HUMEURS DES CHAPRAIS

15 décembre 2018

50 portraits de femmes franc-comtoises, un livre de Madame Eveline Toillon

L’historienne Eveline TOILLON, habitant notre quartier des Chaprais, est bien connue des bisontins pour ses nombreux ouvrages sur l’histoire locale (dont « Les rues de Besançon » publié chez Cêtre, réédition en 2019 ?). Elle vient de publier « Femmes dans l’Histoire : Franche-Comté » aux éditions Alan Sutton.

eveline toillon une couverture

Il s’agit là de portraits de … « femmes représentatives de leur région…./… Le choix pourrait être tendancieux. On peut être tenté de ne parler que des plus nobles, des plus généreuses, des plus courageuses ou même des plus scandaleuses.

A l’étude de leur vie on ressent des coups de cœur ou parfois de franches antipathies, mais il faut bien se garder d’un jugement de valeur. Les femmes qui ont marqué leur temps, en bien ou en mal, ont toutes une personnalité certaine et, partant, une vie intéressante, quelle que soit la façon dont elles l’ont passée.

 Il y a des héroïnes que nous aurions souhaité évoquer, mais il se trouvait malheureusement trop peu de détails sur elles. Quant à d’autres, selon les auteurs, elles étaient soit anges, soit démons, il était alors difficile de se faire une idée précise ».

Voici donc 50 portraits de femmes, des biographies classées par ordre chronologique. Certaines pourraient retenir plus particulièrement notre attention, car ces femmes ont un rapport avec les Chaprais.

Comme Gabrielle Guglielmi-Bardin (la mère de Rudolph Valentino)

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La tombe de Gabrielle Guglielmi au cimetière des Chaprais

ou Julie Vigoureux, car toutes deux enterrées au cimetière des Chaprais.

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La tombe de Julie Vigoureux (1812-1880), au cimetière des Chaprais, et son chemin de vie : Besançon, Paris, Belgique, Texas, Paris, Besançon.Elle est la fille de Clarisse Vigoureux ,fourieriste. Elle avait épousé Victor Considérant.Madame Toillon a choisi d'évoquer la vie extraordinaire de Clarisse Vigoureux qui mourut elle, au Texas. Mère et fille furent longtemps inséparables.

Ou encore Madame Denise Lorach, fondatrice du musée de la résistance et de la déportation du musée de la citadelle à Besançon et qui habita avenue Fontaine-Argent.

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Madame Denise Lorach. A droite Jean Minjoz.

Nous reviendrons, bien sûr, dans de prochains articles sur des portraits.

En cette période de fêtes, voici un cadeau qui fera plaisir !

Vous pourrez acheter ce livre et vous le faire dédicacer le samedi 22 décembre 2018, de 10h à 12h30  à l'Office du Tourisme (près du pont de la République).

A noter également que Madame Toillon devrait donner une conférence à Besançon dans le cadre de la journée internationale des droits de la femme, le 7 mars 2019.

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 Madame Eveline Toillon

Elle devrait y évoquer certains destins de ces femmes qui ont participé, tout au long de l’Histoire aux longs combats pour l’émancipation de la Femme. Nous aurons l’occasion d’en reparler…

Photos : DR

Autre livre intéressant qui vient de paraître : celui de Madame Chantal Duverget "Peindre la Franche-Comté" aux éditions Sekoya. A travers cette promenade en Franche-Comté, ses paysages et ses peintres qui les ont représentés, vous pourrez retrouver deux peintres que nous avons beaucoup évoqués sur ce blog : Roland Gaudillière et Jean-Claude Bourgeois.

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 J.C.G.


08 décembre 2018

Guy Boley, romancier, est un enfant des Chaprais...

La semaine dernière, par deux fois, l’écrivain Guy Boley est venu à la rencontre des habitants dans notre quartier des Chaprais : tout d’abord au Café des Pratiques, puis le lendemain, au CDN en clôture du festival littéraire régional Les Petites Fugues (dont c’était la 17° édition). Ce festival a mis en lumière, grâce aux nombreuses rencontres proposées dans la région, quelques 20 auteurs, dont précisément « notre » Guy Boley.

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Dans un article publié samedi dernier sur le site de Vivre aux Chaprais, vous pourrez lire les éléments essentiels de sa biographie.

Aussi nous nous intéresserons plus particulièrement à son œuvre, en particulier à son dernier roman paru, comme le premier (« Fils du feu »), aux éditions Grasset. Ce deuxième roman publié s’intitule  « Quand Dieu boxait en amateur ». Nous découvrirons bien vite que Dieu, ici,  est son père et qu’il va nous conter sa vie. Il naît le 3 mai 1926, dans le quartier des Chaprais, près du dépôt de chemin de fer, « entre les rails et les wagons, les tenders et les tampons, dans les panaches bleutés de leurs lourdes bouzines aux déchirants sifflets » dans « un bâtiment trapu et court sur pattes qui fut jadis coquet et que tous appelaient : l’hôpital du quartier. On y faisait de tout, deuil et maternité ». C’est là d’ailleurs que son père « …mourut ainsi quasi à la verticale du lieu qui l’avait vu naître. Trois étages au-dessous, le 8 octobre 1999. »

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Ne cherchez pas cet hôpital de quartier près du dépôt de chemin de fer. Il n’a jamais existé, sinon plus bas dans le quartier, avec la clinique Saint-Vincent ; voire, au centre ville, ce pourrait être l’hôpital Saint-Jacques. Car comme l’explique l’auteur, s’il part d’éléments vécus, sans pouvoir imaginer intégralement des personnages, il s’agit bien de roman !

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D’ailleurs explique-t-il, le livre débute comme le film culte « West Side Story ». Un seul plan séquence, pour ce film, qui s’ouvre sur une vue aérienne de New York et descend progressivement sur cette cour d’immeubles d’un quartier du Bronx, où de jeunes gens claquent des doigts.

Là, tout commence par une vue aérienne de » Besançon…petite ville de l’est de la France… » pour parvenir « …dans l’un de ces quartiers d’ultime catégorie …un peu plus haut que la gare Viotte, entre la cité des Orchamps et la cité des Parcs, à la frontière du quartier des Chaprais et du dépôt, loin des vitrines et des godasses (il évoque auparavant le centre ville et les « …luxuriantes vitrines, aquariums du désir frustré où des chaussures neuves, poissons de cuir inertes sur fond de velours rouge, se contemplent par paires dans le blanc des œillets. »).

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Le dépôt SNCF et la Rotonde en 1962 (photo B. Faille site mémoirevive DR)

Son père y déroulera sa vie d’artisan laborieux travailleur du fer évoluant en même temps que les techniques et les matériaux. Vie de comédien amateur incarnant Jésus dans une passion du Christ reconstituée ; vie de boxeur amateur martelant les chairs comme il martelait le métal. C’est aussi dans ce quartier que l’auteur essuiera ses fonds de culotte à l’école des Chaprais, avant de connaître les distractions offertes par la paroisse des Chaprais avec l’association fédérant une grande part de la vie du quartier: l’Aiglon

A la lecture de ces quelques lignes, vous aurez compris combien la langue de notre auteur est flamboyante ! D’ailleurs il se laisse porter par la prosodie, par des mots nouveaux découverts dans le dictionnaire, qu’il note soigneusement dans ses petits carnets (dans son roman, il indique que c’est son père qui pratique ainsi…). Il ne conçoit pas de plan a priori et se laisse porter par la phrase qu’il déroule soudain comme des alexandrins !

