HUMEURS DES CHAPRAIS

22 juin 2019

Je me souviens de la Rhodia…par madame Jeanine DEBERNARDI, chapraisienne

 

De nombreux salariés de la Rhodia ont habité les Chaprais. Et ce, du fait de la proximité géographique de cette usine.

Le cahier hors série n°2 daté de 2017, édité par l’association Les Amis de la Maison du Peuple et de la Mémoire Ouvrière de Besançon, intitulé La Rhodia…mémoire des murs, des hommes, du travail, rappelle opportunément que 30 logements, dans une construction nouvelle, avenue Fontaine Argent, avaient été réservés «  aux Rhodia ».

rhodia mémoire

Madame Jeanine  Debernardi a bénéficié d’un de ces logements et habite toujours notre quartier . Elle n’a jamais voulu quitter le quitter et l’occupe depuis quelques 60 ans. Embauchée à la Rhodia, quasiment dès le départ de cette aventure industrielle qui a tant marqué Besançon, elle a bien voulu, à notre demande, rédiger ses souvenirs. Son témoignage est d’autant plus intéressant qu’elle a travaillé quelques années au service de la lingerie (elle a quitté la Rhodia après la naissance de son 2° fils, puis deviendra conseillère à l’ANPE, à l’agence de la rue de la République). Ce service  lui a permis, comme vous pourrez le constater,  ce regard un peu différent sur cette usine.

debernardi

Merci à Mme Debernardi pour ce travail de mémoire qui vient compléter utilement le travail historique déjà accompli. Mais il reste encore beaucoup à faire, et c’est pour cela qu’une commission du Conseil Consultatif des Habitants du quartier des Prés de Vaux a entrepris de compléter ce travail. Ce témoignage s’inscrit dans cette démarche.

 

“J’ai été embauchée à la Rhodiaceta le 1er mars 1956. Il faisait un froid de canard : moins 15° à moins 30° ; le Doubs était en glace.

J’avais déjà un frère et une sœur qui travaillaient dans les bureaux comme comptable et secrétaire.

Lorsque la direction avait pensé à l’ouverture d’un magasin d’habillement, elle recherchait quelqu’un qui savait coudre, piquer à la machine et tenir un emploi de bureau.

Mon frère et ma sœur ont proposé ma candidature.

C’est comme ça que j’ai été embauchée sans avoir été reçue au préalable.

J’ai organisé ce magasin d’habillement (devenu par la suite « La Lingerie »).

Je suis restée seule pendant un an. Ensuite, au fur et à mesure des embauches du personnel, j’ai eu, moi aussi, des aides.

La lingerie se chargeait de fournir des vêtements nécessaires au travail, à tous les ouvriers embauchés :

- une combinaison blanche pour les hommes qui travaillaient aux filières et en atelier (travail en 3X8) ;

- une combinaison bleue aux mécaniciens ;

- un complet blanc pour l’équipe de peintres ;

- un complet bleu pour l’équipe de la « cour », équipe de nettoyage ;

- une blouse nylon pour les employés de bureau ;

- une blouse coton pour les ateliers et la lingerie.

Les combinaisons blanches étaient entretenues par l’usine, récupérées en fin de poste, envoyées à une blanchisserie en ville.

A leur retour nous inspections tous ces vêtements et nous les réparions si nécessaire. Un ourlet par ci, un bouton par là. Bien sûr ces combinaisons étaient personnelles avec un numéro dans l’encolure. Elles étaient remises impeccables à chaque reprise de poste.

A la lingerie nous connaissions bien la topographie de l’usine car chaque jour, deux personnes allaient changer les essuie-mains dans tous les services.

Je me rappelle encore le coup de chaud à la sortie de l’ascenseur, tout en haut des filières où l’on passait de 20° à 60° en quelques instants.

J’ai travaillé 8 ans ½ à la Rhodiaceta et ai dû quitter à la naissance de mon fils.

rhodia 19 20 fev 62 nouv bâtiment

Février 1962, ajout d'un nouveau bâtiment

Comme j’avais une machine à coudre à la maison, j’ai encore travaillé un an de plus. Je réparais principalement des manchots décousus plein de poussières de polymère.

Le travail à la lingerie ne manquait pas, mais avec une bonne organisation et une bonne ambiance nous pouvions nous accorder quelques pauses pour les anniversaires de chacune.

En parlant de pause nous avions celle de midi et notre magnifique restaurant (libre service) ce qui n’existait pas à Besançon.

rhodia cantine 1 9 nov 64

Le self en 1964

Il y avait surtout un chef de cuisine lyonnais qui nous régalait chaque jour. Ce magnifique restaurant, c’est la dernière chose que je voyais chaque fois que je descendais la côte de MORRE (depuis la fermeture). Chaque fois un peu plus dégradé, plus de vitres cassées plus de tags !

J’ai un immense regret de ce gâchis.

J’ai oublié de dire que lorsque je suis arrivée, il y avait 300 employés ; à mon départ 3 000 et à la lingerie 10.

Et j’ai oublié de parler des avantages.

1)      Une prime tous les mois correspondant (à mon époque) à 19% du salaire des 6 mois précédents. Ensuite le pourcentage n’a fait que baisser.

2)      Des cadeaux à Noël et à la fête des mères.

3)      Avantages pour les colonies de vacances, prêt de matériel pour les adeptes du ski.

Etc.

J’ai connu des personnes travaillant à la sécu qui avaient quitté leur emploi pour Rhodiaceta.

En conclusion je pense qu’il n’y avait pas à Besançon l’équivalent.

rhodia grève 13 19 nov 61

Grève novembre 1961

Photos B. Faille site Mémoirevive Besançon (DR)

J.C.G.

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15 juin 2019

Si les Chaprais connaissent la musique, ça ne gaze pas toujours!....

Un article publié sur ce blog le 11 mai 2019 affirmait Aux Chaprais, on connait la musique. Il s'agissait alors d'évoquer l'histoire de La Fanfare des Chaprais créée en 1860!

