HUMEURS DES CHAPRAIS

27 août 2016

Les conseils municipaux bisontins de 1916 et les Chaprais....

Nous avons eu la curiosité d'examiner les délibérations du conseil municipal de Besançon au cours de l'année 1916 afin de noter celles qui concernent les Chaprais.

conseil M 1916 1

Alors que se passait-il il y a 100 ans? La guerre fait, bien sûr, l'objet de plusieurs délibérations concernant l'aide aux familles de soldats tués, l'aide aux soldats sur le front, etc. Il est frappant également de constater que les questions liées aux écoles que ce soit l'école d'horlogerie qui est municipale, la volonté de créer une section hôtelière pour les jeunes filles occupent une place importante.

école d'horlo

Douze bourses de 100 F sont accordées, au début de l'année 1916, à 12 élèves de l'école d'horlogerie dont 4 résident aux Chaprais : il s'agit de Cugnot Camille, 12 rue du Chasnot; Joly Pierre, 7 chemin des Cras (à noter que dans l'annuaire de 1936, un Pierre Joly exerce la profession d'horloger rue Bersot); Seur Georges, 6 rue des Docks (boulevard Diderot actuel); Riedoz, 24 rue du Chasnot.

Une demi-bourse d'état de 350 F est accordée, toujours pour l'école d'horlogerie pour le fils de madame Gaudard, veuve, 22 rue Charles Fourrier. Elle habite toujours à cette adresse en 1936 et il est noté qu'elle est propriétaire de son logement. Comme il reste de l'argent sur les crédits des bourses départementales, 5 bourses de 100 F sont attribuées à Paignay Georges, 3 rue des Cras; Gueldry Lucien 5 rue Charles Fourrier (madame Gueldry, veuve, y habite encore en 1936), et Charollais Fernand domicilié aux Cras.

En ce qui concerne les délibérations liées au quartier des Chaprais, elles sont de plusieurs ordres.

Tout d'abord, dès février 1916, il est proposé l'édification d'un pavillon du tourisme, en acquérant un terrain situé "en aval du pont de la République, rive droite du Doubs, d'une superficie de 12 ares 75". Ce terrain appartenant à l'état, il en est demandé la cession. Cette question revient à l'ordre du jour du conseil de mars 1916, car ce terrain ne peut être cédé que par le biais d'une vente aux enchères ou une déclaration d'utilité publique qui est aussitôt demandée au Préfet. Sauf erreur de notre part, cette question ne sera plus évoquée au cours de l'année 1916. Par ailleurs, il faudra attendre les années 50 pour que ce projet soit repris puis réalisé. 

Autre sujet abordé, en mars, la démolition d'un bâtiment appartenant à le compagnie de chemin de fer PLM, avenue d'Helvétie. Ce bâtiment et le terrain qui en dépend a été cédé à la ville en vue de l'élargissement de l'avenue d'Helvétie. Il abrite "une machine élévatoire du PLM" . Il n'en est pas dit plus...Un appel d'offre sera donc lancé pour cette démolition.

Toujours en mars, M. Racine, demeurant rue de l'Eglise, mécanicien au PLM, demande à la ville de pouvoir acquérir "le terrain d'un ancien chemin contigu à sa propriété, aux abords de la rue de l'Eglise et de la voie de chemin de fer Dijon-Belfort. Ce chemin qui desservait plusieurs propriétés a été en partie supprimé lors de l'établissement du chemin de fer. Le tronçon qui subsiste se compose de deux parties : la première de 3 à 4 m de largeur est perpendiculaire à la rue de l'Eglise où elle aboutit entre les numéros 33 à 35. Elle dessert 3 propriétés, notamment celle de M. Racine. La seconde partie de 1,80 m de large est parallèle à la rue de l'Eglise et se termine en impasse contre la clôture du chemin de fer. Elle est inutilisée et peut être, sans inconvénient, aliénée. Sa surface est de 27 m2. Le prix de cette cession paraît devoir être fixé à 4 F le m2, soit pour la totalité une somme de 108 F." Cet exposé entendu, le conseil municipal décide, à mains levées, de céder ce terrain.