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Guy Boley au CDN

Vous l’aurez compris : c’est le livre que tout chapraisien et bien sûr, au-delà, tout bisontin doit avoir lu avant la fin de l’année ! Et n’hésitez pas à l’offrir en ces périodes de fêtes !

D’ailleurs Guy Boley nous l’a promis : il reviendra ce printemps aux Chaprais, ce quartier de son enfance  qu’il a, vous l’aurez compris, beaucoup aimé.

A bientôt Guy ! Est-il utile de dire que nous attendons avec impatience la publication de son troisième roman qui sera consacré, pour clore cette trilogie, à la figure de la mère…

A noter : son premier roman, Fils du Feu, est paru en collection Folio (poche). 

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01 décembre 2018

L'architecte Pierre Marnotte est enterré au cimetière des Chaprais

 A l'occasion de la réouverture du Musée des Beaux Arts de Besançon, une exposition rend hommage aux trois architectes qui ont donné, pour l'essentiel, sa physionomie actuelle au bâtiment :

- tout d'abord son créateur Pierre Marnotte 1797-1882), qui n'avait pourtant pas conçu ce bâtiment pour devenir un musée mais une halle aux grains comme il en existait dans d'autres villes (Paris, Bordeaux,etc.); une exposition intitulée Maîtres 2 (maîtres au carré) célèbre tous ces architectes successifs;

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- ensuite Louis Miquel (1913-1986) qui transforma l'intérieur du musée afin d'accueillir la généreuse donation de Georges Besson (un sanclaudien); 

- enfin Adolfo Scaranello (né à Besançon en 1958) à qui l'on doit le musée actuel, respectant, pour l'essentiel, les structures imaginés par ses prédécesseurs.

Nous n'allons pas nous livrer là à étude complète de leurs apports successifs et respectifs dans la construction de ce bâtiment.Mais nous allons évoquer le premier architecte, Pierre Marnotte. pourquoi ce choix? Tout simplement parce qu'il est enterré au cimetière des Chaprais. Et, à l'heure où il est célébré dans cette exposition , sa tombe est, le moins que l'on puisse dire, à l'abandon!

 

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Tombe de Marnotte au cimetière des Chaprais

Nous avons dû dégager le lierre qui recouvre le monument funéraire afin de pouvoir lire le nom sur la stèle!

 

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La stèle funéraire est gravée au nom de la famille Marnotte

Il y a quelques années, un admirateur de Marnotte avait entrepris le nettoyage de sa tombe : le lierre avait été arraché et il ne restait, au sommet de ce monument, difficilement atteignable, qu'une grosse touffe enchevêtrée, cachant ce qui était dissimulé. Le lierre ayant séché, on s'aperçut qu'il s'agissait d'une croix que l'on distingue difficilement maintenant que la végétation a repris ses droits.

Cette question a bien sûr était signalée à la ville par la commission patrimoine du conseil consultatif du quartier.

En attendant l'intervention de ses services, rappelons qui était Pierre Marnotte.

Il est né en 1797 à Dijon et meurt à Besançon en 1882. "Après avoir effectué un stage chez un architecte dijonnais et remporté le premier prix d'architecture à l'école centrale des Beaux Arts de la ville en 1813, son père l'envoya à Paris" nous précise madame Christiane Roussel dans le catalogue consacré à cette exposition..../ "dès la fin de 1815, il y reçut le diplôme de l'école des  Beaux Arts et spéciale architecture". 

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Le catalogue de l'exposition

Après avoir exercé à Marseille et Lyon il devient architecte de la ville de Besançon (1823-1836)

Il réalisa entre autres, outre la Halle aux blés, actuel musée : 

les églises d’Avanne,de Franois, de Montarlot-les-Champlitte…, la synagogue de Besançon, 

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la chapelle Notre Dame-de-Pitié à Voray et Saint Ferreol et Saint Ferjeux de Miserez-Salines, l’Hôtel de ville de Mouthe,

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le Lavoir d’Etuz. Mais aussi des immeubles

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Immeuble 10 rue de la Préfecture

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Plaque apposée sur immeuble 10 rue de la Préfecture

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1,3,5 rue Moncey

marnotte 1,3,5 rue Moncey

16 rue des Granges

marnotte 16 rue des Granges

16 rue des Granges

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117 Grande Rue

 

Il restaura également des églises des chapelles (Pesmes) et des châteaux (celui de Thoraise). 

Il restaura et sauva la Porte Noire qui devait être détruite par l’Armée ! Il a refait la partie droite de la porte et supprimé le dessus (la porte formait un arc gigantesque coloré avec une statue impériale !).

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A propos de sa Halle qui est devenue notre musée, relevons les propos de M. Nicolas Surlapierre, le commissaire de cette exposition et directeur des musées de la ville, dans le catalogue cité :

" le projet de la Halle Marnotte fut le résultat de nombreux renoncements.../...Bien qu'architecte de la Ville, il dut proposer un troisième projet pour la Halle. Il remporta le concours car il eut l'idée de faire réaliser une maquette mais le maire de l'époque ainsi que le conseil municipal ne lui avaient pas signé un blanc-seing et lui demandèrent de simplifier sa proposition qu'ils jugèrent trop dispendieuse et sans doute un peu prétentieuse".

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Plan de la Halle aux grains

Belles réalisations, belle carrière n'est-ce pas! Vous en conviendrez aisément avec nous : il est plus que jamais nécessaire de procéder à l'entretien de son tombeau familial (situé dans l'allée gauche, en entrant par la rue de l'Eglise, avant le monument funéraire imposant du baron Maire).

Sources : memoirevive ville de Besançon, exposition musée des Beaux Arts, exposition Maîtres au carré du musée des Beaux Arts. Photos DR.

 J.C.G.

24 novembre 2018

Le distillateur FAIVRE-CHALON , rue des Chaprais : récit d'une enquête...

Tout commence par la découverte, sur le net, de ce dépliant publicitaire de la distillerie Faivre-Chalon, située rue des Chaprais. C'est notre ami Guy Renaud qui la découvre, et qui la transmet à quelques uns de ses contacts susceptibles de le renseigner sur cette distillerie et son histoire.

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Ah! Les liqueurs "logées en litres".. L'absinthe (ce qui implique que cette publicité date d'avant l'interdiction de l'absinthe, en 1914)

 

M. Christian Mourey, commerçant bien connu, sous l'enseigne "Battant Musique", féru d'histoire locale, est le premier à avoir  réagi et a suggéré une piste au 14 avenue Fontaine-Argent

"De 1899 à 1926, j'ai identifié un Faivre Chalon, distillateur au 14 Avenue Fontaine Argent, îlot industrieux,dans une rue industrielle. Je vous joins une photo. Je n'ai rien trouvé rue des Chaprais."

