HUMEURS DES CHAPRAIS

03 décembre 2016

Le buste de Just Becquet à Micaud (suite)

Le 14 janvier 2016, nous publions sur ce blog, un billet concernant la dégradation du buste de Just Becquet, au parc Micaud, réalisé par le sculpteur Henri Léon Greber 1864-1941).

Becquet buste gros plan la cassure

Nous indiquions alors que le conseiller du Maire, sur les questions du patrimoine, Lionel Estavoyer, avait donné des instructions afin que ce monument soit réparé. Et bien c'est chose faite depuis plusieurs semaines déjà et le résultat est remarquable! Jugez en plutôt avec les photos ci-dessous.

Becquet micaud nov 2016

 

Becquet micaud nov 2016 2

Rappelons, à ce sujet, que ce monument à Just Becquet, après ses obsèques solennelles à la basilique de Saint-Ferjeux le 28 février 1907 (il est mort à Paris le 25 février) , a fait l'objet d'une souscription nationale. C'est dire la place qu'occupait Becquet dans l'art statuaire officiel de l'époque.

Comme nous l'avions déjà indiqué, le 14 janvier 2016,  dans le précédent article cité, un  comité provisoire a été organisé, afin de lancer une  souscription. Il  est présidé par Boudot, artiste peintre; son secrétaire est  Abram fils, graveur en médaille qui réside alors 1 rue Courbet. Il s'adresse ainsi aux futurs membres de ce comité, dans une lettre manuscrite en date du 28 avril 1907 :

"Besançon vient de perdre un de ses plus glorieux enfants, le grand Sculpteur Just Becquet.

Un comité est en voie d'organisation pour lui élever dans sa ville natale, un monument  digne d'elle et de lui. Ce comité formé de personnalités les plus qualifiées de notre ville et de notre province est assuré du concours et du haut patronage de la municipalité ainsi que de nos représentants au Sénat, à la Chambre des Députés et au Conseil Général"...

Becquet constitution comité provisoire

  Comme le sous-secrétaire d'Etat aux Beaux Arts est sollicité afin de participer à ce comité, le Préfet de l'époque écrit au Maire de Besançon afin de solliciter son avis. Notre administration d'alors était déjà très prudente.

Becquet greber souscription lettre préfecture 10 mai 1907

Finalement, le comité sera présidé par le maire de Besançon, Alexandre Grosjean, et un comité d'honneur sera créé avec le Ministre des affaires étrangères, monsieur Pichon, qui verse son obole, et le Sous-secrétaire d'Etat aux Beaux Arts.

Becquet versement de Pichon MAE

Heureusement, il n'y a pas eu besoin de lancer une nouvelle souscription publique afin de restaurer ce buste que vous pouvez donc admirer au parc Micaud, sur une pelouse à droite, près du Doubs, à quelques dizaines de mètres de l'entrée.

Merci à M. Lionel Estavoyer et aux services concernés pour ce travail.

Becquet atelier sculpteur roche

Becquet prenant la pose dans l'atelier du sculpteur Roche

 

Becquet Greber

 

 

 

Becquet buste inondé 20 21 janvier 1910

 

Où est Just Becquet? Inondations janvier 1910

Sources : archives municipales; site Mémoire Vive de la ville de Besançon

Demain, jeudi 8 décembre 2016, café histoire sur La Place Flore. Le nombre de places étant limité à 50 personnes et sur inscription, il est déjà complet. Aussi une 2° séance sur le même thème se déroulera le jeudi 15 décembre, à 15h00, au Bar Flore : pour réserver, téléphoner au 03 81 88 18 34, en dehors des heures des repas.

 


26 novembre 2016

L'Union Agricole Comtoise aux Chaprais

Nous avons reçu, la semaine dernière, le message suivant:

"Un de mes correspondants étrangers me pose une question inhabituelle à laquelle vous pourrez peut-être répondre. Il cherche à se documenter sur un ami hollandais (décédé depuis plusieurs années) qui était venu en France en 1938 suivre les cours de l’ENIL de Mamirolle, après être passé par Besançon. Mon correspondant qui, bien entendu, ne connaît pas Besançon, se demande s’il y a eu une école laitière aux Chaprais, car son ami avait créé une fabrique de fromage en revenant en Hollande, qu’il avait appelée "Chaprais ". Pour ma part, je pense qu’il demeurait aux Chaprais et que c’est en souvenir d’un séjour agréable de quelques mois dans ce quartier de Besançon, qu’il avait choisi ce nom. Mais à tout hasard, je vous pose quand même cette question."

Il est vrai qu'il y a eu, aux Chaprais, dans le vallon de la Mouillère, rue Isenbart, une entreprise de laiterie intitulée UAC, c'est à dire Union Agricole Comtoise.

 

uac isenbart nov

Au premier plan, la laiterie UAC en 1958; derrière les ateliers de sculpture de l'Ecole des Beaux Arts et la brasserie Gangloff

 

Créée en 1928, elle regroupera quelques 450 sociétaires.Elle y vendait essentiellement du lait de la région aux bisontins, soit la moitié de sa production qui était montée à 10 millions de litres! Elle s'était lancée dans la fabrication des yaourts nous précise Christian Mourey membre du groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais.Il semble qu'une partie des excédents était transformée en poudre dans une usine à Saint Martin Belleroche, près de Mâcon est-il précisé dans Histoire de Besançon, publiée en 1965 sous la direction de Claude Fohlen.

Cette présence aux Chaprais s'est terminée au début des années 60. Le bâtiment du vallon de la Mouillère est alors démoli, en 1966, alors que l'entreprise s'est installée dans des locaux neufs à Velotte.

 

uac isenbart destruction moulin du fond mai 66 (4)

Au premier plan, la laiterie UAC a été démolie (1966)

 

Il est précisé dans l'ouvrage cité :

" L'usine de Velotte, qui emploie 80 salariés, produit outre du lait pasteurisé (c'est le début de l'utilisation des berlingots), des yaourts et des fromages frais. L'usine écoule également crème, beurre, metton destiné aux fabricants de cancoillotte; enfin le gruyère, fabriqué seulement pendant la belle saison, représentait en 1961 environ de 20% du lait collecté. Du fait de la qualité insuffisante de ce dernier, l'UAC a d'ailleurs dû renoncer à la fabrication du comté pour entreprendre celle de l'emmenthal avec du lait pasteurisé".

