont M. Rambaud est membre d'honneur. Les discours de bienvenue des représentants des différentes religions s'expliquent aisément : me ministre de l'instruction publique est alors également celui des cultes..et des beaux arts...

Durant ces cérémonies, notre ministre dustribue des décorations à tour de bras : 1 légion d'honneur (au doyen de la fac de lettres, un bisontin d'origine, 3 d'officiers de l'instruction publique, 13 d'officiers d'académie (dont l'entrepreneur du bâtiment M. Pateu, des Chaprais) et 7 chevaliers du mérite agricole!

A 9h30, distribution des prix au lycée Victor Hugo : le palmarès comporte 103 pages! La séance est levée à 11h45.

Puis c'est le banquet dans la grande salle de l'hôtel de ville avec 80 convives. notre ministre est entouré à droite par le maire et à gauche par le général de la place. Mais sont remarqués comme absents, parce qu'ils n'ont pas voulu y participer, le président du conseil général, les 2 députés Beauquier et Jouffroy d'Abbans, l'archevêque de Besançon.

rambaud visite dîner 1er août 1896

S'agit-il d'un dîner ou d'un déjeuner offert par la municipalité le 1er août 1896? La presse parle d'un déjeuner.

Au dessert, "M. Rambaut après avoir fait allusion à ses origines comtoises s'est étendu sur ses tendances politiques (il appartient alors au cabinet Méline- 1896/1898 qualifié alors de républicain plus que modéré...), rappelant qu'il avait été le collaborateur de Jules Ferry dans sa campagne anticléricale (on comprend mieux l'absence de l'archevêque). Parlant des divisions qui séparent les républicains il a porté un toast à l'union des partis.

La musique d'artillerie prêtait son concours à la fête.

De l'Hôtel de ville on s'est rendu au Casino où l'administration des bains offrait le café et le cigare. On s'est séparé vers 11H (du soir...). Le parcours de l'hôtel de ville aux bains salins était brillamment illuminés".

A part cela, lorsqu'il reviendra le 24 août suivant, les cérémonies seront encore plus somptueuses, celles du 1er août ayant été qualifiées de simples! 

Nous vous raconterons la suite, c'est à dire la visite du 24 août,  dans un prochain billet.

Documentation tirée des archives municipales de la ville de Besançon.