HUMEURS DES CHAPRAIS

20 octobre 2018

Parc des Chaprais : retour sur la célébration des 40 ans de la donation de ce parc par M. André Millot

Nous avons évoqué cette cérémonie organisée le samedi 23 juin 2018, dans le Parc des Chaprais. Vous pouvez aussi vous reporter aux articles publiés sur ce blog le 17 juin 2017 et le 23 juin 2018.

Madame Catherine Millot, fille d’André,  a alors expliqué aux chapraisiens présents lors de cet hommage,  que ce parc était la grande œuvre de son père. Il n’avait pas hésité à racheter une maison et un terrain attenant afin de l’agrandir. Car il avait toujours eu l’intention de le donner à la ville et à ses habitants. Ceci en mémoire de sa famille qui vécut plus de 250 ans aux Chaprais et dirigea le journal Le Petit Comtois qui devait paraître du 1er août 1883, au 22 mai 1944 date à laquelle les allemands suspendent sa publication.

parc millot C

Au nom des chapraisiens, Madame Michèle Roche, habitante des Chaprais depuis des dizaines d’années, membre du Conseil Consultatif des Habitants a souligné toute l’importance et l’intérêt pour notre quartier d’un tel parc. Son discours a fort ému le public présent : à tel point qu’ils sont nombreux à nous en avoir  réclamé le texte intégral. Aussi, malgré ses réticences, nous avons obtenu finalement son autorisation pour le publier ici. Le voici donc….

parc millot M R 2

« Madame Catherine Millot, si j’ai accepté de témoigner en tant que résidente des Chaprais depuis plus de 50 ans, c’est que plusieurs liens affectifs  m’unissent au parc.

Le  premier est dû à mon oncle qui avait acquis, en 1964, la maison contigüe à la villa des Iris, la villa de votre famille, toujours attenante à ce parc. Veuf avec 4 enfants il nous recevait très souvent et tous nos repas familiaux se passaient au 8 de la rue de l’Eglise..

A chacune de mes visites j’admirais alors le parc voisin sans penser qu’un jour je pourrais m’y promener !

parc ch 1 1978

Le parc en 1978

Le deuxième lien tient à ma grand-mère : elle travaillait de minuit à 4 h du matin  au Petit Comtois, rue Gambetta, où elle  encadrait l’équipe d’ouvrières chargées de ficeler les paquets de journaux pour être expédiés dans toute la région !

Enfin, le 3 ème lien est l’importance d’un parc dans mon enfance.

Enfant, je passais beaucoup de temps chez  ma grand-mère qui m’emmenait très souvent  au parc Granvelle (elle habitait rue du Capitole l’ancienne rue des Granges) ;  nous nous installions toujours sur le même banc (attention  c’était le sien et malheur à qui l’occupait !).

Il n’y avait pas de zone de jeux à cette époque et je me contentais de l’écouter me commenter les activités du parc : nous admirions les belles toilettes des passantes qui  se rendaient au théâtre en robe longue, nous pronostiquions les gagnants du  crochet de la chanson au Palais de la Bière, et nous écoutions les   concerts qui se donnaient  sous le kiosque...

J’en ai gardé un merveilleux souvenir ! 

Inutile de souligner que lorsque, en 1978, ce très beau parc devient public, je m’en  suis réjouie ! Mes enfants étaient déjà grands, mais j’y emmenais très souvent mes petits enfants. Pendant les vacances scolaires, ou le mercredi, nous le fréquentions régulièrement; et il n’était pas question de se rendre à la boulangerie, au magasin de journaux ou au cimetière, sans faire une pause récréative dans le parc ! Toboggan, tourniquet, animal à bascule faisaient leur joie ! Et les courses prenaient du temps !!!

Mais nous ne  nous contentions pas de rester sur l’espace jeux, nous faisions obligatoirement  le tour du parc et prenions plaisir à observer les arbres, les fleurs...

 Je me souviens d’un mois de mars où tout au fond du parc un tapis de jonquilles  avait recouvert le sol à notre grande surprise ; c’était pour ma petite fille un petit miracle ! Les jonquilles, on allait les cueillir dans le bois de Chailluz !  Mais là au milieu des maisons, c’était incroyable !!!  Et pas une seconde l’enfant ne pensa en faire un bouquet ! C’eut été un sacrilège !!

Nous sommes retournées plusieurs fois pour les admirer... Y en a-t-il encore chaque printemps ?

Et puis à l’automne nous ramassions les pommes de pin  en prévision des décorations de Noël ! L’arbre est toujours là,  très productif, et ses cônes jonchent le sol, chaque année, jusque sur le trottoir !

Aujourd’hui le parc est bien aménagé, avec une nouvelle aire de jeux, une boite à livres : parents  et enfants y prennent toujours beaucoup de plaisir ; certains même le fréquentent quotidiennement à la sortie de l’école

A Pâques cette année après notre repas familial, mes petits enfants se sont rendus au parc pour y faire jouer leur petite fille de 3 ans,  mon arrière petite fille !!

En faisant ce don à notre ville, et à ses habitants, vous pouvez constater, Madame Millot, la joie que votre père a donnée à trois générations et je suis sûre que cela va encore continuer longtemps.

Au nom des familles de ce quartier merci Monsieur Millot de nous avoir offert la possibilité de profiter d’un coin de nature au milieu de l’agitation urbaine... Les chapraisiens pourront encore longtemps y conduire leurs jeunes enfants et se détendre ou lire sous les magnifiques arbres du parc...

Je vous remercie de votre attention."

parc millot photo 3 grâces 001

 Photos : Alain prêtre, archives municipales.Est Républicain. DR.


12 octobre 2018

Le peintre Roland Gaudillière vu par deux artistes chapraisiens

Nous avons demandé à deux amis chapraisiens, que nous considérons comme des artistes, de choisir quelques tableaux  de l'exposition en cours, à la mairie de Montfaucon, du peintre Roland Gaudillière (voir, sur ce blog, l'article précédent), hommage rendu à l'occasion des 20 ans de sa disparition.