église 1

église 2

Au mois de juin, est évoquée la vente d'un terrain, avenue Fontaine-Argent, appartenant aux Soeurs de la Charité pour les usines des automobiles Schneider. Certains conseillers municipaux demandent que l'on revienne sur la décision de fermeture les dimanches et jours fériés, des bureaux de poste des Chaprais et de Battant. Mais les transactions semblent insuffisantes ces jours là pour revenir sur cette décision de fermeture.

 

conseil M 1916 2

En août est débattue une demande des usines Schneider concernant les droits d'octroi sur les matériaux nécessaires à l'agrandissement de l'usine. Mais les textes réglementaires s'y opposent. Le conseil décide toutefois "d'examiner une demande de subvention correspondant à ces droits, à titre d'encouragement à l'industrie". 

schneider (2) carte camion

En comité secret, certainement par souci de discrétion, sont examinées des aides financières dans le cadre de l'assistance aux femmes en couches : 15 femmes des Chaprais sont concernées sur un total de 80 aides. Au mois d'octobre 3 femmes des Chaprais seront concernées sur un total de 50.

Il existe également une assistance obligatoire aux vieillards, infirmes et aux incurables privés de ressources : 3 personnes des Chaprais sont concernées sur un total de 26 ( 2 au titre de la vieillesse, la 3° au titre d'une infirmité).

Enfin, autre assistance, celle due aux familles nombreuses aux ressources insuffisantes pour élever leurs enfants : 3 familles demeurent aux Chaprais sur les 6 examinées pour la ville.

Autres faits marquants :

- la demande faite, en octobre,  par un propriétaire de l'enlèvement de 4 arbres au coin de l'avenue Denfert-Rochereau et la rue des Villas :il est accepté l'enlèvement de 3 sur 4;

Denfert villas

- la demande d'un habitant du 12 rue de la Cassotte afin d'échanger une concession perpétuelle au cimetière des Chaprais, où est enterrée sa fille, pour une plus grande afin d'y enterrer également son fils tombé au champ d'honneur. Elle lui fut refusée sous prétexte que tout échange doit se faire au profit exclusif de la ville!

- le renouvellement de l'abonnement au titre des droits d'octroi, de la Brasserie de la Mouillère, pour une somme de 45 000 f pour 1917.

gangloff 3

Vous pouvez consulter les délibérations des anciens conseils municipaux de la ville sur le site Mémoire Vive de la ville de Besançon.


24 août 2016

Un tableau de Roland Gaudillière et un poème de Jean-Luc Androletti

 Roland Gaudillière a longtemps habité les Chaprais. Son épouse Annie y réside encore. Elle vient, avec l'aide du conseil consultatif des habitants Chaprais/Cras de mettre en ligne un site qui s'efforce de rendre compte de la féconde production artistique de Roland Gaudillière. Vous pouvez le consulter sur http://www.roland-gaudilliere.com/e

 Jean-Luc Andreoletti, lui habite rue des Jardins. Par delà le temps, leurs oeuvres communiquent....

La poupée de chiffon

VISAGES

Les paroles congédiées s’éteignent au seuil des lèvres,

Portes du temple fermées pendant cette fausse trêve.

Le regard scrute, interroge ; dernier conquistador,

Espoir d’un futur bleu, regrets d’un passé mort.

Double vie : du possible renaît l’improbable ;

Double vue : du connu jaillit l’indéchiffrable ;

Mais Janus sait : ici, maintenant ou ailleurs,

Que du naufrage des rêves, éclosent toutes les peurs.

Que du néant se sont allumées toutes les vies.

Passage obligé, où s’explorent toutes les envies,

Sans victoire ni défaite, sans haine et sans larmes

Dans l’être cher, tu sais réveiller les charmes.

Passage obscur où soufflent les vents de la nuit,

La métamorphose de la chair enterre l’ennui.

Sous les rides, sous les ans, s’approche l’éternité ;

Et s’en revient l’amour et croît l’altérité.

Passage sensible où se fondent et la fuite

Et les sentiments teintés de paroles traduites.

