HUMEURS DES CHAPRAIS

16 février 2019

Qui se souvient de la médecine du travail installée rue de la Viotte, aux Chaprais ?..

Ils doivent être tout de même  nombreux, les bisontins, à se souvenir que les locaux de la médecine du travail ont été situés, durant de nombreuses années, au 16 rue de la Viotte, aux Chaprais

medecine du travail 4 vue géné 1978

Car, en 1978, il y a donc un peu plus de 40 ans  date de l'inauguration des locaux construits à cet usage, quelques 40 000 salariés bisontins et du Doubs étaient "...confiés à la surveillance de la mèdecine du centre : 8 médecins à temps plein, 2 à mi-temps et 2 à plein temps dans le haut Doubs, et ce pour 2 800 employeurs".

médecine du travail accueil 5

L'accueil en 1978

Un article paru dans le journal l'Est Républicain, le 20 juin 1978,rendait alors compte, quelques jours, de l'inauguration de ces locaux et livraient ces chiffres.

medecine du travail 3

On apprend également, à la lecture de cet article non signé, mais illustré des photos de Bernard Faille, que l'association comtoise de médecine du travail fut créée à Besançon en 1943 et son premier président, qui assistait d'ailleurs,  en 1978,  à l'inauguration des nouveaux locaux de la rue de la Viotte, était M. Maurice Coulon.

En 1978, le président est M. Michel Bourquenez qui déclarait alors : "Si les effectifs des salariés ont augmenté de 6% chaque année, depuis 20 ans, en revanche le nombre de salariés confiés à chaque médecin a régulièrement diminué pour s'établir aujourd'hui à 3 200 salariés par médecin, soit un nombre inférieur de 15% à la moyenne nationale".

médecine du travail 5 M

Au centre : M. Bourquenez

Il est également précisé que "l'association outre l'immeuble de la rue de la Viotte utilise (alors) quatre centres médicaux annexes (celui du marché sera entièrement rénové cette année), deux centres médicaux mobiles et cinquante centres dans les entreprises, soit au total 57 points d'examens (un pour 700 salariés)."

Ils seront naturellement moins nombreux, les bisontins à se souvenir que cette médecine du travail était installée, à l'origine, en 1943, dans des locaux rue de la Liberté. A quel numéro ? Difficile à dire.L'annuaire Fournier de 1936 et 1946 indique que l'inspection du travail est alors au 17 rue de la Liberté. Faut-il penser que la médecine du travail était installée là ? Difficile à dire... Car l'immeuble du n° 17 est en fait la maison de paille dont nous vous avons conté l'origine dans un article publié le 13 janvier 2018.

 

maison de P 17 rue de la Liberté

La Maison de paille, 17 rue de la Liberté

Or le règlement intérieur de cet immeuble, s'il permettait des activités libérales, dont la médecine, interdisait les radiographies aux rayons X...A moins que ces radios se déroulaient ailleurs?...Nous faisons donc appel à vos souvenirs!

Rappelons également, pour mémoire, que le petit commissariat de police des Chaprais était répertorié 16 rue des Chaprais (actuel petit bâtiment inoccupé, place de la Liberté, dont le dernier occupant fut, il y a quelques années encore, l'association des Anciens Combattants).

Si vous avez des souvenirs en ce qui concerne les services de la médecine du travail installés dans notre quartier, voire les personnalités citées dans cet article, faites nous en part. Témoignez vous aussi de ce passé récent! Nous vous en remercions par avance.

Home Services pm 01 (2)

Aujourd'hui le bâtiment est devenu un Home l'Ordonnance

 

home ordonnance

Photos Bernard Faille (mémoirevive Besançon), Alain Prêtre, JCG.

 

 

J.C.G.

 

 


08 février 2019

Les chaises de Saint Martin des Chaprais

Non, il ne s'agit pas d'un remake de la célèbre pièce de théâtre  d'Eugène Ionesco, mais d'un épisode de la vie de la paroisse Saint Martin des Chaprais...

Cette question est évoquée dans le bulletin paroissial de Saint Martin des Chaprais de janvier 1946.

chaises janvier 1946

Mais il semble que ce problème soit latent depuis plusieurs mois voire plusieurs années! De quoi s'agit-il?

Les paroissiens ont la possibilité de louer des chaises pour les offices religieux à l'église Saint Martin. Et cela ne semble pas très cher : 20 sous par mois! Mais parmi les locataires de ces chaises, certains se conduisent comme de véritables intermittents de la paroisse, en n'assistant que de temps à autre à la grand'messe. Si bien que lors des offices des chaises restent vides alors que des paroissiens sont debout au fond, devant l'entrée et sur les côtés.