Maintenant, à l'occasion du concert des classes de musique de chambre du Conservatoire, en particulier des Clarinettes du Conservatoire, concert qui se déroulera samedi 15 juin, à 18h30, à l'église des Chaprais, évoquons l'histoire d'une autre société: L'Union Musicale des Chaprais, créée le 24 août 1905 comme l'indique leur papier à en-tête et dont le siège se situait au 44 rue de Belfort, c'est à dire à l'emplacement du bureau de poste des Chaprais actuel.

rue de belfort café baléar

 

Le Café Français était situé au n° 42 de la rue de Belfort

Si l'on en croit l'annuaire Fournier, en 1936, puis 1946 résidaient au 44 rue de Belfort de nombreux habitants et un commerce de vins en gros était tenu par M. P. Brochet.

Une photo de Bernard Faille,  prise en avril 1965, montre que le nouveau bâtiment de la poste des Chaprais, au 44 rue de Befort, n'est pas terminé. Il sera inauguré en septembre de la même année. Un habitant du quartier peut-il nous faire part de ses souvenirs sur ce lieu?

poste rue de belfort avril 1965

44 rue de Belfort, le nouveau bureau de poste est en cours de construction en avril 1965

Revenons à l'Union Musicale des Chaprais. Dès le 3 août 1905,  alors que cette société est en cours de constitution, son délégué provisoire domicilié 66 rue de Belfort, demande à la mairie, l'autorisation d'effectuer une retraite aux flambeaux le samedi 4 août 1905, dans le quartier. Autorisation accordée.

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Le 20 août 1905, la Présidence d'honneur de l'Union Musicale est proposée au maire de Besançon ( Alexandre Grosjean maire, radical, élu le 30 mars 1906), qui accepte volontiers.

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Mais le 20 août 1906, elle refuse de participer à une retraite aux flambeaux et à un concert au Casino, organisés à l'occasion de la Coupe du Matin et ce "...en raison de la formation trop récente de notre société"...Pourtant un an auparavant !...

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Ensuite, elle organise des tambolas afin d'acheter des instruments de musique à ses membres. Elle sollicite un lot auprès de la mairie qui demande l'avis du Préfet! Qui est d'accord : le lot est accordé et l'Union remercie la municipalité. Tout ce courrier est conservé aux archives municipales.

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En 1909, là ça ne va plus "gazer" du tout! Jugez en plutôt.

Le 30 juin 1909, par courrier adressé à la mairie, l'Union Musicale sollicite l'autorisation de donner un concert, le samedi 3 juillet, sous le kiosque de la promenade Micaud. Elle demande également, puisque le concert se déroulera le soir, à partir de 21h, que le kiosque soit éclairé.

Le programme est annoncé dans Le Petit Comtois en date du 3 juillet (un musicien pourrait-il nous indiquer si ces morceaux sont toujours joués?...)

Trompette-Marche (G. Parès), allégro;

Carillon joyeux (A. Adroit), fantaisie;

Rêverie d'automne (E. Wesly - Parès), nocturne;

Une soirée près du lac (F. Leroux), fantaisie;

Mazurka pour hautbois, soliste M. Lazar;

Parfum d'éventail (Noko Ghika.Allier), valse.

Il est précisé qu'en cas de mauvais temps, ce concert serait remis à une date ultérieure, mais que MM. les musiciens sont priés de se réunir au siège social, à 8h1/4 précises, même s'il pleut; en ce cas il y aurait répétition.

Mais là, pas de chance! Ce n'est pas la pluie qui provoque l'annulation du concert mais l'absence d'éclairage du kiosque! Une vive protestation est adressée aussitôt à la mairie,  reprise dès le lendemain dans Le Petit Comtois, en date du 4 juillet 1909.

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Vous vous demandez, bien sûr, pourquoi l'éclairage n'avait pas fonctionné!

La mairie, dans sa réponse, explique tout simplement qu'il avait bien été commandé à la société d'éclairage au gaz de la ville, qu'il avait bien été installé, mais que....l'on avait oublié d'ouvrir les compteurs!!! 

Espérons qu'il n'en sera pas de même lors du concert de musique de chambre en l'église Saint Martin des Chaprais.

J.C.G.

 

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08 juin 2019

Souvenirs, souvenirs …….. Figurant au théâtre avec des danseuses !

Futur retraité pour la fin de la fin de l’année 2019, c’est en classant les archives de sa vie professionnelle que Denis ARBEY a retrouvé ce programme de spectacle au théâtre le 29 mai 1982 ….

 

danse programme couverture

«  A cette époque, j’étais animateur photos à la MPT des Clairs Soleils !

Je commençais à me faire connaître.

Une amie danseuse du Studio MELIKCHAHIAN m’avait demandé de venir au spectacle pour les photographies.

Une personne manquant comme figurant, il fallait trouver un coureur cycliste de toute urgence !

Pendant mes loisirs, amateur de vélo, je faisais des courses comme les 24 heures de FRANOIS.

Mon amie me demande d’aller chercher mon vélo de course et de m’habiller, ce que je fis rapidement !

danse denis arbey photo

Certaines danseuses habitaient le quartier des Chaprais...

Je me suis souvenu que le spectacle avait été filmé, et que la cassette avait été remise à toutes les danseuses, en souvenir de leur passage au théâtre.                                

Les souvenirs reviennent pour se graver ….

danse programme 3

danse programme 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n’ai pu contacter personne. Seuls quelques prénoms me restent : Claire ....... Catherine, et puis …. »

Si vous possédez cette cassette, contactez-moi au 131 Rue de Belfort.

Merci ! 

 

                                               Denis ARBEY

Nous vous signalons deux initiatives intéressantes de la commission patrimoine et partage du CCH Chaprais/Cras : 

- dès le mardi 11 juin, à 10h00, une exposition sur l'histoire du Grand Hôtel des Bains, à la Villa Médicis (et ce jusqu'au 21 juin voir horaires sur flyer ci-dessous);

le jeudi 13 juin à 17h00, une conférence sur l'histoire des automobiles Schneider, par M. Jean Pracht et P. Frachebois, au Lycée Saint-Joseph,  28 av. Fontaine-Argent (entrée libre dans la limite des places disponibles).

Nous aurons l'occasion de revenir cet été, sur ce blog, sur cette histoire du Grand Hôtel des Bains et celle des automobiles Schneider.

flyer schneider 001 (2)

flyer GHB 001 (2)

01 juin 2019

L'horlogerie dans ses murs....aux Chaprais...

