HUMEURS DES CHAPRAIS

21 avril 2018

Les boîtes à livres des Chaprais et la... dactylographie...

Les deux boîtes à livres installées aux Chaprais (place Flore et parc des Chaprais) recèlent parfois des surprises.

Ainsi ce petit livret intitulé « Traité pratique de sténographie et de dactylographie ».Rédigé par M. Albert Navarre, Inspecteur de l’Enseignement Technique, Président de l’institut sténographique de France,publié aux éditions Delagrave, cette édition de 1946 est une nouvelle édition revue et augmentée qui atteint son vingt-cinquième mille !

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Le prix d’un tel ouvrage ancien, en vente sur un site internet atteint les 48€ !

Il est précisé, en introduction que « La méthode que nous exposons dans ce «Traité pratique » se recommande par sa simplicité et sa clarté. Elle est la plus répandue en France et dans tous les pays où se parle notre langue. Les résultats obtenus depuis plus d’un demi-siècle, tant au point de vue professionnel que dans l’enseignement, sont le meilleur garant de la valeur du système sténographique contenu dans cet ouvrage »…

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Au passage, on y apprend que l’institut sténographique de France a été fondé en 1872 et qu’il a été reconnu d’utilité publique. Et des notes historiques précisent que l’invention de cette écriture abrégée remonte à Tiron, esclave affranchi du grand orateur Cicéron (vers l’an 53 avant.-C.)

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L’enseignement dela sténographie a fait l’objet d’un décret officiel, publié au JO, daté du 27 novembre 1934, complété par un arrêté ministériel du 20 avril 1935 qui a crée l’emploi de « professeur technique adjoint du commerce.

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Outre les pages de sténographie que nous reproduisons ici, page 162, une page est consacrée à « La position des vrais dactylographes ».

«  Il faut se mettre en garde contre les gesticulations désordonnées, auxquelles se livrent soit par ignorance, soit pour se donner un genre, certains dactylographes. Les courbes gracieuses du poignet et le balancement ondulatoire des hanches ne sont pas nécessaires pour écrire.

L’opérateur sérieux a toujours un jeu paisible ; son corps reste droit et immobile ; ses mains couvrent le clavier, sans jamais s’en détacher ; ses doigts glissent délicatement et simplement sur les touches, son action est sûre, méthodique et rapide. S’il copie, ses yeux restent continuellement fixés sur son texte ; s’il écrit sous la dictée, ils sont dirigés en avant dans le vague comme pour accroître la perceptivité de l’oreille sans préoccupation de l’écrit ; il ne se livre à aucun mouvement inutile et, si vous n’entendiez pas le claquement continuel des types sur le papier et le rappel vif, sec et uniforme du chariot, jamais vous ne vous  douteriez qu’il travaille ».

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Après tout, il nous reste aujourd’hui nos claviers d’ordinateur : alors, n’oubliez pas lorsque vous vous en servez, que  « les courbes gracieuses du poignet et le balancement ondulatoire des hanches » ne sont pas nécessaires pour votre travail de saisie !...

Quant aux boîtes à livres, elles rencontrent un succès certain : 50 livres ont été empruntés la première semaine, place Flore! 

Pensez à déposer vos livres inutiles! Merci.

 

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14 avril 2018

Qui se souvient de l’INFOP, alors installé 45 avenue Carnot ?

C’est en 1972 que l’Institut de la Formation permanente de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Doubs  s’installa à cette adresse, 45 avenue Carnot.

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Auparavant, c’était le siège des vins Union qui dépendaient de la CEDIS. Certaines cuves sont encore en place lorsque cet institut s’installe dans ces locaux.

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Les plans prévoyaient un grand garage au sous sol qui n’a pu être réalisé que partiellement les parois des cuves de vin résistant aux marteaux piqueurs !! Pour détruire une première paroi plusieurs jours avaient été nécessaires et le projet de destruction de toutes les cuves fut vite abandonné !!!

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 Les locaux actuels du rectorat (photo A. Prêtre D.R.)

Tour d’abord, rappelons que la chambre de commerce est une vieille dame née, à Besançon,  en 1819.

La formation deviendra très vite une préoccupation. C’est ainsi qu’en 1874, le ministère du commerce qui enquêtait sur le territoire national déclarait « …il y a urgence d’encourager l’organisation d’écoles de commerce… ».

Dès 1911 des cours de comptabilité sont mis en place  par la Chambre de commerce de Besançon et du Doubs, à l’attention des commerçants dans des locaux au 54 Grande Rue.

A chaque rentrée scolaire de nouvelles matières sont proposées aux ressortissants de la Chambre de commerce en essayant d’anticiper leurs besoins en fonction des progrès techniques et de l’évolution des postes dans l’entreprise.

Dans les années 60, la seule formation en secrétariat est de niveau  CAP et  BP,  les chefs d’entreprises de la région ayant émis le vœu d’avoir à leur côté des secrétaires de plus haut niveau la CCI répond à leur demande en organisant en septembre 1964 la formation accélérée de secrétaires de direction, première formation à temps plein qui se déroulait sur une année et qui s’adressait, sur concours,  à des bachelières. Cette formation a fêté ses 50 ans d’existence en 2014... !!

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Compte tenu de l’augmentation  constante des stages,  des effectifs et  de l’exigüité des locaux, l’Ecole de Formation Commerciale s’installe au 29 avenue Gaulard dans l’ancien magasin de stockage d’épicerie en gros. Elle devient, en 1967 « Centre de Formation Professionnelle du Doubs ».

En 1969, ce Centre compte 6 salles et un laboratoire de langues. Il dispense des cours de vente, d’étalage, de gestion commerciale de langues et  prépare, entre autres, au CAP d’employé de bureau, d’aide-comptable et de sténodactylo, au  BP comptabilité.. M. Maurice Jacquemin, élu à la Chambre, va donner une dimension nouvelle au moment même où sont signés, en juillet 1970, les accords intersyndicaux sur la formation professionnelle continue. Un an plus tard, en juillet 1971 la loi organisera ce droit nouveau à la formation sur le temps de travail.

