HUMEURS DES CHAPRAIS

20 janvier 2018

Qui se souvient de la piscine de la rue des Cras?

Cette piscine se situait à l’actuel numéro 37 de la rue des Cras,à l’emplacement même où a été construit l'ensemble immobilier Les Laurentides, en 1998, par Grand Besançon Habitat.

piscine cras pancarte GBH

 

piscine cras laurentides

Car il y avait, avant les constructions actuelles, des bassins d’eau pour l’approvisionnement des locomotives à vapeur du dépôt de la rue Résal.

Durant l’occupation, certainement en 1942, la compagnie du PLM a eu l’idée d’ouvrir  (à moins que ceci lui ait été suggéré par les cheminots eux-mêmes...), une piscine pour les enfants des cheminots nombreux dans le quartier. Cette piscine fut en fait ouverte à tous les enfants du quartier.

Il semble que cela soit dû au fait qu’un des employés de ce dépôt possédait un diplôme de maître nageur sauveteur.

Il aurait été détaché afin d’animer et surveiller la baignade. D’ailleurs il avait été installé deux ou trois potences qui soutenaient des brassières qui permettaient aux enfants d’apprendre à nager.

M. Bernard Besançon habitait alors, avec sa famille, dans une maison située juste en face de cette piscine, au n°32. Son père était mécanicien au dépôt. Il se souvient bien de ces baignades, y compris la nuit, puisqu’il escaladait la porte pour un bain de minuit !

Cette photo parue dans le journal n° 3 127 de «  LA REPUBLIQUE, quotidien régional de Franche-Comté et du Territoire de Belfort », en date du samedi et dimanche 25 et 26 juin 1955, atteste que cette piscine a perduré après la guerre. Jusqu’au début des années 60 ?

piscine cras 001

Le service des archives de la SNCF, interrogé, n’a pas pu nous fournir d’informations à ce sujet.

Mais, à Lons-le Saunier, la SNCF (ou la compagnie PLM ?) avait pratiqué de même. Derrière la gare, 3 bassins superposés avaient été creusés afin d’obtenir des réserves d’eau. L’un d’eux avait également été transformé en piscine et les deux autres en lieux de pêche.

bassin jean michel

Photo du bassin Jean-Michel, à Lons le Saunier, été 1952 (DR)

Si vous possédez des renseignements supplémentaires, des souvenirs, des photos de cette piscine, n’hésitez pas à nous contacter. Merci.

Il semble qu’il ait existé également, après la guerre, un baraquement préfabriqué, rue de la Viotte, dans le prolongement des entrepôts de la SERNAM, aujourd’hui démolis, qui accueillait les enfants des cheminots et du quartier pour leurs loisirs. Nous aurons l’occasion d’en reparler.

Si vous avez des souvenirs de cette piscine, des documents d’époque, n’hésitez pas à nous contacter !

D’autre part, nous avons demandé à Grand  Besançon Habitat si des archives existent pour ces constructions. Nous ne manquerons pas de vous faire part de tous les renseignements nouveaux recueillis. Eventuellement en consacrant à ce lieu un second article.

Sources : Mrs. Bernard Besançon et Dominique Calame ; la coupure de presse, avec la photo, ont été découverts par M. Denis Arbey. Remerciements à tous trois.


13 janvier 2018

La maison de paille à l'angle de la rue des Chaprais et de la Liberté

Les bisontins l'appellent "la maison de paille"! Or il s'agit d'un immeuble ! Nous allons donc essayer d'expliquer le sens de cette dénomination. Et comme nous ne sommes pas tout à fait certains de nos tentatives d'explication, comme dans nos "Café Histoire", nous espérons que nos lecteurs apporteront les informations complémentaires nécessaires!

maison de paille 30 août 1931

La maison de paille en 1931

Dans une interview réalisée par Vivre aux Chaprais et publiée sur le site le 7 avril 2015, M. François Tholomier, entrepreneur, installé au rez de chaussée de cet immeuble (son local est aujourd'hui en vente...), précice :

"../.. A l'origine, il y avait un bâtiment de deux étages, bombardé durant la première guerre mondiale et qui a souffert d'in incendie. L'immeuble a été réhaussé et agrand à une époque où les matériaux étaient rares et chers. L'immeuble a été reconstruit avec une ossature béton et les murs intérieurs et les cloisons sont en paille selon un procédé allemand original avec un traitement pour que ça ne prenne pas feu ../..".

Voici, dans les actes notariés, comment est décrit cette propriété :

"Un immeuble sis à Besançon, rue des Chaprais N° 22 et 24, et rue de la Liberté N° 15 et 17, à usage d'habitation et de commerce, comprenant :

1) Un bâtiment, dit bâriment A, pour partie en bordure de la rue des Chaprais et pour partie faisant l'angle entre cette dernière rue et la rue de la Liberté, composé d'un rez de chaussée et cinq étages, élevé sur caves voutées.

2) Un bâtiment dit bâtiment B donnant sur la cour existant entre ce dernier bâtiment et le bâtiment A, composé d'un rez de chaussée et deux étages élevé sur caves". 

L'origine de la propriété est ainsi précisée : 

"../.. L'immeuble ci-dessus désigné appartenait en propre à Monsieur Raymond Courbet, ancien négociant, demeurant à Besançon, 8 rue des Martelots, époux de Madame Charnottet, pour lui avoir été donné par Monsieur Edmond Félicien Hyppolyte Courbet, son père, ancien négociant, demeurant à Besançon 28 rue de la Cassotte, par acte notarié le 6 septembre 1928"...

"../.. L'immeuble fut ensuite acquis par Monsieur Léon André Camelin, industriel, demeurant à Besançon,  18 rue de la Préfecture....suite à une saisie convertie en vente volontaire."...

..."le 27 octobre 1938, suivant acte passé au greffe du tribunal civil de Besançon, Monsieur Charles Jean Baptiste Colisson fit une surenchère du dixième .." (10%), comme la loi le lui autorisait. Une nouvelle adjudication, sur enchère, eut lieu le 27 décembre 1938 et M. Cote-Colisson qui habitera cet immeuble, en devint propriétaire pour la somme de 572 200 francs.

maison paille 01 (2)

L'immeuble comportait alors, sauf erreur de notre part 19 appartements et 13 caves dans le bâtiment A. Le bâtiment B était composé de 17 caves, 11 remises et deux locaux de 2 pièces en rez de chaussée; on comptait encore 5 greniers et 6 chambres au premier et 2 greniers et 6 chambres mansardées au 2° étage. Le règlement de la copropriété spécifiait toutefois que les caves et les greniers, pouvaient être réunis par leur propriétaire en un seul.

maison paille 02 (2)

Ce règlement témoigne des modes de vie d'alors et peut apparaître, par certains aspects, surprenants aujourd'hui! Jugez plutôt...

"Les locaux composant l'immeuble devront conserver la destination bourgeoise à l'exclusion de tout commerce, industrie ou profession, cercle, dancing, théâtre,  cinématographe, clinique, maison de santé ou de soins particuliers.

Il ne pourra être exercé dans l'immeuble aucun cours de musique ou de chant, ni aucun état ou profession qui produirait pour les voisins du bruit, de la mauvaise odeur ou un trouble quelconque ou qui choquerait les bonnes moeurs...."