Une exposition fort intéressante se déroule, en ce moment, au Musée du Temps du Palais Granvelle et ce, jusqu'au 6 octobre 2019. Elle concerne les Lieux horlogers de Besançon et du Haut-Doubs.

expo horlogers 001

Si  quelques 70 sites horlogers, à Besançon,ont été repérés et documentés, sauf erreur de notre part, 25 concernent les Chaprais et 9 font l'objet d'un panneau explicatif détaillé .

Commençons par les 9 entreprises des Chaprais plus particulièrement exposées, sur un total, pour Besançon, de 26. Nous ne manquerons pas de vous rappeler celles qui ont déjà fait l'objet d'un article (voire plusieurs) sur ce blog. Avec la petite fenêtre "rechercher", située à droite de votre écran,  vous les retrouverez aisément. Nous effectuerons, bien sûr, les recherches nécessaires, afin de vous informer, si possible, sur les autres lieux.

- le CETEHOR, 16 avenue Carnot (jusqu'en 1962) :  articles parus les 12 et 19 janvier 2019;

cetehor 16 av carnot 2 vue géné

- Frankowski et Pierre Seguin,36 avenue Carnot;

- Hatot, 13 rue de la Rotonde : article paru le 20/12/2014;

rotonde cour

Les horloges ATO étaient fabriquées dans le bâtiment du fond de la cour, derrière le magnolia

- Lip, 4 rue des Chalets, articles parus le 22/11/2014; 4/03/2017; 26/05/2018;

 

Lip cadran (2)

- Petolat et Anguenot 7 avenue Denfert Rochereau et 19 rue Nicolas Bruand : article paru le 3 mai 2014;

petolat enseigne

rue Nicolas Bruand

- Utinam, Universo, Richert-Laval, 10, 14, 19 rue des villas : articles parus le 18/04/2014 et 22/10/2016;

universo façade longitidinale

- Sarda, 21 avenue Carnot : article paru le 14/12/2013;

sarda pub

- Sidhor, 23 rue de la Mouillère : article paru le 26 octobre 2013.

sidhor 1

- Yema, 3 rue Paul Bert

Quant aux autres entreprises, elles sont évoquées soit dans des vitrines, soit dans le diaporama projeté :

- Philippe, 2 rue de l'Industrie : article paru le 21/11/2015

philippe catalogue

- Paul Lévy, 19 avenue Carnot;

- Usine horlogère montres Luxia 41 avenue Carnot;

- Usine de montres Mougin puis Cadrhor , 43 avenue Carnot;

- Les Pierres Françaises 13 rue des Jardins

- Boîte de montres Monnet, 17 rue des Jardins;

- Sormel, 26 rue de l'Eglise;

- Perfex,  17 bis rue de la Rotonde;

perfex 4

 

 

- Argentor, 6 rue du château Rose;

argentor 1950 davoine

- Cadralux, 7 rue des Chaprais;

- Miserey et Spiraux Français, 16 rue Suard : article paru le 1er mao 2015;

- Henri Melet, 15 rue Klein;

- Grand Comptoir National d'Horlogerie et de Bijouterie, 19 rue de Belfort;

- Balanche Masoni 105 ter rue de Belfort;

- Quartier Frères et Cie, 3 rue Henri Baigue;

quartier frères lettre 1961

 

- Atelier d'horlogerie Henri Girard, 5 bis rue Nicolas Bruand.

Nous aurons donc l'occasion de revenir, peut-être tout l'été, sur ces entreprises et d'autres horlogers qui travaillaient autrefois à domicile et de vous proposer cet automne un parcours commenté de ces lieux horlogers.

Précisons également qu'un catalogue fort intéressant, de 140 pages est vendu à la boutique du musée....5€ seulement! N'attendez donc pas le mois d'octobre pour visiter cette belle exposition!

catalogue horlo 001

J.C.G.

25 mai 2019

Roland Gaudillière revient à Ornans saluer son ami Courbet...

Quelle bonne idée que cette exposition de 39 œuvres du peintre Roland Gaudillière, à Ornans, dans le cadre du Bicentenaire de la naissance de Courbet. Et ce, du samedi 1er juin jusqu’au vendredi 7, de 10h à 19h, salle des Iles Basses, place Courbet (à proximité de la passerelle piétonne sur la Loue).

RG affiche Ornans

Comme le précise le communiqué de Presse :

“ En 1962, en compagnie de Robert Fernier, Roland Gaudillière est partie prenante dans le comité d’organisation de la première exposition des œuvres de Gustave Courbet à Ornans. Cette exposition fera date et sera décisive dans le projet de création du Musée Courbet en 1971“.

 

RG photo 1998-Roland-par-photographe-Carron-1-576x1024

 

Roland Gaudillière est décédé il y a 20 ans : une exposition lui a été consacrée, l’automne dernier à la mairie de Montfaucon, commune où le peintre est inhumé, son atelier installé à la Malate dans la maison familiale. Cette exposition doit beaucoup à la mairie et à l’épouse du peintre, Annie Gaudillière, qui habite les Chaprais et  qui s’active depuis des années afin de perpétrer la mémoire et l'oeuvre de son mari qui fut, lui aussi, chapraisien. Le Catalogue Raisonné des productions de Roland Gaudillière, qu’elle organise sur le net,  en atteste. http://www.roland-gaudilliere.com/

Mais saviez-vous que Roland Gaudillière a passé une partie de son enfance à Ornans où sa famille habitait un hôtel particulier, place Courbet même. Son père avait installé là son cabinet dentaire tout en rayonnant sur Vercel et Valdahon. Ce père était d’ailleurs tout à la fois dentiste, médecin et vétérinaire et d’un dévouement aux autres tel  qu’il reste dans les mémoires des anciens. Il est décédé en 1967.

Roland avait un frère Patrick, né 14 ans plus tard : ils n’ont donc pas été élevés ensemble. Ce musicien professionnel de talent, guitariste classique est décédé il y a 10 ans : il vivait en Espagne, à Alicante, où il était professeur au Conservatoire. Et ce, après une rencontre à Besançon, au Grand Hôtel des Bains avec l’illustre maître, Andrès Ségovia (1893-1987) !