Aussi dès la rentrée de l’année scolaire 1970/71, le Centre est rebaptisé Institut de la Formation Permanente, INFOP.et s’installe avenue Carnot dans des locaux de 2000 m2 confortablement   aménagés : une vingtaine de salles de cours, un laboratoire de langues,  une grande salle de conférence une douzaine de studios pour loger les stagiaires à temps plein, une douzaine de bureaux et une cafeteria

Lors de l’inauguration des locaux, le président de la Chambre de l’époque, M. Pierre Blondeau (président de 1965 à 1974) déclarait : « l’installation de notre Institut de formation Permanente dans cet immeuble rénové marque l’aboutissement d’un siècle d’efforts ».

L’Institut va connaitre un essor considérable avec de nouveaux programmes pour répondre aux sollicitations nombreuses des entreprises, des administrations (stages pour demandeurs d’emplois,  des particuliers...

On passe de 470 personnes formées à 2000 par an !

Durant cette période faste de la formation, nous ne  citerons pas tous les  programmes  traités (secrétariat, gestion, relations humaines, langues, management, finances, conduite de rèunion.etc.)

Pour répondre aux entreprises de Franche Comté, la CCI s’équipe d’un laboratoire de langues mobile de 20 cabines qui est transporté dans une camionnette et installé par le chauffeur qui accompagne le professeur ; c’est ainsi que des cours d’anglais sont organisés dans des entreprises du  Jura, de la Haute Saône, du Haut Doubs…

Elle acquiert également pour son Ecole de secrétaires de direction la première machine de traitement de textes IBM, énorme machine remplissant à elle seule un petit bureau …

Un département technique est créé avec des cours d’électricité, d’électronique, et même de mécanique réparation automobile pour lesquels un matériel important a été investi  pour des stages dits « emplois jeunes »..

Plus original un stage de pose de bordure de trottoirs est organisé pour une entreprise de travaux publics, et des stages de caristes dont  l’examen final se déroulait au milieu de la cour sous le regard amusé des employés derrière leurs fenêtres ! Le code du permis de conduire se passait également dans les locaux et l’hôtesse d’accueil devait parfois supporter les mauvaises humeurs  des candidats recalés !!

En mars 1981, le président de la Chambre, Michel Jacquemin (il en sera président de 1976 à 1985), est interpellé par l’industriel bisontin André Marcel Augé qui souhaiterait que tous les services consulaires soient regroupés dans les locaux de l’avenue Carnot. En effet si la formation y est installée, la plupart des services sont encore, et ce depuis 1955, au 7 rue Charles Nodier dans l’ancien Hôtel de Longeville.

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Si un refus lui est opposé, en 1993 pourtant, une grande partie des services rejoint l’avenue Carnot en attendant la construction du nouveau siège actuel de l’avenue Villarceau. C’est la DRAC qui rachètera le siège de la rue Charles Nodier et le Rectorat, de son côté, fera l’acquisition des locaux de l’avenue Carnot pour la coquette somme de 29 millions de francs.

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Que vous ayez fréquenté l’INFOP quelques heures ou plusieurs mois, n’hésitez pas à nous faire partager vos souvenirs que nous nous ferons un plaisir de publier.

Sources : Publication de la CCI du Doubs pour le cent cinquantenaire (12 mai 1969); " Aventures consulaires" la CCI du Doubs de 1969 à 1995; témoignage de madame Michèle Roche, ancienne responsable de formation à l'INFOP.

07 avril 2018

Drame dans le tramway...aux Chaprais...

« Dans l’après-midi du jeudi… (nous avons volontairement supprimé la date…) une scène qui faillit tourner au tragique s’est déroulée sur une voiture des tramways aux Chaprais.

Un soldat de l’infanterie de marine, le mari de la conductrice, ayant pour des raisons que nous ignorons, des motifs d’animosité contre sa femme, administra à celle-ci une magistrale raclée. La femme lâcha la direction qui fut prise un instant par le mari, puis par la receveuse.

Près de la place de la Liberté, la conductrice sauta à terre et courut se jeter sur la ligne en avant de la voiture du tramway.

A ce moment, la receveuse, qui conduisait la voiture, put bloquer les freins à temps et la désespérée ne fut que tamponnée et rejetée en dehors de la ligne.

On croit que ses blessures ne sont pas graves. »

Ce n’est pas une fable mais un article tiré du journal Le Petit Comtois daté du…16 août 1918 ! Et comme le journal paraissait alors sur deux pages seulement, la nouvelle se retrouva à la « une » !

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La question des femmes employées dans les tramways bisontins faisait alors couler beaucoup d’encre et de salive ! La mobilisation des hommes pour la guerre avait contraint la compagnie des tramways à les embaucher pour assurer le service de transport : c’est ainsi que dans ce petit fait divers relaté ici, conducteur et receveur sont, vous l’aurez remarqué, des femmes.

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Voici un autre article paru dans Le Petit Comtois du vendredi 26 janvier 1917, page 2, rubrique Tribune libre, lettre signée d’un groupe de bisontins, qui illustre la mentalité de l’époque.

« Avant la guerre, Besançon était avantagé par des tramways préhistoriques qui s’harmonisaient fort bien avec le caractère essentiellement ancien de la ville. Cependant, pour les habitants, le bonheur n’était que relatif : les piétons pouvaient en effet, circuler dans les rues étroites en toute sécurité, mais ils ne se seraient jamais aventurés dans les infernales voitures électriques où ils auraient été invariablement la proie de la panne ou même du feu.

Un peu avant la guerre, sur les demandes réitérées, la Société des Tramways Electriques Bisontins voulut faire plaisir à ses voyageurs. Et, accompagnés par le sourire de contentement de tous les bisontins, de nouveaux tramways, possédant tout le confort moderne, circulèrent dans les rues. Alors, une ère de bonheur  commença; plus de panne, plus de plombs fondus et cependant point d’accidents. C’était le rêve.

Hélas ! la guerre survint, et bien avant la circulaire de notre dernier ministre de la guerre, on remplaça les wattmans par des femmes. Dès ce moment, on ne vit plus que chevaux éclopés, que camions éventrés, qu’autos cabossées, que débris de voitures jonchant les rues. Les rares véhicules qui peuvent encore rouler, portent tout au moins la marque du tampon des voitures électriques.