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 Le 14 avenue Fontaine Argent (photo C. Mourey DR)

Jean-Claude Goudot suggère à son tour "... la piste  de Mouterde comme ayant été, peut-être, le successeur de ce Faivre-Chalon avenue Fontaine-Argent, puisque le 14 communique, via le local actuel des Encadreurs (qui, de ce fait sont accessibles tant par le 14 avenue Fontaine Argent que la rue de la Mouillère), Mouterde dont le local est installé au 15 rue de la Mouillère".

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Vins et cidres Mouterde

C'est au tour de Guy Renaud de réagir: "je vous joins des éléments pour situer les « vins et cidres » de la rue de la Mouillère. Et l’incendie de la vinaigrerie en 1904 au même endroit !". Belle piste en effet mais qui va nous conduire tout droit, d'après les photos à l'ancienne clinique de la rue de la Mouillère: mais là, il s'agit d'une autre histoire que nous ne manquerons pas de vous conter dans un prochain article...

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Montage photos, légende Guy Renaud (DR)

Aussi Christian Mourey vient nous éclairer :

  "  Les établissements Mouterde sont éloignés du 14 av. Fontaine-Argent. Ils en sont même séparés par les dépôts entre autres,                   Pateu-Robert (en PJ lors de la reconstruction de l'échauguette de la citadelle détruite à la Libération, voir photo ci-dessous). Ils affichent "vin et cidre", alors que Faivre- Chalon est spécialisé dans les produits de distillation".

pateu robert échauguette C (3) photo Perreau

Cette dernière photo, a été prise par M. André Perreau, Dr vétérinaire au 11 rue de la Mouillère devant le dépôt Pateu Robert. Aujourd'hui décédé, sa famille nous  a aimablement permis de la reproduire ici (mais les droits restent réservés). Elle ouvre d'ailleurs de nouvelles perspectives à propos de Pateu-Robert sur lequel nous avons déjà écrit sur ce blog...

Le mot de la fin appartiendra à M. Roger Chipaux qui met ainsi tout le monde d'accord et confirme que Christian Mourey était sur la bonne piste!

Car Roger Chipaux est, entre autres, généalogiste et...il a acheté sur le net, ce flyer. De ce fait, il s'est livré  à une étude généalogique détaillée dont il nous a livré les conclusions. Merci Roger. En voici les grandes lignes.

Le distillateur qui nous a conduits à cette enquête est bien Charles Ulysse Faivre Chalon (son prénom n'était pas précisé). Il est originaire des Fins où il est né en 1845. Il est décédé en 1911. Il s'est marié à Besançon en 1881 avec Lucie,Marie,Stéphanie Magnenet décédée en 1891.

Il est identifié comme distillateur rue des Chaprais en 1882 puis 1894.

Ils ont  eu un fils, René,Just, né à Besançon en 1882, décédé dans notre ville en 1969. Et il occupait le métier de marchand de vin et spiritueux au 14 avenue Fontaine Argent

Ces entrepôts avec cuves existeraient toujours de nos jours...Mais il ne coule plus de vin, pas plus qu'aux entrepôts Union de l'avenue Carnot! Mais ceci est une autre histoire.

Et, pour nous résumer,voici donc un mystère levé et trois nouvelles pistes à creuser.....

Si vous êtes intéressé(e), vous aussi par ces échanges, si vous avez des questions, des photos anciennes du quartier, des publicités et autres qui vous interrogent, écrivez nous! Et rejoignez nous dans cette modeste démarche de recherche concernant la vie, autrefois, aux Chaprais.

                 J.C.G.

17 novembre 2018

Le réseau de renseignements franco-suisse Micromégas

A plusieurs reprises nous avons évoqué ce réseau de renseignements mis en place sous l'Occupation. Car deux résistants bisontins importants, tombés lors des combats pour la libération de Besançon, en faisaient parti : Pierre Rimey et le colonel Gustave Filippi. (voir à ce sujet les articles qui leur sont consacrés sur ce blog).

Un livre fort bien documenté vient de paraître concernant ce réseau,  grâce aux recherches de M. Yves Mathieu, ancien directeur départemental de la sécurité publique (auteur également de " Le réseau Ajax, des policiers dans la Résistance").

Le titre de cet ouvrage ? "Une résistance franco-suisse, le réseau Micromégas",aux éditions CABEDITA.

 

micromegas

 

Pierre Rimey et Gustave Filippi font tous deux l'objet de précisions importantes.

Ainsi Pierre Rimey, né, rappelons le, le 25 août 1922 à Luxeuil les Bains. A son sujet, M. Yves Mathieu nous précise, entre autres : "bachelier à 18 ans, se sentant une vocation pour le métier des armes, il passe sans succès le concours d'admission à Saint-Cyr. Au moment de l'exode,avec sa famille - son père est médecin - il reflue en Zone Sud, et le hasard veut qu'il rencontre son ancien professeur d'allemand Emmanuel Handrich, vétéran de la guerre de 1914-1918"...

 

Rimey Pierre

 Photo DR : assdn.org

Tous deux désapprouvant l'armistice et Vichy tentent de gagner Londres afin d'y retrouver le général de Gaulle. Mais finalement ils décident de créer un réseau de renseignements. Dès septembre 1941, c'est effectif et le réseau,sous le nom de groupe Pierre, est ensuite baptisé Jacques Messmer . Couvrant une partie de la Normandie et de la Bretagne,les renseignements collectés prennent la direction de la Suisse, Genève plus précisément où se trouve l'état major du renseignement français. M. Yves Mathieu estime qu'il regroupait une quarantaine d'agents qu'il a d'ailleurs dûment recensés.

Dans un chapitre consacré à la construction du réseau Micromégas, M. Yves Mathieu écrit :

"Micromégas est un réseau dont les racines se situent En Suisse. On le sait, dès le début de la guerre, le pays craint d'être envahi par les troupes allemandes ou italiennes. Il a mobilisé ses officiers de renseignements dans le but de prévenir toute attaque surprise. C'est dans ce contexte que Paul de Saugy est amené à constituer ses propres structures, en recrutant pour le compte de la Suisse des agents français qu'il déploie sur le sol de leur pays."...

Qui est Paul de Saugy ? Il fait parti des trois piliers de l'aventure Micromégas nous précise l'auteur de ce livre.Jeune lieutenant dans l'armée suisse, il sera recruté pour développer ce service de renseignements. Deuxième plier : Raymond Lévy dit Brival né en 1913 à Paris. Passé en Suisse fin 1942, il est pris en mains  par le service suisse sous l'autorité de Paul de Saugy. Enfin troisième pilier, Simon  Cotoni, 36 ans en 1940, commissaire de police, chef de la brigade de surveillance du territoire à Nice. Suite à de premières activités de résistant dès 1941, menacé, il passera en Suisse fin 1942. 

Bien sûr, nous n'allons pas vous résumer l'ensemble de la recherche de M. Yves Mathieu : il faut lire son livre!