Ce côté artistique des deux frères est, sans aucun doute, un héritage maternel :

Elza Gaudillière était en effet connue  pour ses goûts artistiques et son appartenance à la haute société bisontine. Dans les années 50, elle circulait dans la région en Thunderbird et ne passait pas inaperçue. Elle est décédée en 1997.

Ce qui n’avait pas empêché les parents en 1952 de couper les vivres à Roland, qui, parti à Paris, devait survivre en travaillant à des travaux de nuit pour l'étanchéité du métro, tout en poursuivant ses études artistiques !

« La peinture comme un acte de foi » disait le peintre.

Les 39 tableaux présentés à Ornans embrassent l’ensemble de sa carrière. Et comme une sorte de clin d’œil à Courbet,est exposée une œuvre appartenant au Musée Courbet :

« Les deux amies » pièce maîtresse de l’exposition puisque Roland Gaudillière réinterprète la composition de Courbet « Le sommeil » Elle est datée de 1960 et il est indiqué à proximité de la signature du peintre : Hommage à Courbet ;

RG les deux amies

 

  Exposé aussi un tableau appartenant au Musée des Beaux Arts et d'Archéologie de Besançon intitulé «  Le Miroir ».

RG le miroir 1965

D’autres tableaux déjà connus mais que nous aurons plaisir à revoir témoignent de la palette d’inspirations diverses du peintre : Le phaéton ; La batteuse ; l’orgue de barbarie. Ou encore  Le voyageur ; La lettre ; L’extrême onction et L’enterrement dans le Haut Doubs.

RG lenterrement-dans-le-haut-doubs-50F-088-116-isorel-1985

 

RG le voyageur 1987

 

R G 1988 la lettre 12F 0-61-0-50 isorel (2)

Son dernier tableau « Le dernière feuille » date de 1997 : il n’avait pas eu alors, la force de le signer.

RG la dernière 1997

Michel Sarrazin, journaliste, a bien voulu nous autoriser à reproduire une grande partie d’un texte qu’il a écrit sur :

Roland Gaudillière homme de lumière et d’humanisme

Chez ce peintre “ …la maîtrise artistique la plus totale prédomine. Il faut y voir là, un apprentissage solide des bases à l’Ecole des Beaux Arts de Besançon perfectionné aux Arts Déco à Paris. 

Mais le travail « technique » ne suffit pas pour réaliser l’œuvre. Il faut de la profondeur intellectuelle, une vraie intelligence de l’âme. Le petit plus qui fait qu’une toile reflète autre chose qu’une image. Ce que Malraux résumait ainsi en parlant de toute œuvre d’art « comme une sorte de prière muette, un appel vers l’absolu, la quête d’un monde irréel, éternel et parfait ».

Roland Gaudillière, initié aux mystères de la lumière nous permet d’approcher son monde invisible et au fil de pratiquement un demi-siècle de peinture nous donne les clefs pour y accéder. Chaque toile est un message en soi, un instant symbolique et sensible qui nous raconte l’histoire du moment. Avec toujours comme une marque de fabrique, un regard humaniste, voire compatissant et indigné lorsqu’on évoque « les femmes de Sarajevo » ou nostalgique « sur le chemin de l’école ».

L’œuvre de Roland Gaudillière s’inscrit dans le grand canevas du chant du monde, c’est aussi une belle histoire de la peinture régionaliste qui ne cessera de nous interpeller et d’inspirer les jeunes générations d’artistes en quête de la beauté que révèle l’une des dimensions essentielles de l’être humain. Cet art qui confine comme le dit Malraux « l’honneur d’être Hommes ».

« Peut-on faire de sa vie une œuvre d’art » s’interrogeait Nietzsche ?

Oui! Mais n'est pas Roland Gaudillière qui veut."

 

RG et Courbet 1962

 Sources : Mme Annie Gaudillière et site www.roland-gaudilliere.com

Cet article est le 1 000e publié sur ce blog! Blog qui affichait ce samedi 25 mai 2019, quelques 177 000 visiteurs! Merci à tous nos lecteurs!

J.C.G.


18 mai 2019

Le pavillon du tourisme de Micaud

Le pavillon de l’office du Tourisme du parc Micaud est donc fermé depuis la réouverture de l’hôtel de ville. Les services sont donc désormais installés au rez de chaussée de la bâtisse historique restaurée qui tenait lieu de mairie.

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Cela faisait quelques 50 ans que cet office existait dans le petit bâtiment conçu par l’architecte Michel DEMENGE. Désormais, pour ces locaux qui ne sauraient rester vides très longtemps, la CAGB a lancé un appel à projet d’installation d’un restaurant de qualité.

Mais savez-vous que plus de 50 ans avant l’installation de cet office, le grand architecte bisontin, Maurice Boutterin (voir à son sujet l'article publié, sur ce blog,  le 4 mai 2013, Connaissez-vous Marcel Boutterin?) , avait, à la demande du syndicat d’initiative de l’époque et de la mairie, conçu un magnifique projet de Pavillon du Tourisme ?

Qui plus est, ce projet avait été adopté, après pas mal de palabres, par le conseil municipal le 11 décembre 1915 ! En pleine première guerre mondiale ! Il ne fut, compte-tenu des événements, jamais réalisé ! Et c’est bien dommage ! Jugez-en plutôt !

pavillontourisme (5)

Voici ce que déclarait, en 1915, le délégué général du Touring Club :

“ Nous avons le devoir, comme capitale de la Franche-Comté, d’offrir un local digne d’eux, aux touristes de passage qui viennent chercher des renseignements avant de se rendre dans nos régions pittoresques …

../.. Lorsque des tentatives furent faites, il y a plus d’un quart de siècle, pour créer à Besançon, un syndicat d’initiative, les ouvriers de la première heure ne réussirent pas à faire comprendre aux négociants de notre ville l’importance du but qu’ils voulaient atteindre et l’influence que leur œuvre exercerait sur l’extérieur du commerce local.“

Mais rapidement, des bureaux seront installés au 73 Grande Rue en lieu et place de ceux de la société d’agriculture du Doubs. Puis en 1912, ces bureaux déménagent au Rond Point des Bains dans des locaux mis à disposition dans le commerce  Grosperrin Frères.

