HUMEURS DES CHAPRAIS

19 octobre 2019

Le lavoir municipal de la Mouillère (suite et fin)

Comme nous l'indiquions dans notre précédent billet, les barques lavandières installées sur le Doubs, propriétés privées, font place, en 1945, au lavoir municipal installé lui, sur la terre ferme.La municipalité avait alors deux projets : un rue d'Arênes, l'autre dans le vallon de la Mouillère. Seul celui de la Mouillère semble avoir été réalisé. Avec la particularité que l'eau nécessaire proviendra de la brasserie Gangloff qui capte alors une partie de la source de la Mouillère et qui revend donc à la ville cette eau au même tarif que celui pratiqué par la ville avec des clients équivalents.

L'installation en bois se révèle sommaire comme le révèle cette photo de B. Faille réalisée pour le reportage sur la démolition du lavoir en octobre 1965.

lavoir municipal démolition oct 65

 Démolition du lavoir en octobre 1965

Il s'agit en fait, comme il est précisé lors de la délibération du conseil municipal, d'une baraque en bois qui est vendue, donnée (?) par la Société de la Foire Exposition.

La vie administrative de ce lavoir transparaît lors de quelques cessions du conseil municipal. Il faut en fixer les conditions d'utilisation, les horaires d'ouverture, le gardiennage, le chauffage de l'eau et donc les tarifs qui seront révisés plusieurs fois puisque les recettes - (les rétributions des laveuses professionnelles, les coûts étant  pour une demi-journée) - ne couvrent que la moitié des dépenses. Et même s'il ne s'agit pas pour la ville de réaliser des bénéfices, les conseillers municipaux considèrent qu'il n'y a pas lieu de subventionner autant une activité professionnele privée. Les tarifs sont révisés en 1957 (séance du conseil du 25 février) puis, de nouveau en 1958 (conseil du 20 janvier): il s'agit là, en 1958, en plus,  de remplacer la chaudière.

lavoir 1957 tarifs 1

Délibération du conseil municipal sur les tarifs : séance 25 février 1957

lavoir CM 1958 1

Séance du conseil municipal du 20 janvier 1958

Mais déjà,en cette année 1958, la municipalité envisage la fermeture du lavoir et a fait dresser par ses services, la liste des laveuses occupées à temps partiel (minimum 2 journées par semaine) ou à temps plein (le lavoir est fermé les samedi, dimanche et lundi). La moyenne d'âge que nous avons calculée, d'après cette liste, est de 59 ans; la plus jeune ayant 43 ans, la plus ancienne 72 ans. Deux seulement habitent les Chaprais, rue Krug

Le conseiller municipal Henri Huot, les réunit le 12 décembre 1959 afin de discuter de cette éventuelle fermeture. Quelques jours plus tard, une pétition est remise au maire, afin de lui demander "...de bien vouloir examiner notre situation n'ayant d'autre lieu nous permettant d'exercer notre profession". Elle comporte 28 signatures.

Six ans plus tard, en 1965, lorsque le lavoir sera détruit, le bureau d'aide sociale de la ville,  après une enquête précise, versera un secours à 7 d'entre elles. Secours en argent qui ira de 880 F pour 4 d'entre elles, les plus âgées, à 600, 100, 150 F pour les trois autres. Le salaire le plus élevé alors déclaré par l'une d'entre elle était de 318 F 6 centimes et se situait pour les autres dans une fourchette de 100 à 280 F.

lavoir municipal faille 2 tatouée

Deux laveuses professionnelles  : la pls ancienne, à gauche, avec lunettes est âgée de 80 ans. L'autre porte un tatouage réalisé sur le bras, une pensée, réalisée à l'âge de 18 ans

lavoir municipal faille chaufferie

La chaufferie,en juillet 1965, avec M. Paul Rodary qui a remplacé M. Cuenin décédé quelques mois plus tôt.

Que sont-elles ensuite devenues ? Deux signalaient cependant pouvoir, malgré leur âge, retrouver un travail!

Sources : délibération du conseil municipal, mémoirevive Besançon, Est Républicain (1965).

Crédit photos B. Faille, Mémoirevive, capture d'écran du délibération du conseil municipal.

J.C.G.


12 octobre 2019

Le lavoir municipal de la Mouillère (1945-1965)

Lors du dernier café - histoire consacré au vallon de la Mouillère, M. Guy Renaud en véritable historien de ce vallon qu'il est, a évoqué, photos à l'appui, les barques lavandières installées autrefois sur le Doubs, puis le dernier lavoir municipal démoli en octobre 1965. En effet, ce lavoir avait été créé tout de suite après la guerre, les barques lavandières ayant disparu (détruites avec les ponts?). Dans un article fort bien documenté, paru dans la revue BARBIZIER (bulletin de  du Folklore Comtois), n° 32 de 2008, M. Fernand Frachebois recense 14 barques lavandières à Besançon en 1887 et encore 7 en 1931. Les lecteurs intéressés pourront également se reporter aux articles rédigés par M. Christian Mourey, sur ce blog, les 8 et 15 octobre 2016 (sans oublier les 8 commentaires que ces articles ont suscités).

 

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Inondation du 21 janvier 1910: à droite la barque lavandière près de la tour de la Pelote et un pilier d'une des deux portes du quai (photo Bevalot)

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Barque Lavandière Isenbart 1936: au premier plan Mme Juliette Devenge puis Mme Denise Roy (DR)

En juillet 1965, un journaliste de l'Est Républicain effectua, en compagnie du photographe du journal, M. Bernard Faille, un reportage sur ce lavoir, quelques mois seulement avant sa démolition.