"Toutefois il pourra être exercé dans l'immeuble une profession de la nature de celles dites  libérales...et s'il s'agit d'un docteur, mèdecin ou chirurgien qu'il ne soit tenu aucune clinique ni aucu laboratoire d'expériences et qu'il ne soit employé de rayons X ou de substances radio actives. Les médecins ayant la spécialité de soigner des maladies contagieuses ne seront pas acceptés dans l'immeuble.

L'apposition de toute plaque extérieure à quelque endroit que ce soit, même à la porte palière est rigoureusement interdite.

Les perroquets et autres animaux criards seront interdits dans la maison; les chiens de petite taille seront tolérés.

Il ne pourra être cassé ni bois ni charbons dans les appartements.

Il ne pourra être mis sur les fenêtres et balcons aucun pot de fleur, caisse cage ou autre objet pouvant nuire à la propreté ou au bon aspect de la maison ni être étendu de linge."...

Pendant les gelées il ne pourra être jeté aucune espèce d'eau dans les plombs, pierre d'évier ou autres conduits évacuant les eaux dans les tuyaux exposés à la gelée".

maison paille 03 (2)

La dénomination "maison de paille" a très vite été adoptée par les bisontins. Non seulement à cause du matériau utilisé pour les murs et cloisons intérieures mais aussi du fait de la coque en béton, procédé de construction alors nouveau, qui semblait fragile aux yeux de la population. 

Lors d'une demande de peinture des façades de cet immeuble, il est indiqué par l'entreprise qui sollicite l'autorisation, auprès de la mairie, d'établir un échaffaudage, qu'il s'agit de la maison de M. Cotte dite "maison de paille".

maison de paille (permis

 

Sources : Madame Toillon, Madame Anne-Sophie Anfriantavy, Messieurs François Tholomier et Jean-Pierre Gavignet. Archives municipales.

Les trois photos de la maison de paille aujourd'hui sont d'Alain Prêtre (DR).

 

06 janvier 2018

Des dates repères pour une petite Histoire des Chaprais...

Commençons cette année 2018 par une évocation rapide, en quelques dates, de l'histoire de notre quartier....

1814

Siège de la ville par les autrichiens. Le général Marulaz ordonne la destruction des maisons qui gênent la défense de la ville y compris l’église du quartier des Chaprais, Saint Martin de Bregille. Après l’incendie des  maisons par les autrichiens, il n’en reste que quelques unes debout, dont celle du Château Rose.

marulaz

Le général Marulaz

Le quartier compte 294 habitants en 1794.

Maire de Besançon : Louis Antoine Daclin  1801-1816(démissionnaire pendant les Cent jours).

1820-1825

 Edification de l’église Saint Martin des Chaprais.

saint martin des chaprais 1

 

Maire de Besançon : Bernard, marquis de Terrier-Santans 1816-1830(démission), enterré au cimetière des Chaprais.

1824

Création du cimetière des Chaprais (le Champ Bruley a été créé en 1792) .

 

cimetière champ bruley vue géné

Entrée cimetière du Champ Bruley

1838

 Le pont suspendu ou pont de fil de fer, pont Saint Pierre (pont de la République actuel) ouvre à la circulation (décision municipale 1834) ; il est payant.

pont saint pierre entree ville

Le quartier compte 640 habitants en 1836.

Maire de Besançon : Jean-Agathe Micaud 1832-1843 (démission) enterré au cimetière des Chaprais.

 

MICAUD jean agathe

 

 

micaud tombe 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1844

Inauguration promenade Micaud.

micaud promenade

Maire de Besançon : Louis Bretillot 1843-1848 révocation de l’administration municipale en 1848.

1856

 Gare Viotte : 7 avril, premier train part pour Dole.

gare viotte avec charettes 2 def

Le quartier compte 968 habitants à cette date.

Maire de Besançon : Claude César Convers 1848-1860 nommé le 8 mars 1848, destitué le 25 avril et reconfirmé le 8 septembre de la même année.

1862

Création du Cercle des Chaprais(2 mars). Avec notables dont Auguste Klein (à ne pas confondre avec Pierre Klein qui a donné son nom à une rue des Chaprais).

Le quartier compte 1 251 habitants en 1861.

Maire Charles Clerc de Landresse 1860-1867 (décès), enterré au cimetière des Chaprais.

 

cimetiere chaprais clerc de landresse

 

1873

 Décision création avenue Fontaine-Argent (fin travaux 1878 ?). Levée des obligations militaires dans le polygone exceptionnel des Chaprais.

 

fontaine argent delcampe mourey 2 modif

 Refus éclairage des Chaprais au-delà du périmètre de l’octroi (banlieue).

Le quartier compte 2 871 habitants en 1876.

1877

Levée des contraintes militaires aux Chaprais (lettre du génie militaire dressée au Maire en date du 16 décembre 1877 en vertu du décret du 19 mars 1873). Constructions en maçonnerie autorisées mais toutefois, pourront être détruites si nécessaires.

Le quartier compte 2 871 habitants en 1876.

 

1878

 Création de l’avenue Denfert Rochereau (fin travaux 1885 ?)

avenue denfert rochereau 1908

1880

 Les Chaprais intégrés dans la ville (barrières d’octroi déplacées).

1881

 Dénomination officielle de 26 voies aux Chaprais (conseil municipal du 17 décembre). Le quartier compte  alors 4 200 habitants.

Maire de Besançon : Victor Aristide Delavelle 1881-1884 (démissionnaire) enterré au cimetière des Chaprais.

 

1884

 Inauguration Gare de la Mouillère (détruite en 1963).

 

gare mouillère ouverte en 1884 2 modifiée

Le quartier compte 5 818 habitants en 1886.

Maire de Besançon : Nicolas Bruand 1884-1888.

1885

 Pont Saint Pierre construit en pierre.

pont république 2

1889/1890

 Fièvre typhoïde aux Chaprais. Rapport du docteur Perron démontrant qu’elle est transmise par l’eau polluée du ruisseau Fontaine-Argent captée pour la distribution de certains secteurs du quartier.

 Le quartier compte 5 636  habitants en 1891.

Maire de Besançon : Claude François Vuillecard 1888-1898 (démission).

1944

7 et 8 septembre : combats pour la Libération de Besançon (Résistants FFI regroupés le 7,  place de la Liberté afin de rejoindre les forces américaines).

11 septembre : hommage officiel solennel aux victimes des combats pour la Libération de Besançon, lycée Saint Joseph, avenue Fontaine-Argent.

Libération obsèques avenue Fontaine Argent 14 septembre 1944 de 28 maquisards, 10 civils et 2 soldats d'infanterie américaine

Maire de Besançon : Docteur Jean-Marie Louis, Charles-Joseph Maitre succède à Henri Bugnet suspendu en 1944, maire de 1939 à 1940 (29 juillet) puis du 16 novembre 1940 à la libération de la ville.

Sources : Archives municipales, mémoire de maîtrise de M. Fabrice Petetin (2001) "Histoire des Chaprais au XIX° siècle"; portraits des maires, photos des tableaux, mairie de Besançon.

voeux 2018

30 décembre 2017

A propos de Johnny, deux chapraisiens témoignent...

Nous terminerons donc l'année en évoquant la mémoire de Johnny, avec deux chapraisiens qui témoignent. Et nous commencerons l'année 2018 avec quelques dates repères pour une petite histoire du quartier! 

Bien sûr, ils sont nombreux les bisontins qui se souviennent des passages de Johnny à Besançon ! Deux chapraisiens nous ont fait part des leurs .

 Tout d’abord, M. Denis Arbey, a déjà fait part de son témoignage, à la fois dans l’Est Républicain et sur le site de Vivre aux Chaprais le 17 décembre dernier.