 

uac travaux août 69

UAC travaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, UAC en construction à Velotte en 1958 et

l'usine Labourier

                                                           Août 1966, la laiterie UAC à gauche grandit

 

 

UAC et labourier

UAC et Labourier au bord du Doubs à Velotte en 1959

 

Mais dès 1962 semble-t-il, la fabrication de l'emmental avec les surplus de lait est arrêtée au profit de la crème et du metton ce dernier acheté par La Belle Etoile).

 

UAC usine

 

La mise en bouteilles de verre du lait pasteurisé avant l'apparition des berlingots

En 1972, l'UAC a mis en vente du lait écrémé à plus de 50%. Un an plus tard, plus du tiers du lait vendu à Besançon était écrémé.

 

UAC bifons Velotte mai 1973

La livraison du lait, en mai 1973, en bidons ou camion citerne

 

Cette entreprise a dû disparaître à la fin des années 80. A la place se dresse l'usine de biscuits Bulher bien connue des bisontins (voir le billet consacré par ailleurs à cette entreprise, installée en premier lieu, elle aussi, aux Chaprais) .

Photos Bernard Faille, site Mémoire Vive de la ville de Besançon

19 novembre 2016

Qui se souvient des Monts Jura, rue de Belfort?...

Les vieux chapraisiens s'en souviennent : les entrepôts des autocars Les Monts Jura étaient installés rue de Belfort à la place du supermarché Casino. 

monts jura logo (2)

Eugène RIETH, un vieux chapraisien en conserve beaucoup de souvenirs puisque, non seulement il habitait à proximité, mais aussi parce qu'il était chauffeur de car aux Monts Jura.

eugene photo

Il a accepté de nous faire part de ses souvenirs, ce dont nous le remercions.Il est une véritable mémoire vivante de cette entreprise. Il a également pris des clichés polaroid dont les couleurs ont un peu passé, mais qui restent des témoignages de la démolition de cette entreprise de transport.

Henri Régnier le fondateur de cette société est né le 18 septembre 1882. Il aurait exploité, dans un premier temps, une société de transport, avec des chevaux du côté de Pierrefontaine Les Varans. Il s'installera ensuite à Besançon où il fonde en 1919 la société des Monts Jura. Au début c'est une société de camionnage.

monts jura messagerie 2

 

Puis elle se lancera dans le transport des voyageurs et cette société disposera bien vite de 150 cars et emploiera quelques 360 salariés. Dans son histoire de Besançon, Claude Fohlen précise que 46 lignes régulières sont exploitées en Franche Comté en 1962. Et ce sont plus de 3 300 000 voyageurs qui sont alors transportés (à titre de comparaison, cet historien précise que la même année, seulement 450 000 billets de chemin de fer ont été délivrés). A noter également que les Monts Jura sont également un service de messagerie (8 000 tonnes transportées en 1962). Henri, le père, le fondateur, meurt le 1er juillet 1969. Il possédait une grosse maison au coin des quais de chargement.

monts jura car 2 1978 B

monts jura chauffeurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

monts jura autocars

Trois photos de B. Faille dont la gare des autocars rue Proudhon

(site memoirevive ville de Besançon)

Il avait été élu premier adjoint au Maire de Besançon en 1947 sur la liste d'Henri Bugnet. A la mort de ce dernier, en 1950, il deviendra maire jusqu'en 1953. Mais ceci est une autre histoire sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir...

Il a présidé la Chambre de Commerce et d'Industrie de 1956 à 1965.

Son fils Jean (1910-2009)habitait au fond de la parcelle, côté rue des Deux Princesses. Tandis que son frère Robert (1818-2001) disposait lui d'un appartement dans un bâtiment près des quais de chargement. Tout le monde travaillait dans l'entreprise. Philippe, le fils de Jean a aussi travaillé dans la société. Il semblerait que dans les années 70, la société des Monts Jura ait voulu concurrencer le transporteur Gondrans. Transports de malades, de voyageurs, de marchandises, déménagements, transports de fonds : les activités des Monts Jura ont été multiples. 

tombe regnier

Tombe de la famille Regnier, au cimetière des Chaprais, où sont enterrés Henri, Robert, Jean et leurs épouses. 

Eugène se souvient particulièrement de transports de voyageurs qu'il effectuait d'Interlaken, en Suisse, à Dieppe. Les touristes prenaient alors le bateau pour l'Angleterre. Il effectuait le retour dans l'autre sens dans la même semaine. Ce qui l'amenait à passer le week-end à Dieppe où il avait ses habitudes....

Les bâtiments de l'entrepôt de la rue de Belfort ont été démolis en octobre 1985.

monts jura demolition 1

monts jura demolition 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

monts jura demolition 3

Photos polaroid Eugène Rieth et Marie-France Grosjean (DR)

Dès 1986, le supermarché Casino était installé. La page des Monts Jura n'était cependant pas fermée, puisque la société a disparu définitivement en  2013! 

 

11 novembre 2016

Les 3 statuaires du monument aux morts de la Grande Guerre...

Sur le monument aux morts de la Grande Guerre, de Besançon,  tout semble avoir été déjà dit et écrit...Nous avons déjà publié plusieurs articles sur ce blog, en particulier lors de son déplacement de la gare Viotte aux Glacis (le premier billet est daté du 1/10/2012! Pour les retrouver, saisir "monument aux morts" dans le moteur de recherche.)

 

monument aux morts 1

 

 

monument aux morts vu de dos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

monument aux morts 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs les bibliothécaires de la ville dont nous avons parlé dans notre article précédent, ont mis en ligne sur le site Mémoire Vive de la ville de Besançon, un historique exhaustif avec des illustrations souvent inédites. Vous pouvez vous y reporter en cliquant sur le lien joint ici: http://memoirevive.besancon.fr/?id=418

Alors pourquoi revenir, en ces temps de commémoration de l'armistice du 11 novembre, sur ce monument?

Eh bien parce qu'il ne vous aura pas échappé qu'il est la production collective d'un architecte et de trois statuaires! Comme les 3 mousquetaires, ils sont donc 4!