église saint martin chaises

Il semble que cette mise au point n'ait pas alors suffi, puisque l'on pouvait lire ceci, dans le bulletin de janvier 1947, et ce sous le titre 

CHAISES

" Une révolution pacifique; pas même une tempête dans un bénitier. C'est très simple : à partir du premier janvier nous ne percevons plus de taxe pour la location des chaises à l'église. Cela ne veut pas dire que les ex-titulaires de places louées n'auront plus le droit d'utiliser "leur" chaise. Bien au contraire, nous souhaitons qu'ils s'y mettent encore plus régulièrement  qu'avant, et surtout dès la première minute de la messe.

saint martin des chaprais 4

Carte postale Archives Besançon. Site Mémoirevive.Besançon

Nous ne voyons pas d'inconvénient à ce que les plaques perpétuant les noms vénérables de la paroisse, noms de familles à la plupart desquelles nous sommes très attachés. Ce que nous ne voulons plus, ce sont les chaises vides au milieu de la grande nef, et une foule d'assistants relégués aux portes ou dans les bas-côtés. Finies aussi les remarques aigres-douces de la personne-à-qui-l'on-a-pris-sa-chaise (payée 20 sous par mois, ma chère!). Ce que nous voulons c'est que bien fraternellement les uns auprès des autres vous occupiez sans arrière-pensée, la place que vous aura valu votre exactitude et de préférence la place d'où vous pourrez le mieux participer à la messe. Est-ce difficile à comprendre? Non, pour des chrétiens préoccupés surtout de conquérir une belle place dans l'Eglise...invisible. Et ce n'est pas spécialement pour tarir une source de revenus dans la Caisse Paroissiale que nous instituons cette liberté des enfants de Dieu, il vous reste à relever et maintenir très haut le montant de votre contribution à la quête unique et sacro-sainte qui englobera votre participation aux fraisparoissiaux et votre offrande pour les chaises."

Cet article allie donc l'humour aux instructions religieuses....

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Les chaises actuelles de l'église Saint Martin (photo A. Prêtre DR)

église St Martin int (2) chaises AP

Les chaises ont été changées, bien sûr! (photo A. Prêtre DR)

Source: Bulletins Paroissiaux de l'Est - Bulletin paroissial de Saint Martin des Chaprais

 

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02 février 2019

Une nouvelle exposition photos de Guy-Georges Lesart, à l'ASEP

Sa dernière exposition de photos de paysages de neige, à la mairie d'Arc sous Cicon, début 2017, était intitulée Arc en neige. Pour notre plus grand plaisir, en ces temps de froidure, notre ami Guy-Georges Lesart nous revient cette fois, dans notre et son quartier de Besançon, à l'ASEP,  avec une exposition de nouvelles photos intitulée "Mes toiles de neige"En fait, comme l'indique Guy, il s'agit d'un Retour sur le motif, dans la mesure où il y a 4 ans, il avait déjà réalisé une exposition sur ce thème, ne cachant pas... " son admiration pour les scènes d'hiver de notre Franche-Comté (arbres, forêts, personnages, matériel rural, monuments et cabanes en hibernation), sujets qui l'interpellaient lors de ses longues randonnées en ski de fond."

Guy précise : "Je n'ai pas le savoir-faire des artistes peintres et j'en suis frustré. Mais la neige m'offre de grands fonds blancs comme des toiles, me permettant de mettre en valeur à mon tour, tous les sujets qui m'attirent, et, modestement, les travailler".

Et il est précisé quant à cette nouvelle exposition : "...Ce retour traduit cette nostalgie du geste pictural. Il est retourné, en effet, souvent, tel un pèlerin, sur les lieux qui avaient fait le succès de sa première exposition, vers ses thèmes de prédilection et les a approfondis, parfois même "hors neige", à la "belle saison". Fidèle à la bivalence de sa création, il leur a dédié un recueil poétique qui sera en vente sur place pour ceux qui le souhaitent".

expo GGL 19 A (2)

Voici donc un de ces poèmes et quelques unes de ces photos.

Précisons que cette exposition se déroule donc dans les locaux de l'ASEP, 22 rue Résal, du 28 janvier au 16 février 2019. Elle est visible du lundi au vendredi de 9h00 à 20h00, et le samedi de 9h à 12h00.hetres 2

    (H)êtres aux « Granges brûlées » 

Être aux « Granges  brûlées »

         Brûlé par la beauté

         Regarder chaque  jour la cordillère  des  Alpes  filant d’Est en Ouest

         Regarder ses éclipses  de vapeur   alternée

hetres 3 automne

 

hetres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hêtre aux « Granges  brûlées »

         Regarder chaque jour   le  Jura  soulevé

         Chasseron,  Chasseral, observer   Métabief

         La noire se blanchir ou s’emplir de  cailloux

         Avoir  vue sur  Gilley  et sur son archipel 

         Observer  à ses pieds  les dolines  indolentes 

 

Hêtre  aux « Granges  brûlées »

          Immortel trois cents ans  

          Ne craignant que l’orage qui tape au  Crêt souvent

Hêtre aux « Granges  brûlées »

          Barrière  pour les vents 

          Protéger  les  pâtures de tout dessèchement

          Les    brouteuses  insouciantes

          Ignorant l’abattoir et ses horreurs  indignes

          Ne pas devoir paraître

          Ne pas devoir parlêtre

          Par lettres  n’avoir pas à  se pousser  des cols

          A jouer  les grands fûts des forêts dominants

 

Être  aux « Granges brûlées » un bel indifférent

         Élégant,  élancé 

         Toujours de dernière mode

         Contempler l’  éphémère   des humains s’acharnant

          Prolonger  ses racines  à  vingt pas   à la ronde

          Sans  que ciment malsain bloque  vos expansions

          Verdoyer en été de mousse  en opaline

          Rougir  comme  le  vin  aux automnes naissants 

          Puis se montrer  tout nu  sans  gêne   retenue

          Fier de son  moi  profond  assumé, « décidu »

          Avant  que  l’hiver long  ne  vous     signe  de blanc

hetre 4 hiver

 

Hêtre aux « Granges  brûlées »

          Voir  les coucher solaires  plonger au cœur du  Crêt

          Chanter à l’unisson des bises alémaniques 

           N’être   déraciné,  ne regretter son socle

           Réchauffer  les  foyers  dans  ses derniers instants

           Ignorer le mal être

                                   De l’être ou ne pas L’hêtre 

                                                           That is not a question

                                                                             GGL 2016

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26 janvier 2019

Le stationnement payant, rue de Belfort, a quarante ans...