Johnny rencontre Bey 002 (3)

La rencontre entre Johnny et M. Denis Arbey 

On ne présente plus le sympathique gardien de la Cité Parc des Chaprais, féru d’histoire locale. Il est d’ailleurs intervenu lors du Café Histoire consacré, ce printemps, à la vie dans le haut de la rue de Belfort. Et ce, au Café des Pratiques.

Un portrait de lui a été publié sur le site Vivre aux Chaprais (interview de 2010, republiée en 2014) et un article en date du 29 avril 2015, toujours sur notre site, fait part de ses recherches sur l’histoire de la Cité Parc des Chaprais. Et dans un autre, publié cet été (le 29 juillet 2017), M. Denis Arbey nous a fait part de ses souvenirs des années 60.

Johnny poster et D

M. Denis Arbey et son poster dédicacé par Johnny

 

Dedicace Johnny (3)

 

Dédicade de Johnny, sur son poster, pour M. Denis Arbey 

Parmi les nombreuses activités professionnelles qu’il a exercé, dans le domaine de la culture,  avant son tragique accident qui l’avait laissé handicapé durant plusieurs années (piéton, il avait été renversé par une automobile rue de Vesoul),  l’une retient plus particulièrement notre attention. Son travail, aux Chaprais,  à l’ORLEP, c’est-à-dire, l’Office Régional Laïque d’Education Permanente, alors installé rue de la Cassotte. Cet organisme évoquera certainement de nombreux souvenirs chez les anciens, avec son cinéma organisé pour les écoles et son mois de la chanson ! N’hésitez pas à nous en faire part !

orlep

Alors que dire de plus ?  Si ce n’est que M. Denis Arbey nous rappelle opportunément que l’hôtel Frantel (actuellement hôtel Mercure), devant lequel il avait attendu Johnny, en 1979,  avait un bar célèbre baptisé « L’Ardoise ».

DA ER 001

 

Les artistes de passage à Besançon étaient alors, pour la plupart logés au Frantel.Il était alors de tradition que ces personnalités célèbres du monde du spectacle laissent une trace de leur passage, sur une ardoise qu’elles dédicaçaient ! Elles étaient alors vernies et accrochées derrière le bar : Denis Arbey se souvient ainsi des ardoises de Carlos, Sylvie Vartan, Annie Cordy…

hôtel frantel

L'hôtel Frantel des années 60/70

Que sont ces ardoises devenues ?

Soulignons également, que dans la famille Arbey, on fut  « fan » de bonne heure comme en témoigne cette photo, des débuts de Johnny, au Golf Drouot (années 60 ; ce lieu mythique a disparu en 1981), que nous confie sa sœur, madame Patricia Tassi (tous les droits en sont réservés comme toutes les photos publiées dans cet article).

Johnny et golf drouot

 Johnny au Golf Drouot (collection particulière Patricia Tassi DR)

Autres souvenirs, celui de notre ami M. Alain Prêtre.

Johnny et Alain Pretre (2)

 M. Alain Prêtre

Il est également connu, entre autres sur ce blog, pour ses photos réalisées bénévolement afin  d’illustrer la plupart de nos articles. Mais aussi pour les souvenirs qu’il a publiés sur l’ancienne usine Kelton, évoquant d’ailleurs le passage de Sylvie Vartan dans l’usine, à Besançon ; et également pour un article publié sur le sculpteur bisontin Laëthier. Ajoutons qu’il prépare, pour 2018, la publication d’une partie des carnets de son grand oncle durant la grande guerre. Son grand-père, Louis Renaudin, ancien policier bisontin, résistant, est mort lors des combats pour la libération de Besançon.

« Je me souviens, en 1963, les Ets Weil présentaient leur collection au Palais des Sports de Besançon et c'est à cette occasion que j'ai vu Johnny sur scène.

Orchestre restreint à l'époque : 2 guitares et 1 batterie.

Autre souvenir  raconté par mon oncle :   en mai 1967, et au bar de l’aérodrome de Thise, il aurait pris un verre, offert par Jean de Gribaldy ,en compagnie de Sylvie et de Johnny de passage à Besançon.

Johnny Sylvie a Thise 1967 (2)

Photo tirée du site sylvissima.com (DR)

 En 1964, de Gribaldy avait emmené Johnny (Il était à l'armée à Arc et Senans lui faire rencontrer   Jean  Touzalin, préparateur et champion de moto à l'époque. Johnny enfourche le bolide, une 350cc Norton, et le voilà parti. Ne le voyant pas revenir une heure après, Jean de Gribaldy et Jean Touzalin inquiets ont pris une voiture et dans la ligne droite de la forêt de Chaux, ont découvert Johnny. Il avait tenté de se retourner et avait calé, pas facile de remettre en route le bolide. »

Johnny Arc et Senans (2)

Photo Est Républicain (DR)

Belle année 2018 à toutes et à tous, avec de très beaux souvenirs à partager !

Photos : collections privées, Alain Prêtre, Est Républicain, site Sylvissima.com  (DR).

 

 

 

 

23 décembre 2017

Le destin d'une montre....des Chaprais : un vrai conte de Noël ?

Nous avons reçu de M. Jacques Souèges, le récit suivant. rappelons que la rue des Docks où il habitait alors qu'il était enfant, est aujourd'hui le boulevard Diderot. Ce sera, cette année, notre beau conte de Noêl!

Le 3 septembre 1939, suite à l'agression de la Pologne, l'Angleterre puis la France déclarent la guerre à l'Allemagne.

10 mois plus tard, le dimanche 16 juin 1940  à 7 heures du matin, les troupes allemandes entrent dans Besançon.

Nous habitions alors au 22 rue des Docks, à Besançon.

J'avais 6 ans. 

Yvan Souèges, mon père, avait été rappelé le mardi 5 septembre 1939 et affecté au 428ème Régiment de Pionniers à Conliège, près de Lons le Saunier, le jeudi 7 du même mois.

Muté sur Belfort, il y était fait prisonnier le mardi 18 juin 1940, et dirigé sur l'Allemagne où il séjournera dans 8 camps différents (dont celui de Rawa-Ruska, camp disciplinaire pour prisonniers réfractaires et évadés/repris; il était aussi appelé "le camp de la goutte d'eau" car il n'existait qu'un seul robinet pour 1 500 prisonniers, ouvert 2 heures par jour!) dont il ne reviendra que 5 ans plus tard, en 1945.

Ma mère et moi demeurâmes donc à l'adresse précitée jusqu'à la réquisition de notre logement par les troupes Allemandes.

soueges

Nous fumes alors recueuillis par ma grand mère maternelle, Mme. Rolin, qui habitait rue des Brosses à Besançon, où nous vécumes jusqu'à la fin de la guerre et où mon Père nous rejoignit à sa libération.

Yvan avait fait des études à l'Ecole Nationale d' Horlogerie de Besançon qui se trouvait alors place du Marché. Pendant ses études, il avait fabriqué 2 montres qui, très probablement, lui permirent d'obtenir son diplôme officiel, puis à sa sortie, muni d'un réel savoir-faire il monta une petite affaire dans les années 1930 ("Ernawa Watch" domiciliée dans le building Proudhon).....il avait épousé Marguerite Rolin, ma Mère, qui également avait fait ses études d'horlogère dans la même institution.

La guerre se prolongea....les Allemands continuèrent d'occuper le 22 rue des Docks, lorsque brusquement les évènements se modifièrent.....!