Et c’est alors que la maire, M. Antoine Saillard, suggère la création d’un pavillon du tourisme, avec l’appui de la municipalité, et indique l’emplacement : “ A la place de l’abri actuel des tramways et du débit de plein air qui déparent la tête du pont Saint-Pierre“. C’est-à-dire à l’emplacement de l’actuel monument érigé en mémoire du comte de Chardonnet.

pont saint pierre version 3 1 pierre kiosque

“ …Les pourparlers engagés au sujet de cette affaire nous firent connaître qu’un coiffeur de notre ville consentirait à payer cher la location d’un sous-sol comprenant des salons de coiffure pour hommes et dames et l’établissement complet de WC-lavatory ; et, d’autre part, une maison de papeterie de notre ville serait disposée à louer un magasin de journaux librairie papeterie, tabacs au rez de chaussée du pavillon, à condition que le public y ait un accès commode.

Notre distingué concitoyen M. Maurice Boutterin, architecte, Grand prix de Rome, fut alors invité par nous à dresser le plan définitif du Pavillon comportant les installations accessoires prévues. En vous présentant ce nouveau projet avec l’espoir de le voir favorablement accueilli, ,nous pensons que vous jugerez, comme nous, que s’il occasionne une dépense importante, par contre il doterait la ville d’un immeuble élégant, complétant heureusement la place publique très fréquentée, offrant à la population bisontine, avec tout le confort un établissement de première nécessité, depuis longtemps réclamé et enfin capable de produire, en toutes conjectures, un revenu très appréciable.

office T brochure

 

Permettez-moi de vous exposer en une sorte de légende explicative, la description de l’édifice extérieur : la façade principale fait face exactement à l’entrée du casino des bains ; elle comporte un vaste porche couvert surmonté d’un cadran d’horloge. Celle de gauche parallèle à l’avenue du pont, comprend une niche circulaire à grande ouverture qui servira d’abri aux personnes attendant les voitures des tramways bisontins et un magasin de papeterie, librairie, journaux. Dans la façade de droite parallèle à l’avenue d’Helvétie, est percée une niche semblable à la précédente et qui abritera les voyageurs au passage des trains de la Compagnie du chemin de fer de Vesoul. Les façades de gauche et de droite supportant des marquises destinées à prolonger les abris et à tenir lieu de balcons aux fenêtres de deux petits logements situés à l’étage supérieur destinés au personnel de l’établissement.

La façade arrière, demi-circulaire, est percée de grandes ouvertures pour l’éclairage des salles de rez de chaussée et du sous-sol.

office T plan du hall

Intérieur : au rez de chaussée

Sous le porche de la façade principale élevé de quatre marches d’escalier, une large porte pratiquée dans une devanture en glaces donne accès au grand hall, vaste salle ovale (13 m sur 8 m) recouverte d’une coupole avec ciel ouvert et décorée de peintures. C’est là qu’en outre du bureau de renseignements du syndicat, les voyageurs bisontins ou autres, trouvent un bureau de ville complet, concédé au syndicat par la Compagnie PLM qui leur délivrera les billets ordinaires des longs parcours, les billets spéciaux à prix réduit, où ils pourront retenir des places pour les voyages en express.

office T rdc

Une large table de lecture et de correspondance occupera le centre de la pièce autour de laquelle sont disposés :

- une consigne pour dépôt de bagages, bicyclettes, etc.

- un vestiaire

- une cabine téléphonique reliée au réseau

- une chambre noire pour photographe.

 

Du côté opposé à l’entrée, derrière une cloison mobile qui le sépare du hall, se trouve le grand salon des réunions du conseil d’administration du syndicat, belle pièce très éclairée qui servirait aisément de lieu d’exposition pour les industries locales. La cloison mobile étant soulevée, les deux pièces principales du rez de chaussée ne formeront plus qu’une très vaste salle utilisable pour les concerts ou réunions diverses.

Du hall, on pénètre également à droite, dans un premier bureau réservé aux employés du syndicat d’initiative et dans une pièce plus vaste salle utilisable pour des concerts ou des réunions diverses.

Du hall, on pénètre également à droite dans un premier bureau plus vaste dans lequel les délégués des sections du syndicat des Monts Jura tiendraient leurs réunions.

Office T plan sous sol

Au sous-sol : une allée tracée au travers des corbeilles de verdure entoure la partie arrière du bâtiment. En la suivant, à partir de la tête du pont, on rencontre un premier péristyle couvert donnant accès :

1)      A un salon de coiffure pour dames, contenant un salon d’attente et 3 box ;

2)      A un salon de coiffure pour hommes garni de six toilettes-lavabos ;

3)      A des waters-closets payants, très confortables munis de glace ;

4)      A des urinoirs. Un atelier de lingerie pour les besoins de l’établissement et des sièges pour des sièges pour cireur.

Nous reviendrons par la suite sur ce projet non réalisé.

Sources : archives municipales ville de Besançon; catalogue de l'exposition "Besançon de papier" de la bibliothèque municipale; site mémoirevive Besançon.

J.C.G.

11 mai 2019

Aux Chaprais, on connaît la musique!...

Le prochain concert de l'Harmonie des Chaprais dans le parc de la rue de l'Eglise, samedi 18 mai, à 16h00, nous a incités à explorer le passé musical du quartier.  Et ce passé est fort riche, ce qui démontre, si besoin était, qu'aux Chaprais, on connaît la musique...depuis la naissance de ce quartier!

En effet, dans le Bulletin de la Société Syndicale pour l'amélioration des Chaprais, daté de novembre 1887, il est fait état d'un Cercle des Chaprais réunissant les bonnes volontés , afin d'améliorer le cadre de vie de ce quartier naissant (voir à ce sujet, l'article paru sur ce blog, sur Le Cercle des Chaprais le 21 septembre 2013). 

L'ouverture solennelle de ce Cercle se fit le 2 mars 1862. Et le bulletin de relever à ce sujet :

"...Ce jour là, nous donnâmes à nos amis une petite fête d'inauguration avec la concours de la Fanfare des Chaprais et quelques artistes de bonne volonté..."