Tout d'abord voici les choix et les textes de M. Alain Prêtre. il est tout à la fois photographe, dessinateur, sculpteur et historien amateur ( voir les articles qu'il a écrits et publiés sur ce blog, concernant les sculpteurs Laethier, Gonez, ses souvenirs concernant Johnny Hallyday, l'entreprise Kelton ou sur son grand oncle Henri Prêtre, aviateur, compagnon de Guynemer).

1996 la roulotte 5P 0,25-0,36 isorel

"Dans sa roulote

Qui grince et qui cahote Il y a peu de place

mais il se prélasse

Mieux que dans un palace!".

1955 la vouivre 4P (2)

 "Elle passa dans un rai de lumière qui fit étinceler 

le rubis de son diadème et briller ses yeux rouges

dans ses cheveux noirs.

A la suite de sa vipère, elle s'engagea dans le sentier"...

Extrait du roman "La Vouivre" de Marcel Aymé.

 

 1997 le retour de l'école 2F

 Le retour de l'école 1997  

"Le trajet entre l'école et la famille était un espace de liberté. Filles ou  garçons nous musardions pour en accroître la durée. 

Les filles papotaient, échangeaient de mystérieux secrets, nouaient de fragiles amitiés, faisaient les coquettes quand elles se sentaient épiées par quelques garçons précoces. 

En général les garçons se montraient plutôt méprisants pour la gent féminine. Ils terminaient leur partie de billes ou réglaient entre eux des comptes imaginaires. On était ennemis quand on n'habitait pas  le même quartier, quand on ne fréquentait pas la même école. 

La guerre était d'abord verbale, on se lançait des bordées d'injures des plus triviales dont on se gargarisait; parfois elle s'aggravait. On se battait à coup de cartables avant d'en venir aux mains, puis chacun regagnait son foyer, accueilli par les manifestations de courroux des parents, quand l'heure prévue était largement dépassée.  

Les déchirures des vêtements, les bosses, les écorchures étaient légitimées par quelques chutes ou incidents inévitables. 

Le retour de l'école était un espace de vie interdit aux adultes."

Alain Prêtre

Autre regard, autres choix de Guy Georges Lesart, ancien professeur d'histoire. Il a publié deux livres concernant deux aspects de l'histoire religieuse en Franche-Comté. "Notre Dame du doute, culte marial en Franche-Comté (du début du XIX° au début du XX° siècle" chez Cêtre (ouvrage épuisé ); "Six petits moines.Le miracle de Faverney,aux éditions de Franche-Comté à Vesoul (ouvrage épuisé). Mais notre ami Guy Georges Lesart est également photographe et poète (voir à ce sujet l'article paru sur ce blog le 4 février 2017,à propos de son exposition "Arc en neige", photos accompagnées de textes poétiques et le portrait d'artiste paru le 1er février 2018 sur le site de Vivre aux Chaprais). 

      Les charbonniers de la foi

Le philosophe Gaston  Bachelard  a  beaucoup médité  sur  l’acte poétique.  

Il parle  du « puits de l’enfance »  dans lequel  se  loge le trésor de tout artiste. 

Il confie son admiration pour un  vers  du poète Audiberti qui se souvient de « l’odeur de son capuchon mouillé ».

Premier tableau : « L’extrême onction »

Gaudillere 1985 l-extreme onction GGL 1 (4)

  

Une ferme  à l’horizon. 

Un chemin tracé comme une tranchée  par les déneigeurs. 

Quelques poteaux en bois,  qui retrouveront  leur fonction  de clôture pour troupeaux  une  fois le grand vert revenu. 

Ces éléments  structurent le paysage enneigé. 

Tapis neigeux à perte de vue, ciel sombre, personnage  en noir. Tout connote le deuil et le dénuement. 

 

Sur un second tableau, un curé, peut-être le même, part, toujours de nuit, dans la pénombre d’un presbytère avec un enfant de chœur porter «le viatique»  à un mourant.

Gaudillere 1 1985 le viatique GGL 2 (4)

 

 Vieux curés courbés, perclus de rhumatisme, au  visage  émacié,  

Harnachés de  vêtements et accessoires sacerdotaux, mitres, surplis, calice, patène, lourdes chasubles noires,  

Ils partent dans la froidure  et dans  les  étendues  neigeuses  de Franche comté. 

Je revois le curé de ma paroisse,  lorsque j’étais enfant, traversant lui aussi  par tous les temps les rues de notre ville 

Pour aller porter  aux mourants  les derniers  sacrements, 

À ceux qui allaient 

« Passer ».

 

Troisième  tableau 

Gaudillere 1991 les pensionnaires ou la promenade du jeudi GGL 3 (3)

 

Un prêtre encore,  tenant par la main l’un  des pensionnaires de son internat  pour « la promenade du jeudi » (autrefois jour de repos des écoliers au lieu  du mercredi  actuel) 

Tous les enfants avancent dans la  neige pour la  promenade, protégés par leur cape et leur capuchon,

Cette  scène pourrait sembler une  provocation aujourd’hui,

A l’heure où éclatent  tant de scandales de pédophilie dans  l’Eglise catholique

Toutes les religions dites du « Livre » semblent incapables de  gérer les questions de sexualité. 

A la lecture de ces tableaux, on ressent presque  physiquement  la lutte de l’homme contre le tragique

Le  blanc  qui recouvre notre Franche-Comté, deux  à trois mois  l’an, est en lui-même une toile pour l’artiste

Tous les  sujets  qui s’y impriment,  sont mis en exergue   et prennent une  dimension  d’une  exceptionnelle signifiance.

Gaudillière  l’a  bien perçu.  

A l’heure où le monde s’étourdit de couleur.

Gaudillière se souvient des formes noires aperçues  dans  son enfance  qui  affrontaient la bise  dans la froidure et parfois dans la nuit

Elles donnaient la main à des enfants affrontant la bise glaciale sous le capuchon de leur  uniforme

Mis en internat  par des  parents peu aimants ou qui avaient trop à faire dans leur vie professionnelle

Enfants souvent  en manque d’affection.

Moi  qui ne suis plus  croyant 

Je  garde respect  et tendresse pour ces hommes qui ont peuplé mon enfance.