Mais  revenons à Pierre Rimey. C'est à partir d'avril 1943 que son réseau travaille pour le compte de l'officier suisse Paul de Saugy. Et après son intégration, en janvier 1944 à Micromégas, Pierre Rimey, recherchant des débouchés supplémentaires pour ses renseignements et de nouvelles sources de financement, va fusionner avec le groupe Marco de Guy Jousselin Saint Hilaire ( sans en avoir informé Paul de Saugy ou Simon Cotoni). Mais il sera très vite écarté au printemps 1944 et envoyé en Franche-Comté, ce qui explique sa participation aux combats pour la libération de Besançon au cours desquels il trouvera la mort. Rappelons qu'il est enterré au cimetière des Chaprais.

 

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Quant à Gustave Filippi pour lequel, comme Pierre Rimey, M. Bernard Carré a retracé sa biographie, il connaît bien Pierre Rimey.

 

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Gustave Filippi

" Fin juillet 1944,Gustave Filippi annonce dans une lettre à l'adresse de Simon Cotoni, qu'il dispose de chefs de districts à Besançon, Belfort, Vesoul, Dole, Lons-le-Saunier". Son groupe est dénommé Papillon. Il est alors très préoccupé de sa position d'agent de renseignement et souhaite être reconnu comme FFI. Il adresse à ce sujet plusieurs courriers à Simon Cotoni.

Il sera tué aux côtés de Pierre Rimey lors des combats pour la libération de Besançon. D'abord enterré au cimetière des Chaprais, son 

corps a été transféré à celui de Toulouse où habitait sa famille et où réside toujours son fils Jean-François. Rappelons qu'une plaque a été apposée l'an passé au 131 rue de Belfort, à Besançon, là où il résidait alors. 

filippi plaque

 

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Pour toutes les personnes intéressées par cette période de l'Histoire, ce livre apparaît indispensable ! 

Si vous avez  des questions à poser à M. Yves  Mathieu, n'hésitez pas à nous adresser  un message que nous lui transmettrons.                                       .

J.C.G.

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10 novembre 2018

Les monuments aux morts de Georges Laëthier

Dans un article publié le 28 mai 2016 sur ce blog, M. Alain Prêtre avait évoqué la vie et les oeuvres du sculpteur bisontin Georges Laëthier (1865-1955), dont ses nombreux monuments aux morts édifiés après la Première Guerre Mondiale.

En cette période de commémoration, revenons un peu sur ce sculpteur -(qui avait son atelier aux Chaprais, rue Grosjean et qui est enterré au cimetière des Chaprais)- et ses monuments aux morts, et ce, sans oublier qu'un autre article également publié sur ce blog le 11 novembre 2016 concerne plus particulièrement le monument aux morts de Besançon et le Poilu que Pasche a sculpté.

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En ce qui concerne la vie professionnelle du sculpteur, nous avons retrouvé le compte-rendu du conseil municipal au cours duquel fut décidé son embauche: c'était Le 4 novembre 1903, suite à la démission d'Albert Pasche. Au salaire annuel de 1 000 fr!

Lors de ce même conseil municipal, il est décidé sur proposition du sculpteur G. Laëthier, l'achat d'un de ses marbres, intitulé Le vieillard buvant à la source pour 3 000 fr. Et il est précisé que cette somme ne représente que le prix du marbre!!! Soit 3 fois le salaire annuel du professeur nouvellement embauché àl'école des beaux arts! Alors soit le marbre est alors d'un prix très élevé! Soit le salaire du professeur est très bas. A moins que ce ne soit les deux à la fois!

Et il faudra en fait que le sculpteur/professeur attende juin 1905 pour que cet achat soit confirmé! Et encore parce G. Laëthier indique qu'il se débrouillera pour récupérer la subvention de l'état!

Sa situation financière nous est d'ailleurs confirmée par sa petite fille qui nous a déclaré:  

En 1903 grand-père n'était pas encore marié .Il avait présenté sa statue "Le vieillard buvant à la source" en 1901 à Paris. il se marie plus tard en 1914 ....à 39 ans, et maman est née en avril 1915 ...

Ce que je sais c'est ce que me disait souvent maman "que son père a tiré le diable par la queue toute sa vie , et qu'il y a eu beaucoup de problèmes d'argent dans la maison". Grand-père déposait une pièce sur la table de nuit de ma grand-mère et lui disait "Voilà pour la nourriture " .Je ne sais si c'était pour une semaine ou 15 jours (?), mais ce que je sais avec certitude , c'est que ma grand mère faisait "marquer" chez l'épicier, et que ne pouvant payer la facture à la fin du mois ou plusieurs mois (j'ignore ?) grand-père faisait la statue de l'épicier et de ses enfants !...

Grand père n'a jamais eu de retraite et  c'est pour ça qu'il a essayé de travailler le plus tard possible à l'Ecole des Beaux Arts  (on ne cotisait pas à l'époque).Le peu d'argent qu'il gagnait, il le dépensait avec famille et amis. Il était TRES généreux .... Mais il a rencontré de gros problèmes en fin de vie pour sa santé ; il n'était pas remboursé par la Sécurité Sociale".

 

Revenons donc à la production statuaire de G. Laëthier, de monuments aux morts.

Dans une étude remarquable parue en 1998,le docteur Claude Bonnet recense 637 communes dans le Doubs en 1918. Elles ne sont plus, du fait de regroupements, que 594 en 1998. Elles ne sont plus que 528 aujourd'hui. Seules 22 communes ne comptèrent aucun mort parmi ses habitants! Le docteur Bonnet compte alors 444 monuments aux morts dans le département et 44 plaques commémoratives.

 

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Georges Laëthier, pour sa part, réalisa,outre le fantassin de celui de Besançon, les deux hauts reliefs identiques de la construction élevée, en demi cercle, du cimetière de Pontarlier.

 

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L 'architecte de ce monument aux morts du cimetière de Pontarlier est Maurice Boutterin.

C'est lui qui a imposé le sculpteur G. Laëthier

Voici ce que précise le docteur Bonnet à leur propos : "...Un poilu, celui-là dans l'uniforme de 1915, en tenue de tranchée, appuyé sur son lebel, monte une garde sans fin! Sculpté dans un style qui rappelle l'art statuaire à la mode dans l'entre deux guerres popularisé en Allemagne par Arno Breker. Très prisées par les états totalitaires, des statues de ce type, orneront à Paris, lors de l'exposition internationale de 1938, les pavillons du IIIème Reich, de l'URSS et de l'Italie Mussolinienne!".

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Pour les villes et villages de Baume les Dames, Doubs, la Cluse et Mijoux,  Frasne, Ornans, L'Isle sur le Doubs, Jougne,notre sculpteur bisontin réalisa des monuments aux morts assez différents les uns des autres.

 

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 Baume les Dames

"Les mêmes poilus hératiques se retrouvent à Baume les Dames et Doubs, postés devant une guérite de pierre limitée par des murets faisant retour. A Baume les Dames, le monument est élargi par deux panneaux de marbre portant les noms des mortsde la commune".