Nous reproduisons donc, ci-dessous, l'article alors paru le 23  juillet 1965, sous le titre :

" Le lavoir de la Mouillère dernier « bastion de la résistance » contre la machine à laver

Dans le vallon de la Mouillère que l’UAC et les autobus urbains ont déserté, le lavoir municipal sera le dernier vestige d’un passé révolu. Quand les autres vieux bâtiments auront été détruits, les cours du ruisseau couverts, la rue de la descente directe de la gare en ville tracée, le pont destiné à remplacer la passerelle Denfert-Rochereau sera jetée par-dessus le Doubs

c’est que le lavoir, bien qu’il soit condamné à disparaître à plus ou moins brève échéance, bénéficie d’une certaine protection car il représente le gagne-pain d’une dizaine de dames courageuses, mais dont l’âge avancé, pour la plupart, empêcheraient de trouver un autre travail.

Ce sont les lavandières de Besançon. Rien à voir avec celle du Portugal, comme les a rendus célèbre la chanson. Les bisontines se rapprocheraient plutôt de Gervaise héroïne du livre d’Émile Zola, « l’Assommoir », ne serait-ce que par le cadre très vétuste dans lequel elles opèrent.

lavoir municipal 2 juillet 65

Photo B. Faiile octobre1965,au moment de la démolition du lavoir

 

Chauffage à la vapeur

Pourtant le lavoir de la Mouillère comporte un perfectionnement qui n’existait pas à l’époque de l’action dudit roman, le chauffage à la vapeur. Une grande chaudière à vapeur a été installée en effet par la ville, et c’est Monsieur Paul Rodary qui est chargé d’y entretenir le feu. Il a remplacé à ce poste le sympathique M. Cuenin, décédé au mois d’octobre dernier. Malgré tout, M. Rodary a déjà eu le temps d’apprécier les qualités humaines des habituées du lavoir qui sont toutes aimables malgré leur franc-parler. Quelques-unes n’y viennent qu’une fois par semaine pour laver leur linge personnel, mais une dizaine d’autres, dont cinq sont particulièrement assidus, travaillent pour différents clients et gagnent leur vie ainsi. Parmi elles se trouvent Madame Morel toujours fière de faire voir la pensée que son fiancé l’avait tatoué sur le bras gauche le jour de ses 18 ans. « Il y a longtemps déjà, dit-elle, presque un demi-siècle ». Mais Madame Morel n’est pas la plus âgée des quelques lavandières professionnelles qui luttent contre la terrible concurrence de la machine à laver dans le dernier bastion de résistance contre cet engin des temps modernes. La doyenne est une petite femme toute ridée dont les lunettes à monture métallique tombent constamment sur le bout du nez. Elle est toujours droite comme un I RI aussi facilement qu’à 20 ans. Elle aura bientôt 80 ans. C’est Madame veuve Marie Faivre, domiciliée 18, rue de Vignier. Il y a bientôt 50 ans qu’elle fait ce travail et c’est toujours avec le même entrain et la même joie de vivre qu’elle commence une nouvelle journée. Sa vitalité et son dynamisme feraient envie à bien d’autres  plus jeunes.

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 Photo B. Faille juillet 1965

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La personne du premier plan (1) vient de la rue Gustave Courbet : c’est Mademoiselle Back ; la seconde, plus forte, de la rue Krug ; la troisième, avec ses lunettes, Madame Faivre, habite rue de Vignier ; la quatrième demeure square Saint-Amour ; la grande personne vu de profil (5) est une laveuse professionnelle qui habite au bas de la rue Battant..Le lavoir pouvait abriter une vingtaine de femmes.

Le lavoir pouvait abriter une vingtaine de femmes. Chacune disposait d’une seille en bois avec un banc à laver, d’un bac en ciment avec l’eau courante pour le rinçage, et d’une lessiveuse pour bouillir le linge.

Au temps des bateaux lavoirs

lavoir pelotte

Cette extraordinaire aïeule a déjà connu le temps où les lavandières exerçaient leur talent sur le Doubs, dans les fameux bateaux lavoirs de Rivotte à Tarragnoz sur le cours de la rivière que les papeteries de Novillard et les égouts n’avaient pas encore salie et polluée comme aujourd’hui. Mais l’eau du Doubs a été avantageusement remplacée par « l’eau du robinet » ce qui permet à ces dames de s’acquitter de leurs tâches à la perfection « mieux qu’avec une machine » pestent-elles".

Nous aurons l'occasion, dans un prochain article, de revenir sur la fin de ce lavoir et de ses dernières laveuses professionnelles (5 recensées par les services de la ville, en 1965).

Sources : Fernand Frachebois (Barbizier n°32 année 2008; Christian Mourey; Est Républicain.

Crédit photographique : Mémoirevive ville de Besançon; Barbizier; Mme Marcelle Roy (DR)

J.C.G.

05 octobre 2019

Le docteur Perron et les Chaprais

«  Un homme de bien, un homme de cœur… » écrit la rédaction du journal bimensuel « Les Gaudes » à la suite du décès, à son domicile du 80 rue de Belfort, du docteur Perron, le 27 août 1892.

Ci-dessous le registre des décès d'août 1892 de la ville de Besançon

PERRONdécès 28 aout 1892

perron tombe inscription

S'agit-il de la tombe du docteur Perron, au cimetière des Chaprais?