Ces curés certes étaient chargés de mille superstitions

Mais le plus souvent idéalistes, généreux, dévoués, souffrants, mystiques

Des prolétaires  de « l’Ecclésia » qui  accompagnaient les  humains sur  l’ultime chemin (via)  

Des hommes le plus souvent humbles et  solitaires dans nos  villages perchés.

Pas des prélats chamarrés  pour  cérémonies officielles avec  corps  constitué et notables

Pas des curés toiles de fond  pour mariés de  l’an 2000 qui  louent par la même occasion château, voiture de luxe

Pour que la  journée  du  grand  « oui »  soit inoubliable,

Elle qui débouchera  une fois sur deux sur un divorce 

                                               C’étaient  des   charbonniers de la foi  

Moi  qui ne  suis plus  croyant

A l’heure  où nos   aînés meurent dans des mouroirs  sans âme appelés Ehpad (Espace d’Humiliation Partagée Avant Décès) 

                                             Je  garde respect  et tendresse pour ces hommes 

                                             Qui accompagnaient  les humains  dans le tragique

                                             Donnaient la main au tragique  

Pour  le  jeune  des années 2000, étourdi de couleurs  sur ses multiples écrans,  ivre des néons flashy  des parcs à  jeux et des

débauches de noël, fête qu’on dit chrétienne….. 

Cette scène appartient sans doute à la fiction

Certains  exploitent même désormais ces défroques ecclésiastiques  pour Halloween

« Halloween »  une autre  horreur venue d’Amérique  qui se sert du tragique  pour faire  peur  aux enfants et prend leur cervelle pour des citrouilles. 

Le  petit garçon qui  accompagne  ce prêtre ce matin-là, les doigts gelés

C’était moi.

J’ai  vécu ces scènes, je peux témoigner

Pour  peindre ces tableaux, Gaudillière  a puisé  dans  « le puits de son enfance »

Le mien fut de la même eau.

                   Gaudillière  ne dissociait pas peinture et poésie 

                                            « Je me souviens de l’odeur de mon capuchon mouillé »

 

                                                                                                                               GGL 2018

 Photos :Touqs Droits Réservés

 

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06 octobre 2018

EXPOSITION-HOMMAGE de 55 toiles du Peintre Roland Gaudillière (1932-1998)

Il y a bientôt 20 ans, décédait le peintre Roland Gaudillière. C’était le 15 novembre 1998 ; il avait alors 67 ans. A cette occasion, une exposition est organisée par la Mairie de Montfaucon et son épouse Annie. Elle réunit 55 toiles exécutées entre 1955 et 1997 appartenant à 24 collectionneurs privés.

1955 autoportrait 15F 0,66-0,54 isorel

Nous avons déjà, à deux reprises, le 19 décembre 2015, puis le 10 mars 2018, évoqué ce peintre réputé, puisque ses liens avec notre quartier ont toujours été très forts.

Et Annie Gaudillière, son épouse est originaire des Chaprais et habite toujours notre quartier. Elle a entrepris un vaste travail de mémoire afin de retrouver les quelques 2 000 tableaux de son mari qui vivait de sa peinture ! Plus de 800 sont déjà répertoriés sur le site qui lui est consacré.  www.roland-gaudilliere.com

Nombreux sont les tableaux de cette exposition qui seront montrés pour la première fois. Car si fin 2013n une exposition intitulée « UNE VIE DE PEINTRE » a été organisée à la Ferme de Courbet, à Flagey, les œuvres étaient en moins grand nombre.

Certains tableaux facétieux méritent quelques explications : comme cet « Amour Conjugal » illustrant l’amour d’un couple vieillissant symbolisé par les dentiers ! D’ailleurs Annie Gaudillière avait souhaité en offrir une reproduction à son dentiste qui eut la bonne idée de l’exposer à l’accueil. Et un jour, une patiente interrogea son dentiste sur la provenance de cette reproduction étant l’heureuse propriétaire du tableau original d’une taille plus importante ! Elle finit d’ailleurs par le céder à ce dentiste qui l’expose toujours dans une salle de son cabinet….aux Chaprais !

1986 amour conjugal 3F

L’humour du peintre se manifeste également dans cette « Tête de Veau » à 23 f le kg

1986 la tête de veau 15F

ou dans ce portrait du « Juge » : Roland Gaudillière aimait se moquer, gentiment, des notables et des corps constitués.

1986 le juge 10F 0,55-0,46 isorel

 C’est ainsi qu’un tableau « Les Élus » aurait été acquis par le Conseil Général du Doubs qui doit l’avoir rangé dans ses réserves.

Autre tableau non exposé « Le Miroir », peint en 1963,  propriété du Musée des Beaux Arts de Besançon. Lui aussi remisé dans les réserves.

1963 le miroir 15M musée des Beaux-Arts Besançon en 1966

D’autres tableaux abordent des sujets plus graves comme « Les Piquets », réalisé alors que le peintre était atteint par un cancer et tableau que son épouse et ses deux fils, offrirent en guise de remerciements, à son médecin qui le suivait avec beaucoup d’attention et d’humanité.

1996 les piquets HF3

Ou ce tableau reprenant le thème de  L’Enterrement à Ornans de Gustave Courbet : Roland Gaudillière a peint son propre enterrement tel qu’il l’imaginait et s’est représenté le regardant passer. Car la mort ne lui faisait pas peur !

1985 l'enterrement dans le haut-doubs 50F

Inutile de vous dire qu’il faut courir à la Mairie de Montfaucon pour cette Exposition exceptionnelle qui ouvrira le vendredi 12 octobre de 14h à 19h puis le samedi 13, dimanche 14, lundi 15 octobre de 10h à 19h00 .

Invitation expo -sans vernissage-

 

Dès le vendredi 12 octobre au soir, nous publierons, sur ce blog, les choix coups de cœur de deux artistes chapraisiens et leurs réactions face à ces tableaux.

29 septembre 2018

Qui se souvient de l'établissement horloger René Blind SA, rue de la Liberté?