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Doubs

"Statue également sculptée dans la pierre à La Cluse et Mijoux, le poilu en tenue d'hiver, ganté scrute l'horizon, la main droite sur la visière du casque"

 

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La Cluse et Mijoux

"A Frasne, coulé dans le bronze, le soldat juché sur un piédestal brandit en signe de victoire drapeau et palme".

 

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Frasne

"A Ornans, en bronze également, le bas-relief de l'exaltation du "poilu sortant de la tranchée" se détache sur le fond clair d'une stèle en pierre de Meuse. Élevant son drapeau en signe de ralliement, le combattant héroïque, tête bandée, manches relevées s'élance à l'attaque. La bouche ouverte dans une attitude rappelant celle de la Marseillaise de Rude, on l'imagine entonnant l'hymne national pour entraîner ses camarades."

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 Ornans

Pour le bas-relief de l'Isle-sur-le-Doubs, Laëthier abandonne le genre guerrier pour une jeune femme drapée dans les plis                    d'une longue robe, "La Renommée". Elle grave dans la pierre pour les immortaliser les noms des braves morts pour la France".

 

 

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 L'Isle-sur-le-Doubs

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Monument aux morts de Jougne : vue de l'ensemble

A noter le flambeau éclairé à l'électricité!

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L'enfant du monument aux morts de Jougne

Ce monument à Jougne est revenu à 56 500f. La commune au recensement de 1926 compte alors 955 habitants. Baume les Dames ne dépensera que 35 693 F pour 3161 habitants (précisions du docteur Bonnet).

Sources : Ouvrage du docteur Claude Bonnet : "Guerre 1914-1918 Les monuments aux morts dans le département du Doubs. Le culte du souvenir ou la mémoire collective de la nation".Empreinte Editions. Extraits publiés avec l'aimable autorisation de son fils, le docteur Pascal Bonnet.

Photos DR.

Alain Prêtre et Jean-Claude Goudot

 

 

 

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03 novembre 2018

L'art nouveau aux Chaprais : thème du prochain Café Histoire le 8 novembre à 15h00 au bar/restaurant Fontaine Argent

             L’art nouveau puise ses racines dans le mouvement Arts & Crafts, apparu en Angleterre dans les années 1860. Il s’apparente à un désir de retour à l’artisanat, à une revalorisation du travail ouvrier, à la création de beaux objets utilitaires. William Morris en fut l’un des grands promoteurs. Il s’agit de relancer l’art de l’ébénisterie, de la poterie, de l’émaillage, en renouant avec un retour à la nature et la simplicité.

            En France, l’Art nouveau a émergé au début des années 1890. Il touche principalement l’architecture et les objets de décoration d’intérieur, comme les meubles et les verreries. L’architecte Hector Guimard en est l’un de ses plus célèbres représentants. La promotion de l’Art nouveau fut assurée par le marchand Samuel Bing qui ouvrit un magasin à Paris en 1895. Les représentants du style Louis Majorelle (ébéniste, décorateur), Émile Gallé (Maître-verrier, ébéniste, céramiste), René Lalique (orfèvre, vitrailliste), Eugène Grasset (graveur, affichiste, décorateur) s’illustrent particulièrement lors de l’exposition universelle de 1900.

 

            La ville de Nancy fut un véritable laboratoire de l’Art nouveau. Une école crée le 13 février 1901. Composée d’un président par le verrier Émile Gallé et de trois vice-présidents, Louis Majorelle, Antonin Daum  (vitrier, entrepreneur) et Eugène Vallin  (architecte).

villa-majorelle

           Villa Majorelle

Ses promoteurs se fixent comme but de promouvoir les arts décoratifs. À la croisée de l'art et de l'industrie, cette école investit ainsi les domaines de l'architecture et du mobilier par l'intermédiaire des techniques les plus diverses.

 

Et à Besançon !

            Le développement du quartier des Chaprais et la construction "des villas 1900"  rue de Vittel se fit progressivement :

art nouveau 6 rue de Vittel

                       6 rue de Vittel

La disparition de la plupart des vignes sur les collines de Besançon.

                        L’assouplissement des contraintes imposées par l’armée pour les constructions.

                        L'aménagement de la promenade Micaud se fait en 1843 sur d'anciens terrains militaires.

micaud pont et bassin

                        La passerelle métallique qui franchissait le Doubs sans piles intermédiaires depuis 1838 est remplacée en 1883 par l'actuel pont de la République.

                        Apparition de la gare Viotte, au-dessus des Glacis, construite en bois en 1855. Suite à sa destruction pendant la 2ème guerre mondiale, elle fut reconstruite en dur. Elle passa  d’un nombre peu important de voyageurs à ses débuts au flux continu que nous connaissons actuellement.  

                        Le site des Glacis est jugé trop excentré et la municipalité décide de construire une nouvelle gare en dur sur le site de la Mouillère, en 1884.

                        En 1892 apparaissent les premiers bâtiments de l'Établissement thermal de la Mouillère, suivront l'Hôtel des Bains et le Casino.

                        Enfin les transports sont facilités par l'ouverture de lignes périphériques de tramways en 1897. 

art nouveau 9, Av

         Avenue Denfert Rochereau

            Tous ces événement ne sont pas étrangers au développement du quartier et à l'apparition vers 1900 du lotissement entre-autre des Villas (1896 et 1912) de la rue de Vittel, donnant cette impression de «campagne à la ville», proche du centre et ouvert sur l'extérieur grâce au chemin de fer et au tramway. 

art nouveau rue de vittel

          Angle rue de Vittel, avenue Fontaine Argent

  Besançon s’est déplacé au-delà de la ceinture du Doubs et des dizaines "de villas 1900"  et des immeubles de rapport sont apparus dans tous les quartiers périphériques.

art nouveau DSCF2527Rue des Jardins (2)

           rue des Jardins

 

Certaines sont encore visibles dans quelques quartiers : Bregille, Saint-Claude, Montrapon, Saint-Ferjeux, le Rosemont entre-autres, plus rares dans d’autres quartiers.

art nouveau rue de la rotonde

           Rue de la Rotonde

Des bâtiments publics comme la grande poste et la brasserie du commerce (rue des Granges) par exemple.

            Beaucoup de constructions ont été détruites (promoteurs) et d’autres ont été rénovées et modernisées, ayant perdu les ornementations d’origines.         

          Nous vous donnons donc  rendez-vous le 8 novembre pour échanger sur cette période d’extension du quartier.

Jean-Pierre Regazzoni

Et n'oublions pas la conférence de M. Joseph Pinard sur Albert Metin le lundi 5 novembre, à 18h00, au Petit Kursaal.

 

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27 octobre 2018

Je me souviens du garage "Le Véhicule Industriel" aux Chaprais

Le 10 juin 2017, nous publions sur ce blog, les souvenirs de M. Pierre Brendel qui travailla longtemps dans différents garages des Chaprais. Il avait déjà brièvement évoqué son passage au Véhicule Industriel. Depuis, la bibliothèque municipale nous a transmis ces quatre clichés en noir et blanc de M. Michel Meusy. Et ce afin d'identifier le garage alors photographié. M. Brendel l'a reconnu aussitôt et a identifié différents mécaniciens apparaissant sur ces photos. Voici son témoignage précieux. Qu'il en soit vivement remercié ainsi que Madame Meusy qui nous a accordé l'autorisation de publier les photos de sonpère.