C'est au cours du conseil municipal du 28 avril 1978 que le principe du stationnement payant rue de Belfort fut débattu et adopté.

parcmètre CM article Est Républicain 3 mai 1978

 Article Est Républicain 3 mai 1978

Voici ce que l'on peut lire dans le compte-rendu officiel des délibérations de ce conseil municipal:

"M. l'Adjoint FRACHEBOIS, Rapporteur, expose que la Ville a été sollicitée par un certain nombre d'habitants de la rue de Belfort qui souhaitent l'instauration du stationnement payant dans la partie commerçante de cette voie.

Actuellement, le stationnement entre l'avenue Carnot et la rue Chopard est autorisé durant toute la journée, sauf aux heures de pointe, du côté des numéros pairs. Le service de police n'effectuant pas de contrôles réguliers dans ce secteur, il arrive que des véhicules restent en stationnement au même endroit durant plusieurs jours et même plusieurs semaines, enlevant ainsi des possibilités de stationnement aux riverains; pour cette même raison les usagers de la poste ont également peu de chance de trouver un emplacement libre à proximité.

L'implantation de parcmètres entre l'avenue Carnot et la rue Chopard sur 56 emplacements, aurait pour conséquence la suppression des véhicules "ventouses" et permettrait ainsi aux personnes qui ont à faire dans ce secteur de se garer plus facilement, et assurerait aux riverains les emplacements disponibles durant la nuit.

parcmètre 2

Cette photo de B. Faille ne manque pas d'humour....

Dans un but de concertation, la Municipalité a décidé de procéder à une consultation de la population concernée par ce problème. Les habitants de la partie inférieure de la rue de Belfort et des rues avoisinantes ont été invités à participer à une réunion publique qui s'est tenue le 13 décembre 1977 au café Français.

Au cours de cette réunion rassemblant une quarantaine de personnes, le contenu du projet d'instauration du stationnement payant entre l'avenue Carnot et la rue Chopard a été exposé. Des arguments très précis ont été avancés par les commerçants et par un médecin qui se sont montrés favorables au projet.

Les participants à cette discussion se sont inquiétés des faibles possibilités de stationnement qui leur sont offertes dans ce quartier, les places étant occupées presque en permanence par certains véhicules.

Cette réunion d'information et d'échange a permis de connaître les avis des uns et des autres.

Dans le même temps, un questionnaire a été diffusé aux riverains concernés par ce projet.

Les résultats ont été les suivants :

Nombre de questionnaires envoyés : 300

Nombre de questionnaires retournés : 71 (soit 23,66%) 

Réponses favorables : 38

Réponses défavorables : 33".

Lors de la discussion qui suivit, un conseiller municipal qui habitait les Chaprais fit remarquer que "..ce sont surtout les personnes qui ont des intérêts particuliers qui se sont exprimées : commerçants, médecins ou autres". Et de proposer la solution du disque de stationnement. Proposition refusée :"..Chacun sait que les automobilistes qui utilisent les aires de stationnement tournent leur disque lorsque le temps est écoulé, ce qui ne libère pas d'emplacement car les disques peuvent se tourner autant de fois que l'on veut...".

parcmètre 1

Photo  B. Faille site mémoirevive ville de Besançon

Un autre conseiller municipal fait remarquer : "Il va falloir informer les utilisateurs des PTT qu'après l'augmentation du timbre de 1 F qui passe à 1,20F, il faudra encore ajouter 1F pour garer son véhicule. Cela commence à faire lourd pour affranchir son courrier"...

La proposition fut tout de même adoptée à la majorité : et c'est ainsi que 56 parcmètres se mirent à ponctionner les bourses, rue de Belfort!

Horodateur pm (2)

Un horodateur actuel rue de Belfort (photo Alain Prêtre)

J.C.G.

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19 janvier 2019

Le CETEHOR quitte les Chaprais en 1962. Du CETEHOR à Francéclat

En 1954, le CETEHOR s'est intéressé aux applications horlogères du transistor.

Et en 1962, c'est le grand déménagement du 16 de l'avenue Carnot. Des locaux nouveaux sont construits au 39 avenue de l'Observatoire et sont inaugurés le 6 novembre 1962.Le nouveau bâtiment de 3 000 m2 est intégré dans l'ensemble scientifique de la Bouloie.

CETEHOR nouveaux locaux 1962

 

C'est toujours André Donat qui est le directeur de ce centre et on le voit ici, sur cette photo de l'équipe du CETEHOR de 1962, en blouse blanche, au centre d'une trentaine de membres du personnel.

CETEHOR inauguration 1962 le personnel

Photo B. Faille site memoirevive besançon

" Les années 70 furent déterminantes pour l'industrie horlogère mondiale.On vit disparaître en Suisse, en Allemagne, aux USA et en France des firmes anciennes et renommées. Alourdies par un équipement important essentiellement consacré à la fabrication des mouvements mécaniques, par un personnel nombreux dont elles ne souhaitaient ou ne pouvaient pas se séparer, les manufactures de réveils ou de montres virent leurs conditions d'exploitation se transformer par la perte d'une partie importante de leur valeur ajoutée. Il n'y avait pas de réel handicap technologique pour fabriquer ces nouveaux produits mais il fallait supprimer des fabrications internes de pièces mécaniques et les remplacer par des composants fournis par les firmes d'électronique. Quant à certains fabricants de composants tels que les fabricants de ressorts ou de spiraux, ils durent chercher d'autres débouchés pour garder leur propre savoir-faire, leurs clients horlogers changeant eux de fournisseurs".