Décidé dès 1920 afin de rendre hommage aux 1 531 bisontins morts lors de cette Grande Guerre, il avait été fait appel à un architecte et à des artistes bisontins. Et c'est bien le cas pour 3 d'entre eux!

monument aux morts 14-18 en mémoire 1531 bisontins tués 3

 

L'architecte du monument, Maurice Boutterin,  (voir à ce sujet l'article publié sur ce blog le 4 mai 2013, intitulé Connaissez-vous Marcel et Maurice Boutterin?) est né, rappelons le,  à Besançon en 1882. Et, s'il est mort à Tours, il est enterré, avec son père, au cimetière des Chaprais.

Aujourd'hui, aux Glacis, de l'ancien monument déconstruit, ont donc été conservés et reposés 3 éléments de nos 3 statuaires.

monument aux morts glacis

L'élément le plus important est la représentation de la ville de Besançon par une femme rappelant les statues consacrées à la République. Elle s'appuie sur un adolescent et symbolise l'avenir.

gasq

 

Elle est l'oeuvre de Paul Gasq ( 1860-1944)le seul parmi les trois, qui ne soit pas bisontin! Il est en effet né à Dijon! (préfiguration de la gtande région Bourgogne-Franche-Comté...). Mais il serait né à Dijon par hasard! En fait la famille habitait Lyon. Le père étant cheminot, il était à Dijon, avec son épouse, en déplacement..Et Paul naît, nous précise le journal Le Bien Public, dans un immeuble de la cour de la gare. Nous n'irons pas jusqu'à dire que c'était là aussi un signe du destin pour ce futur sculpteur qui réalisera cette importante statue à Besançon, placée à l'origine devant la gare Viotte!

D'autant plus que, comme nous le rappelle le site Mémoire Vive, il avait été envisagé, en 1920, comme lieu d'implantation du monument aux morts alors projeté...la place Flore

La ville de Dijon compte de nombreuses oeuvres de Paul Gasq,qui à partir de 1932 et jusqu'à sa mort, a été conservateur du musée des Beaux-Arts de Dijon. Il est l'auteur du haut relief du monument aux morts des Allées du parc de Dijon illustrant le départ du soldat. Mais ce monument dijonnais a été inauguré en novembre 1925, donc un an après le nôtre!

L'oeuvre de Paul Gasq à Besançon est flanquée de deux gardes d'honneur.

glacis monument aux morts

Le poilu de gauche, symbolisant le départ enthousiaste du soldat pour la guerre.

gl 1

Il  est l'oeuvre du sculpteur bisontin  Georges Laëthier (1875-1955): nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer son oeuvre et Alain Prêtre, membre du groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais a écrit récemment (le 28 mai 2016), un article à son sujet. Article illustré de très belles photos,qu'il a réalisées, et d'une anecdote fort intéressante concernant cette sculpture d'un poilu qui porte son fusil...à gauche.... Georges Laëthier est également enterré au cimetière des Chaprais.

tombe laethier

Le poilu de droite, le soldat qui revient de la guerre, après 5 années de souffrance a été sculpté par Albert Pasche ( 1873-1964).

 

pasche poilu plain pied

 

 

Alors, certes, Albert n'est pas un bisontin pur sucre! Il est né à Genève de parents français. Et s'il habitait Paris, il possédait de nombreuses propriétés à Besançon et dans le Doubs dans lesquelles il séjournait. Et puis il est le sculpteur de la fontaine de la place Jean Cornet. Enfin, il est décédé à Besançon dans son domicile de la rue Emile Zola. Ne commettez pas l'erreur cependant de croire qu'il est lui aussi, enterré au cimetière des Chaprais! Le très beau monument funéraire de marbre blanc, qu'il a sculpté lui-même, est le tombeau de sa famille (son père, sa mère, sa soeur; il se représente lui-même en train de sculpter l'effigie de son père).

 

pasche 3 11 2016

 

 

 Albert Pasche qui possédait également un château à Etrabonne, dans le Doubs, a fait don d'un monument aux morts à cette commune.Le maire de cette commune, M. André Pharizat,  nous a précisé qu'il avait, pour la représentation de son poilu, pris pour modèle, un de ses voisins le plus proche de son château, M. Mourey, qui précisément, était un ancien combattant rescapé!

 

monument aux morts etrabonne

 

Nous aurons l'occasion de revenir sur ce sculpteur, compte-tenu des renseignements inédits que nous avons pu recueillir.

Message du 17/11/16 : le cap 115 000 visiteurs a été franchi ce matin, avec plus de 174 500 pages lues. Merci et Bravo à tous nos lecteurs.

05 novembre 2016

Besançon en 100 dates

La publication de cet ouvrage collectif, l'an passé, nous avait échappé! Huit bibliothécaires ont uni leurs efforts afin de rechercher aux archives des faits et des dates significatives concernant Besançon. Sur les 100 dates retenues, au moins une dizaine concerne les Chaprais.

besancon en 100 dates 001 (2)

Si la première date retenue dans cet ouvrage, concernant la ville, est celle de 58 av. J.-C., avec l'occupation de la ville par Jules César, il vous faudra attendre 1814 (du 1er janvier au 2 mai 1814), pour voir évoquer les Chaprais avec la défense de la ville par le général Marulaz (fiche p. 59). N'oublions pas que les Chaprais, à la fin du XVIII° est un hameau agricole sans beaucoup d'habitations (les champs et prés qui ont donné le nom de Chaprais), cet hameau deviendra maraîcher au XVIII°, puis se développera après la création du pont de Fil de Fer et surtout la Gare Viotte.

gare viotte avec charettes

1844 : 10 juin la date est retenue pour la création de la Promenade Micaud baptisée du nom du maire de Besançon (de 1842 à 1843). La tombe d'Agathe Micaud se trouve au cimetière des Chaprais dans l'allée à droite en entrant par la rue de l'Eglise, près de la pyramide d'Alphonse Delacroix, l'architecte (à côté de sa stèle, celle de son gendre Léon Bretillot qui lui succéda comme maire en 1843 et ce, jusqu'en 1848). 

cimetière chaprais pyramide et bretillot

1856 : 7 avril arrivée du premier train à la gare Viotte (p.67).