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Peut-être si ces femmes étaient remplacées par des blessés réformés, peut-être aussi si on faisait passer un sérieux examen à toute conductrice, les voyageurs des tramways, les piétons et les propriétaires de véhicules seraient beaucoup plus tranquilles .

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Il y a déjà assez de dommages et de malheurs causés par la guerre sans que les tramways s’en mêlent. Espérons qu’un jour viendra où la société des T.E.B. sera plus sage et où le calme reviendra dans notre paisible ville, mais pour cela il serait utile et urgent des faire des réformes nécessaires. »

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Le costume réglementaire des femmes employées des TEB

Rien que ça ! Au fait, qui se soucie aujourd’hui, dans notre tramway, de savoir si c’est une femme ou un homme qui conduit ? Mais un siècle s’est écoulé !

Sources : archives municipales; "Au temps des tramways bisontins" de Pierre Tupin; "Besançon sur les rails" de Gérard Ferrand; "Le tramway du grand Besançon" de Gérard Ferrand (éditions Sutton).

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31 mars 2018

Retour sur les deux séances de café histoire à La Fée Verte, consacré à la rue de Belfort

Lorsque  Jean  Claude Goudot   me demanda  d’intégrer  le  groupe « Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais » il y a  deux ans  , malgré mon DEA d’Histoire, je lui fis part plusieurs  fois  de ce que  j’estimais être mon illégitimité . Originaire  du nord,  Armentières précisément,  la ville de  Line Renaud et Dany Boon, je  n’habite  notre quartier des Chaprais que depuis trente ans  et j’y ai souvent le ressenti d’un immigré de fraîche date. Mais probablement, au minimum, la moitié de la population de notre quartier doit être dans mon  cas. Ce sera donc , un regard neuf presque extérieur   qui  sera porté  ici  sur le dernier café-Histoire  qui a  eu lieu  au  sympathique  café « La  Fée Verte » ainsi nommé  à la  gloire de l’absinthe spécificité   aussi bien locale.

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La Fée verte, 20 rue de Belfort (photo Alain Prêtre)

 La première  réflexion qui me  vient  est  la suivante. Lorsque   Bernard Carré   émit l’idée,  pour  l’avoir  connue  en Bretagne,   de ce type  de manifestation,   peu de membres  du groupe n’imaginaient  le  succès étonnant  que la  formule   rencontrerait. Il faut  voir aujourd’hui la  délectation des  participants  à évoquer leur « cher quartier » et   ce qu’ils y ont vécu !

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 Café histoire du 22 mars 2018 (photo Alain Prêtre)

Les cafés-Histoire  ont risqué  à un moment de virer à la simple conférence. Il n’en est plus  rien. Jean Claude Goudot, l’animateur intarissable de  ces séances,    est  sans  arrêt   relancé par  des personnes qui ont des anecdotes à raconter sur leur quartier. Une telle travailla  dans le magasin de chaussures  Laude  pendant  trente  ans (le magasin était alors situé, jusque dans les années 1990, là où est installée, aujourd’hui, une agence de la Banque Populaire). Telle  autre  se souvient avec précision du  restaurant de poisson « Charlie 1er » en lieu et place de La Fée Verte « Les repas  y étaient délicieux »  précise la dame avec  nostalgie ; tel autre  se souvient de la boulangerie  Sagar. Les commerces où l’on allait faire ses commissions  ne sont-ils pas des marqueurs importants de l’histoire intime de notre jeunesse.

Le  bonheur de  toutes  ces personnes à  évoquer un passé   disparu   et dont il ne reste souvent   que  quelques traces  sous  forme de  carte postale,   pan de   mur, ou locaux désaffectés  fait plaisir à voir et justifierait   à lui seul  le succès de ces « cafés-Histoire ».

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 Et pour un  non-autochtone comme  moi ?

La  masse de renseignements  fournis  est une  base de réflexion passionnante pour comprendre le  lieu où j’ai fini par m’insérer au cours d’un parcours professionnel erratique.

Voici   ce que  j’ai retenu du  propos  de Jean  Claude  Goudot,  véritable  « mémoire  vive »,   des Chaprais qui  a,  avec lui, désormais une    équipe  remarquable  de dénicheurs de  documents :  Christian Buron,  Guy Renaud, un éminent  spécialiste des becs de gaz, Alain Prêtre,   Bernard Carré,    Roger  Chipaux .

Le  dynamisme  actuel  du quartier des Chaprais   s’explique  en grande partie  par un passé particulièrement    riche et industrieux. Ce  quartier  est  indéniablement, après   celui de   Battant,  la deuxième  extension  qui prolongea  la  capitale  Franc comtoise . Saint-Ferjeux, Montrapon  etc.  étaient des   villages  environnants que l’agglomération absorba plus tard.  La  célèbre   écrivaine  Colette   disait  d’ailleurs qu’elle  y allait en vacances  « à la  campagne ».

Au milieu  du  dix-neuvième  siècle, quand les contraintes  militaires des campagnes  napoléoniennes, s’estompent,  s’édifie  peu  à peu,  au long  de  ce qui  était  encore   appelé    la  rue de  Baume ( les Dames), un  quartier  industrieux.  Celle-ci devient  bientôt  la  rue de Belfort (on perçoit alors  l’extension de la perception spatiale d’une  génération). Le  long  de la « rue de Belfort » s’agrègent des  ramifications    telles  l’avenue Carnot  par exemple qui mène au  deuxième pont   d’accès  à la  Boucle qui  vient d’être construit  le « pont fil de fer »actuel  « pont de la République ».  Jusqu’à cette époque,  le  pont Battant  faisait seul  office  de voie de  pénétration dans la  vénérable  Vesontio.

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Le Pont de Fil de Fer

Les  grandes heures du quartier des  Chaprais,  contraction sans doute de «  Champs-prés » se situent   fin XIXe début  du XXe, ce sont celles de la première révolution industrielle.  Le quartier doit alors  avoir   alors l’aspect, avec  quelques traces de maraîchage, de  toutes  ces banlieues industrielles  qui prennent naissance  dans l’Europe entière.   Les cheminées de multiples  entreprises et ateliers  témoignent qu’ils ont pour principale source d’énergie    d’énormes machines  à vapeur comme  celle  dont on peut  encore  voir un exemplaire au musée Peugeot.  