C'est à cette époque qu'André Augé va créer Augé Découpage à Besançon et AMTE (à Thise) reconvertissant ainsi sa fabrication de ressorts, ces deux entreprise étant dirigées par ses deux deux fils.

"En 1971, à l'initiative de la Société de Développement de l'Horlogerie, une dizaine de fabricants et la firme Thomson-CSF créèrent la Société d'Etudes pour le Montre Electronique "Montrelec" qui collabora avec le CETEHOR pour mettre au point des prototypes et des préséries de montres à quartz".

cetehor montre à quartz

Rappelons également pour mémoire, que c'est en 1973 qu'éclatera le conflit LIP, provoqué en grande partie par la concurrence des montres à quartz.

Un plan horlogerie est lancé, en 1975, par le ministère de l'industrie. Le CETEHOR est désigné pour les études et les recherches avec l'appui des équipes compétentes de Thomson-CSF et de l'université Et ce aux côtés de Quartzelec créée par la Compagnie Européenne d'Horlogerie (ex- société Lip) "'...pour fabriquer des cellules d'affichage numérique à cristaux liquides ainsi que des modules pour montre numérique; Sofrelec (crée en 1877 par MM. Cheval et Frésard) pour la fabrication des quartz... Montrelec pour développer la fabrication des montres à quartz analogiques...; JAZ pour industrialiser et automatiser une chaîne pilote de mouvements de réveils à quartz analogiques."

"...Faute de partenaires industriels importants, le CETEHOR ne put remplir sa mission...Il resta dans le rôle plus modeste d'information, d'essais, de réalisations partielles avec quelques entreprises".

Parallèlement s'est créé en 1963 un Comité Interrégional de la Montre (CIM) financé par une taxe parafiscale qui s'est transformé, en 1977 en Comité Interrégional de l'Horlogerie (CIH) puis en 1981 en Comité Professionnel de Développement de l'Horlogerie (CPDH). En 1996, la taxe parafiscale horlogère est étendue à la Bijouterie-Joaillerie-Orfèvrerie. Le CPDH devient donc CPDHBJO. En 2004, ce comité est investi par le Parlement d'une mission de service public. A l'horlogerie, bijouterie, joaillerie orfèvrerie sont ajoutés les Arts de la Table.

En 2008, ce comité absorbe le CETEHOR qui devient son département technique.

Et en 2009, le CPDHBJO devient le comité Francéclat : Comité Professionnel de Développement de l'Horlogerie, de la Bijouterie, de la Joaillerie, de l'Orfèvrerie et des Arts de la Table.

francéclat logo

 

cetehor et france éclat

Francéclat est toujours installé avenue de l'Observatoire.

 

francéclat bijoux

 

francéclat arts de la table

 

Sources : brochure éditée pour le cinquantenaire du CETEHOR en 1995; deux photos de B. Faille site mémoirevive Besançon.

JCG


12 janvier 2019

La création du CETEHOR en 1945 et l'industrie horlogère bisontine à cette époque

Rappelons les origines de ce CEntre TEchnique de l'industrie HORlogère (cetehor) précisées dans l'article paru la semaine dernière, sur ce blog. Et ce, en quelques dates :

1938 : création à l'école d'horlo du Bureau d'Etudes Horlogères (BEH);

1940 : création,par le régime de Vichy du Comité d'organisation de l'industrie de la montre (COMONTRE) et du comité d'organisation de l'industrie horlogère (COHOR);

1941 : le Comontre s'installe 16 avenue Carnot. Son directeur nommé par les autorités de Vichy est M. Marcel Beucler; le directeur Adjoint, M. André Donat est un ex-directeur technique de LIP;

cetehor locaux 001

1945 : fusion de ces deux organismes afin de créer le CETEHOR, 16 avenue Carnot . Directeur M. André Donat (1908-1973). 

andre donat photo 001

Les statuts de cet organisme en fixaient l'objet :

- "conduite et orientation des études, recherches et essais relatifs à la constitution et à la fabrication des appareils d'horlogerie et notamment au tracé des appareils, aux matières premières et produits utilisés, aux procédés de fabrication et de contrôle, fixation des critères de qualité, normalisation, amélioration technique et développement de la production,

- étude des mesures à prendre pour la formation professionnelle,

- tenue à jour d'une documentation technique."

L'équipe était composée de 18 collaborateurs dont 4 ingénieurs de l'Institut de Chronométrie.

André Donat, son directeur, le restera jusqu'en 1971; puis il en deviendra le président jusqu'à sa mort en 1973.

CETEHOR inauguration sept 62 A Donat

A droite sur la photo, A. Donat (avec lunettes) lors de l'inauguration des nouveaux locaux du CETEHOR en 1962 (photo B. Faille)

En 1946, il rédige, à la demande des autorités,  un rapport de 10 pages sur l'état de l'industrie horlogère française, en particulier dans le Doubs. Ce rapport classé dans les archives départementales de la Côte d'Or est une véritable photographie de la situation après la seconde guerre mondiale.