"...La Fanfare des Chaprais qui nous avait si gracieusement prêté son concours avait eu des commencements bien laborieux.

Des jeunes gens à qui leur situation de fortune ne permettait pas la fréquentation des cafés ou des spectacles, amusements coûteux, se réunissaient chaque soir pendant la semaine et le dimanche après-midi, pour faire de la musique. Les fils Chapuis dont le père est tuilier au Vernois, arrangeaient les partitions. Charpy, Jean Gavirey, Morel, les frères Farey, Jules Coin, Médard Dubois, etc. furent les premiers exécutants de cette société de musique.

Mais la bonne volonté ne pouvait suffire à tout. Nos jeunes artistes manquaient des instruments les plus indispensables. Auguste Klein  (un des fondateurs du Cercle) leur avait procuré en 1860 un tambour et facilité l'achat de quelques cuivres.

 

trompette XIX°

 

Trompette du XIX° siècle

 

trompettes tambour

 

Tambour XIX° siècle

Ces actes de mugnificence lui valurent la reconnaissance éternelle de ces braves garçons qui devinrent l'âme de nos fêtes. Aussi la pauvre fanfare était mise en oeuvre à l'occasion de chaque événement un peu important, s'associant à toutes les réjouissances du Cercle, auxquelles elle donnait du lustre et du retentissement"...

Donc,nous pouvons avancer la date de 1860 pour la création de cette Fanfare. On ne connaît pas la date de dépôt des premiers statuts (la grande loi sur les associations est de 1901). Par contre, la date de dépôt de nouveaux statuts est connue : un arrêté préfectoral en date du 7 novembre 1884 approuvait les nouveaux statuts; cet arrèté était transmis au Maire de Besançon qui demandait au commissaire de police (rappelons que la police est alors  municipale et ce, jusqu'en 1941...) de notifier cet arrèté au Président de la Fanfare des Chaprais. Ce qu'il fit le 20 novembre 1884, un procès verbal l'attestant. 

 

fanfare chaprais 1884

Reconnaissance officielle 1884

En 1882, elle est autorisée par arrèté préfectoral du 14 avril 1882, à organiser une tombola au capital de 1 000 f, composée de 2 000 billets à 50 c! Elle s'adresse donc au maire de Besançon, M. Victor Aristide  Delavelle (voir à son sujet l'article qui lui est consacré sur ce blog en date du 24 décembre 2016) afin d'obtenir un lot pour sa tombola, car elle a besoin de financer sa participation au concours international de Genève.

A noter que le nom de la Fanfare, avant l'adoption des nouveaux statuts de 1884,  est en 1882 Fanfare des Chaprais-Besançon.

Puis début 1884, elle s'intitulera Fanfare des Chaprais-Besançon et du Bataillon des Sapeurs-Pompiers. Elle écrit alors le 7 février 1884 au Maire de Besançon, M. Nicolas Bruand, afin de solliciter une subvention car elle avait à supporter..." des frais assez considérables pour réparations et achat d'instruments..et pour prêter son "...concours qu'elle s'est engager à prêter aux fêtes qui doivent avoir lieu à Besançon". Le 9 février 1884 (vous remarquerez la célérité de la réponse!...) le conseil municipal accorde une subvention de 200 f (environ 400€ actuels). La lettre de remerciements de la Fanfare est lue au conseil du 14 mars.

Et le 11 avril 1884, le conseil municipal répond favorablement à une demande de lot pour la tombola annuelle de la Fanfare : ce sera une montre de dame en or!

En 1885, son siège est déclaré au 37 rue de Belfort, siège de la future société syndicale pour l'amélioration des Chaprais, du Cercle des Chaprais et de la commune libre des Chaprais (créée en 1930).

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Siège 37 rue de Belfort en 1885

Le 3 août 1885 le nouveau maire Nicolas Bruand (après la démission de Victor Delavelle"...est autorisé à offrir (pour la loterie annuelle) une des montres à gousset en argent restant de la loterie horlogère de 1880"...

En 1890, le siège est déclaré 3 rue de la Liberté.

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Siège 3 rue de la Liberté en 1890

Le 1er juin 1891, autorisation est donnée à la Fanfare d'organiser un concert Promenade Micaud, comme on appelait alors ce parc.

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Demande d'autorisation d'un concert en 1891

Et ce "...au profit des pauvres et de notre société".  La Fanfare doit en effet participer à un concours, le 21 juin 1891 à Saint Germain en Laye. D'où elle revient couverte de lauriers! Dans son N° du 22 juin Le Petit Comtois indique, sous le titre Nouveaux succès de nos sociétés : La Fanfare des Chaprais, sous la direction de M. Bourgoin, vient d'obtenir le 1er prix au concours de Saint Germain en Laye. Un premier prix à vue avec félicitations du jury, 1ère section; un premier prix d'exécution ascendant avec félicitations du jury; L'excellent directeur de cette société, M. Bourgoin, a obtenu un premier prix avec félicitations du jury. Enfin des diplômes de mérite ont été alloués à MM. Lombard pour les  services qu'il a rendus à la Fédération dont il est le représentant dans notre ville".

La dernière trace écrite retrouvée est datée du 25 mai 1894. La Fanfare remerciait alors la ville pour le don d'un lot pour sa loterie et annonçait qu'elle participerait au concours musical de Lyon les 12 et 13 août 1894.

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Oui, mais voilà! Lors de ce concours à Lyon, c'était La Concorde de Saint-Ferjeux (fondée en 1887 par le docteur Lepagnole) qui allait recevoir le 1er prix d'exécution ascendant avec les félicitations du jury et le 2° prix de solfège!  Le Petit Comtois en date du 13 août en rendait compte, mais son édition du 16 août 1894 décrivait alors l'enthousiasme des habitants de Saint Ferjeux! Mais pas seulement puisque "a la gare attendaient des représentants de toutes les sociétés bisontines qui apportaient aux heureux vainqueurs des couronnes et des bouquets largement mérités". Avec discours, à la gare, d'un membre de ma commission de la Concorde; puis arrêt à la Butte au Café Joly, tenu par M. Marchal, un des deux présidents de la Concorde (l'autre étant M. Gondy qui sera élu maire de Besançon en 1898 jusqu'en 1901 date de sa mort). Et enfin arrivée à Saint Ferjeux où deux demoiselles avaient tenu de bien beaux discours au nom de tous les habitants de Saint Ferjeux!