Ni le fard, ni le sang, n’assèche le désir,

Janus ! Tes deux visages contemplent l’avenir.

andreoletti photo

Jean-Luc Andreoletti, enseignant aujourd'hui en retraite, a publié deux recueils. Le premier, en 2012, est intitulé Couleurs et même silence. Aux éditions Edilivre qui le présentent ainsi :

andreoletti poèmes

"De rencontres en mots, de mots en poèmes, l'intimité d'un parcours personnel se dévoile par-delà les découvertes et les doutes, par-delà les joies et les craintes.
Émotions et couleurs s’entremêlent aux silences chauds de l’aube. À travers ce choix de textes, Jean-Luc Andreoletti arpente un espace improbable où l'éphémère et l'infini contribuent à la force des émotions."

andreoletti poésie

 
En 2015, aux éditions Lharmattan, est publié A l'ombre des jardins d'Alkinoos, co-écrit avec Jean-Bernard Emonin . Il est présenté ainsi :

"Pas facile de tuer un homme même s'il est coupable du pire. Dans cet ouvrage à quatre mains, le nouvelliste et le poète traitent la question chacun à leur manière et nous entraînent tour à tour dans leurs univers respectifs d'ombre et de lumière. La musique des mots, en écho à la rudesse des interrogations, compose un livre acide et lumineux qui ne laisse pas indifférent."

Merci à madame Annie Gaudillière et à monsieur Jean-Luc Andreoletti pour leur autorisation de reproduction de ce  tableau et de ce poème.

 

 

 

20 août 2016

La nouvelle visite du ministre Alfred Rambaud, le 24 août 1896, à Besançon, avec le ministre Henry Boucher...

Donc, notre compatriote bisontin Alfred Nicolas Rambaud est de retour à Besançon, le 24 août 1896 (voir le billet précédent en date du 13 août 2016 consacré à sa première visite le 1er août 1896).

Mais cette fois, il vient surtout afin d'accompagner un autre ministre, Henry Boucher, ministre du commerce, de l'industrie, des postes et télégraphes.

Boucher Henry photo

Voici les explications de cette visite telles qu'elles figurent dans le registre officiel des délibérations municipales (conseil municipal, réunion du 20 août) :

"M. le Maire rappelle au Conseil que, lors de sa visite à Besançon, M. Rambaud, ministre de l'instruction publique, avait fait pressentir que son commerce du commerce et de l'industrie, M. Boucher, viendrait prochainement dans notre ville.

M. Boucher vient de faire part à M. Rambaud de son acceptation définitive et, après pourparlers, la date de son arrivée à Besançon est fixée à lundi prochain à 11 h du matin.

Le conseil accueille cette nouvelle avec satisfaction et malgré le désir exprimé par ce ministre qu'aucune réception officielle ne lui soit ménagée, à l'unanimité il est décidé que M. Boucher, ainsi que son collègue M. Rambaud, seront priés d'accepter les honneurs qui leur sont dus.

A cette occasion, les résolutions suivantes sont adoptées: les deux Ministres seront reçus à la gare par M. le Préfet du Doubs et le Conseil Municipal auxquels se joindront les membres de la Chambre de Commerce.

A midi, un déjeuner auquel seront conviés M. le Préfet, le Général commandant le 7° corps d'aemée et M. le Président de la Chambre de Commerce sera offert par la ville aux Ministres et à leurs Chefs de cabinet dans la grande salle de l'Hôtel de Ville.

M. le Ministre du commerce devant prolonger son séjour dans cette ville jusqu'au mardi soir, la municipalité l'entretiendra de toutes les questions intéressant la ville de Besançon, notamment du projet de construction de l'hôtel des postes et lui fera en outre visiter notre École  Nationale d'Horlogerie ainsi que l'Observatoire et les principaux établissements industriels.

Une sous-commission composée de M. Gondy, Grosjean et Pateu sera chargée de régler les détails de la réception; les frais auxquels elle donnera lieu seront prélevés sur le crédit des fêtes publiques".

Qui est Henry Boucher? Il est né en Lorraine en  1847 et meurt à Nancy en 1927. C'était un industriel papetier à Rambervilliers, dans les Vosges. Il a été député de ce département de 1889 à 1909, puis sénateur de 1909 à 1920. Il fut donc Ministre dans le gouvernement de Jules Méline du 29/04/1896 au 28/06/1898. S'il est aujourd'hui oublié, il a pourtant essayé de moderniser l'appareil commercial français en créant en 1898, l'Office national du commerce extérieur, office qui existe toujours.

rambaud boucher une Petit Comtois 25 août

Dans son discours prononcé dans la vase salle des Pas Perdus de la gare Viotte de l'époque, en réponse aux quelques lots de bienvenue du maire de Besançon, notre ministre indique : 

"Je suis profondément reconnaissant de l'éclat que vous donnez à cette réception; le ministre du commerce très modeste en ses oeuvres n'est pas habitué à cette pompe. S'il est venu parmi vous c'est qu'il veut rendre hommage aux vaillants efforts faits par la population bisontine pour pallier la crise industrielle.