Il y souligne l'importance de l'industrie horlogère suisse qui emploierait de 60 à 100 000 ouvriers qualifiés tandis qu'en France, ils ne seraient plus que 5 à 6 000! Et déjà, à la veille de la seconde guerre mondiale, l'industrie horlogère française était fortement dépendante de sa voisine suisse. Plus de la moitié des 2 millions de montres fabriquées en France se fait à partir d'ébauches suisses;  les ébauches françaises comportent des pièces suisses. Les suisses semblent vouloir ne laisser subsister que "l'industrie du terminage avec pièces suisses".

Trois catégories d'entreprises pouvaient être alors définies , en Suisse comme en France :

- les manufactures qui font des ébauches et achètent des pièces détachées : elles sont peu nombreuses en France. LIP de la rue des Chalets aux Chaprais et, à proximité, ZENITH, rue des Ragots.

- les fabricants d'ébauches et de pièces détachées, divisés par spécialités (une trentaine), et utilisant des machines de précision. C'est le plus grand nombre : Les 2/3 de la profession et les 4/5 du personnel. On en compte 75% dans le Doubs et 20% en Haute Savoie.

- les fabricants établisseurs : ils achètent les ébauches et les pièces détachées. Ce ne sont que des ateliers de montage. Ils représentent 1/3 de la profession et 1/5 du personnel. On en compte 85 dans le Doubs.

Face aux difficultés d'approvisionnement en Suisse, la France avait créé sous l'occupation, une production de machines outils pour la fabrication horlogère avec les sociétés suivantes : Steiner, Sagem, Crouzet, atelier des torpilles de Toulon, établissements d'état de Saint Tropez. A la libération l'industrie horlogère française compte sur les machines allemandes pour se relancer : on apprend ainsi que 450 machines saisies comme dommages de guerre attendent leur distribution à Roanne et qu'il en faudra bien d'autres. Vous pouvez également vous reporter sur l'article (publié sur ce blog) concernant les montres VIXA.

Pour revenir à André Donat, en 1931, il avait produit un mémoire intitulé "Système de numérotation des spiraux" : il reçut pour cela le prix de la Société Suisse de Chronométrie. De cette étude devait naître un système de numérotation universellement appliqué.

andré donat article

Car la France a fait beaucoup d'efforts de recherche sur les spiraux. Avec la Société Métallurgique d'Imphy, dans la Nièvre, et la création, en 1919, de la Société des Spiraux Français. Et " la production française de spiraux atteignit rapidement le niveau international" d'après la brochure du 50° anniversaire du CETEHOR.

Toujours avec les mêmes sociétés et la fabrique de ressorts Augé,  "...LE CETEHOR parvint à mettre au point un alliage permettant d'obtenir des ressorts pratiquement incassables, inoxydables, amagnétiques dont le couple, excellent, ne varie pratiquement pas. Cette réussite alliée à de grandes qualités industrielles, permit à la société bisontine Augé ressorts de devenir dans les années soixante le plus important fabricant mondial de ressorts de montres." Ajoutons que la société Augé, était, à l'origine, installée rue des Noyers (rue Krug actuelle). Nous aurons l'occasion de consacrer un article quant à l'histoire de cette société.

Mais n'anticipons pas : le prochain article sera consacré au départ du CETEHOR des Chaprais et à son avenir.

 Sources : plaquette du CETEHOR pour le cinquantenaire du centre; archives départementales de Dijon.

 

05 janvier 2019

Qui se souvient du CETEHOR installé, jusqu'en 1962, 16 avenue Carnot?

Tout d'abord, que signifie ce sigle CETEHOR ?

cetehor 3 entrée principamle av carnot

L'entrée du CETEHOR, 16 avenue Carnot

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L'ancien  bâtiment du CETEHOR dans la cour du 16 avenue Carnot

Il s'agit du Centre Technique de l'Industrie Horlogère. Il est né, officiellement, le 12 février 1945 d'une fusion volontaire du Comité d'Organisation de l'horlogerie " COHOR " (qui concernait l'horlogerie de gros volume : réveils, pendules,  horlogerie technique et industrielle) et du comité d'organisation de l'industrie de la montre " COMONTRE " .

En fait, les origines du CETEHOR sont plus anciennes et nécessiteront plusieurs articles qui seront publiés sur ce blog. Car à travers l'historique de cet organisme, c'est également celle de l'horlogerie bisontine de l'entre deux guerres, confrontée à l'industrie horlogère suisse qu'il est nécessaire d'évoquer.

Nous disposons pour ce faire de documents passionnants. Tout d'abord la thèse de doctorat de M. Claude Briselance, inspecteur honoraire de l'éducation nationale qu'il a soutenu en 2015  à l'université Lyon 2. Son objet ? "Les écoles d'horlogerie de Besançon, une contribution décisive au développement industriel local et régional (1793-1974)". Thèse effectuée sous la direction de Jean-Luc Mayaud, de l'université Lumière Lyon 2, historien qui publia en 1994, avec le musée du temps, une plaquette de 124 pages sur "Besançon horloger 1793-1914".