1867: c'est l'année de la création de l'entreprise d'horlogerie par Emmanuel  Lippman ((dans l'immeuble de l'ancienne intendance de Franche-Comté : il s'installera aux Chaprais, rue des Chalets en 1897 afin de fabriquer des ébauches (fiche p. 73).

 

La marque Lip est créée en 1908 et l'entreprise déménage à Palente en 1960. A noter qu'après la guerre Fred Lippmann avait demandé que la rue des Chalets soit baptisée du nom de son père, mais cette voie étant alors privée, les riverains refusèrent.

lip pub 2

LIP photo fred

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos de Fred Lippmann; ci-dessous, sortie d'usine Lip...

lip sortie usine 3

 

 

 

 

 

 

 

 

1884 : c'est la mise en service de la nouvelle gare de la Mouillère, magnifique bâtiment dû à l'architecte bisontin Alfred Ducas(p.77)Elle sera démolie en 1962, mais deux gares d'Alfred Ducas subsistent encore dans la région : à Dole et à Auxonne.

gare mouillère ouverture

gare mouillère démolition juillet 1962

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1892 : 1er juillet, la station thermale de "Besançon les Bains" est créée (p.80).

besançpn gd hôtel des bains delcampe

1924 : 30 novembre, le monument aux morts de la Grande Guerre est inaugurée. Il est l'oeuvre de l'architecte bisontin Maurice Boutterin (enterré avec son père au cimetière des Chaprais) et des sculpteurs Laethier (enterré aux Chaprais) et Pasche (qui n'est pas enterré aux Chaprais mais qui a réalisé le monument funéraire en marbre blanc pour sa famille. Nous aurons l'occasion de revenir plus longuement sur ce sculpteur et de vous faire part de renseignements inédits).

monument aux morts 14-18 en mémoire 1531 bisontins tués 3

 

1943 : 16 juillet, bombardement de la gare Viotte par l'aviation britannique. Nous avons déjà publié 3 billets sur ce blog concernant cet épisode de la guerre et publié de nombreuses photos; nous en publierons d'autres en juillet 2017).

1966 : fermeture des brasseries de la Gangloff, rasées et remplacées dès 1970 par l'immeuble Le Président.

gangloff 2

 

On peut ajouter à ces dates symboliques, celle de la naissance de la Tristan Bernard, à Besançon, en 1866, écrivain (comédies). Il donnera son nom à la rue Fontaine-Argent, débaptisée en 1948 au profit de cet écrivain mort l'année précédente des suites de son internement à Drancy.

De même celle de la naissance de Charles Fourier, à Besançon, en 1772 (le 7 avril dans une maison à l'angle de la Grande Rue et le rue Moncey actuelles) dont une rue des Chaprais porte le nom depuis 1886.

Il vous reste donc quelques 90 autres dates à découvrir ! Au prix de 11€ seulement, ce petit livre de 128 pages,  aux éditions Sutton ne manquera pas de vous intéresser (publicité gratuite, bien sûr...)

besancon en 100 dates 2 001 (2)

Quant à l'histoire du quartier des Chaprais, bien d'autres dates et événements, sont importants. Le groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais a donc décidé d'élaborer un document qui reprendra et expliquera les différentes étapes de son développement.

Liste des auteurs de cet ouvrage :Camille Abbiateci, Monique Bouveresse, Henry Ferreira-Lopes, Pierre-Emmanuel Guilleray, Bérénice Hartwig, Michel Hitter, Sandrine Natter, Marie-Claire Waille.

Nota : la plupart des sujets ou personnages évoqués dans cet article, ont fait l'objet  d'écrits publiés sur ce blog. Pour les retrouver, c'est simple : utilisez le moteur de recherche de ce blog en saisissant le nom.

Crédit photos : Mémoire Vive ville de Besançon, Bernard Faille, Claude Zingg,C. Mourey.


29 octobre 2016

Hommage aux Résistants tués lors des combats pour la Libération de Besançon le1er novembre 2016, place de la Liberté

Pour la 6° année consécutive, Vivre aux Chaprais a  organisé un hommage aux 24 Résistants tués lors des combats pour la Libération de Besançon les 6, 7, 8 septembre 1944.

 

 

 

stele recadrée 1 11 2016

Depuis le travail de recherche effectué par M. Bernard Carré, travail qui se poursuit, nous avons pu mettre parfois des visages sur ces noms. Nous connaissons désormais leur âge, leur profession, leur domicile, leur lieu de sépulture. (Se reporter, à ce sujet, aux articles rédigés par B. Carré, publiés durant tout l'été 2015).

Nous avons pu retrouver les familles d'au moins 9 de ces combattants, familles qui étaient présentes ou représentées lors de notre cérémonie symbolique. Souvent, grâce à leur témoignage recueilli,  la biographie de ces héros  a été complétée et enrichie.

Depuis l'année dernière,  deux nouvelles familles ont été identifiées.

Il s'agit de celle de Roger POURCHET, né le 31 juillet 1911, à Maison du Bois. Il était employé à la SNCF et son nom figure également sur le monument aux morts de la SNCF, gare Viotte. Il est enterré au cimetière de Saint Ferjeux dans un caveau familial. C'est un de ses neveux qui réside à Paris qui nous a communiqué les renseignements qui nous manquaient,  une photo de famille, l'adresse de son fils et d'un membre de sa famille résidant dans le Grand Besançon.

Sur la photo familiale ci-dessous, Roger Pourchet est en haut à droite.

pourchet photo familiale

Roger Pourchet fils, né au mois de mars après la mort de son père, avait tenu à faire le déplacement depuis la Suisse afin d’assister, non sans émotion, à l’hommage rendu à son père.Une nièce de Roger Pourchet père, habitant le Grand Besançon Mme Nicole Gentile, assistait également à cette cérémonie.

 Autre famille récemment identifiée : celle de Gustave Filippi (orthographié Philippi sur la stèle de la place de la Liberté). Désormais, nous en savons un peu plus, grâce à un historien qui fait des recherches sur le réseau de renseignements Micromégas, sous réseau Ajax, auquel appartenait également Pierre Rimey, (décédé de ses blessures quelques jours après la libération de Besançon et enterré au cimetière des Chaprais). Gustave Filippi est inhumé à Toulouse d'où était originaire son épouse. Il a encore un fils, vivant à Toulouse, que devrait interroger cet historien. Nous aurons l'occasion de revenir sur ces Résistants et le réseau Micromégas puisqu'un ouvrage devrait être publié, à leur sujet, courant 2017.