Je sais d'ailleurs que si vous avez voulu donner tant de solennité à cette réception du ministre du commerce, c'est que dans une précédente visite, M. le ministre de l'instruction publique qui m'accompagne avait tenu à être reçu avec la plus grande simplicité....".

Reportez-vous au billet publié samedi dernier à propos de cette visite du 1er Août : banquet à l'hôtel de ville de 80 couverts....illuminations depuis le Casino jusqu'au centre ville, etc.C'est ce qui est qualifié, en 1896, de réception modeste...

rambaud boucher24août 1886- invitation

Le Maire n'oublie pas de présenter au ministre du commerce, le Président de la Chambre du commerce et de l'industrie, M. Dubourg. Huit voitures tirées par des chevaux (à raison de 4 occupants par voiture), selon un ordre protocolaire précis vont se diriger vers la Préfecture par le pont Battant, puis ensuite vers l'hôtel de ville pour le repas offert par le conseil municipal.

Rambaud boucher visite 24 août 1896

Nouveaux discours : du maire, d'abord, M. Vuillecard, qui indique : "...je vous

rambaud note restau 24 août 1886

présenterai les revendications de nos fabricants horlogers et autres ne doutant pas que tout votre concours nous sera acquis pour aider à réaliser des réformes depuis longtemps sollicitées"...

Réponse du ministre Henry Boucher : il "... rappelle que la première fois qu'il vint à Besançon, c'était en 1870 comme mobile des vosges. Il se souvient avec émotion de cette période de sa vie. Combien de progrès depuis.

Besançon est prête pour les luttes de la guerre, il faut qu'elle s'arme pour les luttes industrielles".

Il y aura ensuite une réunion à la Chambre de commerce avec ses représentants, puis visite à l'Ecole d'Horlogerie, puis Grandvelle où est projeté la construction d'un Hôtel des Postes. N'oublions pas que M. Boucher est aussi ministre des postes et télégraphes...

Mais on a oublié d'apporter les plans et le dossier n'avance pas car si la ville est autorisée à solliciter un emprunt (de 3 à 400 000 frs), il y a désaccord sur le prix de location réclamée par la ville : 42 000 frs alors que la poste proposait 8 000 frs. Et on sait aujourd'hui que le projet Grandvelle fut abandonné pour une construction rue Gambetta....

Sur la facture du restaurant on remarquera que les conseillers municipaux ont payé leur repas! Ci-dessous, la page 2 du Petit Comtois du 25 août 1896 rendant compte de la visite des deux ministres.

rambaud boucher petit comtois 25 août p 2

Le lendemain, dès 7h30, visite de l'Observatoire (ouvert en 1885). A 9h15 déplacement à Monfaucon et Saône. A 10h visite de 2 usine d'horlogerie dans la Boucle. puis direction les Prés de Vaux pour les visites de l'usine de soierie artificielle et des papeteries (n'oublions pas qu'Henry Boucher est industriel papetier dans les Vosges). Dans Le Petit Comtois de l'époque,il n'est pas indiqué, où se déroule le déjeuner (sauf erreur de notre part). A 7h du soit, il reçoit en préfecture M. Gondy président du conseil syndical de l'horlogerie. Puis direction les Chaprais pour un dîner au Casino de la Mouillère. Après le repas, théâtre pour le spectacle de la troupe de l'opéra comique qui donnait Carmen. Et feux d'artifice.

A noter que le directeur de la brasserie de la Mouillère -(qui deviendra plus tard la brasserie Gangloff, voir à ce sujet, nos billets publiés par ailleurs)- M. Boiteux fait goûter, au Casino, ses bières et attribuer la médaille d'honneur à son plus ancien ouvrier.