Besançon horloger

Autre document important : la plaquette publiée en 1995 par le CETEHOR retraçant ses 50 années d'existence, que M. Christian Buron ancien ingénieur au sein de cet organisme, nous a remise.

cetehor plaquette 001 (2)

Alors, à quand remontent les origines du CETEHOR ? M. Claude Briselance, dans sa thèse, indique :

"Dès la fin de la grande Guerre des volontés vont s'affirmer pour tenter de pratiquer, à l'instar du modèle helvétique, des regroupements de fabricants pour gagner en efficacité. Dans le même temps quelques tentatives sont initiées pour essayer de recouvrer une certaine indépendance vis à vis des fournisseurs suisses (notamment dans le domaine des ébauches et de certaines fournitures) et qui devraient permettre aux horlogers français de peser d'avantage lors des discussions sur les droits de douane et d'assurer un meilleur équilibre des accords transfrontaliers. Mais pour gagner en efficacité, il y a lieu de fédérer, au sein d'une structure, tous les centres de production horlogers français et la Fabrique bisontine est à la tâche. Elle multiplie les initiatives et sait profiter de l'inauguration de la nouvelle école d'horlogerie (1933) pour réunir à Besançon un congrès national de l'horlogerie. Si la politique est au regroupement des forces et à la coordination des actions, les horlogers bisontins, par le truchement de l'ENH (surtout par la volonté de son directeur, M. Trincano) se lancent aussi dans une série d'initiatives qui ont pour objet de normaliser, au plan national, la terminologie horlogère, les différents calibres de montre, la visserie, les représentations graphiques.

La Fabrique bisontine*......veut confirmer son statut de premier centre de production horlogère française, aussi elle lance en 1929 son label "le poinçon de Besançon"  censé garantir les "montres de qualité". A la veille de la seconde guerre mondiale, Besançon innove encore. En 1938 est créé à l'ENH, un "bureau d'études horlogères" chargé notamment "des études techniques en vue d'un perfectionnement et de l'indépendance de l'horlogerie horlogère française".

* M. Briselance nous a aimablement précisé ce qu'il entend par Fabrique bisontine : 

"Il s'agit d'un terme générique qui englobe toute la production horlogère (manufacture éclatée, donc tous les ouvriers et établisseurs qui travaillent pour l'horlogerie) dans l'esprit de la manufacture créée par Mégevand et approuvée par la République le 21 brumaire AN II (11 novembre 1793) sous le nom de: Fabrique Nationale de Besançon. Après l'épisode de Mégevand (et la disparition des aides financières de l'État),  pour rester dans l'esprit de la ''Fabrique nationale d'horlogerie de Besançon'', la municipalité, les responsables économiques  et les horlogers de la ville ont  utilisé le terme générique de ''Fabrique Bisontine'' quand ils évoquent la production horlogère de la ville."

 

Ce Bureau d'Etudes Horlogères est donc l'ancêtre du CETEHOR. Après la défaite de 1940, le régime de Vichy va très vite organiser la production industrielle. Chaque branche d'activité industrielle ou commerciale, créera des comités d'organisation de la profession (loi du 16 août 1940). L'industrie horlogère n'y échappe pas et le 27 novembre 1940 est créé le Comité d'organisation de l'industrie de la montre (COMONTRE). Et dès le 25 septembre 1941, cet organisme s'installe au 16 avenue Carnot!

comontre 8 création

 

Puis le 27 janvier 1941, le comité d'organisation de l'horlogerie (COHOR) qui organisera les activités des commerces de gros et de détail pour tous les produits horlogers.

"Le COMONTRE ne se borna pas à fixer les tarifs, recenser les besoins, répartit les matières, il reprit les activités et les projets du BEH, véritable embryon du CETEHOR". (extrait de la plaquette pour la célébration du cinquantenaire du CETEHOR en 1995).

C'est donc, comme indiqué en introduction,  de la fusion de ces deux organismes créés sous l'Occupation qu'est né le CETEHOR.

Nous évoquerons donc, dans un prochain article, son premier directeur, nommé en 1945, M. André DONAT, qui avait été auparavant Directeur Technique de la société LIP, puis directeur de la section horlogère de l'école Diderot à Paris.

 

29 décembre 2018

Fantine et le gilet jaune...

Si vous passez rue des Cras, vous ne pourrez pas manquer la sculpture réalisée par Dominique Calame, sculpteur reconnu : celle de cette femme implorante  qu'il a affublée, en signe de solidarité, d'un gilet jaune. C'est une image symbolique en cette fin et ce début d'année nouvelle!

fantine 2 face

Renseignements pris, il s'agit du personnage du roman Les Misérables de Victor Hugo : Fantine, la mère de Cosette. Réalisée à l'occasion du bicentenaire de la naissance du grand homme, Dominique Calame l'avait remisée dans ses réserves et l'a ressortie et exposée dans son jardin, pour l'occasion.

Mais savez-vous que Victor Hugo s'est inspiré d'un fait divers pour créer le personnage de Fantine ?

En effet, dans Chose vue, il date l'origine de Fantine de janvier 1841 (à noter qu'il écrit Les Misérables en 1862). Il rapporte ainsi que sortant d'un dîner en ville, chez des amis, à Paris, il a assisté à une vive altercation entre un jeune bourgeois et une prostituée. L'origine? Une plaisanterie absurde de ce bourgeois qui avait envoyé une poignée de neige dans le dos de cette femme.

Fantine Georges-Antoine_Rochegrosse_-_Origine_de_Fantine

 Gravure de Georges Antoine Rochegrosse (DR) 

Les choses s'envenimèrent à tel point que deux policiers emmenèrent la femme au poste de police et la menacèrent de 6 mois de prison! Victor Hugo témoigna aussitôt en sa faveur et parvint à faire libérer la malheureuse.