Quelques semaines avant la libération de Besançon, le vendredi 8 septembre 1944, les militaires Allemands quittèrent brusquement cette maison, non sans en avoir sorti le mobilier qui s'y trouvait, y avoir mis le feu....et pris la fuite.!

 

C'est alors qu'un simple soldat Allemand de la Werhmacht, présent sur les lieux................

1988.....!

Il est onze heures trente passées! Mes parents qui habitent alors au 2ème étage du 49 rue de Chalezeule se préparent à déjeuner.

On sonne à la porte.

Mon Père va ouvrir, et se trouve face à un grand jeune homme blond, dont le français parfait laisse cependant percer une origine étrangère.

" - Monnssieu Souèch'....? - Souèges, corrige mon Père. - Ah! fous êtes pien monnssieu Yfan Sou-ai-jeu...?....." - Oui jeune homme, mais c'est

pour quoi...?»

            Après quelques minutes sur le pas de la porte, interloqué, mon Père le fait entrer et l'invite à s'asseoir dans le salon-salle à manger.

            Et là...! (je ne tenterai pas de reprendre "l'accent" du jeune homme.!), son récit va bouleverser mon Père et ma Mère, qui s'est jointe à eux.

- " Totalement médusés...! " me confiera plus tard mon Père.   

" Voilà Monsieur....je suis Allemand, et je suis venu en France accompagner un groupe de personnes qui s'est rendu à Lourdes pour un pélérinage. Mon Grand-père m'a demandé, avant de partir, de passer à Besançon à mon retour pour tenter de retrouver monsieur ou madame Souèges. J'ai eu du mal à vous retrouver car j'avais seulement votre ancienne adresse, et j'ai dû aller à la Mairie de Besançon où l'on m'a donné votre nouveau lieu de résidence. Vous aviez bien habité au 22 rue des Docks, n'est-ce pas..?

- Oui, répondent ils en choeur.

 - Alors je vais vous dire pourquoi je suis ici. Mon Grand-Père a été soldat dans la Wehrmacht et travaillait dans votre appartement. Au moment où les troupes Allemandes ont dû se replier et ont mis le feu au mobilier, il a trouvé dans un tiroir une très belle montre qu'il a ramassée, se promettant, lorsque la guerre aurait cessé, de revenir en France pour la remettre à son propriètaire. Comme il n'a jamais pu le faire, il m'a demandé de bien vouloir me charger de cette mission.....! "

.......Et le jeune homme leur a tendu la montre.!

44 ans plus tard, mon Père récupérait ce joyau de son travail d'étudiant en Horlogerie.

montre souèges 4

 La montre réalisée par Yvan Souèges à l'Ecole Nationale

d'Horlogerie de Besançon 

 

montrees souèges 2

 Les initiales du nom du créateur de cette montre, Yvan Souèges,

sont gravées enlacées.

 

Ils invitèrent le jeune homme à déjeuner avec eux (" à-la-fortune-du pot " a dit ma Mère) et il à passé son après midi à discuter avec mon Père de sujets divers.....dont j'ignore la teneur.

Puis il l'ont raccompagné au train du soir.

Un peu plus tard, il leur écrivit, leur disant que son Grand-Père avait été ravi de sa démarche, mais qu'il venait de décèder.

Lorsque mon Père me raconta cet évènement exceptionnel, il en était encore très ému. Non seulement d'avoir récupéré ce bel objet, mais de savoir qu'un soldat ennemi s'était véritablement comporté en homme d' Honneur.

            En 2014, le Musée du Temps à Besançon organisa une exposition tournée exclusivement vers l'horlogerie.

            J'ai écrit pour savoir si cette montre et son histoire pouvait avoir un quelconque intérêt pour cette exposition......

            La montre fut exposée dans une vitrine du 3ème étage, avec le texte que je lui avais dédié.

            Et le lundi 3 février 2014, l' Est Républicain en rendait compte sous le titre " Le destin d'une montre "

            Titre que j'ai cru bon de donner à la présente lettre.

 

Jacques Souèges

" La mare au chêne "  6 chemin de la Ruchotte

25640.- Chaudefontaine

Ci-dessous, l'article paru dans l'Est Républicain, le londi 3 février 2014

destin


16 décembre 2017

Un roman historique de M. Jean-Pierre Gavignet

 Voici venu le temps des fêtes, le temps des cadeaux et donc le temps des livres ! Après l'article consacré aux éditions Cêtre, si nous parlions aujourd'hui d'un roman, récemment publié, écrit par un historien,  chapraisien, bien connu, M. Jean-Pierre.Gavignet: 

Les Aventures de Ferry Roy , aux éditions Vandelle.

jpgav 001

Avant d'évoquer ce roman, rappelons, si besoin était,  qui est M. Jean-Pierre Gavignet.

Pour ce qui est des livres proprement dits, il est le co-auteur de deux titres que vous connaissez tous : "Le Guide des rues de Besançon", publié chez Cêtre ( réédition de 1989 seule disponible), et le "Besançon Autrefois. D'une guerre à l'autre, 1870-1914", paru chez Horvath en1989, tous les deux en collaboration avec M. Lionel Estavoyer.

besac autrefois 001

Et il a beaucoup écrit, sous forme de contributions d'histoire et d'histoire de l'art dans diverses publications nationales et locales (Bulletin monumental, Journal des savants, catalogue d'exposition, Cahiers d'histoire de la Renaissance du vieux Besançon,  mémoires de la société d'émulation du Doubs, mémoires de l'académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon, etc.). 

En ce qui concerne "Les aventures de Ferry Roy", voici ce que l'on peut lire en dernière de couverture:

" Janvier 1871. Le château de Villersexel, en Franche-Comté, est détruit par les combats de la guerre franco-prussienne. Dans les flammes disparaît un curieux manuscrit du XVIe siècle, qui n'est plus connu de nos jours que par une transcription tardive.

 On y trouve le récit de la vie aventureuse de Ferry, jeune" Bourguignon" ( l'Europe des XVIe et XVIIe siècles réservait ce nom aux Comtois), étudiant en médecine à Dole puis, tour à tour, prisonnier des Français durant les guerres d'Italie, des pirates barbaresques d'Alger, des troupes de Charles Quint à Tunis, du Saint-Office de Palerme et des Indiens cannibales de la côte du Brésil, qui se proposent de le manger au cours d'une grande fête dont il sera le clou.

 Promené de rivage en rivage sans jamais comprendre ce que la Providence attend de lui, Ferry fait partout l'expérience de la cruauté des hommes (guerre, souffrance des bêtes, exécutions publiques, persécution des sorcières, esclavage), dont il cherche à soulager les effets par sa science médicale et sa générosité.

 L'auteur, historien de l'art et archiviste, souhaitait faire découvrir au lecteur curieux le monde européen, africain et américain de la première moitié du XVIe siècle. Comme il ne trouvait pas, pour servir de guide, de héros selon son cœur, il l'a imaginé, mais en s'attachant à ne trahir jamais la vérité historique".

Cette vérité historique, vous la découvrirez dès le prologue de ce livre. M. J.P. Gavignet prête les propos suivants à son personnage Ferry Roy : après avoir évoqué sa mort violente programmée, il précise au lecteur :

"Moi qui ai souvent prié Dieu de m'éviter la mort subite, qui nous précipite, tout embrené de notre péché, au pied du trône de gloire, voilà que je suis exaucé au-delà de mes espérances. Je souhaite à présent me préparer à cette mort annoncée par une confession générale. Privé du secours d'un prêtre, il me serait facile de faire affaire avec Dieu, à la luthérienne, dans le secret de mon coeur. Mais je veux éprouver la mortification du vrai chrétien qui se reconnaît pécheur devant son frère. C'est cette confession que je vais te faire, lecteur, en te contant l'histoire de ma vie tout détroussément, de ma naissance, dans le comté de Bourgogne, à mes derniers jours, sur la côte du Brésil, non loin de la baie de Ganabare, chez les Indiens topinambouts". /....