Le lendemain, dès 5h42 les deux ministres prennent, à la gare de la Mouillère, le train pour Morteau où se succèdent réceptions, visites (jusqu'à Villers le Lac), discours, toute la journée. Enfin, pour terminer la journée, Henry Boucher se dirige vers Neufchâtel, puis Genève, tandis que notre bisontin Alfred Rambaud rentre à Besançon par le dernier train au départ de Morteau!

Pour plus de détails encore, vous pouvez vous reporter utilement au journal Le Petit Comtois de l'époque. Pour cela vous pouvez les consulter sur le site Méloire Vive de la ville de Besançon : cliquer sur collections, bibliothèque, Le Petit Comtois.

rambaud boucher petit comtois 26 août p 2

Enfin, vous l'avez compris, ces deux visites de ministres au mois d'août 1896, ne sont pas dues au hasard. Mais ajoutons qu'il était alors, de tradition, que les ministres profitent de la vacance des Chambres (Parlement) en août pour organiser des visites et rencontres en France.

 Documentation et illustrations des archives de la bibliothèque municipale de Besançon.

17 août 2016

Un tableau de Jean-Claude Bourgeois, un texte de Michèle jourdan

 

 Jean-Claude Bourgeois a habité aux Chaprais : tout d'abord rue de Belfort, puis avenue Carnot. Michèle Jourdan habite rue Suard. La rencontre n'était pas probable....

Jc BOURGEOIS 005

Réflexion

 

Je ne voudrais pas vieillir,

Ne pas avoir un sourire amusé sur les lèvres,

Faire répéter les phrases,

Ajuster les lunettes pour un prix trop petit marqué,

Eviter que je me répète,

Ne pas gémir pour le chaud, pour le froid,

N’avoir à parler de rien aux miens

Pour de sombres contingences,

Etre libre comme autrefois, écouter sans rien dire

Les choses qui font rougir.

En sourire, devenir tolérant,

Je ne voudrais pas vieillir

Avant que mes enfants rechignent à venir me voir

Non, je ne voudrais pas vieillir

Pour ne pas les haïr, ne pas les détester disait l’’homme d’âge mûr.

Mjourdan 1

Michèle JOURDAN

Merci à madame Dominique Bourgeois de nous avoir permis de reproduire ce tableau qui appartient à une collection privée. Tous les droits en sont réservés.

 

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13 août 2016

Les visites du ministre Alfred Nicolas Rambaud, à Besançon, en août 1896.

A deux reprises, dans le courant du mois d'août (le 1er puis le 24), le Ministre de l'Instruction Publique, Alfred Nicolas Rambaud rend visite à sa ville natale, Besançon. C'est en effet, à Besançon, qu'est né Alfred Nicolas Rambaud, le 2 juillet 1842 (mort à Paris le 10 novembre 1916).

Rambaud alfred Nicolas

Historien, il fit tout à la fois une brillante carrière politique et universitaire (voir au sujet de sa carrière universitaire, l'article consacré sur le site de Vivre aux Chaprais au Passage Rambaud).

rambaud histoire de la russie

 

Alfred Rambaud est l'auteur de plus de 20 ouvrages d'histoire. Il a dirigé avec Alfred

ramùbaud histoire générale

Lavisse une histoire Générale en 8 volumes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fut tout d'abord élu conseiller général du Doubs (canton, de Roulans) en 1883. Puis sénateur en 1895. Il fut battu de justesse en 1903.  

Pourquoi évoquer, dans cette chronique, cet ancien ministre? Parce qu'aux Chaprais existe un passage Rambaud reliant la rue de Belfort et la rue des Chaprais. Et parce qu'il est passé dans notre quartier, puisqu'il s'est rendu, nous le verrons au Casino de la Mouillère.

Pour son premier voyage, il arrive donc à Besançon, par le train, à la gare Viotte le 1er août 1886. Le Petit Comtois précise à ce sujet qu'en fait il serait arrivé incognito le matin du 31 juillet, à 11h30 et se serait rendu chez des amis à quelque distance de Besançon. Puis il serait arrivé officiellement au train de 5h55, le soir.

rambaud visite affiche

Il faut dire qu'il arrive dans sa ville, dont le maire, radical socialiste, Claude François Vuillecard, s'est présenté aux élections sénatoriales de novembre 1895, contre Rambaud!Le maire de Besançon n'avait obtenu, au premier tour, que 80 voix sur un total de 896 délégués qui votaient quand M. Rambaud, arrivait en tête avec 257 voix. Au 2° tour, notre maire s'était désisté pour un candidat radical modéré, M. Borne qui ne recueillit que 295 voix contre 367 à M. Rambaud. Un troisième tour fut donc nécessaire : M. Rambaud l'emporta finalement par 515 voix contre 318 à M. Borne.