Le docteur Charles François Alexandre Perron est né le 21 avril 1824 à Broye les Pesmes en Haute-Saône. Son père (1794-1888) était percepteur à Broye les Pesmes et maire de ce village. Aîné d’une famille de 8 enfants, il fut tout d’abord placé par son père au petit séminaire de Marnay. Puis en 1841, il quitte Marnay pour une institution libre, la pension Meynier : il suit les cours du collège royal de Besançon (qui deviendra le collège puis le lycée Victor Hugo). La pension était dirigée par l’abbé Meynier. Il s’agissait de donner aux élèves des habitudes de bonne société. « Homme  du meilleur monde causeur aimable et enjoué, l’abbé présidait à tous les repas avec infiniment de distinction, ayant soin de ne mettre sur le tapis que des questions morales, des sujets de philosophie, de littérature ou d’histoire qui pouvaient intéresser ses élèves en vue d’entretenir une causerie agréable à laquelle chacun d’eux était plus ou moins en état de prendre part ».

Après son bac, il souhaite entreprendre des études médicales en vue d’entrer dans le corps de chirurgie militaire. Il fréquente donc la faculté de médecine de Besançon, puis l’école militaire de santé de Metz avant de se perfectionner à Paris, à  l’Ecole du Val de Grâce ; en juin 1849, il se met à la disposition de la municipalité parisienne afin de soigner une épidémie de choléra. C’est à cette époque qu’il est arrêté comme républicain. Il est alors emprisonné 3 mois à la Conciergerie : ayant souscrit un engagement militaire de 7 années en sa qualité d’étudiant en chirurgie, il doit passer 3 ans comme simple soldat dans un régiment de lanciers à Lunéville ! Libéré de ses obligations militaires, il rejoint à pied, faute d’argent, l’école réputée de médecine de Montpellier et il en repart en mars 1853, toujours à pied, son diplôme de docteur de médecine en poche,  afin de rejoindre sa Franche-Comté. Il s’établit aux Chaprais et il devient,  durant 34 ans, le médecin de la compagnie du PLM.

docteur perron maison

L'ancienne maison du docteur Perron, 80 rue de Belfort

Il épouse en 1854 Eugénie Marie Joséphine Brocard, (1828-1902), la fille d’un avocat de Besançon : ils auront 7 enfants, dont Laure Marie Françoise qui épouse à Besançon, en 1880, le capitaine Célestin Bobillier qui termina 2° de la première course vélocipédique Paris Rouen en 1869.

Malgré son travail et ses charges familiales, ce brillant esprit, curieux de tout va s’adonner  à des travaux littéraires sur les usages, les mœurs et les traditions du pays comtois, soit à des études médicales ou des travaux philanthropiques. Il sera d’ailleurs conseiller municipal de la ville de Besançon durant plusieurs mandats, de 1871 à 1884.

Voici d’ailleurs la liste de ses principaux travaux.

- Histoire de l’horlogerie en Franche-Comté (édition spéciale Lyon 1856) ;

Des aspirations cuivreuses dans le travail de l’horlogerie (société de médecine de Besançon 1860) ;

- Annales des pestes en Franche-Comté (Société d’Emulation du Doubs) ;

- Recherches sur la mortalité dans le département du Doubs  (Société d’Emulation du Doubs) ;

- Les superstitions médicales (Edition spéciale)

- Proverbes de Franche-Comté (Edition spéciale) ;

- De l’honnêteté professionnelle (Société de médecine du Doubs. Edition spéciale) ;

- Histoire de Broye (Société d’Emulation du Doubs 1889) ;

- Mémoire sur la fièvre typhoïde aux Chaprais (Société de médecine de Besançon, publiée en 1890) ;

docteur perron fièvre typhoïde

- Du Médecin (Société de Médecine de Besançon 1891) ;

- Les Francs-Comtois : leur caractère national, leurs mœurs, leurs usages (Edition spéciale 1892).

docteur perron

Indépendamment de ces ouvrages, le docteur Perron a publié de nombreux autres travaux dans le concours médical, la Revue littéraire de Franche-Comté, le journal Le Doubs, le Réveil du Doubs, les Gaudes, etc.  

J.C.G.    

28 septembre 2019

Prochain Café Histoire consacré au Vallon de la Mouillère

Afin d'introduire le prochain Café Histoire qui se déroulera le 3 octobre 2019, nous avonc jugé utile de vous rapporter ce que Gaston Coindre a écrit, à ce sujet dans "Mon Vieux Besançon".

"Entre autres approches champêtres et pittoresques de la ville, un site curieux, singulier et le petit vallon de la Mouillère

Vallon frais d’atmosphère grise avivée par le vert intense des bas-fonds embus d’eau – terrains « mouillés » – cressonnière, baigné par la source du Broilot.

mouillère coindre

                                                           Un moulin au fond du vallon : dessin de Gaston Coindre 

La Mouillère proprement dite appartenait à la cité depuis le 20 février 1515 : le terrain adjacent c’est-à-dire celui de la brasserie, primitivement occupée par une abbaye fondée au XIIIe siècle, ne fait partie du domaine municipal qu’à partir de 1599, époque à laquelle les Gouverneurs donnèrent en échange celui où fut construit en ville le nouveau monastère. Alors les moulins ordinaires sont supprimés pour faire place à d’autres industries qui n’excluront pas le battoir ou foulon dont l’existence ne paraît pas avoir été compromise jusqu’en 1659. À cette date, le Magistrat acensait à Pierre Prost, citoyen de Besançon, fourbisseur, le cours d’eau et le terrain nécessaire pour la construction « d’un martinet, édifices, chaussées, écluses, etc. mais de telle sorte que ce qui sera construit apportera aucun obstacle à la commodité des lavandières, non plus que de l’abreuvoir, ni en rien diminuera ou détériora le pré joignant appartenant à la cité ». Le dit accensement pour 29 ans, au prix de 30 F. l’an. Pierre Prost, neuf ans après, sollicite la propriété de la Mouillère à accensement perpétuel, désirant établir « une nouvelle fabrique de canons, mousquets, fusils, hallebardes et autres armes utiles au public » ; attendu les frais considérables d’un pareil établissement il ne peut se contenter d’un accensement temporaire qui ne saurait l’indemniser de ses sacrifices. Le Magistrat accorde la concession au prix de 130 F.