 Nul doute que vous passerez de bonnes fêtes en compagnie de Ferry Roy!

 

indiens tupinambous

 

Gravures représentant les Indiens topinambous au XVI° siècle

indiens tupinanbous 1

09 décembre 2017

Le saviez-vous? Les éditions Cêtre ont été diffusées depuis les Chaprais...

Tous les passionnés d’histoire locale, de romans d’auteurs régionaux connaissent la maison d’éditions Cêtre ! Nous indiquons d’ailleurs  fréquemment les ouvrages publiés susceptibles d’intéresser nos lecteurs ! L’historien bien connu des bisontins pour sa chronique historique dans Besançon Votre Ville (BVV) et ses ouvrages toujours intéressants, Joseph Pinard, est publié chez Cêtre (dernier livre : «  Laïcité et Fraternité »).

 

 

cêtre 4 Pinard

Sans oublier les classiques comme « Besançon, ses rues, ses maisons » de Lionel Estavoyer et Jean-Pierre Gavignet,

 

 

 

estanoyer gavignet 001 (2)

 

ou « Les rues de Besançon » d’Eveline Toillon.

 

toillon rues 001 (2)

 

 

Nous avons évoqué plus ou moins récemment (pour retrouver les articles, saisissez le nom de l’auteur dans le petit moteur de recherche de cette page) cités  pêle-mêle, les livres suivants :

« Les douanes dans le Doubs » de Laurent Bonnefoy ;« La captivité de guerre de l’armée allemande à Besançon » d’Anne-Laure Charles ; « Résistances 1940-1944. A la frontière franco-suisse des hommes et des femmes en résistance » suivi de «  Le pays de Montbéliard 1944. Lutte armée et Résistance » de Jean-Pierre Marandin.

cêtre 5 anne laure Charles

 

 

cêtre marandin

cêtre Resistances marandin 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sans oublier le tout dernier publié, « Gestapistes et Agents Troubles Franche-Comté-Bourgogne 1940-1945 » de Jean-Claude Bonnot.

 

 

gestapo livre 001

 

Et tous ces articles ont été publiés à titre d’information et non de publicité, les éditions Cêtre ne nous ayant rien demandé….

Autres exemples de  publication:

cêtre 3

cêtre 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cetre sorcières diables B

A noter : Madame Brigitte ROCHELANDET, Docteure en Histoire des Mentalités, assurera gracieusement, le Jeudi 21 décembre 2017, à 16 h00, à la Villa Médicis, 4 avenue Carnot, une conférence sur Les Traditions de Noël.

Inscription préalablable obligatoire (nombre de places limité), auprès de Madame Michèle Roche O6 70 29 61 50, et uniquement auprès d'elle! Aucune inscription ne sera prise directement à la Villa Médicis.

BR 001 (2)

 Compte-tenu de l’intérêt de tous ces ouvrages et de nombreux autres non encore cités ici, il nous a semblé intéressant de rencontrer les responsables de cette maison d’édition. 

Voici brièvement résumé l’histoire de cette maison d’édition tant renommée.

C’est avec M. Louis Cêtre, bisontin de naissance (1913-1985) que tout a commencé. Il est le quatrième d’une fratrie de 7 enfants. Le père, Clovis,  chef comptable aux forges de Chenecey-Bouillon habitait avec sa famille, le quartier Montjoux. Louis sera employé à la librairie de ses cousins, les frères Chaffanjon. Puis, avec leur accord, il achète en 1942, la librairie Alexandre, du 14 Grande Rue. Ce dernier semble avoir été un collaborateur notoire, ce qui protègera Louis qui devint un grand Résistant. Mais ceci est une autre histoire que nous ne manquerons pas de vous raconter, puisque la tombe de la famille Cêtre est au cimetière des Chaprais, à deux pas de la Croix de la Grande Mission.

Cêtre tombe

Dès 1973, Louis Cêtre avait créé le prix du meilleur livre comtois. Cette initiative le mènera très vite à l’édition de livres comtois en 1975. Avec la publication d’un livre à succès (que l’on peut trouver à l’achat, d’occasion, sur le net…) « Le Temps des croquants » de François Girod (ancien professeur au lycée Victor Hugo), récit romancé (mais le contexte historique est parfaitement décrit), de la lutte des paysans franc-comtois à l’invasion des troupes de Louis XIV.

cêtre le temps des croquants

 

Bien d’autres succès suivirent comme la publication de l’Histoire de Besançon sous la direction de l’universitaire Claude Fohlen, etc. Impossible de tous les citer. Le lecteur curieux se reportera sur le site officiel des éditions Cêtre. La fréquence était alors de 10 publications annuelles, voire plus !

En 1986, une étudiante à l’Ecole des Beaux-Arts de Besançon, entrera à la librairie de la Grande Rue puis réalisera les couvertures des livres à éditer, travail qu’elle effectue toujours aujourd’hui pour la plupart de ses publications. Elle deviendra par la suite madame Evelyne Cêtre, actuelle directrice des éditions (depuis 2001).

cêtre photo

 Photo Alain Prêtre DR

C’est en 1991 que les bureaux pour la diffusion des éditions Cêtre s’installent aux Chaprais. Les bureaux ont déménagé du  14 avenue Fontaine Argent  et du  9 avenue Carnot (situés en fond de cour), pour s’installer Chemin des Planches en 1998.

Bien sûr, il y eut également d’autres adresses en ville : place Victor Hugo ou encore l’hôtel de Jouffroy, rue de la Madeleine.

Aujourd’hui, installées 9 rue d’Anvers, les éditions Cêtre continuent à creuser leur sillon de leur prestigieuse singularité. Si les nouveautés sont aujourd’hui de 6 ouvrages par an, les rééditions sont nombreuses, facilitées par les nouvelles techniques d’impression.

On ne peut que souhaiter la poursuite d’un succès qui ne s’est jamais démenti, au service, entre autres, de l’Histoire de notre région !

La période des fêtes approche, offrez des livres!

Sources : Monsieur Marcel Cêtre, Madame  Evelyne Cêtre.

02 décembre 2017

Les cafés-Histoire des Chaprais: une initiative plébiscitée!

Sept séances de « Café-Histoire » ont été  organisées  par  le  groupe  "Histoire, Patrimoine, Mémoire" de « Vivre aux Chaprais » et ce, avec  la  dernière qui a eu lieu le  30 novembre, à la villa Médicis.

 A l’initiative de la  formule,  M. Bernard Carré     qui l’avait  vécue  en Bretagne. Le principe :  évoquer,  faire  connaître,  garder la mémoire  d’un quartier, d’une  ville,  autour d’un thème, avec  des  témoignages d’autochtones, dans  une  ambiance  conviviale. Depuis  le premier, organisé l’an dernier   sur l'avenue Fontaine-Argent, la formule  a connu un  succès renouvelé   obligeant  les organisateurs  à  avoir recours à un système d’inscription pour y participer et à doubler les séances.  Les derniers ont eu lieu le 16, puis le 30 novembre 2017 dans le  somptueux décor de l’ancien Grand Hôtel des Bains devenu aujourd'hui la Villa Médicis.