Les  Chaprais   furent en  fait   le  première « banlieue »  de Besançon  et les archives la nomment souvent ainsi. L’éclairage  au  gaz, grâce  au dynamisme    de  ses   habitants qui  firent une souscription pour  obtenir   ce progrès, arrive  dès 1864 ; le tram en  1897.

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Une dernière trace de l'éclairage au gaz rue de Belfort (photo Guy Renaud)

Le  premier cinéma de Besançon, l’Alcazar (ouvert en 1909), qui avait  jusque  1000 places y connait le  succès  jusqu’en 1985 sous  diverses appellations (Alca, Rex, Vauban).

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Une séance scolaire de cinéma au Vauban (photo B. Faille)

Puis, en 1911, ouvrent rue de Belfort,   des  bains douches   auxquels l’architecte   donne  le caractère  oriental  que l’on peut toujours voir. Sur les photos de  l’époque il existait un dôme  couronné  d’un  croissant   qui  probablement ferait polémique aujourd’hui. Ils fermeront en 1990.

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Les bains douches de la rue de Belfort avec son dôme et son croissant

Qui  sait,   chez les  nouveaux  chapraisiens comme moi,  que l’entreprise  textile Druhen  eut jusqu’à    deux cents  salariés, que   la laiterie des  Chaprais  UAC, dans le vallon de la Mouillère vendait jusqu’à Nancy,  qu’il y avait une usine de bière la  Gangloff ,qu’il y  avait  une   grande scierie  « Papineau ».

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Démolition de la Gangloff en février 1968 (photo B. Faille)

De multiples  horlogers  s’étaient installés aux Chaprais . Ils envoyaient leur production par la poste et  obtinrent  le  premier  bureau de poste (en 1883)  hors les  murs    de Besançon avant tous les autres quartiers  de l’agglomération  pour faciliter leurs  expédition .  L’une  de ces  entreprises nous raconte-t-on,  la  société  « Philippe »   s’arrêta en 1958   et continue  toujours    sa production   à Abidjan. Quel ivoirien,  quel bisontin connait   cet  étonnant voyage  du savoir-faire  local ?  Plus  loin  l’entreprise de  dragées Jacquemin   employa  elle aussi  jusqu’à  200 personnes. Une  grande  coopérative sise rue de la Liberté fera  bientôt l’objet d’une  communication d’un membre du groupe Histoire.

Personnellement je  ne savais pas  que  l’entreprise « Monts Jura » se trouvait sur l’emplacement actuel  de la grande surface  Casino ; elle  employa     jusqu’à       330 salariés avec  150 autocars desservant   46 lignes  régulières en  1962 avant de déménager en 1985.

Mais ce qui a  fait  des  Chaprais de  la fin XIXe la première avancée   de la  cité  de Besançon  vers la modernité   ( le quartier de Battant restant d’abord un quartier  essentiellement vigneron) c’est sans  aucun doute  la présence comme portique d’entrée, maintes fois  concrétisé pas des « arcs de triomphe  festifs», de   la gare   Viotte construite  en 1856.

gare viotte vers 1875

 

N’oublions pas   que  le train fut  le  moyen de locomotion et de transport de marchandises majeur  durant la première  révolution industrielle   et  jusqu’à l’après seconde guerre mondiale. Il en résulta  une  très importante  population de cheminots qu’un recensement de 1911 pour le seul  quartier des  Chaprais   évalue  à 257 âmes.  Les  cheminots  avaient d’ailleurs rue  Suard   leur  coopérative.  Mais il paraît qu’ils « siphonnaient »  régulièrement du  vin d’un « vinoduc »  qui conduisait à la  « société   gazeuse la comtoise » qui mettait en bouteille, avenue Carnot, les vins Union.    

C’est par  cette porte qu’arrivaient naturellement  les VIP  de l’époque d’où les nombreux hôtels et cafés.  Nous ont été  ainsi présentés  de nombreux documents  sur la  visite du président Fallières  en  1910 (40 sociétés musicales avaient été regroupées rue de Belfort !).

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Cet atout   fit aussi  du quartier  un centre  névralgique    de la « Résistance »  avec plusieurs hôtels impliqués : l’Hôtel Bellevue, l’Hôtel des Voyageurs, le Nouvel Hôtel, sans oublier le Café de Lyon. Le traître  Martin, infiltré dans des réseaux de résistants de Bourgogne et de Franche-Comté  fut exécuté    au Terrasse hôtel  où il avait ses  habitudes.

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   Cet atout majeur   fut aussi  une  source de drame ;   car lorsque   les alliés   repoussèrent  les  allemands, à la  fin de la seconde  guerre mondiale , un bombardement   de la gare  en 1943 occasionna 51 morts  et   une  centaine   d’immeubles partiellement détruits.

Il en résulte aujourd’hui  un habitat  dont le moins qu’on puisse  dire, à part quelques pépites  comme la villa  Lorraine,  l’ancienne poste,  les  bains douches,    est  fait de bric et de broc,  maisons particulières élégantes, maisons de paille,   maisons  à ossatures bois, immeubles de béton poussés comme des champignons au moment de la reconstruction.

Le  quartier  eut même   sa « mairerie »  et se  proclama  avec  humour « commune libre » un peu     comme   le Saugeais. Les activités de  cette institution  fantaisiste     restèrent toujours  ludiques  ou  carnavalesques : courses  cyclistes, parodies   de visite  officielle ; mais   témoignent  de  la  volonté     de connaître aux  Chaprais des  grands moments   de  détente  et  de prise de distance   burlesque avec le  quotidien d’un quartier laborieux .