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  Les cheminées des usines du vallon : photographie fond Moutrille

Après la conquête de la province, s’inaugura l’aspect actuel du site : le nouveau système de fortifications envahit une partie de la cressonnière, sans autre changement jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. En 1791, nous y trouvons le martinet où l’on fondait les cloches enlevées aux églises : c’est là que le Charles Quint de l’Hôtel de Ville fut « jeté » pourrait être transformé en gros sous.

En 1792 et l’année suivante, on organisait à la Mouillère des banquets démocratiques. Le 3 messidor et le 12 thermidor de l’an VIII, le 14 ventôse et le 16 thermidor de l’an IX, les descendants de Pierre Prost vendent leurs droits sur leur fabrique d’armes aux citoyens Louis Greiner, brasseur à Besançon ; l’industrie de brasseur était désormais exclue de l’intérieur de la ville par mesure de salubrité publique. Il y avait alors quatre brasseurs à Besançon : Sylvant, Moutrille, Greiner et Lamy dont l’exercice était un monopole. On leur reprochait d’affecter leur voisinage et de nuire à la santé des citoyens en fabriquant de l’eau-de-vie par distillation des marcs et des grains.

Le blocus fut, en 1814 un désastre pour la brasserie détruite ainsi que la maison neuve d’habitation ; elle se remonta en 1816. M. Greiner avait subi une perte évaluée à plus de 50 000 F.

mouillère tour de la Pelotte Moutrille

Le vallon derrière la tour de la Pelotte : photo fond Moutrille

En 1848, un restaurateur, le sieur Cholle – Jacoulet annonçait tous les dimanches et fêtes un concert dans son jardin de la Mouillère. (Sans oublier les jeux de quilles ; le vallon était alors réputé pour ses bombances….)

restaurant Pernot Mouillère

 Quant à la suite, venez la découvrir sous forme de photos commentées lors de ce café histoire consacré à la découverte du vallon de la Mouillère, le jeudi 3 octobre à 15h00, au café/restaurant La Fée Verte, 20 rue de Belfort. Inscription préalable obligatoire, du fait du nombre de places limitées sur visitmouillere@gmail.com.

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Le dernier lavoir municipal côté tour de la Pelote, démoli en 1965 : photo B. Faille

Et, n’oubliez pas, à 18h30, le même jour 3 octobre, la soirée conviviale de rentrée organisée par Vivre aux Chaprais.

Sources : Gaston Coindre "Mon vieux Besançon"; Mémoirevive Besançon pour Fond Moutrille et carte postale

J.C.G.

 

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21 septembre 2019

Le Grand Comptoir National d'Horlogerie et Bijouterie

Ce "Grand Comptoir" était installé à partir de 1908, au 19 rue de Belfort.

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M. Jean-Marc Loiseau, ancien horloger à Battant, passionné d'histoire de l'horlogerie, nous révèle dans un article publié dans l'Est Républicain (voir les éditions de ce quotidien qui consacre, chaque samedi,  une page à ses enquêtes horlogères), que cet établissement "...a été créé en 1893 au 35 rue des Granges (actuellement Maty) par M. Edouard Dupas." Cet horloger "diffuse également ses propres produits. Il crée cinq marques, Chrono-Coq, La Nationale, Maxima, Radior (sans doute liée à l'utilisation du radium pour la luminosité du cadran et des aiguilles) et Pratic. L'homme se débrouille bien : il remporte un grand prix et une médaille d'or en 1900 au Concours de l'Observatoire de Besançon, puis une mention honorable à l'exposition du Centenaire de l'horlogerie en 1893".

C'est son gendre, Henri Michaud qui continuera, à sa mort, son oeuvre, à cette adresse du 19 rue de Belfort.

rue de Belfort 19

 Le 19 rue de Belfort, aujourd'hui

Le catalogue ci-dessous fait foi. Outre les montres en or (6 modèles à la vente dans les années 20...), le catalogue propose des bagues et broches-barrettes or, des boucles d'oreilles or et platine, des colliers et des sautoirs, des bracelets, des médaillons des chaînes gentlemen de 37 centimètres environ, le tout en or. Soit, au total, quelques 70 articles différents.

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Deux pages du catalogue du Grand Comptoir National

La vente se fait par correspondance. L'histoire de la vente par correspondance des montres et bijoux reste, semble-t-il, à faire. Dès 1681, une librairie parisienne spécialisée en théologie, histoire, géographie, mathématiques, édite 6 catalogues.  Il aurait été vendu des graines de la maison Vilmorin, par correspondance, dès 1766! Mais le véritable développeur de ce mode de vente semble être le grand magasin parisien Le Bon Marché (créé en 1852) et qui se lance dans la vente à distance, avec catalogue, dès 1865. 150 produits étaient alors livrables dans un rayon de 50 kms.