Et cette élection devait laisser des traces lors de cette réception officielle.

Que vient faire notre ministre, à Besançon, le 1er août 1896? 

Le compte-rendu que l'on peut lire dans Le Petit Comtois du 2 août 1896 témoigne d'un programme chargé! Dès 8h à la Préfecture, les cérémonies officielles se sont succédées. Avec des discours du Président du Conseil Général, le sénateur Bernard, du grand rabbin, du président du consistoire protestant, de l'archevêque de Besançon (Mgr Petit), du président de l'association des étudiants dont M. Rambaud est membre d'honneur. Les discours de bienvenue des représentants des différentes religions s'expliquent aisément : me ministre de l'instruction publique est alors également celui des cultes..et des beaux arts...

Durant ces cérémonies, notre ministre dustribue des décorations à tour de bras : 1 légion d'honneur (au doyen de la fac de lettres, un bisontin d'origine, 3 d'officiers de l'instruction publique, 13 d'officiers d'académie (dont l'entrepreneur du bâtiment M. Pateu, des Chaprais) et 7 chevaliers du mérite agricole!

A 9h30, distribution des prix au lycée Victor Hugo : le palmarès comporte 103 pages! La séance est levée à 11h45.

Puis c'est le banquet dans la grande salle de l'hôtel de ville avec 80 convives. notre ministre est entouré à droite par le maire et à gauche par le général de la place. Mais sont remarqués comme absents, parce qu'ils n'ont pas voulu y participer, le président du conseil général, les 2 députés Beauquier et Jouffroy d'Abbans, l'archevêque de Besançon.

rambaud visite dîner 1er août 1896

S'agit-il d'un dîner ou d'un déjeuner offert par la municipalité le 1er août 1896? La presse parle d'un déjeuner.

Au dessert, "M. Rambaut après avoir fait allusion à ses origines comtoises s'est étendu sur ses tendances politiques (il appartient alors au cabinet Méline- 1896/1898 qualifié alors de républicain plus que modéré...), rappelant qu'il avait été le collaborateur de Jules Ferry dans sa campagne anticléricale (on comprend mieux l'absence de l'archevêque). Parlant des divisions qui séparent les républicains il a porté un toast à l'union des partis.

La musique d'artillerie prêtait son concours à la fête.

De l'Hôtel de ville on s'est rendu au Casino où l'administration des bains offrait le café et le cigare. On s'est séparé vers 11H (du soir...). Le parcours de l'hôtel de ville aux bains salins était brillamment illuminés".

A part cela, lorsqu'il reviendra le 24 août suivant, les cérémonies seront encore plus somptueuses, celles du 1er août ayant été qualifiées de simples! 

Nous vous raconterons la suite, c'est à dire la visite du 24 août,  dans un prochain billet.

Documentation tirée des archives municipales de la ville de Besançon.


10 août 2016

Sculpture et poésie : Dominique Calame, Alain Bobillier Acte 4 . L'équilibriste

 Rappelons le : Dominique Calame habite rue des Cras; Alain Bobillier, rue de l'Eglise. Leurs oeuvres ne pouvaient que se rencontrer.

l'équilibriste

 

L’équilibriste

d

 

Ce matin                                                         

Un cirque                                                       

S’est installé                                                                                           

Et ce soir                                                                                                    

Ensemble                                                       

Nous y allons                                                 

Les gradins                                                    

Renvoient                                                        

Tous les bravos                                                           

Son ombrelle                                                   

En main                                                                                                       

Elle est venue                                                  

Son costume                                                                          

Scintille  

Sur l'échelle

Qui brille

Elle parade

La voilà

Enfin

Qui nous salue

Sur son fil

Si mince

          En équilibre

Elle va

Et danse

Et nous enchante

 

Alain Bobillier        « Et si l’on passait quelques moments ensemble »

ab et si l-on passait quelques moments ensemble (2)

a

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06 août 2016

Besançon 100% vintage! Les Chaprais aussi....