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Fête de la commune libre des Chaprais, années 1930

Avec un passé   aussi  vivant,  il n’est pas  étonnant que  la rue de Belfort   reste  l’un  des quartiers   les plus  dynamiques   de  Besançon.   Les activités qui ont fait sa gloire    sont maintenant  campées dans  des « zones ». Zone industrielle plus  accessible  aux  fournisseurs et clients,    ou  Zone  commerciale   regroupant dans une  laideur   dont s’étonneront nos arrières  petits-enfants     tout ce que  veut consommer l’homme insatiable de notre   siècle

La  rue de Belfort n’en est pas moins l’une des rares de Besançon  où l’on peut trouver  cinq boulangers  pâtissiers,   deux  bouchers,  un poissonnier,  quatre  cafés restaurants,  plusieurs spécialistes,   un cabinet médical,   un laboratoire d’analyse, deux  pharmacies,  une épicerie  fine, une bio, etc. 

Les  récents succès   de l’exposition  des artistes locaux,  le  succès   des  cafés-Histoire,  les fêtes et « vide-greniers » ;  la  richesse  d’un  blog consulté abondamment   par  tous les habitants  témoignent d’une  vitalité encore  surprenante qui  est loin d’être  partagée par  les autres quartiers de  l’agglomération.   

Le groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais   nous emmènera certainement, un de  ces  jours, sur les traces  d’une  puissance  aujourd’hui bien effacée, qui eut aussi  une influence  capitale sur la vie du quartier,  celle de l’église  catholique  avec  son église  Saint Martin des Chaprais,   avec  ses   sociétés sportives,  « l’Aiglon »,  son  cinéma, ses  colos,   ses  centres de loisirs,  ses pèlerinages  etc.

Aiglon Acrobaties

 Bulletin de la paroisse Saint Martin des Chaprais 1927

Mais  c’est  sans  doute un autre projet de café-Histoire...                                                               Guy Georges Lesart

Sources: archives municipales, site mémoire vive de la ville de Besançon.                                                                                   

24 mars 2018

Questions à M. Jean-Pierre Gavignet à propos de son roman "Les Aventures de Ferry Roy"

Dans un article paru sur ce blog, le 16 décembre 2017, nous avions évoqué la publication par M. Jean-Pierre Gavignet, historien connu, habitant les Chaprais, de son roman "Les aventures de Ferry Roy" publié aux éditions Vandelle.

Après lecture, nous avons posé quelques questions écrites à son auteur. Voici donc ses réponses très précises. Qu'il en soit ici remercié. 

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 1.- Ce qui frappe, dès les premières pages, à la lecture de votre « roman », c’est l’immense culture historique qu’il a nécessitée pour son écriture ! Aussi, notre première question sera : Combien vous a-t-il fallu de temps pour mener à bien cette aventure ? Et question connexe, Quelles ont été vos sources bibliographiques ?

Il est difficile d'évaluer le temps qu'il a fallu pour achever ce livre, parce que sa rédaction a été interrompue à plusieurs reprises par d'autres travaux. Mais c'est une entreprise qui se compte en années.

Dans cette estimation, il faut faire la part de la recherche et celle de la rédaction proprement dite. Les recherches dans les archives (surtout pour la partie comtoise de l'histoire) et la lecture, ou la relecture, de nombreux ouvrages de chroniqueurs, de voyageurs, d'humanistes, de médecins du XVIe siècle ont été pour beaucoup dans la longueur de ce travail.

                                             HCA

                                                  Henri Corneille Aggripa de Nettesheim (wikimedia commons)

 

2.- Sur la forme : vous avez, semble-t-il, recherché le style utilisé au XVI°, ce qui se traduit, entre autres, par de longues accumulations de termes précis plus ou moins synonymiques (ex. p 165 à propos du terme « balivernes ») : Avez-vous un ou des  modèles  précis de récits auxquels vous vous êtes référé ?

Afin de faire parler Ferry Roy, homme du XVIe siècle, de façon immédiatement intelligible pour le lecteur d'aujourd'hui, j'ai imaginé l'histoire d'un manuscrit détruit dont ne subsiste qu'une transcription modernisée du XIXe siècle. Cette transcription conserve cependant des mots et des tours du manuscrit d'origine, que des notes de bas de page permettent de comprendre aisément.
La répétition de mots synonymes manifeste parfois le désir d'expliquer des mots régionaux par d'autres, d'usage plus courant. On peut y voir aussi l'expression du goût du temps pour le style abondant. Quand ces mots forment des listes, parfois longues, il s'agit vraisemblablement d'un jeu d'humaniste, ou, peut-être encore, des exercices de mémoire d'un prisonnier privé de livres qui s'attache à faire le tour de ses connaissances. 

 

3.- Vous utilisez beaucoup de mots anciens comtois ; voire vous forgez d’autres à partir du latin : là aussi, où avez-vous puisé vos sources ?

Le héros de cette histoire forge des mots à partir du latin ou de l'italien. On peut y voir, là encore, un plaisir d'humaniste, et même une coquetterie d'érudit. Mais le français d'alors n'étant pas la langue fixée d'aujourd'hui, ce genre de liberté n'avait rien de surprenant. Il n'est que de se rappeler les efforts, en la matière, des poètes de la Pléiade. Quant aux mots comtois, ils viennent tout naturellement sous la plume de Ferry, surtout ceux qu'il emprunte au patois de Nozeroy, sa petite patrie.

                                                 nozeroy château

                                                                      Photo wikimedia commons

4.- La composition de votre roman est magistrale : un prologue qui plante le décor et annonce ce récit des aventures tragiques  de Ferry Roy ; un épilogue qui peut nous laisser éventuellement entrevoir une fin plus heureuse dans son tragique ; des chapitres qui alternent le récit des aventures passées de votre héros et sa fin de vie chez les indiens, bref, vous composez en tenant le lecteur en éveil : A quand un roman policier historique ?


C'est un genre différent. Vous me faites bien de l'honneur en pensant que je peux y réussir. En tout cas, ce n'est pas à l'ordre du jour.

 

5.- Sur le fond maintenant : d’où vous vient cette connaissance de ces indiens du Brésil et leurs mœurs, de leurs dieux (P.175) ? (si vous n’y avez pas répondu dans vos sources bibliographiques)

La vie des Indiens de la côte du Brésil est bien connue par les récits des voyageurs et des navigateurs de l'époque. Il y a, notamment, le témoignage des Français Jean de Léry et André Thevet, ainsi que celui d'un Allemand, Hans Staden, qui, comme Ferry Roy, fut prisonnier des Indiens et menacé d'être mangé.