Un quatuor   composé  de Christian Buron, Jean-Claude Goudot, Alain Prêtre et Guy Renaud, avait   préparé   minutieusement   la première séance. Il s’agissait d’évoquer  les   années  où  fut tentée   à Besançon la  création d’une station thermale. Le  lieu de la  rencontre   était propice puisque    l’hôtel Médicis,  qui est aujourd’hui une  résidence pour personnes  âgées,  fut  un fleuron hôtelier  de  l’ensemble thermal qui s’étendait de ce bâtiment  jusqu’à l’actuel boulevard  Diderot.

article GUY site actuel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le site actuel

article Guy Ensemble thermal fin 19°

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le site à la fin du XIX° siècle

De ce vaste  espace qui  fut entouré  jusque dans les années  1950  d’une clôture  restent,   outre  la villa Médicis,  l’actuel CDN,  qui  fut la salle des   fêtes de la station,   ainsi que  le  casino   qui a  gardé  sa  fonction première.   La mode  du thermalisme   (fin du second  empire/ fin XIXe) fut  exceptionnelle.    Le nombre de  villes  où l’on allait « prendre  les eaux » fut considérable  et  de grands ensembles architecturaux, parfois à l’abandon,  témoignent  partout en France  encore  de cette vogue. 

En 1866,      deux   francs-comtois découvrent   du  côté de Miserey   une couche de  sel gemme  imposante, 55m d’épaisseur. Lorsque ce sel  est  extrait par le procédé classique d’injection d’eau chaude,  il  donne  une  eau   dont  la  salinité  est dix  fois supérieure à celle de la mer

C’est  en  1883   qu’est inaugurée  la station thermale    lancée par  un homme d’affaire  parisien du nommé Vialatte précise  Jean Claude Goudot.   Des  architectes   bisontins   sont  chargés de l’ensemble du projet Boutrin, Rouzet, Forien  (à qui sont dus plusieurs  bâtiments    de style art déco du quartier  telle la villa  Lorraine de la rue de Vittel)   . On  fait  appel pour la décoration aux  meilleurs peintres  paysagistes comtois  Isenbart , Fanart,  au  sculpteur Becquet   dont  la  statue de Terpsichore,  déesse de la danse domine,  encore le  CDN.  Deux fresques  sont encore visibles au CDN précise Amandine  Pollet  venue au nom du théâtre  apporter  sa connaissance du site. Tout  le  quartier la Mouillère,   (nom  générique indiquant  des  zones humides) semble propice à  cette activité : la beauté  du site avec vue sur le Doubs et la citadelle, la  gare  de la Mouillère construite par l’architecte  Ducat (celui de l’église Saint Ferjeux) qui  peut drainer la  clientèle  suisse. Un  funiculaire   permet  aux curistes  d’aller  après les soins   s’oxygéner en  se promenant sur les hauteurs de Bregille. Un centre médico-social, enfin, est créé, « les Salins de Bregille ».  Installé sur les flancs de la colline  du même nom, il peut descendre chaque  jour  ses patients bénéficier  du thermalisme. "

                                                  Article Guy ancienne gare de la Mouillere

 

 

                                                 article Guy publicité pour bains Mouillère

Un     funiculaire   permettra  aux curistes  d’aller  ensuite  s’oxygéner en  se promenant sur les hauteurs de Bregille. Un centre médicosocial toujours existant est créé, les Salins de Brégille  installé sur les flancs de la colline  du même nom. Il peut descendre chaque  jour  ses patients bénéficier des soins du thermalisme.

   Les affiches, les cartes postales  témoignent de  l’appellation  « Besançon  les bains » qui fut utilisée pendant une cinquantaine d’années ;  mais,  souligne  Evelyne Toillon , présente dans la  salle, celle-ci   ne  fut  jamais avalisée par  les instances municipales.   Un conseiller aurait, raconte-t-elle, déclaré   « officialiser  le nom « Besançon les bains »    c’est comme si l’on passait la porte noire au Ripolin ».

                                               article Guy affiche pour les bains de la Mouillere a Besancon (2)

L’hôtel des bains comprenait  80 chambres avec  ascenseur, téléphone, etc.  . Les  salles de   détente   étaient luxueuses et l’on comptait bien  attirer  une importante clientèle  étrangère.

                                               article Guy vestibule

 

Vestibule de l'établissement thermal

Après dilution,    l’eau salée, transportée  par  bac  puis  saumoduc  qui suit la ligne de chemin de fer  jusque    la Mouillère,  permettait aux curistes  de venir  soigner,  selon les affiches  de l’époque,  les  problèmes de santé des femmes et des  enfants             

Mais   la  vocation  de station thermale  de  Besançon  ne   se  poursuivit pas  au-delà de 1932 soit  quarante années  seulement de plein exercice  effectif .  Il suffit  de  regarder    la listes des stations thermales  existantes   ou  ayant cessé   leurs activités en France pour se rendre  compte  que la concurrence  était rude, même si les affiches proclamaient « Besançon à six heures et demi seulement de Paris ».    Sur cette   fragilité  vint se greffer  la  guerre de 1914 qui  vit les installations thermales devenir un immense  hôpital de l’arrière, puis ce fut la grande crise économique de 1929.

Qu’allait devenir  cet ensemble monumental ?   La  ville, dans un premier temps racheta les installations, les  loua ;  ce qui  lui donnait plus de soucis  que    de   rentabilité ou d’usage.

La salle des fêtes devint un cinéma  tenu par Roger et Evelyne  Fallet  qui  durant  la seconde  guerre  mondiale  se distinguèrent  par des faits de résistance à l’époque  où  la feld-commandantur en  avait fait son mess et  son lieu de loisir.  Après la seconde guerre mondiale,    les installations thermales  sont rasées   et laissent place  à l’hôtel Mercure et  aux  habitations   qui   font face au parc Micaud.       « Lors de   cette   grande  démolition, raconte   Guy Renaud, j’avais 23 ans   et fréquentais la maison des  jeunes. On est allé   demander   au maire Jean Minjoz l’autorisation de récupérer  toutes  les  canalisations en cuivre en  vue    de financer   nos  activités de loisir notamment l’achat d’une ferme dans le haut Doubs. Cela  rapporta 60 000 francs, ce qui était une  belle somme pour l’époque ».

villa medicis 30 nov 2017 (2)

Villa Médicis le 30 novembre 2017

Au cours de la seconde séance, le jeudi 30 novembre, toujours à la Villa Médicis, madame Marie-Hélène Joly, directrice adjointe de la villa, a présenté ses recherches qui durent depuis plusieurs années et les  documents personnels amassés au fil du temps. Passionnée, passionnante, elle nous a conté le quotidien dans ces lieux mythiques, réservés, il faut le dire, à une riche clientèle. Les cures thermales ont été expliquées;  les jeux du casino, les réceptions dans la salle des fêtes du Casino dont le toit pouvait ouvrir sur le ciel étoilé, les beaux jours, la vie aussi bien au Grand Hôtel des Bains que dans les jardins du casino, les excursions ont été racontées!

Les auditeurs   de France  culture   connaissent  tous la  célèbre  émission de  notre éminent historien  franc comtois  Jean-Noël Jeanneney  « Concordance des temps ». L’Histoire se répète …. avec des variantes passionnantes. La volonté   d’attirer  les touristes dans  notre magnifique  cité  de Besançon  avait    présidé   à cette  entreprise. La problématique   reste  encore d’actualité   si l’on en croit les nombreuses professions de foi de ces dernières années allant dans ce sens.