M. Jean-Marc Loiseau a eu l'amabilité de nous transmettre cette photo de couverture d'un catalogue de vente par correspondance, de la maison DROZ GEORGET, située rue de la Préfecture à Besançon, datée de 1868 : il pense qu'il s'agit là de la première maison de vente par correspondance.

Catalogue Droz Georget 1868 (2)

Tribaudeau, maison fondée en 1876 (et liquidée en 1984) vendait également ses montres sur catalogue. Depuis quand? En 1927, un catalogue Tribaudeau portait le n° 77. Ce qui tend à prouver que plusieurs catalogues étaient édités par an.

catalogue tribaudeau 1910

Catalogue-n°88-Fabriques-TRIBAUDEAU-Besançon-1937-38-Montres

Et que ceux qui pensent, qu'avec Internet, la vente sur catalogue, par correspondance, est dépassée, qu'ils consultent le catalogue actuel Maty...

Pour en revenir au Grand Comptoir National d'Horlogerie et Bijouterie, il semble que ce commerce disparaîtra dans les années 30.

 Sources : MM. Jean-Marc Loiseau et Christian Mourey;" La vente par correspondance et à distance" de Caroline Desaegher et Bernard Siouffi; catalogue du Grand Comptoir National d'Horlogerie et de Bijouterie (collection privée), Mémoirevive Besançon.

J.C.G.

 

 

 


14 septembre 2019

Qui se souvient de M. Ange SALA, un chapraisien qui a compté dans le domaine des Beaux Arts ?

Singulier destin que celui de M. Ange Sala qui devait le conduire d’Italie à la Tunisie… puis aux Chaprais et lui faire jouer un rôle important dans le domaine des Beaux Arts !

Ange Edouard Sala est né en 1893 dans le petit village de Godiasco, canton de Voghera, province de Pavie en Lombardie.

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Ses parents sont cultivateurs. Ils vont émigrer en Tunisie, après la Première Guerre Mondiale du fait de la crise économique et de la montée du fascisme en Italie nous indique sa fille Mme Duvernoy qui habite toujours, à 91 ans, la maison familiale aux Chaprais. Cette émigration en Tunisie s’explique par le fait que des cousins sont déjà installés dans ce pays. En effet une première vague d’immigration italienne s’est produite à la fin du XIX° siècle et une colonie italienne importante va y prospérer. Le destin de la Tunisie oscillera d’ailleurs entre l’Italie et la France et ce jusqu’à l’instauration du Protectorat français en 1883.

Donc installation de la famille en Tunisie : Ange qui travaillait déjà en Italie, dans une banque, va donc poursuivre, en Tunisie,  dans cette voie. Mais il révèle très vote ses talents de dessinateur et de peintre. Il va d’ailleurs se lier avec de nombreux artistes émergents tunisiens. En témoignent les dons de ces artistes à Ange Sala, accrochés encore aux murs de la maison familiale. Ange Sala est réputé « avoir l’œil » et le gout sûr !

En 1927, dans quelles circonstances exactes ? Ange va croiser, en Tunisie, le chemin d’une bisontine, née à Cleron en 1901, Marie Magnin. Marie est donc jeune, belle, intelligente, et aventurière : elle se trouve alors dans ce pays car elle est secrétaire de l’organisateur de la Croisière Noire, organisée par André Citroën et qui, en 1924 devait relier Colomb Béchar à la ville du Cap (devaient suivre en Asie, la Croisière jaune puis la Croisière Blanche à travers le Canada et les Etats Unis).

croisière noire carte

croisière noire

Mariés dès 1928 deux filles naîtront de cette union : Jacqueline et Colette dont nous aurons l’occasion de reparler.

La vague de nationalisme qui va secouer la Tunisie de Bourguiba (qui aboutira à l’indépendance de la Tunisie en 1956) entraîne le départ de la famille pour la France, à Besançon où le père de Marie est ébéniste. Ce dernier a construit sa maison aux Chaprais en 1931, avec son atelier au rez de chaussée.

 Ange va ouvrir, dans les années 50, une galerie réputée, appelée L’Atelier au 18 rue Pasteur. Il y expose les jeunes peintres comme par exemple Roland Gaudillière. A propos de cette exposition en mars 1955 dans la presse : « cette exposition marque la réouverture de la Galerie de la rue Pasteur. Elle est un nouveau et fort séduisant témoignage de l’inlassable affection avec laquelle M. Sala veille sur l’éclosion des jeunes talents et de leurs efforts. L’expérience que poursuit depuis plusieurs années déjà – et pour longtemps encore nous voulons l’espérer – cet ami enthousiaste, compétent et désintéressé, mérite mille fois d’être encouragée et appuyée ».

ange sala (2)

Ange Sala autoportrait (collction privée)

Ange Sala est effectivement tellement désintéressé qu’il ne s’intéresse pas à l’aspect commercial de cet art qui pourrait le faire vivre. Et il doit, après cette expérience, rejoindre un poste subalterne au Musée des Beaux Arts de Besançon et ce, grâce au maire de l’époque Jean Minjoz.

Mais ses compétences trouvent très vite à être  employées par la Conservatrice de l’époque, une chapraisienne également, Marie-Lucie Cornillot. Elle en fait son bras droit et, fouillant dans les réserves du musée, il y découvrira, en 1958, un Rubens et des trésors en matière de faïences qui feront l’objet, en 1962 d’une exposition.

Sala Rubens

Ange Sala et le Rubens redécouvert

sala faïences

Ange Sala et les faïences au MBA Besançon

Compte-tenu de son passé professionnel compliqué, il travaille jusqu’à 78 ans avant de prendre sa retraite.  Il décède en 1982 et son épouse Marie en 1987.