Monsieur Pascal Blind a accepté, à notre demande, d'écrire les souvenirs  concernant l'entreprise créée par son père. Nous l'en remercions vivement ainsi que M. Christian Buron qui nous en a révélé l'existence. M. Blind nous précise :

"Quand vous m’avez demandé d’écrire un petit article, j’ai accepté avec hésitation sachant que je devais faire appel à ma mémoire car le temps est déjà éloigné, les derniers événements datant des années 1976-78. Ma mémoire sera relativement sélective, je me souviens surtout d’anecdotes puisque mon père relatait certains faits, en fin de compte, à chaque fois que l’occasion se présentait. 

 

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  L’établissement René BLIND SA, 8 rue de la Liberté,  aux Chaprais fabriquait des montres complètes à partir d’ébauches elles-mêmes fabriquées pour la majeure partie par feu FRANCE-EBAUCHES au Valdahon. L’entreprise était spécialisée dans les petits mouvements : calibre : 5 et demi pour les connaisseurs (diamètre 12.4 mm) qui étaient des petites montres pour dames, selon la mode de l’époque. La mode est un mot important, car la mode était et est toujours quelque chose d’imprévisible, la mode change très vite et l’adaptation devait être forcément très rapide, c’est pour cela que l’entreprise avait étendu sa production à d’autres calibres, pour montres pour hommes, par exemple. La société avait commencé avec quelques employés rue du Funiculaire dans les années 50, puis suite à son extension s’était installée rue de la liberté dans les années 60 avec une superficie de plusieurs centaines de m2 et employait une quarantaine de personnes.

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Atelier, chaîne de montage

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Atelier réglage (on aperçoit par la fenêtre l'ancien bureau de poste des Chaprais)

 Avec ce personnel, l’entreprise produisait dans sa catégorie plus que feu LIP de la grande époque. Les montres avec bracelet étaient vendues aux grossistes prêtes à être revendues et toutes réglées une par une. La précision de marche des montres était une priorité et leur grande qualité. La marque était apposée à la demande du client, en particulier, la marque LANVIN faisait partie du panel. Il y avait aussi une marque de produits internes sans intermédiaire : la marque BLIX. La vente à l’export était relativement importante. L’entreprise était également fière de sa première place en qualité des montres plusieurs années de suite, jugée et décernée par le CETEHOR, le Centre Technique de l’Industrie Horlogère à Besançon.

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Côté anecdote, en particulier, je me rappelle des histoires les plus marquantes que je n’ai jamais oubliées et que je n’oublierai certainement jamais : un jour, classiquement, un client est reçu. Il raconte ses vacances à Courchevel qui se sont déroulées merveilleusement, puis termine : « bon, eh bien maintenant, je ne peux pas vous régler. Comme je ne veux pas que mon banquier s’aperçoive que je ne peux pas vous payer, vous allez m’avancer l’argent et je vous rembourserai la totale plus tard ». Cela rappelle la scène célèbre de Monsieur Jourdain et Dorante qui non seulement ne lui rend pas ce que Monsieur Jourdain lui a prêté, mais lui emprunte de nouveau pour faire un compte rond ou un bon compte, comme dirait Dorante... Contraint d’accepter et de s’exécuter, d’une part pour ne pas perdre ce client, et d’autre part, pour rester dans la philosophie de la pièce de Molière, « le client est roi, ou plutôt roi-soleil», cette personne dont j’ai toujours ignoré le nom, finissait malgré tout par tenir parole et réglait toujours la totalité le moment venu, sachant que cet épisode de la part de ce client ne s’est pas produit qu’une fois."

M. Pascal Blind

Photos P. Blind, DR.

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22 septembre 2018

Il y a cent ans, Albert Metin était inhumé aux Chaprais

Albert Metin fut un grand homme d'état de la III° République. Nous avions évoqué sa venue à Besançon, alors qu'il était ministre du travail et de la protection sociale pour la pose de la première pierre de la Maison de l'Agriculture, rue Delavelle dans notre quartier ( voir article et photos publiés sur ce blog le 24 janvier 2015). Il accompagnait alors le ministre de l'agriculture en titre, M.  Maurice  Raynaud, et c'était le 8 mars 1914. C'est parce qu'il est né à Besançon ( le 28 janvier 1871) et qu'il a commencé sa carrière politique dans la 2° circonscription du Doubs, qu'on qualifiait alors de "Besançon campagne"  ( qui comprenait alors les cantons d'Amancey, d'Audeux, Boussières, Marchaux, Ornans et  Quingey) qu'il est du voyage à Besançon.

 

Albert MetinM_Metin_député_du_Doubs_[

 

Cet agrégé d'histoire avait commencé ses études au lycée Victor Hugo à Besançon, puis à Louis le Grand à Paris. Il enseignait donc  (et il est  l'auteur de nombreux ouvrages scolaires) lorsque Clémenceau crée le ministère du travail en 1906 et lui demande de devenir directeur de son cabinet. Radical socialiste comme son mentor (tous deux alors les plus à gauche de ce parti), il se présente sous cette étiquette à une élection législative partielle le 12 décembre 1909 à la suite du décès du député Léon Janet  (le 24 octobre 1909 à Paris, à l'âge de 47 ans...).

 

albert metin cours d'histoire

 

 

albert metin cours de géographie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Gallica Bibliothèque Nationale de France

Soutenu par les 3 autres députés du Doubs et de nombreux conseillers généraux, Albert Métin est élu avec 6628 voix, soit  1375 de plus que ses adversaires (le candidat de droite M. Pourny est alors baptisé de "radicalo clérical"...).

Mais il doit de nouveau se soumettre au verdict des électeurs lors des élections législatives générales du 24 avril 1910. Il l'emporte aisément par 7239 voix contre 5061 à son adversaire de droite.

A noter que lors de ces mêmes élections, c'est M. Charles Beauquier (1833-1916),un bisontin,  député sortant, qui sera élu dans la 1ère circonscription à laquelle appartiennent les Chaprais. Et ce par 4106 voix, avec seulement 80 voix d'avance ! Aux Chaprais il n'y avait alors que 2 bureaux de vote :

- Chaprais garçons avec 1014 inscrits; 597 votants seulement et 297 voix pour M. Beauquier.