Ce garage a vraisemblablement été crée dans les années 1930, par Monsieur René Guinot, originaire de la ville de Tonnerre dans l’Yonne.

 

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Il était situé, au n°20 de la rue de la Rotonde, de suite à droite après la rue du Château Rose.

En entrant dans la cour, les garages vous faisaient face, à gauche étaient situés les ateliers et le magasin ; sur la droite, les services administratifs, (standard téléphonique, comptabilité, secrétariat, et le bureau de Monsieur Guinot).

C’était donc le patron, et en plus, il était le président de la chambre syndicale de l’automobile, et à ce titre, écrivait un éditorial dans le journal « LISEZ- MOI ».

Je suis rentré dans ce garage en 1958, et y resterai jusqu’en 1997, date de mon départ à la retraite, mais entre ces deux dates beaucoup de choses se sont passées !!!

C’est dans la presse locale, que j’appris que ce garage cherchait un magasinier. Complètement libre à ce moment, et étant demandeur de cet emploi, j’ai sollicité un rendez-vous pour postuler à cet emploi.

Le lendemain, je me suis présenté, et fut introduit par la secrétaire, auprès de Monsieur Guinot.

La première de ses questions fut :

« Comment tu t’appelles ?

J’annonçai mon patronyme et mon prénom.

- Quel âge as-tu ? » 

Ce sont les seules questions qui me seront posées.

Il reprit, « … j’ai connu chez Thieulin, une personne de ce nom, c’est un de tes parents ?

(Tiens, il avait comme moi, fait ses classes dans ces établissements !!)

Je répondis très fier : «  oui, c’est mon père ».

 

VH 2 bis

Après cet échange, je m’attendais à des questions sur mes états de services et mes diplômes, il n’en fut rien. La seule question qui vint ensuite c’est :

« Tu peux commencer quand ?

Je fus complètement déstabilisé par cette question, et je répondis:

Immédiatement. 

- Je pars aujourd’hui pour Paris, reviens demain à 8 heures, on fera le tour du garage, et ensuite tu pourras commencer à travailler. ».

Il faut dire que cet homme, était pétri de paternalisme et de bonhomie. (Cela a bien changé aujourd’hui).

 

Que faisait-on dans ce garage ? Beaucoup de choses !!!!

À cette époque, il y avait encore peu de pièces détachées, et elles étaient très chères ; l’ère de la série, n’était pas encore née ; donc il fallait réparer, encore et encore.

Des tourneurs, forgeron, outilleur, peintre, carrossier, mécanicien, diéséliste, motoriste, électricien etc.

On voyait encore dans les ateliers, les camions Américains, laissés sur place à la fin de la guerre (Dodge, Gmc, Mack, Ward la France, Jeep).

C’est pas moins de 25 mécanos qui œuvraient dans ce lieu, avec des conditions de travail très difficiles (dantesques dirait-on aujourd’hui).

Pas de chauffage en hiver, pas de douches, et que de l’eau froide, pour espérer se décrasser un peu.

Quand les véhicules ne pouvaient pas rentrer dans le garage, par suite de leur hauteur, les interventions devaient se faire dans la cour,(réparer les suspensions, dans la neige et le froid, dans les flaques), un travail de forçat !!!

Dans ce garage, un amoncellement d’huiles, de graisses, de cambouis, rendait silencieux tous déplacements des mécaniciens, et leurs vêtements de protection étaient luisants de crasse. Aussi certains samedis, c’était journée «raclette ». N’allez pas croire que cette journée était chargée d’agapes ! En effet ces samedis étaient consacrés au décollage de cambouis qui faisait corps avec le sol, 

VH 3 bis

au moyen de raclettes emmanchées, et affutées pour l’occasion.

Et que dire, de ces épouses, mères ou sœurs, qui devaient, sans beaucoup de moyens, laver, sécher, et repasser ces oripeaux.

Je voudrais aussi vous parler de ce peintre Robert J.qui sans aucune protection, peignait les cadres de châssis des camions. Après chaque opération il nettoyait ses lunettes et son visage au trichloréthylène (impensable à ce jour et pourtant !!! )

Je me souviens de Paul N. le tourneur, de Georges C. l’électricien, d’Émile L. le préposé au point de chaînette, de Marcel B. le motoriste.

Je voudrais souligner encore une fois, le paternalisme de ce patron, à travers un témoignage. En 1958 c’st l’année de la coupe du monde, et il savait notre engouement pour le foot. Aussi, un après midi, il est passé, et nous a demandé de fermer le magasin, et de l’accompagner chez lui, pour assister à la finale ( pas pensable de nos jours ! ).

En 1964,hélas Monsieur Guinot décède au cours d’une intervention chirurgicale.Pas marié, pas de descendance, l’avenir est incertain, mais dans sa grande mansuétude, il a fait don de son garage à tous les employés et ouvriers de 10 ans d’ancienneté ( ça non plus ce n’est pas courant !... ).

Cette disparition prématurée, a été une des peines de ma vie. Car lors de mon mariage en 1963,il m’a fait un royal cadeau, en m’offrant un réfrigérateur( que ne possédait pas tous les ménages, à cette époque).

Avant sa disparition, Monsieur Guinot, avait fait construire un garage ultra moderne, juste en dessous du bowling (occupé par Cédéo aujourd’hui) et nous étions déjà dans ce nouveau lieu, lorsqu’il disparut.

Donc en 1964, c’est le groupe Blondeau, sis à Roche-lez-Beaupré, qui prend la direction du garage, et ne tarde pas, lui aussi à construire un nouveau garage à Roche-lez-Beaupré, pour regrouper en un même lieu toutes ses activités.

En 1966, la société nouvelle « le véhicule industriel « est née, plus connue sous le nom de S.N.V.I à Roche.

VH 4 bis

 

Puis en 1984, le groupe Blondeau abandonne cette activité, et c’est le « Véhicule industriel Comtois « V.I.C qui prend le relais, et en 1993 nous quittons définitivement Roche, pour la zone de transports située à Besançon Valentin. Il perdure encore de nos jours.

Les quatre photos prises par le très connu photographe de Besançon, Michel Meusy, ont dû l’être en 1950, car figurent sur ces prises de vue, des collègues entrés dans la société en 1949 ; de plus le Dodge stationné porte l’immatriculation «576 T 25 ».0r ces nouveaux matricules qui remplacèrent les EK 1,EK 2,EK 3,EK 4 précédents ont été effectifs au 1 er avril 1950.

P.Brendel.

Sources : bibliothèque municipale; photos M. Michel Meusy (DR). Avec l'autorisation de Madalme Edith Meusy. tous droits réservés

pierre brendel (2)

 

 

20 octobre 2018

Parc des Chaprais : retour sur la célébration des 40 ans de la donation de ce parc par M. André Millot

Nous avons évoqué cette cérémonie organisée le samedi 23 juin 2018, dans le Parc des Chaprais. Vous pouvez aussi vous reporter aux articles publiés sur ce blog le 17 juin 2017 et le 23 juin 2018.