Depuis, la maison familiale des Chaprais est toujours restée dans la famille.

Crédits photos : B. Faille (Mémoirevive Besançon), jcg, Lofo7, Unifrance.org, wikipedia

J.C.G.

 

 

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07 septembre 2019

Dale R. STAEGE, GI américain, tué lors des combats pour la Libération de Besançon

Combien de GI's américains ont perdu la vie, lors des combats pour la Libération de Besançon? La 3rd Infantry Division américaine, aura, sur la zone de Besançon quelques 88 soldats tués ou disparus et 80 blessés!  Nous avons choisi, afin de leur rendre hommage, un GI, Dale R. STAEGE ,  sur lequel M. Gautier Jacmaire, auteur d'un Master sur Les combats pour la Libération de Besançon et son secteur, a recueilli les renseignements suivants. Merci à M. Gautier Jacmaire de nous avoir permis de les publier.

Dale R. Staege est né le 26 juin 1922, à Babcock, dans le Wisconsin.

 

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Il a été à l'école primaire de Babcock, puis au lycée Alexander de Nekoosa d'où il sortit diplômé en 1940.

Il est employé à la Neekoosa-Edwards Paper Company au moment où il s'engage dans l'armée, le 13 janvier 1943, à Milwaukee. Il devient tireur sur char M4 Sherman, dans la compagnie C du 756th Tank Battalion, attaché à la 3rd Infantry Division.

 

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Le tank M4 Sherman

Le 7 septembre 1944, lui et son peloton sont chargés d'aider la progression d'un bataillon du 30th Infantry Regiment face à la Citadelle de besançon. Son tank mène la charge sur le Fort Tousey. Après avoir tiré plusieurs obus sur les position allemandes, son blindé est atteint à deux reprises par des roquettes anti-char de Panzerschreck. Le deuxième coup provoque la mort de Dale.

Le vendredi 8 octobre 1948 au matin, son corps est rapatrié à Nekoosa aux Etats Unis, à bord du transport "Lauwrence Victory". Immédiatement après son arrivée, un office religieux à sa mémoire est célébré à la Sacred Heart Catholic church. Il est enterré au Riverside Cemetery de Nekoosa.

 

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 Dale Staege pierre tombale

 

Beaucoup de monde lors des deux conférences organisées dans le cadre d la commémoration de ce 75° anniversaire de la Libération de Besançon. Ci-dessous, Gautier Jacmaire, au lycée Saint-Joseph, avenue Fontaine-Argent, évoquant, cartes projetées à l'appui, la progression des forces alliés et des FFI; et une partie de la nombreuse assistance dans la salle de ce lycée.

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Gautier Jacmaire en tenue de GI lors de sa conférence

St Joseph 7 sept 2019 (2)

La conférence du 7 septembre 2019 à Saint-Joseph

 

 

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31 août 2019

Il y a 75 ans les combats pour la libération de Besançon ....

Il y a 75 ans, la ville de Besançon était libérée grâce à une action conjointe de l'armée américaine et des Résistants.

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M. Gautier Jacmaire, est l'auteur d'un mémoire de master d'histoire (2013-2015) intitulé « Besançon Area » : les combats pour la Libération de Besançon et son secteur en 1944 ». Il indique, entre autres, à ce sujet :

« Besançon elle-même n’a pas beaucoup souffert lors de sa libération. Quatre jours de combats seulement, avec très peu de victimes civiles et de dégâts matériels. Certaines villes ou villages furent le théâtre de plusieurs semaines de combats acharnés, et furent presque complètement rasés. Ce fut le cas par exemple de Saint-Lô en Normandie, surnommée la  « capitale des ruines » par les Américains ou le village de Bennwihr en Alsace ». 

Quel est donc le bilan des victimes civiles ?

S’appuyant sur les chiffres publiés par le Colonel Dutriez dans son ouvrage « Septembre 1944, le 6e corps libère Besançon »

Duriez

 

M. Gautier Jacmaire retient « plus de 50 tués dont 29 à l’intérieur de l’agglomération de Besançon. La cause de ces victimes civiles est, d’après Michel Marlin, davantage à mettre au crédit d’une certaine imprudence. En effet, beaucoup d’entre eux ont bravé les dangers de la guerre et ont osé sortir de chez eux en plein milieu des combats, atteints alors par un obus de mortier, une balle perdue ou, plus rarement, pris délibérément pour cible par des tireurs. ».

Des obsèques collectives de ces victimes ont été organisées dès le 11 septembre 1944 à l’hôpital Saint-Joseph (le lycée avait été réquisitionné afin d’en faire un hôpital militaire français, puis après la défaite et l’occupation,  un hôpital militaire allemand).

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Le premier journal à reparaître dans la ville « Les Nouvelles de Besançon », et ce, dès le 10 septembre 1944, publie dans son édition du 11 septembre, la liste des victimes : en tout 34 noms auxquels s’ajoutent 18 des 24 résistants tués lors des combats. A ces 34 doivent s’ajouter 4 autres noms qui apparaissent dans une liste publiée par la mairie et conservée aux archives municipales.

Lors de la réunion du Comité Local de la Libération, sous la présidence du Docteur Maître, en lieu et place du conseil municipal, le 30 octobre 1944, il est décidé la prise en charge des frais d’enterrement des victimes civiles : 73 au total. Cette différence peut s’expliquer par des décès survenus tardivement entre le 11 septembre et la fin du mois d’octobre 1944, suite à des blessures reçues lors de ces combats.