- Chaprais filles avec 1167 inscrits, 727 votants et 362 voix pour M. Beauquier.

 

Charles_Beauquier_1913

 Charles Beauquier en 1913

Albert Métin fut un grand ministre et nombre d'avancées sociales sont à porter à son crédit! Nous n'allons pas les énumérer ici : une conférence de M. Joseph Pinard, programmée le 5 novembre 2018, à 18h00, au Petit Kursaal, devrait répondre à votre curiosité et vos questions.

Il était un des rares hommes politiques de l'époque qui maîtrisait tout à la fois la langue allemande et anglaise!

Et c'est à ce titre qu'il est envoyé par le gouvernement, l'été 1918, pour une mission de rapprochement avec l'Australie, pays qui compte alors de nombreux soldats qui combattent dans le Nord, aux côtés des anglais et des français contre l'envahisseur allemand. Rappelons que 53 993 soldats australiens furent tués durant cette première guerre mondiale! Plus de 331 000 de leurs soldats participèrent aux combats (pour une population alors estimée à 4, 5 millions). Rappelons également l'existence d'un mémorial national australien en France, à Villers-Bretonneux. 

Mais revenons aux obsèques d'Albert Métin qui se déroulent aux Chaprais. Albert Métin est donc à San Francisco, sur le chemin de l'Australie, lorsqu'il meurt subitement à son hôtel le 16 août 1918.

Son corps rapatrié en France, un hommage national est organisé pour son enterrement à Besançon le 11 septembre 1918 (à noter qu'un seul autre bisontin d'origine a bénéficié d'un tel hommage national : Victor Hugo).

Voici ce qui est publié en page 2 du journal réputé de droite L'Eclair Comtois qui visiblement fait un compte-rendu à minimum.

"A midi le cercueil recouvert d'un drapeau tricolore avait été placé sous le hall de la gare (Viotte) transformée en chapelle ardente. Madame Métin et sa fille, M. Métin frère du défunt et les autres membres de la famille, M. Roussel, secrétaire de Métin se tiennent auprès du catafalque.

Des détachements de troupes viennent se ranger face à la gare pour rendre les honneurs..."

On remarque de nombreuses couronnes offertes par la mission australienne (à noter que la mission française en Australie que devait conduire M. Métin, arrivera le 11 septembre 1918 à Sydney...).

Puis le cortège descend l'avenue Carnot et emprunte l'avenue Fontaine-Argent. Au cimetière 5 discours seront prononcés : par M. Gaillard, ministre du travail; le marquis de Moustier en sa qualité de Président du conseil général du Doubs; M. Grosjean, sénateur; M. Reville député de Montbéliard et M. Tramu, ancien député au nom des électeurs du canton de Boussières.

Sa tombe au cimetière des Chaprais était dans un triste état : le Souvenir Français et Renaissance du Vieux Besançon l'ont donc fait restaurer et c'est au pied de cette tombe que la première adjointe au maire, Madame Danièle Dard et M. François Pinard rendirent un bel hommage à cet homme aujourd'hui un peu trop vite oublié.

 

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Tombe avant restauration

 

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Tombe après restauration

 

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 Cérémonie pour le centenaire de son inhumation

 Photos Gallica BNF; wikipedia; jcg . Tous droits réservés.


15 septembre 2018

Une brochure consacrée au sculpteur Albert Pasche vient d'être éditée par la ville...

Une brochure, consacrée au sculpteur Albert Pasche (1873-1964), d'une quarantaine de pages, richement illustrée, vient d'être éditée par la ville de Besançon à un millier d'exemplaires.

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Elle a été rédigée sous l'égide la commission patrimoine et partage du Conseil Consultatif des Habitants (CCH) des quartiers Chaprais/Cras et rassemble de nombreux témoignages.

Pour nos lecteurs attentifs ou pour les passionnés de sculpture, Albert Pasche n'est pas un inconnu. Nous lui avons d'ailleurs  déjà consacré deux articles par le passé : le premier, le 11 novembre 2016, sous le titre "Les trois statuaires du monument aux morts de la Grande Guerre"; le second, le 23 septembre 2017 "Le sculpteur Albert Pasche célébré à Besançon et à Fournets-Luisans".

Pourquoi évoquer ce sculpteur bisontin d'adoption (il est né à Genève), qui vécut longtemps au centre ville (au coin de la rue Emile Zola et la rue du Lycée), inhumé au milieu des bois de Fournets Luisans dans le Haut Doubs (lieu dit Le Pré Oudot), et ce, dans une rubrique consacrée à l'histoire des Chaprais ?

brochure pasche tombe 2 001

Tout simplement parce que, rappelons le, il a réalisé un monument funéraire impressionnant, taillé dans un bloc de marbre blanc, au cimetière des Chaprais, pour les membres de sa famille qui sont enterrés là; les bustes de sa mère et de sa soeur émergent de ce bloc, tandis qu'il se représente lui-même, à leurs pieds, sculptant en médaillon l'effigie de son père.

brochure pasche tombe 001 (2)

Lors de la visite commentée du cimetière des Chaprais, organisée, il y a deux ans, par trois membres de la commission du CCH, ce monument funéraire fut très remarqué! Mais les conférenciers éphémères d'un après-midi ne possédaient pas beaucoup de renseignements concernant ce sculpteur, mises à part ses principales  réalisations à Besançon : sa participation à la réalisation de la fontaine de la place de l'Etat Major (place Jean Cornet); le buste de Veil-Picard promenade Granvelle; les statues de Saint Férréol et Saint Ferjeux à la basilique Saint Ferjeux; les poilus des Glacis et du cimetière de Saint Claude, etc...

pasche poilu st claude 2

Aussi ont-ils voulu en savoir plus et ont mené une longue enquête qui a abouti à la publication de cette brochure qui sera, gatuitement,  à la disposition des bisontins lors d'un parcours d'exploration des oeuvres de ce sculpteur.

pasche ch 10

Et ce, le samedi 15 septembre 2018 de 14h à 16h  à l'entrée du cimetière des Chaprais, côté rue de l'Eglise; au pied du poilu du monument des Glacis et à la basilique Saint Ferjeux. Deux parcours vous seront proposés à Besançon

parcours pasche B 001 (2)

et dans le reste du département du Doubs.

parcours pasche D 001 (2)

 

Ce qui devrait permettre de découvrir ou de redécouvrir ce sculpteur un peu oublié de nos jours.