Nos chapraisiens ont dû regretter les honneurs certes, mais surtout le vin...et les demoiselles....

J.C.G.

04 mai 2019

Hommage à Madame Colette Sala, artiste peintre

Madame Colette Sala vient de décéder. Elle était une fidèle habitante des Chaprais de longue date. Nous avons décidé de rendre hommage à son œuvre avec l’aide gracieuse de la galerie pontissalienne « Le Syndrome de Stendhal »* et de sa responsable, madame Delphine Longchampt Ung. Cette galerie a exposé, entre autres, des réalisations de Colette Sala. Voici le texte  rédigé concernant cette artiste, afin de présenter son travail. Nous avons reçu l’autorisation de reproduction de son auteure, ainsi que celle des tableaux figurant dans cet article. Nous en remercions vivement cette jeune galeriste.

colette-sala-toits

« Figure contemporaine de l’école comtoise, elle met poétiquement en exergue les ombres et les lumières qui se dessinent sur l’architecture et les paysages comtois rendus à leur essentiel, avec un attachement aux toits et aux bois.

colette sala 1

Colette Sala 6-Tas-Stendhal (2)


Ses œuvres dévoilent une palette de couleurs et d’éclairages au travers d’émotions sans lieux ni temps, dans un espace intime. Le spectacle et le rêve prennent naissance à la limite de la réalité physiquement constatée.

colette sala 2


colette sala 3

Les aubes et les crépuscules dispensent le même émerveillement luminescent. Le soleil occupe alors la même portion de ciel et son éclairage rasant crée de longues et riches ombres, tantôt froides, tantôt chaudes. 

colette sala 5 nuits longues


Ces éclats de lumière mettent en valeur la banalité même, la rendant ouverte à la contemplation et au rêve.
Colette Sala exposait régulièrement dans des galeries en France et en Suisse, au Salon des Annonciades de Pontarlier, à la Biennale des Arts de Besançon… »

colette Sala 7 -Villages-Stendhal (2)

 

Quelques renseignements sur cette galerie pontissalienne qui propose «..de l’art contemporain mêlé à des objets d’art et autres antiquités avec des expositions personnelles ou thématiques réunissant les artistes de la Franche-Comté et de la France entière ».

Et ce  au 5 rue de la République à Pontarlier, sur 200m2.

Tel 03 81 46 89 10 site : www.syndromedestendhal.com

colette sala 4

Prochaine exposition Laure-Anne Duchet « L.A Terre » su 11 mai au 16 juin 2019.

*Le syndrome de Stendhal peut-être défini, pour simplifier,  comme  le fait  de ressentir un effet physique et profond face à la beauté d'une œuvre ;  et ce, d'après le récit de voyages de Stendhal à Florence. Précision apportée par Mme Longchampt Ung.

 

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27 avril 2019

Qui se souvient du minimarché, magasin Cedis du 54 rue de Belfort, installé en 1973 ?...

Tout d'abord, ne cherchez pas le n°54 rue de Belfort : il n'existe plus...Nous pourrions le situer à l'angle de la rue Chopard, avant les anciens entrepôts des Monts Jura démolis pour faire place, en 1985, au supermarché Casino actuel. Sur la photo tirée de ce journal d'informations internes de la CEDIS, on aperçoit déjà,  derrière le bâtiment de CBM 25.

cedis minimarché 54 rue de Belfort

Pour vous convaincre des boulversements survenus dans ce secteur, examinez de près cette vieille carte postale

rue de l'eglise tram

.En fait, en lieu et place de ce Minimarché ouvert à l'automne 1973, existait auparavant, un magasin Les Economiques.

Les Economiques Bisontins vont fusionner en 1965 avec , entre autres, les Docks, afin de devenir le groupe Cedis (voir à ce sujet les articles publiés sur ce blog, le 14 juin 2014 Qui se souvient des Docks franc-comtois?, le 14 février 2015 A propos des Docks franc-comtois et le 30 mars 2019 Vous souvenez-vous de la CEDIS?).

 

Les économiques

 

Les entrepôts des Economiques rue Xavier Marmier

Il convient de souligner qu'en 1946, vous pouviez trouver, rien que dans la rue de Belfort 3 magasins Les Economiques ( au 29, 54 et 121)   , contre 2 magasins Les Docks ( aux numéros 77 et 143). 

Les économiques Cras 2

Les Economiques rue des Cras, années 60

Le Minimarché était donc adossé à une maison, aujourd'hui disparue. Quand a-t-il fermé puis démoli? Nous attendons vos témoignages à ce sujet.

Dès 1974, le groupe Cedis compte 48 minimarchés qui remplacent peu à peu les boutiques d'épicerie classique. Comme son nom l'indique, on peut faire son marché dans les rayons, sans avoir à commander ses achats à l'épicier gérant installé derrière son comptoir et qui vous sert, puisque les rayons de marchandises ne sont pas accessibles aux clients.

cedis minimarché

Et ça marche! Partout le chiffre d'affaires augmente!

cedis minimarchés 3

 Quelques exemples de minimarchés en Bourgogne et en Franche-Comté

Et puis, au passage, n'oubliez pas de regarder les prix exprimés en francs, bien sûr!

cedis recrutement nov 70

La CEDIS recrute des gérants pour ses magasins : petite annonce parue le 20 novembre 1970

Faites nous part de vos souvenirs concernant ces magasins! Et si vous possèdez des documents, pensez à nous ! Nous les numériserons et vous les rendrons....Merci d'avance.

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20 avril 2019

Les cloches de l'église du Sacré Cœur aux Chaprais...