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Les américains rue de Belfort

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Mais seuls les noms de 62 victimes sont, à ce jour, connus, si l’on tient compte des 24 résistants.

Nous leur rendons donc hommage. Cette liste figure dans la brochure éditée pour ce 75° anniversaire.

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Dans le cadre de ce 75° anniversaire de la libération de Besançon, deux conférences d'Histoire sont prévues, organisées par la commission patrimoine et partage du Conseil Consultatif des Habitants Chaprais/Cras.

Conférence d’Anne-Laure Charles sur Besançon sous l’Occupation

Vendredi 6 septembre 2019, Petit Kursaal, 17h00

(entrée libre dans la limite des places disponibles) 

Il y a 75 ans, les forces américaines, appuyées par celles de l'Armée B du général de Lattre de Tassigny et des membres de la Résistance locale, permettent la libération de Besançon le 8 septembre 1944. L'occupation de la ville par l'Armée allemande avait débuté le 16 juin 1940 : quelles entités allemandes sont alors en place pendant la guerre ? De quelle(s) manière(s) leur nombre et leur composition fluctuent-ils ? Comment l’administration française locale et les Bisontins appréhendent-ils cette présence ennemie, et quelles caractéristiques se dégagent de leurs relations tout au long de l'Occupation ? 

Historienne contemporanéiste, Anne-Laure Charles termine actuellement sa thèse consacrée à la capitale comtoise à travers la Seconde Guerre mondiale, sous la direction de Paul Dietschy, professeur d’histoire contemporaine et directeur du Centre Lucien Febvre, à l’Université de Franche-Comté.

Conférence de Gautier Jacmaire sur les combats de la Libération de Besançon

Samedi 7 septembre 2019, 14h30

Lycée Saint Joseph, 24 avenue Fontaine Argent

(entrée libre dans la limite des places disponibles) 

Suite au débarquement sur les plages de Provence le 15 août 1944, les troupes alliées poursuivent les armées allemandes en retraite vers le nord. Le 4 septembre 1944, la 3e division d’infanterie américaine arrive aux portes de Besançon. S’en suivent quatre jours de combats intenses qui se concluent par la libération de la ville le 8 septembre 1944. Quelle fut la stratégie américaine concernant la capitale comtoise ? Comment les Allemands organisèrent-ils la défense de la ville ? Quel rôle ont joué les FFI lors de ces quatre jours de combats ? Et quel fut le bilan humain et stratégique de cette libération ? 

Passionné d’histoire militaire, Gautier Jacmaire est diplômé d’un Master en histoire contemporaine dont le mémoire traite des combats de la Libération de Besançon. Travaillant depuis 3 ans dans le Nord de la France sur divers sites des deux guerres mondiales, il continue en parallèle ses recherches sur l’engagement américain à Besançon.

Fleurissement des tombes des Résistants tués lors des combats pour la libération de Besançon

Pour le cimetière des Chaprais

RDV le samedi 7 septembre à 10h00

au pied de la grande croix de mission

 

Et le dimanche 8 septembre 2019, à 18h30

Cérémonie officielle à la Citadelle

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Photos : collection C. Mourey, Musée de la Résistance, photothèque ville de Besançon

 

 

 

 

 

 

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24 août 2019

Saint-Fiacre et les Chaprais

Le saviez-vous? Lorsque l'église Saint Martin des Chaprais a été construite en 1822 ( en remplacement de Saint Martin de Bregille détruite lors du siège des autrichiens en 1814), elle fut également consacrée à Saint Fiacre, le patron des jardiniers. 

 

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Dans son Mémoire de maîtrise consacré à l' Histoire des Chaprais au XIX° siècle. Transformation d'un hameau maraîcher en quartier urbain, M. Fabrice Petetin indique que si en 1794, l'activité agricole représentait plus de 58,8% des emplois actifs, en 1876, ce n'était plus que 4,75%!

Cette fête est célébrée chaque année le 30 août. Cette date correspond à celle de la mort de Fiacre, moine irlandais qui mourut donc le 30 août 670 dans un village de la Brie, près de Meaux, qui prit d'ailleurs son nom. La légende en fit un moine guérisseur et de nombreux miracles lui sont attribués.

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 Dans son livre "Fêtes religieuses et populaires de Franche-Comté" aux Editions du Belvédère, M. Eric Coulon note : 

" Saint Fiacre, venu d'Irlande, s'installa dans la paisible campagne du diocèse de Meaux où il établit un ermitage dédié à la Vierge. Sa dévotion et le caractère austère de sa vie attirèrent à lui les fidèles, en même temps que les désobligeances des autorités religieuses, trop habituées à l'opulence.

Le saint homme demanda à l'évêque de Meaux d'aménager les annexes de son humble invitation pour donner un toit à ses fidèles. Ce dernier lui promit l'espace s'il l'entourait d'un fossé creusé en une seule journée de labeur. Malgré son âge et sa santé précaire, il se mit au travail et eut la surprise de voit la terre se creuser d'elle-même et les arbustes se déraciner spontanément. Aussi, en fin de journée, il avait acquis un enclos substentiel. De plus, la terre consacrée se révéla d'une extrême fertilité et ses moissons nourrissaient de nombreux pauvres qui trouvaient refuge à l'ermitage. Tout le monde cria au miracle. Le jour de sa fête, jusqu'au milieu du XIX° siècle, tous les membres de la confrérie, venus des quatre coins de la province, se réunissaient à Besançon. Ils assistaient à une messe célébrée en l'église Saint-Pierre, qui se déroulait à un autel particulier. Elle était suivie du repas traditionnel où la gaieté et la bonne humeur étaient de mise. Cette fête existait encore au début du XX° siècle dans quelques bourgs de la région".