Madame Catherine Millot, fille d’André,  a alors expliqué aux chapraisiens présents lors de cet hommage,  que ce parc était la grande œuvre de son père. Il n’avait pas hésité à racheter une maison et un terrain attenant afin de l’agrandir. Car il avait toujours eu l’intention de le donner à la ville et à ses habitants. Ceci en mémoire de sa famille qui vécut plus de 250 ans aux Chaprais et dirigea le journal Le Petit Comtois qui devait paraître du 1er août 1883, au 22 mai 1944 date à laquelle les allemands suspendent sa publication.

parc millot C

Au nom des chapraisiens, Madame Michèle Roche, habitante des Chaprais depuis des dizaines d’années, membre du Conseil Consultatif des Habitants a souligné toute l’importance et l’intérêt pour notre quartier d’un tel parc. Son discours a fort ému le public présent : à tel point qu’ils sont nombreux à nous en avoir  réclamé le texte intégral. Aussi, malgré ses réticences, nous avons obtenu finalement son autorisation pour le publier ici. Le voici donc….

parc millot M R 2

« Madame Catherine Millot, si j’ai accepté de témoigner en tant que résidente des Chaprais depuis plus de 50 ans, c’est que plusieurs liens affectifs  m’unissent au parc.

Le  premier est dû à mon oncle qui avait acquis, en 1964, la maison contigüe à la villa des Iris, la villa de votre famille, toujours attenante à ce parc. Veuf avec 4 enfants il nous recevait très souvent et tous nos repas familiaux se passaient au 8 de la rue de l’Eglise..

A chacune de mes visites j’admirais alors le parc voisin sans penser qu’un jour je pourrais m’y promener !

parc ch 1 1978

Le parc en 1978

Le deuxième lien tient à ma grand-mère : elle travaillait de minuit à 4 h du matin  au Petit Comtois, rue Gambetta, où elle  encadrait l’équipe d’ouvrières chargées de ficeler les paquets de journaux pour être expédiés dans toute la région !

Enfin, le 3 ème lien est l’importance d’un parc dans mon enfance.

Enfant, je passais beaucoup de temps chez  ma grand-mère qui m’emmenait très souvent  au parc Granvelle (elle habitait rue du Capitole l’ancienne rue des Granges) ;  nous nous installions toujours sur le même banc (attention  c’était le sien et malheur à qui l’occupait !).

Il n’y avait pas de zone de jeux à cette époque et je me contentais de l’écouter me commenter les activités du parc : nous admirions les belles toilettes des passantes qui  se rendaient au théâtre en robe longue, nous pronostiquions les gagnants du  crochet de la chanson au Palais de la Bière, et nous écoutions les   concerts qui se donnaient  sous le kiosque...

J’en ai gardé un merveilleux souvenir ! 

Inutile de souligner que lorsque, en 1978, ce très beau parc devient public, je m’en  suis réjouie ! Mes enfants étaient déjà grands, mais j’y emmenais très souvent mes petits enfants. Pendant les vacances scolaires, ou le mercredi, nous le fréquentions régulièrement; et il n’était pas question de se rendre à la boulangerie, au magasin de journaux ou au cimetière, sans faire une pause récréative dans le parc ! Toboggan, tourniquet, animal à bascule faisaient leur joie ! Et les courses prenaient du temps !!!

Mais nous ne  nous contentions pas de rester sur l’espace jeux, nous faisions obligatoirement  le tour du parc et prenions plaisir à observer les arbres, les fleurs...

 Je me souviens d’un mois de mars où tout au fond du parc un tapis de jonquilles  avait recouvert le sol à notre grande surprise ; c’était pour ma petite fille un petit miracle ! Les jonquilles, on allait les cueillir dans le bois de Chailluz !  Mais là au milieu des maisons, c’était incroyable !!!  Et pas une seconde l’enfant ne pensa en faire un bouquet ! C’eut été un sacrilège !!

Nous sommes retournées plusieurs fois pour les admirer... Y en a-t-il encore chaque printemps ?

Et puis à l’automne nous ramassions les pommes de pin  en prévision des décorations de Noël ! L’arbre est toujours là,  très productif, et ses cônes jonchent le sol, chaque année, jusque sur le trottoir !

Aujourd’hui le parc est bien aménagé, avec une nouvelle aire de jeux, une boite à livres : parents  et enfants y prennent toujours beaucoup de plaisir ; certains même le fréquentent quotidiennement à la sortie de l’école

A Pâques cette année après notre repas familial, mes petits enfants se sont rendus au parc pour y faire jouer leur petite fille de 3 ans,  mon arrière petite fille !!

En faisant ce don à notre ville, et à ses habitants, vous pouvez constater, Madame Millot, la joie que votre père a donnée à trois générations et je suis sûre que cela va encore continuer longtemps.

Au nom des familles de ce quartier merci Monsieur Millot de nous avoir offert la possibilité de profiter d’un coin de nature au milieu de l’agitation urbaine... Les chapraisiens pourront encore longtemps y conduire leurs jeunes enfants et se détendre ou lire sous les magnifiques arbres du parc...

Je vous remercie de votre attention."

parc millot photo 3 grâces 001

 Photos : Alain prêtre, archives municipales.Est Républicain. DR.

12 octobre 2018

Le peintre Roland Gaudillière vu par deux artistes chapraisiens

Nous avons demandé à deux amis chapraisiens, que nous considérons comme des artistes, de choisir quelques tableaux  de l'exposition en cours, à la mairie de Montfaucon, du peintre Roland Gaudillière (voir, sur ce blog, l'article précédent), hommage rendu à l'occasion des 20 ans de sa disparition.

Tout d'abord voici les choix et les textes de M. Alain Prêtre. il est tout à la fois photographe, dessinateur, sculpteur et historien amateur ( voir les articles qu'il a écrits et publiés sur ce blog, concernant les sculpteurs Laethier, Gonez, ses souvenirs concernant Johnny Hallyday, l'entreprise Kelton ou sur son grand oncle Henri Prêtre, aviateur, compagnon de Guynemer).

1996 la roulotte 5P 0,25-0,36 isorel

"Dans sa roulote

Qui grince et qui cahote Il y a peu de place

mais il se prélasse

Mieux que dans un palace!".

1955 la vouivre 4P (2)

 "Elle passa dans un rai de lumière qui fit étinceler 

le rubis de son diadème et briller ses yeux rouges

dans ses cheveux noirs.

A la suite de sa vipère, elle s'engagea dans le sentier"...

Extrait du roman "La Vouivre" de Marcel Aymé.

 

 1997 le retour de l'école 2F

 Le retour de l'école 1997  

"Le trajet entre l'école et la famille était un espace de liberté. Filles ou  garçons nous musardions pour en accroître la durée. 

Les filles papotaient, échangeaient de mystérieux secrets, nouaient de fragiles amitiés, faisaient les coquettes quand elles se sentaient épiées par quelques garçons précoces. 