Filippi photo 2

Il nous semble important que le souvenir de Gustave Filippi soit honoré à Besançon, en apposant une plaque sur la maison qu’il habitait alors rue de Belfort.

Il nous a été rapporté des rumeurs insistantes qui voudraient que parmi les 24 victimes inscrites dans le marbre de la stèle, place de la Liberté, toutes n'étaient pas des résistants.

Sur ce point, M. Bernard Carré nous indique:

"J'ai vérifié sur les actes de décès, la mention "Mort pour la France" est bien présente pour les 24 : le premier en 1944, 20 en 1945, un autre 1946, puis 1949, et le dernier en 1952.
En ce qui concerne leur passé de résistant, il y a des différences d'appréciation administrative et de réalité historique. Tous ont appartenu à une unité FFI lors de leur mort. La question est : depuis quand y ont-ils appartenu?

Selon les critères retenus par la Commission d'homologation des organisations de Résistance, celui qui a commencé son action dans telle unité 3 mois avant le débarquement, soit le avant le 6 mars 44 est retenu comme résistant.

Aussi, il est sûr que certains d'entre eux, ayant commencé le 20 août 44 n'en sont pas selon le critère de délai retenu indiqué ci-dessus. Mais ceux qui sont morts lors d'un combat, même si leur action dans une unité est courte, peuvent être reconnus résistants. Il faudrait chercher la législation sur ce sujet pour en avoir les critères, en se rendant au service Historique de la Défense au château de  Vincennes. Ce que je me propose de réaliser !

Il est vrai que j'ai aussi entendu que pour trois d'entre eux, le doute subsiste, car il semble qu’ils n’ont pas été blessés ou tués dans l'action, comme d'autres. 
Si le Front National et René Mussillon, leur responsable, les ont retenus afin qu'ils figurent sur la stèle place de la Liberté, c'est qu'il y a une raison, des faits, dont nous n'avons pas les documents, qui nous permettent d'en avoir une certitude. Ce sont les aléas de la recherche historique."

Pour l'heure, la mention "Mort pour la France", attribuée selon des critères précis, et la décision prise, en 1947,  par le Front National pour la Libération et l'Indépendance de la France nous suffisent. Et si la recherche historique doit se poursuivre, nous ne sommes pas une sorte de tribunal de l'Histoire!

stele résistance noms 2

On notait dans l’assistance la présence de nombreux élus : M. Eric Alauzet, député du Doubs, mme Odile Faivre-Petitjean, conseillère départementale et pas moins de 6 adjoints au Maire de Besançon et de deux conseillers municipaux délégués : Mme Danièle Dard, première adjointe, Mme Carine Michel représentant le Maire ; Mme Marie Zéhaf, adjointe à la voirie ; Mme Catherine Thiebaut, adjointe aux bâtiments municipaux et Présidente du SYBERT ; Mme Anne-Sophie Andriantavy, adjointe à la démocratie participative ; M. Nicolas Bodin, adjoint à l’urbanisme et aménagements urbains ; Mme Karina Rochdi conseillère municipale délégué ; et M. Dominique Schauss, conseiller municipal délégué, élu référent du quartier pour le Conseil Consultatif des Habitants Chaprais/Cras.

Etaient également présents M. Louis Chevillard, Président de l’association franc-comtoise des anciens combattants ; M. Jean-Claude Rebière, délégué pour le Doubs du Souvenir Français ; M. Michel Stegre, délégué pour Besançon.

stele les élus

Après la lecture des noms de ces 24 résistants morts pour la France un bouquet a été déposé par le Président de Vivre aux Chaprais, Jean-Pierre Rouillon accompagné de René Chevillard et d’une petite fille dont les 2 arrière-grand-pères  étaient résistants en Franche-Comté. Le délégué du Souvenir Français, M. Michel Stegre a fleuri la stèle d’une gerbe, ainsi que M. Christian Mercier neveu du policier Jean Robert.

stele mercier bouquet

A la suite de la minute symbolique de silence, René Chevillard a chanté les deux premiers couplets du Chant des Partisans

stele rené

Et l’ensemble des participants ont entonné tous ensemble la Marseillaise.

stele la marseillaise

Cette 6° cérémonie a certes été, comme d’habitude, très symbolique, mais cette initiative citoyenne de Vivre aux Chaprais s’inscrit dans le cadre du devoir de mémoire plus que jamais nécessaire.

Mercredi 2 novembre le nombre de 114 000 visteurs a été atteint sur ce blog. Merci à tous nos lecteurs.

22 octobre 2016

UNIVERSO, fabrique d'aiguilles de montre, installée aux Chaprais

UNIVERSO : le nom de cette entreprise parle encore aux bisontins! Installée dès son origine au 10 rue des Villas, elle a été fondée par des suisses, entre autres messieurs Jeanneret et Berthoud, au début des années 20? Elle figure, en effet, dans l'annuaire Fournier de 1926 comme fabrique d'aiguilles de montre. 

universo 2

Universo a toujours été suisse. La maison mère comptait alors  plusieurs usines à la Chaux de Fond, dans la zone des Eplatures et à Fleurier. Les bureaux de cette société étaient installés au centre de la Chaux de Fond et les employés étaient logés dans cette ville dans une cité Universo.

Ci-dessous, différents modèles d'aiguilles Universo, à différentes époques.

aiguilles universo 1

universo 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

universo 4

En 2000, Universo a été racheté par le groupe Swatch. La demande d'aiguilles venant à baisser, l'usine de la rue des Villas se transforme en 2011 en Centre Européen du Service Horloger (CESH), qui est en fait le service après vente de la marque Tissot, pour toute l'Europe (dont les usines sont situées au Locle). Tissot appartient au groupe Swatch. Il est vraisemblable que cette transformation d'Universo, fabrique d'aiguilles de montre, vouée à disparaître, en centre d'après vente Tissot, soit due au PDG de Tissot, M. Thiebault, originaire de Besançon et à madame Beaulier, qui vient de prendre sa retraite après avoir passé une grande partie de sa carrière à Universo et pris la direction du CESH.