                                           hans staden

                                       Festin de cannibales auquel assiste Hans Staden ( sur la gravure, l'homme barbu...) Photo HistoriaZine

6.- Vous évoquez (p.91) Erasme et son court séjour à Besançon : Episode historique réel et la relative mauvaise opinion d’Erasme sur notre ville est-elle attestée ? Besançon ne possédait pas alors d’imprimerie ?

Ce qui concerne l'opinion d'Erasme sur Besançon et sa visite, dans cette ville, à son ami Ferry Carondelet est conforme jusque dans le détail à la réalité historique.

                                                   Erasme 2 (2)

                                                                            Portrait d'Erasme (wikipedia)

7.- Vous évoquez le passage de Ferry Roy, lors de sa fuite dans un village que vous situez entre Ornans et Montbenoit et sa rencontre avec un curé qui ne connaît point le latin (p. 83). Etait-ce si fréquent à l’époque ?

La formation des prêtres de paroisse, au XVIe siècle, pouvait être de qualité inégale. La rencontre de Ferry avec un curé de campagne qui connaît très mal son latin est tout à fait possible. C'est pour remédier à ces lacunes que le concile de Trente, au milieu du XVIe siècle, institua les séminaires, destinés à mieux préparer les clercs aux saints ordres.

 

8.- A propos de la situation des femmes dans la société de l’époque (p.53), vous introduisez un vrai débat : Est-il vraisemblable sur le plan historique ? Quant au choix d’une nourrice (p. 164) vous glissez une opinion sur les blondes et les brunes. A cette époque, déjà, on professait ce qui apparaît aujourd’hui comme inepte ?

Ferry Roy tient là des propos qu'il a pu emprunter à Corneille Agrippa, humaniste allemand qui publiait à la même époque, vers 1526, un ouvrage original, anticonformiste et parfois paradoxal sur l'excellence des femmes. Mais est-ce chez Ferry la manifestation d'une conviction sincère, ou le plaisir d'une belle dispute universitaire (c'est-à-dire d'un débat contradictoire) avec ses condisciples de l'université de Dole?

Quant à son opinion sur les mérites comparés des nourrices blondes et des nourrices brunes, on la trouve dans les traités médicaux du temps. 

9- La question des sorcières et de l’exorcisme est évoquée. Cette question était-elle aussi centrale à cette époque ?

Les actes du procès de la sorcière jugée à Luxeuil en 1529 sont connus des historiens. Si ce procès occupe une certaine place dans le livre (en fait, la plus grande partie d'un chapitre), c'est qu'il était tentant, pour un romancier qui souhaite tenir le lecteur en haleine, de faire vivre à son héros une aventure dont les détails dramatiques et pittoresques sont aussi abondamment fournis par les textes. 

 

 10-Ferry Roy vit des aventures très diverses en Europe, en Afrique du Nord et en Amérique du Sud. Y a-t-il un fil conducteur qui permette de comprendre le disparate apparent de cette vie?


 C'est la question du mystère de la destinée de chacun sur cette terre, à laquelle se mêle constamment le mystère du mal (la guerre, la maladie, la souffrance des bêtes, les calamités naturelles). Est-ce le  hasard qui nous mène? Ferry est convaincu que la Providence a un plan pour lui, mais il ne le comprend pas, même à la veille de sa mort annoncée. Pourquoi faut-il qu'il soit témoin, sans profit pour lui ni pour les autres, du terrible sac de Rome? Pourquoi est-il si mal récompensé de son pèlerinage à Lorette par son esclavage chez les pirates barbaresques d'Alger? Pourquoi, de proche en proche, se retrouve-t-il à Lisbonne, sur le point d'embarquer pour l'Amérique? Et pourquoi sa captivité chez les Indiens cannibales du Brésil, qui se proposent de le manger? Pourquoi la vie apparemment sans but de cet homme, partout promené de rivage en rivage, partout captif des uns et des autres, sans famille, sans héritiers? Vers quelle fin cachée tend-elle? Est-elle assez explicable et justifiée, cette vie aventureuse, agitée, décousue, parfois critiquable, par la somme des quelques bonnes actions que Ferry n'eût peut-être pas faites chez lui: soigner, ici, des blessés de guerre; assister, là, un condamné à mort? C'est la question qu'il se pose à Rome:" Suis-je venu jusqu'ici pour panser un bubon?" Après tout, pourquoi pas? Et si le salut de chacun, et de notre humanité tout entière, passait aussi par ce qui peut paraître le plus dérisoire, le plus contestable, le plus incompréhensible aux yeux des gens sensés, et aux yeux de Ferry le premier.

La dernière séance du Café Histoire consacré à la rue de Belfort , jeudi 29 mars, comme la précédente le 22 mars au café/restaurant La Fée Verte a rencontré un fort taux d'affluence. De nombreux habitants du secteur ont pu témoigner quant à la vie dans le quartier il y a quelques dizaines d'années. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

Merci à tous les participants.

 

 


17 mars 2018

Prochain Café Histoire le 22 et 29 mars consacré à la rue de Belfort

Après avoir évoqué successivement l'avenue Fontaine-Argent, la place Flore, le haut de la rue de Belfort puis Besançon les Bains, le thème retenu pour le prochain Café Histoire concerne le bas de la rue de Belfort, de la rue de l'Eglise à l'avenue Foch.

rue de belfort rc 1

Et c'est pour être au plus près de ces lieux évoqués que les deux séances prévues, le 22 mars, puis le 29, à 15h00, sont organisées au café-restaurant La Fée verte, 20 rue de Belfort.

Rappelons le principe de ces cafés histoire : espace de rencontre et d'échanges, ils rassemblent les habitants des lieux afin d'évoquer le passé et le présent de ce quartier. Chaque participant peut, à partir de documents visuels projetés (vieilles cartes postales, vieilles photos), témoigner et communiquer ses souvenirs.

Et le bas de la rue de Belfort, très actif, très commerçant, récèle parfois des éléments du passé.