L'histoire de Fantine, telle que la raconte l'auteur dans son roman, est relativement connue. Résumons la. Fantine serait née en 1796 à Montreil sur Mer. Victor Hugo ne nous dit rien de ses parents, ni de son enfance. Sinon qu'elle part travailler dans une ferme des environs de Paris, à l'âge de 10 ans!

Misérables

Le triomphe de la comédie musicale à Londres, et ce depuis des années...

"Fantine était belle sans le savoir"...note l'auteur. En 1815, elle a une fille, avec Tholomyès plus âgé qu'elle de 9 ans. Ce dernier l'abandonnera deux ans plus tard. Fantine décide donc de retrourner dans sa ville natale afin d'y trouver du travail. Mais son statut de fille mère risque de lui interdire, à cette époque, toute possibilité d'emploi. Et c'est pour cela qu'elle va placer sa fille Ephrasie, qu'elle surnomme Cosette chez les Thénardier. La suite est bien connue. En 1821, la pension de sa fille augmentant, Fantine vendra tout ce qu'elle possède, y compris ses beaux cheveux et ses dents. L'année d'après elle doit se prostituer pour survivre. Puis un incident, pour lequel elle n'a aucune part, va la mettre dans les griffes de l'inspecteur Javert, jusqu'à l'intervention de M. Madeleine, maire de Montreuil,  (Jean Valjean) qui deviendra son protecteur. Elle meurt en 1823 : M. Madeleine lui a fait, sur son lit de mort, la promesse de s'occuper de Cosette.

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Fantine sur son lit de mort .Gravure Emile Bayard (DR)

Et connaissez-vous cette Chanson de Fantine publiée dans le tome I, livre VII, chapitre 6 ? La voici.

"Nous achèterons de bien belles choses

En nous promenant le long des faubourgs.

Les bleuets sont bleus, les roses sont roses

Les bleuets sont bleus, j'aime mes amours.

 

La vierge Marie auprès de mon poêle

Est venue hier en manteau brodé

Et m'a dit :- Voici, caché sous mon voile,

Le petit qu'un jour tu m'as demandé.

-Courez à la ville, ayez de la toile,

Achetez du fil, achetez un dé.

 

Nous achèterons de belles choses

En nous promenant le long des faubourgs.

 

Bonne Sainte Vierge, auprès de mon poêlr

J'ai mis un berceau de rubans orné

Dieu me donnerait sa plus belle étoile,

J'aime mieux l'enfant que tu m'as donné.

- Madame, que faire avec cette toile?

- Faites un trousseau pour son nouveau né.

 

Les bleuets sont bleurs, les roses sont roses

Les bleuets sont bleus, j'aime mes amours.

 

- Lavez cette toile.- où? - Dans la rivière.

Faites en sans rien gâter ni salir

Une belle jupe avec sa brassière 

Que je veux broder et de fleurs emplir.

 

Nous achèterons de belles choses

En nous promenant le long des faubourgs.

Les bleuets sont bleus, les roses sont roses,

les bleuets sont bleus, j'aime mes amours."

fantine 1 profil

J.C.G.

Photos de la sculpture : Alain Prêtre (DR).

Excellente année 2019 à toutes et à tous!

 

 

 

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22 décembre 2018

Mai 1968 : l'occupation de la Faculté des Lettres de Besançon, vue des Chaprais

Nous avons peu évoqué mai 68 à Besançon. Le chapraisien Alain Prêtre, a bien évoqué, dans un article paru sur ce blog le 19 mai 2018 "son mai 68" alors qu'il était au service militaire au 19° régiment de Génie à Besançon. Mais c'est tout...

Et pour cause : l'essentiel se déroulait en dehors de notre quartier, dans la Boucle. Certes quelques usines des Chaprais avaient suivi le mouvement et étaient en grève. Mais lorsqu'il s'agissait de manifester, tout le monde se retrouvait au centre ville.

Une anecdote a cependant retenu notre attention : nous l'avons relevée dans un mémoire de maîtrise soutenu lors de l'année universitaire 1995-1996 par Nadège FAIVRE, sous le titre "Mai 1968 à la Faculté de Lettres de Besançon".

fac lettres 3

mai 68 étudiants

Une image de mai 68 à Besançon (devant église Saint-Pierre) devenue une véritable icône...

 

goudot 04 raclée

 

 Novembre 2017 : la rentrée solennelle universitaire avait était mouvementée devant la Fac de Lettres. Réunis au théâtre, ministres et autorités doivent traverser la rue pour entrer à la Fac. Quelques dizaines de militants de l'UNEF les attendent. Ils se feront matraquer...Cette épisode est resté célèbre, grâce au Canard enchaîné  qui évoqua, non point de rentrée universitaire, mais de la raclée universitaire.

Après avoir rappelé que l'occupation de la Faculté des Lettres par les étudiants dont certains y passaient la nuit, était fantasmée par une partie de la population bisontine qui assimilait cet endroit à un lieu où les étudiants faisaient surtout leur révolution sexuelle, bref une sorte de lieu de perversion, Nadège Faivre rapporte ce témoignage de Maurice Thiriet, alors étudiant en Histoire et militant de la cause...