                                                                                                                                                                                         GGL

Photos : Alain Prêtre, Mémoire Vive Besançon. DR.

M. Jean-Claude Bonnot, auteur du livre "Gestapistes et Agents Troubles Franche-Comté Bourgogne" dédicacera son livre à la librairie l'Intranquille, rue des Granges, le vendredi 8 Décembre 2017 de 15h à 18h00.

 

Réponses au petit quizz sur  Besançon les Bains

 

Voici les bonnes réponses à ce quizz que vous trouverez dans un article, publié sur ce blog,  en date du 11 novembre 2017

 

1.- Quel est, d’après vous, l’établissement qui a ouvert le premier, en 1892 ?

 

B. Le Casino

 

2.- Quels sont les architectes comtois à qui il a été fait appel pour la construction de l’Hôtel des Bains ?

 

A. Maurice Forien

 

B. Marcel Boutterin

 

C. Alfred Ducat

 

Tous les trois !

 

3.- La Villa Médicis s’appelait, auparavant ?

 

A. Le Grand Hôtel des Bains 

 

4.- Les eaux salées de l’établissement thermal provenaient de ?

 

B. Miserey Salines

 

5.- L’établissement thermal a fermé ?

 

B. D’un manque de rentabilité

 

6.- La gare de la Mouillère a été inaugurée en ?

 

B. 1884

 

7.- Président de la République Française, il a pris un repas au Casino lors d’un déplacement officiel à Besançon. De qui s’agit-il ?

 

B. Albert Lebrun (visite officielle le 2 juillet 1933)

 

8.- L’établissement thermal a été détruit en ?

B. 1967/1968

 

9.- Le réseau Casino était ?

 

B. Un réseau clandestin de renseignements sous l’occupation allemande

 

10.- La salle des fêtes du Casino est devenue, au cours des ans?

 

A. Un foyer pour soldats B. Un Cinéma C. Un théâtre    Tous les 3 !

 

Dimanche 3 décembre 2017, en fin de matinée, le compteur du blog affichait 139 000 visiteurs et plus de 210 100 pages lues! Bravo à tous! N'hésitez pas à faire connaître ce blog!

Samedi 23 décembre 2017, nous publierons une belle histoire, une histoire vraie, qui sera notre conte de Noêl 2017!

 

25 novembre 2017

L'évasion de M. Paul Bonhomme est passée par les Chaprais.....

A la recherche du Café De Lyon, alors situé au 11 rue de Belfort, M. Jean-Pierre Bonhomme est entré en contact avec nous. Il nous livre ce témoignage précieux concernant l'évasion de son père qui passait par ce café. Qu'il en soit vivement remercié!

Paul Bonhomme, né le 18 juillet 1914 à Feurs dans la Loire, fut mobilisé le 29 août 1939. Fait prisonnier à Loos le 29 mai 1940, il fut dirigé sur le camp de prisonniers de guerre de Lückenwalde, situé à 60 kms au Sud de Berlin. Camp réservé aux soldats et aux sous-officiers.

pb4

 

Paul BONHOMME

Matricule 36476

LOCKENWALDE - STALAG III A

10 MAI 1940/24 DECEMBRE 1942

Il s’évada le 16 décembre 1941 et retrouva sa femme sur le quai de la gare de Lyon Perrache à minuit, le 24 décembre, nuit de Noël.

Son périple d’évasion le fit passer par Thionville, Nancy, Besançon. C’est dans cette dernière ville qu’il prit contact avec un passeur qui lui fit franchir la ligne de démarcation dans la nuit du 23 au 24 décembre 1941.

En 1980 Paul a écrit, sur un cahier à spirale, son périple : guerre, captivité et évasion. En 88 pages il a relaté cette difficile histoire. Voici l’extrait de son passage de la ligne démarcation.

pb2

EN ZONE OCCUPEE

Le lundi matin à 6h nous prenons un car pour Briey. Tout va bien, il fait nuit et le car est plein.

Arrivé à Briey nous changeons de car et je me retrouve debout vers le fond du car. Le jour se lève et nous pouvons distinguer le visage des passagers. Soudain j'aperçois, à l'avant du car, un stéphanois, Lucas, qui jouait au basket aux Coquelicots à Saint-Etienne et que je connaissais bien. Nous nous étions déjà rencontrés, étant prisonniers sur les routes de Belgique. Sachant qu'il était aussi prisonnier j'en déduis qu'il s'évade. J'enlève mon chapeau et je vois le visage de Lucas qui s'épanouit. Je lui fais signe que nous sommes 4, il me répond qu'ils sont 3. Nous sommes donc 7 évadés dans le car. A l'arrivée à Nancy, Lucas me fait signe qu'il faut descendre. Nous nous retrouvons sur le trottoir. Il m'explique qu'il n'était pas prudent de rester dans le car jusqu'au centre de Nancy car il y a souvent des contrôles de police. Je lui dis que nous sommes parfaitement en règle. Il me demande si nous avons des tuyaux à Nancy, puis plus loin pour passer la ligne de démarcation à Besançon. Je lui dis que pour Nancy tout va bien, mais à Besançon nous n'avons rien.

Il me dit :

- Tu vas au café de Lyon, tu demandes Mlle Germaine et à elle tu demandes Mr Louis. C'est le chef des passeurs.

Je le remercie et nous nous séparons tous les 7 en nous souhaitant bonne chance.

…/…

A Thionville on nous avait donné l'adresse d'un bijoutier à Nancy qui devait nous recevoir et au besoin nous loger. Nous nous rendons à cette adresse. Nous sommes reçus par Mlle Lucienne, la fiancée du bijoutier qui a été arrêté quelques jours avant comme Juif. Elle nous demande de passer la journée dans Nancy et de revenir le soir à 19h30. Elle ferme son magasin à 19h et nous dit de venir au 2° étage qu'elle nous offrira à souper et nous logera. 

Nous sommes allés voir en gare de Nancy les trains pour Besançon et le lendemain matin nous allons prendre tranquillement notre train.

Nous arrivons à Besançon vers midi et nous recherchons le café de Lyon.

cafe de lyon 11 rue de belfort

 

 

C'est un grand café où les soldats et officiers Allemands sont nombreux. La serveuse nous demande ce que nous voulons boire et après lui avoir commandé des bières je lui dis que nous voudrions voir Mlle Germaine :

-         C'est moi, me dit-elle.

Je lui ajoute que nous voudrions voir Mr Louis.

-         Ah ! Vous voulez voir les passeurs ?

-         Soyez prudente, lui dis-je, vous allez nous faire arrêter. Nous venons de Berlin et si près du but ce serait dommage.

-         Pensez-vous, me dit-elle, ça ne risque rien, ils ne comprennent rien. Je vous appelle Mr Louis.

Et nous voyons arriver un grand gaillard d'environ 30 ans qui nous dit être du 2° bureau :

-         Vous allez prendre le train pour la direction de Mouchard. Vous descendez à la gare de Liesle et vous nous attendez sur le quai de la gare. Donc à ce soir à 20h à Liesle.

Et il nous quitte.

Nous visitons Besançon et le soir vers 17h nous prenons le train en direction de Mouchard. Gare de Liesle nous descendons. C'est une petite gare comme Saint-Jodard.

Nous sommes un peu étonnés car le quai est noir de monde qui, comme nous, attend sur le quai après le départ du train.