besancon vintage 001

La parution ce ce petit livre, sous forme de carnet à feuilleter Besançon 100% vintage à travers la carte postale ancienne ne vous a peut-être pas échappé. Publié aux éditions parisiennes Hervé Chopin  il comporte donc de nombreuses cartes postales anciennes puisées aux archives municipales et départementales ainsi que dans des collections privées. Ces cartes sont classées par quartier et les Chaprais ne sont pas oubliés. Mais on en trouvera également des rubriques concernant La Mouillère et la  Gare Viotte. Notons également la publication de quelques cartes des communes alentour. Le texte accompagnant ces reproductions est de Sarah Sergent.

 

 

 

 

 

Sous la rubrique LES CHAPRAIS, il est précisé que "le nom des Chaprais vient de la contraction des mots "champ" et "pré": c'est dire à quel point le lieu était rural".Et à propos de la dénomination FONTAINE ARGENT : "elle fait référence à une source possédée autrefois par les frères D'Argent, peintres du cardinal De Granvelle". Ces renseignements figurent déjà dans l'excellent ouvrage d'Eveline TOILLON : "Les rues de Besançon" publié aux éditions Cêtre.

eveline toillon 001

Cependant, à propos de Fontaine-Argent, madame Toillon après avoir repris cette hypothèse précise que "Coindre pense que le nom de cette fontaine rappelle le souvenir de ses possesseurs, les frères d'Argent, peintres du cardinal de grandvelle, mais ceux-ci ayant vécu bien longtemps après la première mention de la source sur les documents, il faut écarter cette hypothèse".

av fontaine argent 1915 1930

En ce qui concerne LA MOUILLERE, relevons cette précision  dans l'ouvrage Besançon 100% vintage : " lorsque la municipalité fait assècher le bras du Doubs qui sépare la rive de l'île des Moineaux, l'espace ainsi gagné, soit 3 ha sur 500 m, profite à la nouvelle promenade  Micaud ouverte en 1844".

gare de la mouillere fin XIX°

 

Enfin, concernant LA GARE VIOTTE : "Dès 1873, deux trains font chaque jour l'aller-retour jusqu'à Dijon et, cinq ans plus tard, la ligne de Besançon à Gray est ouverte. En 1900, une cinquantaine de lignes se croisent à la gare Viotte, et il faut sept heures pour se rendre à Paris en passant par Dijon".

gare viotte couleurs 2

Cet ouvrage fourmille par ailleurs d'anecdotes et vous permettra de répondre à ces questions que l'on retrouve en dernière de couverture:  Dans quelle rue Balzac a-t-il séjourné? Quel événement consacre Besançon capitale incontestée de la montre française? Qui est né au 140 Grande Rue? D'où vient le nom de Chamars? etc.

Coût de cet ouvrage : 12€. Bien sûr il ne s'agit pas là de publicité, mais d'une simple information....

03 août 2016

Peinture et Poésie : Jean-Claude Bourgeois et Alain Bobillier

Rappelons que Jean-Claude Bourgeois a longtemps habité aux Chaprais : d'abord rue de Belfort, puis avenue Carnot. Alain Bobillier, lui, habite rue de l'Eglise. Inutile de préciser qu'ils ne se sont jamais rencontrés....

 

Jc BOURGEOIS 018 (2)

 

 

 Voilà c’est fini L’orage est passé

 Les grêlons alentour ont tout cassé

 Elle est seule                                       

 Il est parti le bel amant lassé

 Fatigué de ses baisers harassé

 Elle est seule

 Pourtant elle n’en avait pas assez

 D’amour avant cet orage embrassé

 Elle est seule

 Sont consumés les câlins amassés

 Et les regrets viennent les remplacer

 Elle est seule

 L’orage est venu de loin entasser

 La peine et des grêlons d’amour glacé

 Elle est seule

 Voilà c’est fini L’orage est passé

 Les grêlons dans son cœur ont tout cassé                                                   

 Elle est seule

Alain Bobillier, « Et si l’on passait quelques moments ensemble » A l’écoute des Poètes 2004

JCB 1

 Photo de J.C. Bourgeois, lors d'une exposition à Besançon, en janvier 1960. Photo B. Faille. Site Mémoire Vive de la ville de Besançon.