En général les garçons se montraient plutôt méprisants pour la gent féminine. Ils terminaient leur partie de billes ou réglaient entre eux des comptes imaginaires. On était ennemis quand on n'habitait pas  le même quartier, quand on ne fréquentait pas la même école. 

La guerre était d'abord verbale, on se lançait des bordées d'injures des plus triviales dont on se gargarisait; parfois elle s'aggravait. On se battait à coup de cartables avant d'en venir aux mains, puis chacun regagnait son foyer, accueilli par les manifestations de courroux des parents, quand l'heure prévue était largement dépassée.  

Les déchirures des vêtements, les bosses, les écorchures étaient légitimées par quelques chutes ou incidents inévitables. 

Le retour de l'école était un espace de vie interdit aux adultes."

Alain Prêtre

Autre regard, autres choix de Guy Georges Lesart, ancien professeur d'histoire. Il a publié deux livres concernant deux aspects de l'histoire religieuse en Franche-Comté. "Notre Dame du doute, culte marial en Franche-Comté (du début du XIX° au début du XX° siècle" chez Cêtre (ouvrage épuisé ); "Six petits moines.Le miracle de Faverney,aux éditions de Franche-Comté à Vesoul (ouvrage épuisé). Mais notre ami Guy Georges Lesart est également photographe et poète (voir à ce sujet l'article paru sur ce blog le 4 février 2017,à propos de son exposition "Arc en neige", photos accompagnées de textes poétiques et le portrait d'artiste paru le 1er février 2018 sur le site de Vivre aux Chaprais). 

      Les charbonniers de la foi

Le philosophe Gaston  Bachelard  a  beaucoup médité  sur  l’acte poétique.  

Il parle  du « puits de l’enfance »  dans lequel  se  loge le trésor de tout artiste. 

Il confie son admiration pour un  vers  du poète Audiberti qui se souvient de « l’odeur de son capuchon mouillé ».

Premier tableau : « L’extrême onction »

Gaudillere 1985 l-extreme onction GGL 1 (4)

  

Une ferme  à l’horizon. 

Un chemin tracé comme une tranchée  par les déneigeurs. 

Quelques poteaux en bois,  qui retrouveront  leur fonction  de clôture pour troupeaux  une  fois le grand vert revenu. 

Ces éléments  structurent le paysage enneigé. 

Tapis neigeux à perte de vue, ciel sombre, personnage  en noir. Tout connote le deuil et le dénuement. 

 

Sur un second tableau, un curé, peut-être le même, part, toujours de nuit, dans la pénombre d’un presbytère avec un enfant de chœur porter «le viatique»  à un mourant.

Gaudillere 1 1985 le viatique GGL 2 (4)

 

 Vieux curés courbés, perclus de rhumatisme, au  visage  émacié,  

Harnachés de  vêtements et accessoires sacerdotaux, mitres, surplis, calice, patène, lourdes chasubles noires,  

Ils partent dans la froidure  et dans  les  étendues  neigeuses  de Franche comté. 

Je revois le curé de ma paroisse,  lorsque j’étais enfant, traversant lui aussi  par tous les temps les rues de notre ville 

Pour aller porter  aux mourants  les derniers  sacrements, 

À ceux qui allaient 

« Passer ».

 

Troisième  tableau 

Gaudillere 1991 les pensionnaires ou la promenade du jeudi GGL 3 (3)

 

Un prêtre encore,  tenant par la main l’un  des pensionnaires de son internat  pour « la promenade du jeudi » (autrefois jour de repos des écoliers au lieu  du mercredi  actuel) 

Tous les enfants avancent dans la  neige pour la  promenade, protégés par leur cape et leur capuchon,

Cette  scène pourrait sembler une  provocation aujourd’hui,

A l’heure où éclatent  tant de scandales de pédophilie dans  l’Eglise catholique

Toutes les religions dites du « Livre » semblent incapables de  gérer les questions de sexualité. 

A la lecture de ces tableaux, on ressent presque  physiquement  la lutte de l’homme contre le tragique

Le  blanc  qui recouvre notre Franche-Comté, deux  à trois mois  l’an, est en lui-même une toile pour l’artiste

Tous les  sujets  qui s’y impriment,  sont mis en exergue   et prennent une  dimension  d’une  exceptionnelle signifiance.

Gaudillière  l’a  bien perçu.  

A l’heure où le monde s’étourdit de couleur.

Gaudillière se souvient des formes noires aperçues  dans  son enfance  qui  affrontaient la bise  dans la froidure et parfois dans la nuit

Elles donnaient la main à des enfants affrontant la bise glaciale sous le capuchon de leur  uniforme

Mis en internat  par des  parents peu aimants ou qui avaient trop à faire dans leur vie professionnelle

Enfants souvent  en manque d’affection.

Moi  qui ne suis plus  croyant 

Je  garde respect  et tendresse pour ces hommes qui ont peuplé mon enfance.

Ces curés certes étaient chargés de mille superstitions

Mais le plus souvent idéalistes, généreux, dévoués, souffrants, mystiques

Des prolétaires  de « l’Ecclésia » qui  accompagnaient les  humains sur  l’ultime chemin (via)  

Des hommes le plus souvent humbles et  solitaires dans nos  villages perchés.

Pas des prélats chamarrés  pour  cérémonies officielles avec  corps  constitué et notables

Pas des curés toiles de fond  pour mariés de  l’an 2000 qui  louent par la même occasion château, voiture de luxe

Pour que la  journée  du  grand  « oui »  soit inoubliable,

Elle qui débouchera  une fois sur deux sur un divorce 

                                               C’étaient  des   charbonniers de la foi  

Moi  qui ne  suis plus  croyant

A l’heure  où nos   aînés meurent dans des mouroirs  sans âme appelés Ehpad (Espace d’Humiliation Partagée Avant Décès) 

                                             Je  garde respect  et tendresse pour ces hommes 

                                             Qui accompagnaient  les humains  dans le tragique

                                             Donnaient la main au tragique  

Pour  le  jeune  des années 2000, étourdi de couleurs  sur ses multiples écrans,  ivre des néons flashy  des parcs à  jeux et des

débauches de noël, fête qu’on dit chrétienne….. 

Cette scène appartient sans doute à la fiction

Certains  exploitent même désormais ces défroques ecclésiastiques  pour Halloween

« Halloween »  une autre  horreur venue d’Amérique  qui se sert du tragique  pour faire  peur  aux enfants et prend leur cervelle pour des citrouilles. 

Le  petit garçon qui  accompagne  ce prêtre ce matin-là, les doigts gelés

C’était moi.

J’ai  vécu ces scènes, je peux témoigner

Pour  peindre ces tableaux, Gaudillière  a puisé  dans  « le puits de son enfance »

Le mien fut de la même eau.

                   Gaudillière  ne dissociait pas peinture et poésie 

                                            « Je me souviens de l’odeur de mon capuchon mouillé »

 

                                                                                                                               GGL 2018

 Photos :Touqs Droits Réservés

 

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