Ci-dessous photos du 10 rue des Villas, siège d'Universo, aujourd'hui CESH.

universo façade verticale

universo façade longitidinale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

universo CESH

 

 

 

 

 

 

 

Plusieurs petits événements marquent le vie d'Universo. D'abord un incendie dans la nuit du 12 ai 13 novembre 1945. L'entreprise compte alors 45 ouvriers. Si 80% des produits finis furent sauvés, la moitié des produits de base est hors d'usage.

La Société Horlogère alors installée également au 10 rue des Villas avec également 45 ouvriers semble avoir beaucoup plus souffert dans cet incendie. Car si 10 employés sont maintenus dans l'entreprise pour des travaux de déblaiement, 35 autres sont placés dans deux autres entreprises horlogères des Chaprais.

universo incendie

Autre événement, l'arrestation, à la Libération, en janvier 1945,  du directeur d'Universo, M. Dietrich, sur plainte de Fred Lipmann : M. Dietrich avait été co-gérant des usines Lip sous l'Occupation et avait travaillé pour l'industrie de guerre allemande. Mais on retrouve M. Dietrich comme directeur d'Universo dans les années 1960. Il semble qu'il ait été blanchi des accusations d'après guerre.

Enfin, en 1963, une pétition des riverains est signée et adressée à l'administration, du faut du bruit des machines, tôt le matin (4h) et tard le soir (23h). Pétition signée par des habitants du 11 et 17 de la rue des Villas et du 14 rue des Villas Bisontines, c'est à dire les riverains les plus proches. On ne sait quelle réponse avait alors été apportée à cette requête. A noter que les riverains indiquent que ces machines bruyantes d'Universo sont installées dans les locaux anciennement occupés par Kelton (et auparavant la Société Horlogère?). Lire à ce sujet les articles publiés, sur ce blog, par M. Alain Prêtre dur KELTON

universo petition

Souhaitons que le CESH, avec ses 40 employés actuels, reste encore longtemps dans le quartier des Chaprais qui est son berceau naturel.

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15 octobre 2016

Les barques lavandières (2) suite....

 Nous poursuivons la publication de cet article écrit par M. Christian Mourey, du groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais. Si nous en jugeons par les chiffres de lecture de ce blog, cet article a rencontré un grand succès. Raison de plus pour poursuivre...Merci Christian Mourey.  

digue sous l-occupation 2 B (5)

        

Au sortir de la guerre, la municipalité décide la construction d’un lavoir municipal à Isenbart, un baraquement de bois d’un seul niveau situé au fond à droite du terrain de sport, dans le prolongement de l’allée de platanes, en surplomb du ruisseau. Il est désaffecté et démoli en 1965. Les élus réfléchissent à des propositions de reclassement et d’aide aux lavandières professionnelles. Trois ans plus tard, on démolit de l’autre côté de la rue Isenbart la Gangloff. Place au Président. (voir les 2 photos suivantes)

 

barque isenbart lavoir municipal juil

Le lavoir d'Isenbart. Photo Bernard Faille, juillet 1965, peu de temps avant la "déconstruction". De gauche à droite : au premier plan, Mme Bach habitait rue Claude Pouillet. Elle fut assassinée par un voisin pour l'équivalent de 30€. Puis Mme Devillers de la rue Krug. Mme Faivre de la rue Vignier. La quatrième, non identifiée vient du square Saint-Amour. La grande dame est Mme Bée, du bas de la rue Battant. Au centre, face à sa peluche, Juliette Vouney, dite "Juju", du haut de la rue Battant. Elle fut jusqu'en 1982 maquilleuse et costumière de la Crèche Franc-Comtoise de Battant au 37 de la rue Battant. Derrière elle, à demi cachée, Adèle Diéterlé de la rue Gustave Courbet; c'est la mère de Jean-Charles Diéterlé. Sur la table, couverts, thermos et cocotte en fonte car tous les témoignages le confirment, le ressort principal des lavoirs et des barques lavandières, c'était la bonne ambiance. A l'une de ces dames d'Isenbart, le mari proposa d'acheter une machine à laver. Elle refusa pour ne pas se priver de cette tranche de vie. Et pourtant.... 

isenbart demolition du lavoir municipal oct

 

Photo 9 : la démolition du lavoir Isenbart. photo de Bernard Faille, octobre 1965 : la pauvreté des matériaux et de l'installation atteste de la difficulté de se procurer du matériel de qualité au sortir de la guerre.

La barque lavandière est un thème très prisé de la carte postale ancienne. Grand merci aux éditeurs et photographes de la « belle époque ». Emile Zola fit du lavoir un décor de Gervaise. Plus récemment Dominique Durvin et Hélène Prévost en tissèrent une pièce de théâtre « le lavoir » que Jean Pétrement, directeur du Théâtre Bacchus, adapta en condensé, pour les visites théâtralisées de l’Office de Tourisme de l’été 2007. (Photo suivante)

 

barque le lavoir 18 07 2007 9

 

 "Le lavoir" par le théâtre Bacchus. 18.07.2007.Place Bacchus

 Paradoxalement, le lavoir urbain et les barques lavandières sont peu présents dans la mémoire collective institutionnelle. Seule le ville de Laval sur la Mayenne a conservé et entretient deux barques sur la vingtaine de bateaux lavoir qui ont animé la rivière. Ce sont les seules en Europe. Les autorités ont partout poussé à la disparition de ces établissements. On reprochait à la batellerie lavandière d’être une entrave à la navigation fluviale, d’être un danger en cas de crue. Il est vrai que parfois, lors d’une montée des eaux, une barque éprise de grand large, rompait ses amarres pour aller s’éclater avec le premier pont venu. Mais la cause principale de leur disparition, c’est la machine à laver domestique. Oui, c’était un progrès et la Mère Denis, dans son costume de pilier de lavoir, a fait beaucoup pour cela. Fourberie de publicitaire.

barque bateau lavoir pelote 11

Les lavandières devant la "plate" de la Pelotte. La barque comportait 40 postes de travail.

 Honneur à vous Mesdames les lavandières qui avez travaillé jusqu’à votre dernier souffle, dos voûté, mains abîmées. Vous étiez des nôtres, vous l’êtes toujours. « Et çà, c’est vrai çà ! » (Photo ci-dessus) 

Sources : Mémoire Vive ville de Besançon; Bib. Barbizier N° 32- année 2008- article de Fernand Frachebois

Mardi matin, 18 octobre 2016, le cap des 113 000 visiteurs vient d'être passé sur ce blog. Merci à tous nos fidèles lecteurs. 