Vous le savez, ce samedi 20 avril 2019, date de parution de cet article, est, pour les chrétiens, un samedi saint. Nous sommes donc dans la semaine sainte qui a débuté dimanche dernier,jour des Rameaux. Or,  mercredi 17 avril à 18h50, vous avez entendu aux Chaprais, comme ailleurs dans la ville, les cloches sonner à l'unisson. Il s'agissait d'une décision de la conférence des évêques de France en solidarité avec le diocèse de Paris :  lundi 15 avril 2019, à 18h50 , nous ne vous apprenons rien,débutait ce terrible incendie qui a ravagé Notre Dame de Paris. Les cloches retentiront de nouveau le dimanche de Pâques.

M. Alain Prêtre, l'auteur des photos couleurs qui illustrent cet article, nous a donc suggéré de rappeler l'histoire des  cloches installées dans les deux églises des Chaprais : Saint Martin des Chaprais,  la plus ancienne, et le Sacré-Cœur, la plus récente.

sacré coeur église votive cliché ancien 2

Commençons par l'histoire des cloches de la plus récente, celle de cette église votive dont la première pierre a été posée le vendredi 3 juin 1921, jour de la fête du Sacré-Cœur. Nous avons, par le passé, consacré un bref article à cette construction (voir article publié le 15 mars 2014 sous le titre "L'église du Sacré-Coeur, 14 avenue Carnot"). Nous y reviendrons certainement,  mais concentrons-nous sur ses trois cloches. 

 

sacré coeur guillemot architecte (3) cliché ancien

 

Leur bénédiction donna lieu à une grande cérémonie le dimanche 27 avril 1924. Le quotidien local, L'Eclair Comtois, a rendu compte de cet événement dans son édition du 28 avril 1924 ( à noter que  le quotidien Le Petit Comtois, journal très anti-clérical, et La Dépêche Républicaine de Franche-Comté, sauf erreur de notre part, n'ont dit mot sur cette bénédiction).

 

bénédicrion des cloches manchette éclair comtois

 

Voici un extrait de cet article publié par L'Eclair Comtois.

bénédisction des cloches extrait éclair comtois 28 avril 1924

"Une cérémonie touchante et que l'on voit assez rarement s'est déroulée dimanche matin, en l'église votive du Sacré-Coeur, sous la présidence de Sa Grandeur Monseigneur Humbrecht, Archevêque de Besançon, celle de la bénédiction des cloches de la nouvelle Paroisse des Chaprais.

La cérémonie était fixée à 8h45, mais bien avant cette heure, les fidèles arrivaient si nombreux que bientôt le vaste sanctuaire fut trop petit pour contenir le flot sans cesse montant des paroissiens qui ne voulaient pas manquer d'assister à la touchante cérémonie qu'est une bénédiction, un baptême des cloches.

Grâce à un service d'ordre parfaitement conduit par des jeunes et dévoués paroissiens chacun put cependant trouver une place et l'église du Sacré Coeur était archi comble quand Sa Grandeur Monseigneur l'Archevêque fit son entrée et la cérémonie commença aussitôt selon les rites usuels toujours si impressionnants.

Depuis plusieurs jours, ainsi du reste que L'Eclair Comtois l'avait annoncé, les trois cloches qui bientôt prendront place dans les tours, pour animer la vie paroissiale, étaient exposées à l'entrée du choeur du Sacré-Coeur, sur l'échafaudage ad-hoc, à la place de la table de communion qui avait été enlevée pour la circonstance"...

 

cloche sacré coeur bénédiction 27 avril 1924 001

 

 

Mgr_HUMBRECHT_

 

Sont ensuite données quelques précisions concernant ces trois cloches.

La première cloche pèse 1 200 kg et donne le "ré dièse".

cloche sacré coeur 5

 

cloche sacré coeur 2

Une inscription latine est portée sur ses flancs, traduite ainsi par le journal :

" Le Christ triomphe

Le Christ règne

Le Christ gouverne 

Que le Christ me préserve de tout mal

Cette cloche

qui se nomme MARGUERITE-MARIE

a été dédiée au sacré coeur de Jésus

par Sa Grandeur Monseigneur Humbrecht

Archevêque de Besançon

en présence de M. Jean Dalloz, parrain,

et de dame Hermine Charrière

veuve de M. Albert Eugène Garnier

marraine

et aussi de MM. F. Pinondel, curé

et L. Tyrode, vicaire

le 27 avril 1924

En souvenir de M. Albert Augène Garnier

la cloche sonne

L'Ange vous appelle. Le Christ commande

Répondez et vous serez sauvé ".

 

cloche sacré coeur 4

 

 La 2° cloche pèse 950 kg et donne la note "Fa".

 

cloche sacré coeur 3

 

Et sur ses flancs sont notés les noms des parrains M. Pierre Jacobé, de la marraine, Dame Marie-Thérèse Le Mire et elle a été baptisée MARIE-AMBROISINE.

La 3° pèse 650 kg et donne la note "Sol".

 

cloche sacré coeur 1

  

Parrain : M. Jules P. M. Grosperrin, son épouse Dame Marguerite-Marie Dromard étant sa marraine. Nom de baptême GENEVIEVE. relevons tout de même cette inscription sur ses flancs :

"J'appelle les hommes d'armes

J'annonce les jours

Je marque les heures

Je chante les fêtes

Je pleure les deuils

J'écarte les orages".

Ces trois cloches ont été fondues à Brest dans les établissements de M. Gripon.

Relevons également que la cérémonie se termina à 11 heures ! Car selon le rituel religieux elles ont été l'objet d'une bénédiction de sel et d'eau, d'un lavage et d'un enfumage,en dessous, avec encensoirs. Puis, discours de Mgr Humbrecht. A la fin de la cérémonie parrains et marraines ont distribué des dragées tandis que l'on revêtait chaque cloche d'une robe de satin blanc avec des rubans de couleur différente pour chacune d'elles.

En attendant, d'ici quelques semaines, l' article consacré aux cloches de Saint Martin des Chaprais, petite question : qu'est-ce qui est commun à une des cloches des églises Saint Martin, de  la Madeleine, et de  la basilique Saint Ferjeux?....

Un excellent site à consulter sur les cloches comtoises : https://clochescomtoises.com

https://clochescomtoises.com/

Photos des cloches Alain Prêtre (DR); autres photos Mémoirevive et wikipédia (Mgr Humbrecht) DR.

J.C.G.