Ainsi savez-vous qu'il existe encore des becs de gaz qui servaient autrefois à l'éclairage public?

Lampadaire (3)

Saviez-vous que les bains douches aujourd'hui transformés étaient surmontés d'une coupole et d'un croissant?...

 

rue de belfort bains douches 5 Est R

Qu'est-ce que c'était la Mairerie?

carnot mairerie

 

Les noms de Café de Lyon, Café Français, Hôtel Bellevue, Terrass' hôtel évoquent-ils encore quelque choqse pour les chapraisiens?

rue de belfort rc 9

Qu'y avait-il auparavant à la place du supermarché Casino?

Lampadaire 20 (3)

Pourquoi les numéros 50 à 60 rue de Belfort ont disparu?

Qui était M. Béligat?

Pourquoi cette partie de la rue de Belfort était-elle si propice aux commerces?

C'est à toutes ces questions et à bien d'autres que nous nous efforcerons de répondre lors de ces deux séances.

Comme la salle de La Fée Verte dispose d'une capacité d'accueil limitée, il convient de s'incrire au préalable auprès de madame Michèle Roche : tel 06 70 29 61 50 mail : mic.roche@wanadoo.fr.

La séance du 22 mars est dèjà complète mais vous pouvez vous inscrire pour la séance suivante, le 29 mars.

Rappelons que c'est gratuit : seules vos consommations personnelles sont à votre charge.

Sources : archives municipales, site MémoireVive ville de besançon, Guy Renaud.

Le compteur de fréquentation de ce blog affichait 146 000 visiteurs et 221 000 pages lues!

Plein succès du café histoire de ce 22 mars 2018! 50 participants, ce qui est la jauge maximale de la salle de La Fée Verte : soulignons que toutes les personnes inscrites sont venues.

Beaucoup de souvenirs échangés.

Il reste quelques places pour la séance du 29 mars 2018. N'oubliez pas de réserver auprès de madame Roche : 06 70 29 61 50

 

10 mars 2018

A propos du peintre Roland Gaudillière...

A l'occasion de la première rencontre des artistes des Chaprais, les 17 et 18 mars au FJT La Cassotte, parmi les nombreux artistes exposés, vous pourrez voir des reproductions de quelques oeuvres de Roland Gaudillière.

RG 1

Photo Bernard Faille 1962 Site Mémoirevive ville de Besançon

Nous avons, à plusieurs reprises, évoqué ce peintre, en particulier dans un article publié sur ce blog le 19/12/2015.

Depuis, son épouse, madame Annie Gaudillière, qui habite le quartier des Chaprais, a réalisé, avec l'aide du Conseil Consultatif des Habitants et de l'Institut Supérieur des Beaux Arts, un site entièrement dédié à l'oeuvre du peintre.

http://www.roland-gaudilliere.com/

Nous avons donc rencontré Madame Gaudillière afin de faire le point sur ce site qui apparaît comme un véritable catalogue raisonné des réalisations de son époux.

A l'heure actuelle, quelques 730 oeuvres ont été reproduites et  mises en ligne sur  une production estimée à 2000 oeuvres environ.

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Certaines ont été découvertes suite à un appel publié dans la presse. Ce qui a permis à Madame Gaudillière de découvrir des tableaux qu'elle connaissait peu, ceux qu'elle qualifie de période bleue et qui ont été peints à Venise ou à Ibiza.

Un bisontin possèderait quelques 17 tableaux de Roland Gaudillière dans sa collection de peintres francs comtois!

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Le Musée du Temps possède un grand tableau, commandé alors par LIP, afin de célébrer, en 1967, le centenaire de la marque. Il représente une allégorie avec une reproduction, en médaillon,  les fondateurs de la célèbre marque.

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Sur le site consacré au peintre, de nombreux documents et reproductions évoquent ce travail artistique.

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Cet automne 2018, la mémoire de ce peintre sera célébrée à Montfaucon, à l'occasion du 20° anniversaire de son décès. Il possèdait en effet, sur le territoire de cette commune, une maison dans laquelle il avait installé son atelier.

Il serait d'ailleurs intéressant que cette exposition puisse être vue aux Chaprais. A suivre donc.

Et n'oubliez pas le rendez-vous artistique des 17 et 18 mars 2018.

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24 février 2018

Les étrangers, autrefois, chez nous (1850-1950)

M. Alain Gagnieux, attaché, en 2008, au service éducatif des Atchives départementales du Doubs, a publié une recherche intitulées:Etrangers chez nous : l'immigration dans le Doubs et à Colomber-Tontaine (1850-1950).

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Dans cet ouvrage est publiée en annexe, une liste des entreprises employant des étrangers dans les arrondissements de Besançon et de Montbéliard. Et si cette liste est déclarée comme étant non exhaustive, nous avons indentifié quelques entreprises installées aux Chaprais.

Il s'agit de  :

- l'horlogerie Paul Levy, 19 avenue Carnot qui compte alors 15 salariés; 

- la fabrique d'horlogerie Lipmann frères, rue des Chalets , 150 salariés;

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- Utinam Meyer et Cie, rue des Villas, 48 salariés;

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- SA se Construction automobile Thédore Schneider et Cie, avenue Fontaine Argent, 300 salariés;

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le Grand Hôtel des Bains, avenue Carnot, 18 salariés. 

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Soit, pour ces cinq entreprises des Chaprais un total de 531 salariés.

Et sur ces 531 salariés, 85 d'origine étangère, soit 16%:

- l'horlogerie Paul Levy compte 5 étrangers sur 15 salariés; tous de nationalité suisse;

- la frabrique d'horlogerie Lipmann Frères, 55 étrangers sur 150 salariés; tous suisses;

- Utinam Meyer et Cie, 5 étrangers sur 48 salariés; tous suisses.

- Automobiles Schneider, 12 étrangers sur 300 : 3 suisses, 3 italiens, 5 allemands, 1 classé divers;

- Grand Hôtel des Bains, 8 étrangers sur 18 : 3 suisses, 3 allemands, 1 italien et 1 classé divers.

Donc sur 85 étrangers, 71 sont d'origine suisse!