 

08 octobre 2016

Les barques lavandières (1)

M. Christian Mourey, membre du groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais, a rédigé cet article et choisi les illustrations. Voici son premier article. Le second paraîtra samedi prochain 15 octobre. Nous l'en remercions vivement.

 

La machine à laver a relégué la lessive au rang de servitude solitaire. Mais avant la Mère Denis, vedette de la publicité télévisée, la lessive, c’était comment ? 

D’abord sources et rivières furent mises à contribution. On mit à la disposition des dames de lessive des lavoirs pour les préserver des intempéries. La barque lavandière était un bateau imposant à fond plat (d’où le nom de « plate ») aménagé en lavoir et amarré à demeure. La première à Besançon est recensée en 1696. A l’apogée de l’institution, la ville en compte une quinzaine dispersée au Pont de Bregille, au Pont Saint-Pierre, à la Pelotte, au Quai d’Arènes. 

barque 1860 1

photo 1: barque lavandière vers 1860 en aval du pont Saint-Pierre. La rive droite du Doubs n'est pas aménagée et ce, de Micaud au pied de Chaudanne.

Le bateau lavoir est une entreprise privée, exploitée par son propriétaire secondé par un chauffeur responsable de la chaudière à bois ou au charbon qui fournit l’eau chaude. La barque est soumise à une autorisation et à une redevance municipale. Elle accueille ménagères et professionnelles à qui l’on demande une participation modeste au temps passé. On peut y acheter du bleu pour blanchir le linge, de l’Eau de Javel, des cristaux de soude, du savon de Marseille mais aussi du café, de la bière ; on évitait le vin mais la lavandière ne dédaignait pas une « tisane de bois noueux » car la tâche était rude.

Photo 2,ci-dessous : document rare, l'intérieur d'un bâteau lavoir

Barque bateau lavoir interieur 2

 

 Il fallait d’abord décrasser le linge amené dans une corbeille, une brouette ou une charrette. C’était en général du blanc qui pouvait être mis à tremper la veille. Il subissait un premier lavage à l’eau froide de la rivière, savonné, frotté à la brosse à racines (en fait des racines de chiendent séchées) sur une planche à laver de bois crantée. Puis le linge était plongé dans des lessiveuses en zinc ou des seilles (gros baquets de bois) remplies d’eau bouillante.

 Après un trempage suffisant, le linge était rincé dans l’eau du Doubs tout en étant tapé gaillardement à grands coups de battoir, genre de pelle plate en bois, à manche court, pour être défroissé. Enfin on tordait le linge pour en extraire la dernière eau. Les articles délicats étaient traités en mode doux.

 Le séchage pouvait s’effectuer sur la barque lorsqu’elle disposait d’un toit aménagé mais généralement le linge était transporté dans les séchoirs des greniers des  maisons.

Photo 3, ci-dessous: barque à la digue du pont Saint-Pierre. Le "titi" bisontin hésitait à titiller ces "poules d'eau" penchées sur leur planche. Ces dames avaient le tempérament bien trempé et la répartie fulgurante. Les barques étaient la plus grande salle de rédaction de la ville et on n'y pratiquait pas la rétention de l'information. Les professionnelles lisaient même dans le linge. Le ragot en court circuit. Redoutable.

barque a la digue 3

 

 L’arrivée des eaux d’Arcier dans les cours d’immeuble et dans les étages au cours de la seconde moitié du XIX ème siècle ne mit pas fin à l’activité des bateaux lavoir mais elle permit la réalisation de buanderies, chambres de lessive communes aux habitants de l’immeuble équipé où pouvaient également intervenir des femmes de lessive professionnelles. Il subsiste quelques rares vestiges de ces buanderies en première ou deuxième cour. 

Photo 4 : barques au pont Saint-Pierre. Les Bisontins se baignaient à l'extrémité de la digue jusqu'à la réalisation progressive de la piscine de Chalezeule. Notez l'ordonnancement impeccable de la digue. C'est actuellement une friche impraticable. De même que l'interdiction récente de stationner sur le "parking" en contre-bas de Bellevaux en a fait une berge morte. La ville tourne le dos à sa rivière. Et pourtant Besançon est un don du Doubs.

barques pont saint pierre 4

 

 

La dernière barque bisontine, la barque Didier, située au bas de l’Avenue Denfert Rochereau, disparut pendant l’Occupation. Elle céda la place à la Passerelle remplacée depuis par le Pont Robert Schwint. 

 

Photo 5, ci-dessous : la barque Didier sous la neige. Une photo de la Société Photographique de Besançon de l'époque. La cheminée et le petit bâtiment attenant correspondraient à un établissement de la teinturerie Penot sise au 3 avenue Carnot.

barque didier neige 5

 

 

 Photo 6 : barque Didier avec enfant. Faute de gardiennage, il était courant que les enfants accompagnent leur mère à la barque.

barque didier enfant 6

 

 

Photo 7 : barque Didier et son personnel. La photo a été prise en 1919. Le propriétaire apparaît dans l'embrasure de l'entrée. La barque était gérée par sa concubine, Adeline Gardot, la 2° personne sur la passerelle à droite. Sur le pont, le chauffeur posant devant son "château". C'est son logis. plus à gauche, celui du chien, plus modeste. Tout à gauche, une petite fenêtre avec des fleurs. De la lavande? Ce sera la dernière barque.

barque didier avec personnel 7

Sources : Barbizier n°32, année 2008, article de M. Fernand Frachebois; Mémoire Vive site de la ville de Besançon.