Attention : si vous pourrez, en dehors de ces journées admirer la plupart des sculptures d'Albert Pasche, deux lieux seront ouverts exclusivement le samedi 15 septembre après-midi de 14h à 16h :

- l'église Sainte Jeanne de Bregille, avec sa Jeanne d'Arc autrefois à l'église Saint François Xavier dans la Boucle.

Pasche ch 8

Et la chapelle privée de madame Robert, à Vaire Arcier, qui possède un des trois grands Christs en bois réalisés par A. Pasche.

Pasche christ Vaire Arcier

Photos : tous droits réservés, Sophie Cousin et Alain Prêtre.

Si vous souhaitez feuilleter cette brochure : http://participer.besancon.fr/

 

parcours Pasche ER 1 001 (2)

Vous

 

Vous pouvez également vous procurer cette brochure gratuite en téléphonant au service démocratie participative de la ville de Besançon : madame Tournier au 03 81 87 82 59. Ou en vous présentant, à partir du lundi 24 septembre 2018, au service d'accueil de la mairie.

Vous pouvez également vous reporter au très précieux article publié sur ce site http://aetdebesancon.blog.lemonde.fr/2018/05/11/une-statue-de-jeanne-darc-par-albert-pasche/

à propos de la Jeanne d'Arc de Pasche dont l'inaugurationétait commentée dans Le Petit Comtois de l'époque.  

 

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08 septembre 2018

Centième anniversaire de la mort de G. Guynemer; un chapraisien rend hommage à Henri Prêtre, compagnon de ce héros...

M. Alain Prêtre, chapraisien, qui a publié à plusieurs reprises des articles sur ce blog, évoque, à l'occasion du centenaire de la mort de G. Gyunemer, la figure de son grand oncle, Henri Prêtre.

Le 11 septembre prochain, il y aura cent ans que le Capitaine Georges Guynemer, disparaissait au dessus de Poelkapelle (Belgique). Un héros légendaire tombé en plein ciel de gloire, un symbole pour tous les aviateurs.

guynemer photo

G. Guynemer (photo collection Ronan Furic DR).

Henri Prêtre était pilote à la SPA 67 (une des escadrilles des Cigognes)  il fut son compagnon au moment des plus durs combats de la guerre 1914-18.

Il a été l'un des premiers à apprendre sa mort. Sur son carnet de vol, à la date du 11 septembre 1917, l’adjudant  Henri Prêtre avait écrit '' Guynemer n'est pas rentré . Attendons ''. 

Au printemps 1916, sur le terrain d'aviation de Dijon Longvic, Henri Prêtre, maréchal des Logis au 26e Dragon, élève pilote , assistait en tenue de vol à la présentation  du premier drapeau de l'aviation française . Le porte drapeau s'appelait le sergent  Georges Guynemer. 

Plus tard, l'adjudant Prêtre et le lieutenant Guynemer se retrouvèrent souvent à Verdun, sur la Somme et bien ailleurs '' Je lui ai tenu son aile une fois à l’atterrissage; une autre fois son moteur chauffait , j'ai aidé au dépannage . On a patrouillé ensemble..'' 

Quand Guynemer a disparu, il avait la poisse depuis quelques semaines avec le moteur de son Spad. Guynemer, on l'admirait : il attaquait toujours le premier. Il n'avait pas peur de la mort. Quel homme ! Quel cran ! Et puis Guynemer, c'était aussi un saint. S'il pouvait, tous les matins il assistait à la messe.

Guynemer et le vieux Charles (2)

H. Prêtre, G. Guynemer et le vieux Charles....

Le 11 septembre 1917, ce fut le grand silence. Pas de nouvelles de Guynemer. Et Henri Prêtre de nous confier dans ses mémoires : 

" Nous n'avions pas le droit, mais avec trois copains on est parti survoler l'Allemagne. C'était défendu. Mais on voulait savoir si on le reverrait. Alors on a lancé un papier (eux aussi, ceux d'en face, nous en jetaient parfois pour demander des nouvelles de leurs disparus).

Et par le même moyen un message clandestin nous est parvenu 20 jours après ; il se résumait à deux mots en allemand '' Guynemer écrasé ‘‘. D'habitude la formule aurait été '' Guynemer mort ''

Quelques jours après, au moment du salut au drapeau, alors que nous étions rassemblés, on a entendu un ronflement de moteur, un avion est passé au dessus du terrain, quelque chose est tombée à nos pieds. C'était un bouquet de roses rouges avec une carte de visite Manfred von Richthofen".

 Quand le capitaine Guynemer disparut Henri Prêtre comptait déjà une victoire et deux citations, Il avait frôlé la mort de près, de très près, Son audace, sa modestie, son courage le classaient dans les sujets d’élite, ont écrits ses chefs. Peu de temps après Guynemer, un as de l’escadrille, Bayliss trouvait la mort en plein ciel, mais pas au combat! Pourtant, le hasard avait voulu que l'adjudant Prêtre parte avec lui. Il leur fallut monter très haut en altitude, à plus  de 7000 m. Babyliss tomba au sol. "Manque d’oxygène, j'en suis sûr", affirme l'ancien des Cigognes  qui, lui, résista.

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Henri Prêtre

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Henri Prêtre

 Laissons lui raconter aussi comment le lieutenant Bozon , coéquipier attitré de Guynemer , crut ne jamais le revoir: " Il était revenu seul car l'adjudant Prêtre venait d'avoir son Spad culbuté par un obus qui lui coupa une partie de son fuselage". Et Henri Prêtre de préciser : "Alors mon moteur se mit à bafouiller. Je passe à deux mètres  au dessus des tranchées allemandes. J'étais foutu . Je ne m'affole pas . En un quart de seconde, voilà mon moteur qui reprend. Je monte ! Une percée.. Dans les lignes ennemies, quelle panique! Des centaines et des centaines d'hommes avaient eu plus peur que moi..J'ai pu me poser sur la plage . Il y avait un trou dans le fuselage. On me croyait disparu . Bozon avait annoncé '' Prêtre , on ne le reverra plus ; il a pris un obus '' Après les retrouvailles , le lieutenant Bozon lui fit promettre : '' Guynemer n'est plus là ; je veux que tu travailles avec moi '' Il en fut ainsi jusqu'en 1918.