Louis arrive avec 5 ou 6 jeunes. Ils ramassent nos billets qu'ils vont porter au chef de gare. Louis nous rassemble, nous sommes environ 80. Il y a des prisonniers évadés, des Juifs, des Alsaciens, des Lorrains, des femmes, des enfants. Louis demande que viennent en tête avec lui ceux qui sont décidés à se battre pour passer la ligne de démarcation. Nous nous retrouvons une dizaine avec lui. Le reste de la troupe suit à une cinquantaine de mètres derrière, encadré par les 5 ou 6 jeunes qui sont arrivés avec Louis.

Il est environ 9h et nous sortons de la gare de Liesle. 

EN ZONE LIBRE

Nous marchons en silence dans la nuit guidé par Louis, à travers champs et bois. Après deux heures de marche environ, Louis allume une cigarette et me trouvant à côté de lui je lui demande si nous avons franchi la ligne de démarcation, il me dit :

-         Vous voyez la lumière sur notre gauche, c'est le poste de garde des Allemands, vous êtes en zone libre, mais ne le dîtes pas tout de suite car les Allemands pourraient nous entendre dans la nuit.

Et nous arrivons au village d’Ounans. C'est un petit village comme Salvizinet. Il y a deux cafés qui sont de suite assaillis par toute la troupe et vidés de leur contenu, car tout le monde veut arroser la réussite.

Il y a dans le village un poste de chantiers de jeunesse avec une grande pièce où sont installés une trentaine de lits et ceux qui le veulent, peuvent se reposer en attendant le jour.

Le lendemain matin j'adresse à mon beau-père un télégramme :

pb5

 

Nous prenons un train pour Lons le Saulnier et nous précipitons sur les horaires des trains car nous sommes le 24 décembre et nous voudrions bien passer la nuit de Noël chez nous.

Un train nous amène à Lyon à 24h, minuit la nuit de Noël.

 

Je téléphone au garage Jourlin (tenu par le beau-père de Paul) :

-         Allo! Bonjour mademoiselle, Monsieur Léon Jourlin est-il là ?

-         Il est parti ce matin car son gendre s'est évadé d'Allemagne et il ne travaille pas aujourd'hui.

En effet ma Belle-Mère, recevant ce télégramme rue des remparts, s'était rendue au garage de suite. Très dignement mon Beau-Père s'était levé à son bureau et avait dit :

-         Mon gendre vient de s'évader. Je ne travaille pas aujourd'hui. Au revoir Messieurs Dames.

Au téléphone donc, je dis à la dactylo :

-         Je suis Paul Bonhomme son gendre. Voulez-vous lui dire que j’arrive à Lyon ce soir à minuit, gare de Perrache, il faut qu'il se débrouille pour venir me chercher en voiture de façon à pouvoir réveillonner à la maison ce soir.

-         D'accord on va le faire rechercher et faire la commission. 

RETROUVAILLES 

Nous prenons notre omnibus à Lons le Saulnier qui nous amène à Lyon à minuit.

Beaucoup de monde dans le train.

A l'arrivée à Lyon, j'aperçois de suite mon Beau-Père et tombe dans ses bras.

pb 1

Le beau-père de Paul en 1941

"-Papa!

-Paul!".

Suzanne surveillait le train un peu plus loin sur le quai, elle ne me voit pas, mais entend nos exclamations et se précipite pour nous rejoindre.

pb3

Suzanne en 1941

.../...

Enfin chez nous.

Avis aux lecteurs :

Si vous, lecteur de ce souvenir, vous possédez des informations sur le Passeur Monsieur Louis et/ou sur la Serveuse Mademoiselle Germaine du Café de Lyon, aujourd’hui disparu, mais qui était situé au numéro 11 de la rue de Belfort, à l’angle avec la rue de l’Industrie,  je vous serai reconnaissant de me les faire connaitre pour compléter l’histoire de mon Père.

café de lyon rue de belfort

A gauche, au coin de la rue de l'Industrie, publicité pour le Café de Lyon

Je vous en remercie par avance. 

Jean-Pierre Bonhomme

 jpb.bonhomme@orange.fr 

Avignon, le 12 octobre 2017.

18 novembre 2017

Universo...du nouveau...sur le plan historique...en Suisse...

A la suite à l'article publié sur ce blog, le 22 octobre 2016, nous avons recueilli, suite à une rencontre avec un historien des Montagnes neuchâteloises, spécialiste des sous-traitants horlogers, les renseignements suivants. Nous l'en remercions vivement.

"D'après les informations que je possède, Universo SA est formé en 1909 par le regroupement des principaux producteurs suisses d'aiguilles d'horlogerie de l'époque. Parmi eux, la fabrique "Henri-Arthur Richardet" implantée à La Chaux-de-Fonds.

En 1924, dans le cadre de la rationalisation de la production d'Universo (et certainement dans le but d'entrer sur le marché français),  la fabrique Henri-Arthur Richardet est démantelée afin de transférer ses moyens de production et son savoir-faire à Besançon. La nouvelle unité est dès lors active sous la raison sociale "Universo Sarl".

universo 1960 davoine modifié

Toujours d'après cet historien, il semble que se soit imposée aux suisses, fabricants d'aiguilles, la nécessité de se regrouper car les fabricants alors fort nombreux se faisaient une concurence sévère. Ce qui avait pour conséquence de tirer les prix vers le bas et donc de provoquer des difficultés économiques.

Effectivement, on peut lire dans l'annuaire spécialisé de l'horlogerie suisse de 1920, une pleine page de publicité évoquant le regroupement sous ce nom générique d'Universo de 11 fabricants, dont 7 à la Chaux de Fond, puis 20 en 1928, 34 en 1939 !

universo 1920 davoine

universo 20 fabriques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

universo 1939 34 entreprises 15 fabriques davoine

Le règlement intérieur Universo de 1920, retrouvé par notre historien, livre des indications intéressantes. Nous vous en livrons quelques unes.

universo règlement

 

L'horaire hebomadaire était de 48 heures effectives.Le samedi après-midi était libre.

Il était interdit d'introduire dans les fabriques des boissons alcoolisés, interdit de chanter, de siffler, de fumer.

Les employés étaient tenus au secret absolu des affaires.

Il était interdit d'emporter des déchets ou d'effectuer des travaux personnels.

Enfin la paie se faisait tous les 14 jours, le vendredi et aucune avance n'était consentie. Pour donner son congé, il suffisait de le faire le jour de la paie, le vendredi.

Aujourd'hui, nous l'avons indiqué dans notre article précédent cité, l'entreprise de Besançon est devenue le CESH, ou Centre Européen des Services Horlogers où sont réparées les montres Tissot.

universo CESH

A la Chaux de Fond, les usines Universo subsistent toujours, dont une nouvelle, rue Louis Joseph Chevrolet.

universo usine 2

 

L'ancienne usine, rue des Crétets est toujours acrive : de l'autre côté de la rue se trouve la cité Universo.

universo panneau usine modifié

 

universo cité logement gros plan

universo cité logement plan large

Le groupe Swatch qui compte, entre autres Tissot (et le CSEH) et Universo affiche un dynamisme remarquable avec ses sociétés présentes, en dehors de la Suisse dans 12 pays européens, 7 pays asiatiques (dont le Japon et la Chine), 4 sur le continent américain (dont les USA et le Canada) mais aussi dans les Emirats arabes Unis et l'Afrique du Sud!

Posté par vivreauxchaprais à 06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,