01 octobre 2016

Succès du premier Café/Histoire du jeudi 6 octobre après-midi au Café-restaurant Fontaine-Argent

Nous avons réussi à réunir, comme nous le souhaitions, des riverains de l'avenue Fontaine-Argent (ou ayant habité autrefois cette avenue) afin d'évoquer avec eux le passé, le présent et l'avenir de cette artère de notre ville. Pour cela de nombreux documents ont été projetés, ce jeudi 6 octobre à 15 h au café-restaurant Le Fontaine Argent.

bar F A

De nombreux grands témoins ayant habité là, ou à proximité, ont fait part de leurs souvenirs : monsieur GRESET du Chantier du Gaulois du n°15 de l'avenue. M. Nappey, fils de l'horloger Nappey qui habitait rue de Vittel (voir par ailleurs ses souvenirs en inscrivant Nappey dans la rubrique Recherche de ce blog. M. Albert Bourquard qui demeurait dans la caserne du parc aux fourrages (souvenirs à retrouver sur ce blog). Me Chantal Chevillard a évoqué ses années de jeune fille au paur chez les Soeurs de la Charité à saint Vincent (souvenirs également publiés sur ce blog).

Des habitants de l'immeuble Champs Elysées, là où se situe ce café (autrefois appelé Le café du Casino, tenu par M. Gomel) ont évoqué à la suite de l'étude dont a fait part M. François Lassus, Historien , ,l'ascenceur hydraulique de cet immeuble fleuron de la technologie de l'époque!

M. Bernard Carré a expliqué l'hommage solennel aux 30 victimes civiles de la Libération de Besançon,et aux 3 soldats américains morts lors des combats, au Lycée Saint Joseph transformé en hôpital, le 11 septembre 1944.

Enfin M. Christian Mourey a évoqué l'histoire du ruisseau Fontaine Argent qui, capté, a alimenté un certain temps une partie des habitants du haut des Chaprais (rue de Belfort, etc.) avec la transmission, par les eaux de sa source, de la fièvre typhoïde.

Les habitants de l'avenue Fontaine-Argent et son secteur alimentés par les sources de Bregille échappèrent donc à cette épidémie dont la cause avait été trouvée par le Docteur Perron.

Le montage du diaporama et de nombreuses photos qui le composaient étaient dus à M. Guy Georges Lesart, historien, installé depuis de nombreuses années dans cette avenue. Il a pu faire part, avec humour et poésie, grâce à ses clichés, de l'évolution de cette avenue ces quinze dernières années et de ses grands chantiers : tram, immeubles Seger, De Giorgi, lycée Saint-Joseph.

De l'avenir, il fut brièvement question avec le futur petit parc public derrière les constructions De Giorgi; de la future maison de retraite devant le lycée Saint Joseph. Il ne reste que 7 commerces dans cette avenue mais de nombreux services : ont disparu les maraîchers, les horlogers

Pourquoi évoquer cette avenue? Parce que son existence est jalonnée par des faits historiques précis.

Inscrit dès 1873 à la séance du conseil municipal du 29 août, ce chemin vicinal n°24 est ainsi décrit comme:"...ayant son point de départ à l'avenue du Pont Suspendu ...et allant aboutir au carrefour près du cimetière catholique..." 

Devis et plan sont alors présentés au Conseil, le coût d'acquisition des terrains étant estimé à 75 000 F et les travaux à 25 000 F.

"Cette nouvelle voie appellerait la population dans cette partie de la banlieue et y faciliterait la construction. L'urgence de la création de ce chemin se justifie d'une part par la nécessité de procurer à l'autorité militaire des moyens d'accès aux magasins à fourrage dont elle projette l'établissement prochain sur les propriétés Jeannin et Dumas; d'autre part de donner au département la possibilité d'acquérir des terrains du côté du clos Moncey par la construction d'une prison départementale et d'une maison d'arrêt. Il y a lieu d'espérer d'ailleurs pour ce chemin, le concours du génie militaire qui paraît disposé à contribuer à la dépense en fournissant gratuitement les terrains en face de ses établissements sur une longueur de 60 m et en faisant la chaussée depuis le clos Moncey jusqu'au chemin de la Mouillère."

Le conseil municipal avait alors approuvé ce projet, les plans et devis. Et dès octobre 1873, le résultat de l'enquête publique menée indique l'opposition d'un seul propriétaire dont les remarques sont rejetées.

 

av

 

av fontaine argent 1912 1920 version modif

 

 

av fontaine argent ed docks comtois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

av Fontaine Argent Fallières 2

 

Lors des conseils municipaux, de 1874 ( au cours de l'année 1874, cette question est examinée 7 fois!) jusqu' à 1876, divers crédits seront votés et il semble que l'avenue soit terminée dès 1878. A peu près à la même époque, des travaux de canalisation de la source Fontaine-Argent sont réalisés et de nombreux propriétaires sont indemnisés pour les dégâts commis.

Les anciennes cartes postales du début du XX° siècle montrent une avenue éclairée et déjà bordée de nombreux immeubles.

Ci-dessous, l' hommage national rendu aux victimes de la Libération de Besançon, au lycée Saint-Joseph.

Les grands chantiers de l'avenue, relativement récents: tram, constructions Seger, DeGiorgi, Lycée Saint Joseph, ont été évoqués ainsi que les nombreuses interventions de Vivre aux Chaprais avec les riverains concernés.

 

Ont également été rappelées, l'histoire du constructeur d'automobiles Schneider, du garage Thieulin, de Maty, etc (des billets ont déjà été publiés sur ces 3 entreprises).

 

Il semble que ce genre d'initiatives plaît à de nombreux chapraisiens : le café était plein, avec quelques 90 personnes.

On remarquait par ailleurs la présence de M. Eric Alauzet, député, Madame Anne-Sophie Andriantavy, adjointe au maire, habitant le quartier, madame Rolande Faivre-Chalon, présidente de l'association des commerçants et artisans des Chaprais, M. Jean-Marie Pinel, président de Renaissance du Vieux Besançon, des représentants du Folklore Comtois, du comité de quartier de Bregille, etc.

Que tous soient remerciés, anonymes ou non, pour leur participation et l'attention manifestée.

Une mention spéciale pour nos hôtes, le sympathique couple Sandrine et Cyril Vienny qui gère ce bar/restaurant et qui nous ont accueilli avec chaleur et simplicité. Nous ne pouvons que recommander leur cuisine maison.

Ne manquez pas les deux prochains billets qui seront publiés les samedis 8 et 15 octobre sur les barques lavandières sur le Doubs près du pont de la République et Denfert Rochereau. Billets rédigés par Christian Mourey, membre du groupe Histoire, Patrimoine et Mémoire des Chaprais, illustrés de photos peu ou mal connues.....