Henri Prêtre, sous officier pilote, cinq citations, six victoires officielles (il avait en réalité onze victoires) fut démobilisé avec deux galons et décoré de la Légion d'honneur. Il revint dans son village de Vregille, retrouva sa terre, se maria, exploita une sablière, acheta une ferme et devint maire de son petit village sans se douter qu'un jour, sans ambition politique, il irait siéger au Palais du Luxembourg en tant que  sénateur. Il y est resté 21 ans.

henri pretre carte pilote

La carte de pilote d'Henri Prêtre

Une anecdote, qu'il m'a confiée il y a quelques années : en mission parlementaire, il a été amené à prendre le Concorde, pour un voyage aux Etats Unis. Subitement, une envie le prit, il demanda à l'hôtesse si elle pouvait l'accompagner au poste de pilotage et là il a demandé au pilote s'il pouvait un court instant prendre sa place …  Bien sûr, il lui expliqua qu'il avait été pilote sur Niewport et sur un  Spad 7 C pendant la première guerre mondiale. Le pilote accepta de bonne grâce  et il  put mesurer les avancées technologiques de notre époque. Quel beau souvenir ! me confia t'il.

Lors de ses obsèques, à 91 ans, deux mirages de la base de Luxeuil ont survolé, pendant la cérémonie, le village de Pin l'Emagny  ultime clin d'œil à l'ancien As de la patrouille des Cigognes.

 

Photos archives familiales (tous droits réservés)

Texte  ''mes mémoires'' Henri Prêtre,  son petit neveu Alain Prêtre

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01 septembre 2018

Hôteliers et cafetiers résistants autour de la gare Viotte

Les noms de Gaston Cordier, Louis Hickel, M. Louis,... de Mmes Marcelle Vivot, Marguerite Pinel,... de Jean Pinel, Paul Bonhomme, Clément Mussillon, évoquent-ils des souvenirs, pour vous? Nous avons déjà écrit, par le passé, quelques articles concernant quelques unes de ces personnalités.

hotel de lorraine (2)

L'Hôtel des Voyageurs appartenant à la famille Cordier

(carte collection C. Mourey - DR)

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Le Nouvel Hôtel, vu des Glacis,  après la guerre.Propriété, sous l'occupation, de la famille Pinel.

Car tous sont liés par leur passé de résistant ou d'évadé de guerre.

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Le docteur Louis Hickel

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Monsieur P. Bonhomme, évadé de guerre

Et la plupart ont gravité autour de la gare Viotte.

Peut-être, aujourd'hui, avons-nous du mal à imaginer l'activité centrale de cette gare pendant l'Occupation.

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La gare Viotte après la guerre et avant sa reconstruction en 1964 (DR)

(en bas à gauche les barraquements préfabriqués de la gare)

Il faut se replonger dans le contexte de cette sombre période. L'essence est rationnée et réservée aux occupants. Par exemple les 33 taxis bisontins de 1940 ne peuvent travailler que d'une manière alternative. Et chacun se voit alors attribuer 85 litres d'essence maximum pour la semaine! De nombreux véhicules ont été réquisitionnés et il faut une autorisation spéciale pour pouvoir en utiliser un! Même pour les motocyclettes! Plus tard, les gazogènes tentent de suppléer  l'absence de carburant. Aussi l'essentiel des transports se fait par les chemins de fer. Que ce soit les troupes d'occupation, les marchandises ou les déplacements limités d'une population sous surveillance!

Aussi l'activité autour des gares est intense. Les renseignements concernant les déplacements de matériel et des troupes occupantes sont, le plus souvent, collectés et transmis par les cheminots.De nombreux prisonniers de guerre français internés en Allemagne tentent l'évasion et Besançon devient alors un lieu de passage commode avant d'essayer de passer en zone dite "libre"! De plus, la proximité de la Suisse favorise la création de réseaux de renseignements au profit des alliés.

Besançon occupée dès le 17 juin 1940 (voir à ce sujet l'article publié sur ce blog le 2 juin 2018), la ville ne devint pas du jour au lendemain ville de résistance! Il suffit de se souvenir des deux notes publiées à Besançon par Monseigneur Dubourg, dès la fin du mois de juin 1940 :

Dubourg 1

"Disons le bien haut, c'est trahir la patrie et l'honneur que d'accueillir comme des amis ceux qui viennent chez nous, si corrects soient-ils, avec le seul droit de la force. Donnons leur ce que nous ne pouvons refuser : c'est la loi de la guerre. Soyons corrects mais ne soyons pas serviles. A plus forte raison ni sourires de complaisance, ni familiarité. Restons dignes. La guerre n'est pas finie. Et nul ne sait ce que nous réserve l'avenir".

La résistance fut dans un premier temps politique et ce n'est que  plus tard qu'elle deviendra armée.

Les chemins empruntés par les uns et les autres résultent de choix individuels; ou collectifs lorqu'ils appartiennent à des organisations politiques.

Aussi, à l'occasion de ce 74° anniversaire de la libération de Besançon, la commission "Patrimoine et partage" du Conseil Consultatif des Habitants des quartiers Chaprais/Cras poursuit son travail qui s'apparente à un devoir de mémoire! Et ce, en coopération avec le musée de la résistance et de la déportation de la Citadelle. Après avoir évoqué, à l'automne dernier la Gestapo à Besançon, puis les 16 et 17 juillet 2018 le bombardement de la gare Viotte par l'aviation britannique, et ce, il y a 75 ans, les 7 et 8 septembre prochains, il sera question de ces hôteliers et de ce cafetier résistants près de la gare Viotte.