A propos de l'église des Chaprais, Gaston Coindre dans "Mon Vieux Besançon" évoque le "... style de cette paroisse rurale, très correct mais froid et triste, église mélancolisée d'alleurs par son voisinage funeste" (le cimetière)...."Si dépourvue qu'elle soit de décor, on ne regrette point, disparus de leurs niches, les deux saints de la façade, Saint Fiacre, patron des jardiniers et Saint Martin l'évêque. Statues autrefois taillées à coups de serpe dans le bois le plus grossier, disproportionnées, informes".

La statue de Saint Fiacre figure toujours sur la façade de l'église face à celle de Saint Martin : toutes deux encadrent l'entrée.

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Le bulletin paroissial témoigne d'ailleurs de ce double patronage en faisant figurer ces deux saints sur sa couverture.

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Le docteur Perron qui résidait aux Chaprais, dans un livre publié en 1892 intitulé " Les Franc-Comtois, leur caractère national, leurs moeurs, leurs usages" indique :

docteur perron les francs comtois

"...Le jour de la Saint-Fiacre, les membres de cette antique confrérie venus de Baume les Dames, de Salins, de Gray et des autres villes de la province, se réunissaient à Besançon. Ils allaient entendre la messe à Saint-Pierre, à un autel privilégié; après quoi ils assistaient à un banquet de corps où règnait la plus franche gaieté. Mais les maraîchers des Chaprais ayant fait scission pour célébrer la saint Fiacre dans leur paroisse, l'ancienne confrérie fut dissoute et la nouvelle n'a plus qu'un caractère tout à fait local. Les jardiniers du Doubs, du Jura et de la Haute-Saône ont donc cessé de conserver des relations confraternelles avec Besançon et c'est un lien de moins qui rattache la province à notre ville".

Après la seconde guerre mondiale, cette fête était encore célébrée aux Chaprais comme en témoignent ces extraits du bulletin paroissial.

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Bulletin paroissial août 1935

 

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 Bulletin paroissial septembre  1948

Et puis les maraîchers diminuant....la tradition s'est perdue.

J.C.G.

 

17 août 2019

Gaston et Jean Vannier, résistants

Le 10 août 1944 débutait la grève patriotique à la SNCF en vue de la libération nationale. Elle était, en quelque sorte l'application du Plan vert de sabotage, préparé à Londres avec le réseau de Résistance "réseau fer", plan vert déclenché par un message codé à la BBC diffisé dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 afin d'accompagner le débarquement allié.

Afin de rendre hommage à ces cheminots résistants, nous avons choisi d'évoquer l'action de Gaston et Jean Vannier père et fils.

M. Gaston Vannier était sous-chef de gare à Besançon Viotte sous l’Occupation.

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M. Gaston Vannier

Sa fille, Michèle, 94 ans, habitant la Cité Parc des Chaprais témoigne.

M. Gaston Vannier est né le 15 août 1900 à Voujeaucourt. Il est décédé le 2 octobre 1955 et enterré au cimetière de Saint Ferjeux.

Dans la famille, tout le monde était à la SNCF, y compris son frère. Les deux grands-pères de Michèle  ont été chef de gare. Le grand-père paternel habitait Parcey. Le maternel, Souvans, la gare d’à côté.

Gaston Vannier est entré au PLM en 1922, grâce à son père.

S’est marié en 1923. N’ayant pas fait d’études, c’est la maman qui était institutrice qui l’a aidé à « monter ».

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Madame Vannier

Comme à Besançon il avait droit à un logement de fonction, il est logé dans un des pavillons militaires libres, rue de Dole.

Travaillant, sous l’occupation, avec le chef de gare allemand,  il possédait beaucoup de renseignements sur les trains. Renseignements qu’il transmettait à la librairie Camponovo qui les transmettait à Londres.

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Jean Vannier et son père Gaston

Son fils, Jean Vannier né le 5 février 1924 est déporté en 1944. Il travaillait aux Compteurs  et distribuait des tracts. Jacques Bergez a été pris avec une liste de jeunes distribuant des tracts. Le nom de Jean y figurait et c’est la raison pour laquelle les allemands l’ont arrêté. Ils sont en effet arrivés dans l’usine avec cette  liste .

C’est son père qui a donné le signal de départ de ce convoi de déportés. Il avait pu auparavant embrasser son fils avec l’autorisation des allemands ! Dans ce même convoi, il y avait le Marquis de Moustier et son fils.

Il reviendra de déportation : il a fait don de son costume de déporté au musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. Apprenti à la SNCF, il terminera Inspecteur de première classe. ; il avait été reconnu contaminé par l’amiante. Il est décédé le 18 janvier 2003 à Sciez en Haute-Savoie.

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A l’arrivée des américains, Gaston, le père, a donné l’ordre de grève générale et pour ne pas se faire fusiller il est parti au maquis Doubs Ognon lors du débarquement. Nous possédons une photo de lui, avec son groupe, rue de Dole.

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Le groupe de Résistants de Gaston Vannier

Le père Gaston a été décoré de la médaille de la Résistance.

En 1945, il sera chef de gare en Allemagne occupée.

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Gaston Vannier, chef de gare en Allemagne,  et ses deux filles.

Photos : archives familiales . tous droits réservés.

J.C.G.

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