"...J'étais allé avec Rémy Gandillier et Jean-Luc Rénahy (parce qu'on était encore calotin) à la messe aux Chaprais. C'était un dimanche après-midi à 5h. A la fin du sermon, le curé assimile la faculté des lettres à la commune de 1870 et dit en résumé qu'il faudrait demander à Dieu de pardonner les péchers de la fac de lettres, comme il a pardonné  les péchés de la Commune. Alors, à ce moment là, on s'est retenu pour ne pas partir parce que c'était la fin su sermon. Après on a pris la parole et on a été pris à partie par une série de gros bras de l'église qui nous ont accompagnés jusqu'à la rue Baille et presque jusqu'à la rue de Belfort. Ils voulaient nous casser la figure en nous disant :"Allez faire vos couchailleries à la Fac!". Je me souviens encore de cette anecdote : les gens étaient stupéfaits qu'on puisse faire des choses de bon sens à la Fac. Il se trouve qu'on était trois historiens qui savaient très bien ce qu'était le Sacré Coeur et l'ordre moral en France."( rappelons que le Sacré Coeur à Paris a été construit afin "d'expier" les "crimes" de la Commune!).

"Un copain me racontait que lorsqu'il allait chez lui, le dimanche, vers Clerval, il y avait des gens qui lui disaient : est-ce que c'est vrai qu'à la Fac, ils sont tous couchés ensemble les hommes et les femmes?

Une sorte de vision de Sodome et Gomorrhe.....

mai 68 7

La revendication d'une majorité à 18 ans

mai 68 3

La foule lors des meetings

Nous aurons peut-être l'occasion de publier quelques unes des fiches, le plus souvent élaborées par Rémy Gandillier, concernant quelques usines des Chaprais.

A l'occasion du cinquantenaire des événements de 1968, beaucoup ont souligné combien le mouvement était resté dans les mains quasi exclusives des hommes, même si l'engagement des femmes était très important. Et en ce sens, ce mouvement devait en déclencher d'autres comme les luttes des femmes pour leur émancipation et la libéralisation des moeurs. A suivre donc.

Sources : mémoire de maîtrise de Nadège Faivre; photos Bernard Faille; CPA bibliothèque de la ville; "raclée universitaire" collection privée DR.

J.C.G.

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15 décembre 2018

50 portraits de femmes franc-comtoises, un livre de Madame Eveline Toillon

L’historienne Eveline TOILLON, habitant notre quartier des Chaprais, est bien connue des bisontins pour ses nombreux ouvrages sur l’histoire locale (dont « Les rues de Besançon » publié chez Cêtre, réédition en 2019 ?). Elle vient de publier « Femmes dans l’Histoire : Franche-Comté » aux éditions Alan Sutton.

eveline toillon une couverture

Il s’agit là de portraits de … « femmes représentatives de leur région…./… Le choix pourrait être tendancieux. On peut être tenté de ne parler que des plus nobles, des plus généreuses, des plus courageuses ou même des plus scandaleuses.

A l’étude de leur vie on ressent des coups de cœur ou parfois de franches antipathies, mais il faut bien se garder d’un jugement de valeur. Les femmes qui ont marqué leur temps, en bien ou en mal, ont toutes une personnalité certaine et, partant, une vie intéressante, quelle que soit la façon dont elles l’ont passée.

 Il y a des héroïnes que nous aurions souhaité évoquer, mais il se trouvait malheureusement trop peu de détails sur elles. Quant à d’autres, selon les auteurs, elles étaient soit anges, soit démons, il était alors difficile de se faire une idée précise ».

Voici donc 50 portraits de femmes, des biographies classées par ordre chronologique. Certaines pourraient retenir plus particulièrement notre attention, car ces femmes ont un rapport avec les Chaprais.

Comme Gabrielle Guglielmi-Bardin (la mère de Rudolph Valentino)

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guglielmi tombe 3

La tombe de Gabrielle Guglielmi au cimetière des Chaprais

ou Julie Vigoureux, car toutes deux enterrées au cimetière des Chaprais.

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La tombe de Julie Vigoureux (1812-1880), au cimetière des Chaprais, et son chemin de vie : Besançon, Paris, Belgique, Texas, Paris, Besançon.Elle est la fille de Clarisse Vigoureux ,fourieriste. Elle avait épousé Victor Considérant.Madame Toillon a choisi d'évoquer la vie extraordinaire de Clarisse Vigoureux qui mourut elle, au Texas. Mère et fille furent longtemps inséparables.

Ou encore Madame Denise Lorach, fondatrice du musée de la résistance et de la déportation du musée de la citadelle à Besançon et qui habita avenue Fontaine-Argent.

denise Lorach 2

Madame Denise Lorach. A droite Jean Minjoz.

Nous reviendrons, bien sûr, dans de prochains articles sur des portraits.

En cette période de fêtes, voici un cadeau qui fera plaisir !

Vous pourrez acheter ce livre et vous le faire dédicacer le samedi 22 décembre 2018, de 10h à 12h30  à l'Office du Tourisme (près du pont de la République).

A noter également que Madame Toillon devrait donner une conférence à Besançon dans le cadre de la journée internationale des droits de la femme, le 7 mars 2019.

eveline toillon

 Madame Eveline Toillon

Elle devrait y évoquer certains destins de ces femmes qui ont participé, tout au long de l’Histoire aux longs combats pour l’émancipation de la Femme. Nous aurons l’occasion d’en reparler…

Photos : DR

Autre livre intéressant qui vient de paraître : celui de Madame Chantal Duverget "Peindre la Franche-Comté" aux éditions Sekoya. A travers cette promenade en Franche-Comté, ses paysages et ses peintres qui les ont représentés, vous pourrez retrouver deux peintres que nous avons beaucoup évoqués sur ce blog : Roland Gaudillière et Jean-Claude Bourgeois.

duverget

 J.C.G.