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30 juillet 2016

Les Chaprais dans la presse du 30 juillet 1926...

Petit entracte historique dans la publication des billets consacrés à la peinture et à la sculpture...Nous avons eu la curiosité de rechercher dans la presse de l'époque comme Le Petit Comtois, les faits locaux concernant notre quartier. A la date du 30 juillet 1916, pas grand chose. Mais à la date du 30 juillet 1926, s'il est annoncé, dans Le Petit Comtois un seul vol concernant notre quartier, La Dépêche Républicaine de Franche-Comté mise en ligne récemment sur le site Mémoire Vive de la ville est lui, beaucoup plus riche. 

DP 30 juillet 1926

Tout d'abord deux vols sont signalés dans le quartier :

"Vols d'habits

Une enquête est ouverte au sujet du vol d'un complet veston en drap gris bleu et d'un veston avec gilet et gabardine noire. Ce vol a été commis par un inconnu dans la soirée du 12 juillet au préjudice de M. Maurice Emile, chef de section à la compagnie des chemins de fer PLM et de Me Klentz Emilia, gérante, demeurant tous deux 4 rue de Vittel.

 

rue de vittel bévalot (2)

 

 

rue de Vittel n°4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Il semble qu'au n°4 de la rue de Vittel existait, jusqu'après la guerre, un hôtel meublé.

 

Vol de linge

Une enquête est ouverte au sujet d'un vol de linge commis dans la nuit du 26 au 27 juillet par un inconnu à la barque lavandière de l'avenue d'Helvétie au préjudice de Me Poncet demeurant 24 rue de la Madeleine."

 

barque lavandière 2 bis (2)

 

 

barques lavandières 4 quai de Strasbourg 2

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous aurons l'occasion, dans un prochain billet d'évoquer ces barques lavandières qui étaient fort nombreuses à Besançon.

Autres nouvelles : Au Casino : aujourd'hui et demain, en soirée, la troupe de comédie qui a conquis les suffrages de la population bisontine donnera "Les supercheries du divorce", la spirituelle comédie dont le succès est assuré. Comme de coutume la mise en scène de M. Miral sera un régal pour les yeux.

Dimanche en soirée, grand gala avec les FRATELLINI les inégalables clowns encadrés de 10 attractions.

La location s'impose : hâtez-vous de retenir vos places.

Plus intéressant encore on apprend, dans les annonces légales, la vente du Café de la Perle, du 9 avenue Carnot, par M. Eugène Vernet, limonadier à M. Maurice Greset et Me. Madeleine Mathis son épouse, limonadiers 15 rue du Capitole (rue des Granges actuelle).

 

café la perle

 

Mais aussi l'installation de la fabrique d'horlogerie, CHAUVELOT-MAYER,  7 rue des Chaprais (passage Charpy, actuel Passage Rambaud).

 

chauvelot

 

L'annuaire Fournier nous indique que cette fabrique existe toujours en 1936 avec un nouvel associé : BOUGAULT. Une autre fabrique d'horlogerie s'installera dans ces locaux, après la guerre. Nous aurons l'occasion d'en reparler....

Cartes postales anciennes, Dépêche Républicaine : site Mémoire Vive de la ville de Besançon. Photo Bévalot pour la rue de Vittel autrefois (collection privée DR).

 

27 juillet 2016

Sculpture et poésie : Dominique Calame et Alain Bobillier acte 3 Laure

Dominique Calame, sculpteur, habite rue des cras; Alain Bobillier, poète, rue de l'Eglise. leurs oeuvres se sont rencontrées aux Chaprais....

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Laure le temps est si long                                                       

Sur le Monde je m’endors

Et le vent souffle au-dehors

Sans cesse sur mes talons

                                                                                 

Il fait si frais aujourd’hui                                             

Que je voudrais te couvrir                                                     

 

De mes bras et t’y ouvrir                                                         

Une oasis cette nuit                                                                             

 

Une oasis de chaleur                                                                                     

Où Laure tu resterais                                                                                                            

Jusqu’à demain fait exprès                                                                 

Pour nos instants de bonheur

Alain Bobillier : "46 moments intermitents" Lib. Schrag 1996

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Ci-dessous : à gauche, Dominique Calame; à droite, Alain Bobillier

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