Sur les 21 entreprises bisontines étudiées, regroupant 2001 salariés, un comptait 126 étrangers seulement (6,2%) dont 94 suisses, 14 italiens, 14 allemands, 2 autrichiens et nos 2 personnes dont l'origine n'a pu être définie clairement.

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Faut-il préciser que les suisses n'ont pas alors bonne réputation parmi les bisontins? Question de religion puisque la grande majorité est d'origine protestante? Ils sont réputés pour fréquenter par trop les cafés!

Aujourd'hui, quelle réputation ont les travailleurs français frontaliers qu'une votation suisse aimerait limiter?

Sources : Archives Départementales du Doubs.

 

 

17 février 2018

La marche de l'Aiglon

En 1909, le docteur Bietrix crée l'association l'Aiglon.

bietrix

 

Cette dynamique association dans le domaine de la gymnastique et des loisirs des jeunes et des familles va très vite prendre une place importante, non seulement au sein de la paroisse Saint Martin des Chaprais dont elle est issue, mais aussi dans tout le quartier des Chaprais.

Et dès 1925, une "Marche de l'Aiglon" est composée et chantée par les jeunes qui fréquentent l'Aiglon. Son texte est publié dans le bulletin paroissial de Saint Martin des Chaprais en février 1925.

marche de l'Aiglon 1

En voici la première version : car ce chant s'est par la suite modfié, adapté, une nouvelle version ayant vu le jour en 1964!

Version 1925

Refrain

Jeunesse aux joyeux songes d'or,

Semant les espoirs sur la route,

Qu'en passant le vieillard écoute

Combler son coeur de réconfort,

Semblable à l'oiseau de l'audace,

Qui fonce en la splendeur des cieux

Jeunesse aux fronts levés vers Dieu

C'est l'Aiglon qui passe!...

Couplets

I

Ceux qu'entraînait la fougue ardente

D'un coeur d'agir impatient,

Ceux des Chaprais et de Palente,

Des Cras et de Fontaine-Argent,

Tous les gars au coeur diligent,

Qu'unit une amitié puissante,

Tous les petits et tous les grands,

C'est l'Aiglon qui chante!

II

Quand fermant leurs paupières lasses,

Le soir, dans leurs petits lits blancs,

Tandis que de leurs lèvres basses

Leur parlent encor les mamans

Que voient les gamins en dormant

Dans l'ombre qui remplit l'espace?

 

C'est un défilé triomphant,

C'est l'Aiglon qui passe!

III

Et dans la maison vigilante,

La mère achevant le labeur

Sent comme une paix consolante

Pénétrer en secret son coeur;

Là-bas, le gars rit de bohneur

Parmi la jeunesse exultante,

Loin du plaisir empoisonneur

C'est l'Aiglon qui chante!

IV

O vous que la tristesse enlace

Qui tremblez devant l'avenir,

Qui n'osez regarder en face

Le devoir qu'il faudra servir,

Vous entreriez sans défaillir

Dans la lutte qui nous menace

Si vous veniez tous vous unir

A l'Aiglon qui passe!

Dans le bulletin paroissial de 1933

 

 

union paroissiale 1933 1 001

union paroissiale 1933 2 001 (2)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1968 : la kermesse de l'Aiglon

aiglon kermesse mai 1968

 

Les 75 ans de l'Aiglon (photos Bernard Faille site mémoirevive Besançon)

Aiglon 75 ans plus

10 février 2018

Qui connaît la cascade de la gare Viotte ou...de la Mouillère?

M. Christian Mourey, commerçant sous l'enseigne " Battant Musique", fin connaisseur de l'histoire locale, nous a communiqué ce texte levant une petite énigme, celle de la cascade de la gare Viotte,

 

cascade gare viotte 2

 

 

encore appelée, (à se débuts?), cascade de la Mouillère, car à la fin du XIX° siècle, le chemin de la Mouillère passait là où se situe, à l'heure actuelle la rue Isenbart...

cascade isenbart

Résumons-nous : la cascade a été dénommée, Mouillère, puis de la gare Viotte (?) et si l'on distingue encore nettement son ancien emplacement rue Isenbart, elle a aujourd'hui disparu....

cascade et rue

 

La rue Isenbart aujourd'hui : à droite en descendant, il y avait une cascade

cascade mouillère 2

 "Au sortir de la guerre de 1870, les eaux d'Arcier ne suffisent plus à l'alimentation de la ville. On déplore un gaspillage important du fait de l'absence de compteurs et il faut faire face à l'urbanisation naissante des Chaprais, de Saint-Claude et de Saint-Ferjeux. Le ruisseau de Fontaine-Argent reprend du service pour la partie haute des Chaprais en 1875. Cette conduite par gravitation est dotée d'un réservoir dit réservoir de la Mouillère pour en réguler le débit.

Elle se terminait  au passage à niveau au bas de la rue de Vesoul (actuel passage sous voie).

Le projet de 1882 de raccordement des eaux d'Aglans et de Saône, traversant la Boucle et rejoignant Griffon, envisage un déversement dans la conduite de Fontaine-Argent, à son terminus, pour en conforter le débit.

Le surplus de ce réservoir va animer une cascade, la cascade de la Viotte.

cascade mouillère verticale

 

 

Le surplus de ce raccordement pouvant éventuellement permettre la réalisation d'un ruisseau agrémentant la promenade des Glacis pour se déverser également à la cascade de la Mouillère. Fut-il réalisé ?
 Mais en 1888, 60 cas de typhoïde se déclarent aux Chaprais. La cause: une pollution par les riverains de la source (fosses d'aisance, dépôts de fumier).On renonce à cet approvisionnement auquel on substitue les eaux d'Aglans.

En 1891, on note encore 3 abonnés au réseau de Fontaine-Argent plus la Fontaine Flore et les bouches à incendie du quartier et probablement la cascade.   

cascade mouillère horizontale

 

Un habitant de la rue Isenbart m'a confié que, gamin, il jetait des cailloux dans la conduite d'alimentation de la vasque supérieure de la cascade et obtenait en réponse un bruit de pierre tombant dans un puits". M. Christian MOUREY

 Sources : cartes postales, archives municipales.

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