Faute de salle disponible à proximité de la gare ( ce qui démontre une fois de plus la justesse de la revendication de salles de réunion dans les constructions à venir sur l'ancien site de la SERNAM!), cette question sera abordée dans une salle de l'hôtel Florel -Victor Hugo, 6 rue de la Viotte,  louée pour l'occasion. Compte-tenu du nombre limité  de places (50 chaque fois), cette conférence se déroulera donc le 7 septembre à 17h00, puis sera répétée le samedi 8 septembre à 15h00.

flyer hôteliers résistants 001

Et, afin de permettre leur bon déroulement, l'insciption préalable, par téléphone, est obligatoire auprès de Madame Michèle Roche au 06 70 29 61 50; ou par mail : mic.roche@wanadoo.fr

N'attendez pas le dernier moment pour le faire : lors des conférences sur le bombardement de la gare Viotte,  une trentaine de personnes a dû être refusée faute de place!

Attention : c'est déjà complet le vendredi; il reste qualques places samedi à 15h00.

J.C.G.

Dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine, un parcours intitulé Besançon les Bains est proposé le samedi 15 septembre à 14h00 puis à 16h00. Organisateurs : le CDN, la Villa Médicis, le département des eaux et de l'assainissement de la Communauté d'Agglomération du Grand Besançon et les Conseils Consultatifs des habitants des quartiers Chaprais/Cras et Bregille. C'est, bien sûr, gratuit, mais inscription obligatoire à l'Office de Tourisme et des Congrès à/c du lundi 3 septembre. Tel 03 81 80 92 55.

 

29 août 2018

Le regard de notre ami Alain Prêtre...

Après la publication, samedi dernier, des photos de Guy Renaud, voici celles de notre ami Alain Prêtre, habitant les Chaprais depuis des années, passionné d'histoire, de patrimoine, de sculpture et de dessin. Vous avez pu lire sur ce blog des articles qu'il a écrits concernant l'histoire des usines Kelton où il a travaillé, Mai 1968 ou les souvenirs sur Johnny Halliday; mais aussi les sculpteurs Laëthier et Gonez . Vous pourrez le lire bientôt, à nouveau, à propos du centenaire de la mort de Guynemer...

Avec cet article et ces photos, nous mettons fin à nos publications de l'été. Et dès le 1er septembre prochain nous reprendrons le rythme d'un article publié chaque samedi!

Voici ce que dit Alain Prêtre à propos de ces photographies d'été...

" Quand je me balade, j'ai toujours mon petit boîtier sur moi; parfois je reviens bredouille ; mais d'autres fois je suis heureux d'avoir mis en boîte  un ou deux clichés,  pour mes séries favorites :  les détails d'architecture , les marquises , les graffitis  , les toits et les ciels.
Bref,  je reste un dessinateur dans l’âme ..en maraude..."

Belles marquises....

En voici, quelques unes, repérées aux Chaprais....

 

Marquise 1

 

 

marquise 2

 

marquise 3

 

Ciel des Chaprais

ciel chaprais (2)

Graffitis

graffiti (2)

 

Graffiti 02 (2)

 

Ça l'affiche bien....

affiche (2)

Tendresse

Tendresse

 

Lucarne habitée

 

lucarne habitée (2)

 

Chat sur le toit

chat sur le toit (2)

 

Fragile

Fragile

 

Famille d'escargots

famille escargots - Copie (2)

Belle fin de vacances à toutes et à tous....

Tous les droits de ces photos sont naturellement réservés!

 

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25 août 2018

Le regard de notre ami Guy Renaud

Après l'évocation de la folle équipée de M. Henri Mathey durant la seconde guerre mondiale, un peu d'humour avec Tristan Bernard, le rappel de chansons des Chaprais, poursuivons l'été avec quelques photographies. Tout d'abord celles de notre ami Guy Renaud.

M. Guy Renaud, chapraisien , passionné par les questions d'histoire et de patrimoine, est aussi un fin observateur de la vie du quartier. Auteur de nombreuses photos sur les Chaprais, nous en avons choisi arbitrairement trois parmi les nombreux clichés qu'il a réalisés et qu'il nous a adressés. Certaines sont accompagnées du commentaire de son auteur.

Jugez plutôt...

Guy Renaud 1 la déesse du parc

Il l'a intitulée 'La déesse du Parc" ajoutant "On n'aurait qu'une envie : la caresser délicatement pour la dépouiller des salissures du temps"...

Vous aurez bien sûr reconnu la déesse Terpsichore ou déesse de la danse, du sculpteur Just Becquet, perchée au dessus du pignon du toit de la salle des fêtes du Casino, aujourd'hui CDN....

 

flore bis Terpsichore

  Archives municipales Besançon site mémoirevive : ce cliché a dû être réalisé lorsque la statue fut terminée, avant son installarion au pignon de la salle des fêtes du Casino, actuel CDN....

A noter également ce très beau dessin de Fragonard, de la même déesse, dessin dans la collection du musée des beaux arts de Besançon qui doit rouvrir ses portes le 16 novembre prochain....

terpsichore fragonnard (2)

Autre regard, autre photo de  Guy Renaud, ce toit et ces cheminées insolites à l'angle de la rue de Belfort et la rue du Chasnot.

Guy Renaud Rue du Chasnot- 1 (2) cheminées insolites

 Avec le commentaire suivant :  

"Balade rue de Belfort.

J’ai été intrigué par l'angle entre les cheminées et la façade.

Ce qui veut dire que les murs intérieurs ne sont pas d’équerre avec la façade. 

Quand je pense que j’ai mis un demi siècle avant de m’en apercevoir!".

Si vous avez une explication, n'hésitez pas à nous la communiquer!

Et notre autre ami Alain Prêtre, au vu de cette photo, nous adressa celle-ci, prise à l'angle de la rue de la Cassotte, qui témoigne là-aussi d'une sorte de  bizarrerie dans le domaine de l'architecture :

Angle rue de la Cassote

 Photo Alain Prêtre (DR)

Enfin dernière photo choisie,  prise lors d'une réunion aux Chaprais....

 

Guy Renaud 3 blanches pour 1 noire (2)

 

Légende retenue par M. Guy Renaud : Trois blanches pour une noire....

Merci à nos amis Guy et Alain  pour ces belles photos!

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