HUMEURS DES CHAPRAIS

18 novembre 2017

Universo...du nouveau...sur le plan historique...en Suisse...

A la suite à l'article publié sur ce blog, le 22 octobre 2016, nous avons recueilli, suite à une rencontre avec un historien des Montagnes neuchâteloises, spécialiste des sous-traitants horlogers, les renseignements suivants. Nous l'en remercions vivement.

"D'après les informations que je possède, Universo SA est formé en 1909 par le regroupement des principaux producteurs suisses d'aiguilles d'horlogerie de l'époque. Parmi eux, la fabrique "Henri-Arthur Richardet" implantée à La Chaux-de-Fonds.

En 1924, dans le cadre de la rationalisation de la production d'Universo (et certainement dans le but d'entrer sur le marché français),  la fabrique Henri-Arthur Richardet est démantelée afin de transférer ses moyens de production et son savoir-faire à Besançon. La nouvelle unité est dès lors active sous la raison sociale "Universo Sarl".

universo 1960 davoine modifié

Toujours d'après cet historien, il semble que se soit imposée aux suisses, fabricants d'aiguilles, la nécessité de se regrouper car les fabricants alors fort nombreux se faisaient une concurence sévère. Ce qui avait pour conséquence de tirer les prix vers le bas et donc de provoquer des difficultés économiques.

Effectivement, on peut lire dans l'annuaire spécialisé de l'horlogerie suisse de 1920, une pleine page de publicité évoquant le regroupement sous ce nom générique d'Universo de 11 fabricants, dont 7 à la Chaux de Fond, puis 20 en 1928, 34 en 1939 !

universo 1920 davoine

universo 20 fabriques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

universo 1939 34 entreprises 15 fabriques davoine

Le règlement intérieur Universo de 1920, retrouvé par notre historien, livre des indications intéressantes. Nous vous en livrons quelques unes.

universo règlement

 

L'horaire hebomadaire était de 48 heures effectives.Le samedi après-midi était libre.

Il était interdit d'introduire dans les fabriques des boissons alcoolisés, interdit de chanter, de siffler, de fumer.

Les employés étaient tenus au secret absolu des affaires.

Il était interdit d'emporter des déchets ou d'effectuer des travaux personnels.

Enfin la paie se faisait tous les 14 jours, le vendredi et aucune avance n'était consentie. Pour donner son congé, il suffisait de le faire le jour de la paie, le vendredi.

Aujourd'hui, nous l'avons indiqué dans notre article précédent cité, l'entreprise de Besançon est devenue le CESH, ou Centre Européen des Services Horlogers où sont réparées les montres Tissot.

universo CESH

A la Chaux de Fond, les usines Universo subsistent toujours, dont une nouvelle, rue Louis Joseph Chevrolet.

universo usine 2

 

L'ancienne usine, rue des Crétets est toujours acrive : de l'autre côté de la rue se trouve la cité Universo.

universo panneau usine modifié

 

universo cité logement gros plan

universo cité logement plan large

Le groupe Swatch qui compte, entre autres Tissot (et le CSEH) et Universo affiche un dynamisme remarquable avec ses sociétés présentes, en dehors de la Suisse dans 12 pays européens, 7 pays asiatiques (dont le Japon et la Chine), 4 sur le continent américain (dont les USA et le Canada) mais aussi dans les Emirats arabes Unis et l'Afrique du Sud!

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11 novembre 2017

4ème Café Histoire sur « Besançon les Bains » Villa Médicis le jeudi 16 novembre de 15 h 30 à 17 h

Après avoir évoqué l’avenue Fontaine Argent, la place Flore, le Haut de la rue de Belfort, sera abordé cette fois le thème mythique de « Besançon les Bains ».

 

medicis 01

 

Rappelons le principe de ces cafés histoire : il s’agit, à partir de cartes postales, de photos anciennes et actuelles, d’évoquer le passé, le présent d’un quartier ou d’un lieu des Chaprais, de susciter les souvenirset les témoignages des habitants.  Tout en apportant, si besoin est, le cadre historique.

Alors, Besançon les Bains, mythe ou réalité ?

Comment est né le  thermalisme à Besançon? Pourquoi ce complexe de bâtiments avec l'établissement thermal, le Casino, l'Hôtel des Bains, l'Hôtel du Parc?

Ce fut donc une folle aventure à la fin du XIX° et au début du XX° siècle…

Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Afin de préparer ce café histoire, nous vous proposons le petit quizz suivant qui sera également distribué aux participants le 16 novembre.  Les réponses vous seront communiquées ultérieurement.

A noter et retenir : pour des raisons de capacité d'accueil et de sécurité de la salle mise à notre disposition gracieuse, à la Villa Médicis, les séances du 16 et du 30 novembre sont d'ores et déjà complètes.

Petit Quizz sur  Besançon les Bains

Choisissez la bonne réponse en entourant la lettre correspondante

vue casino et établissement thermal 2

 

1.- Quel est, d’après vous, l’établissement qui a ouvert le premier, en 1892 ?

A : L’Hôtel des Bains

B. Le Casino

C. l’établissement thermal

C - 84 - La Mouillére - Hôtel des Bains

2.- Quels sont les architectes comtois à qui il a été fait appel pour la construction de l’Hôtel des Bains ?

A. Maurice Forien

B. Marcel Boutterin

C. Alfred Ducat

3.- La Villa Médicis s’appelait, auparavant ?

A. Le Grand Hôtel des Bains ?

B. L’Hôtel des Bains

C. L’Hôtel du Parc

C - 90 - Hotel des Bains et Entrée du Casino ()

4.- Les eaux salées de l’établissement thermal provenaient de ?

A. Salins les Bains

B. Miserey Salines

C. Bregille

J2 - 93 - Les Bains Salins de la Mouillère

5.- L’établissement thermal a fermé ?

A. Du fait de l’appauvrissement des eaux salées 

B. D’un manque de rentabilité

C. Des conduites des eaux salées trop vétustes

gare de la mouillere fin XIX°

6.- La gare de la Mouillère a été inaugurée en ?

A. 1855

B. 1884

C. 1892

7.- Président de la République Française, il a pris un repas au Casino lors d’un déplacement officiel à Besançon. De qui s’agit-il ?

A. Sadi Carnot (visite officielle les 25, 26 mai 1890)

B. Albert Lebrun (visite officielle le 2 juillet 1933)

C. Charles De Gaulle (visites officielles le 23 septembre 1944 et le 17 juin 1962)

8.- L’établissement thermal a été détruit en ?

A. 1932

B. 1967/1968

C. 2008

K - Casino des Bains Salins

9.- Le réseau Casino était ?

A. Une chaîne de supérettes

B. Un réseau clandestin de renseignements sous l’occupation allemande

C. Une chaîne de Casinos  pour les jeux (Barrière puis Joa)

casino salle des fêtes verticale

10.- La salle des fêtes du Casino est devenue, au cours des ans?

A. Un foyer pour soldats

B. Un cinéma

C. Un théâtre

Les réponses vous seront communiquées le 2 décembre 2017.

 Sources : Archives municipales, site Mémoirevive Besançon, Villa Médicis, "Besançon Autrefois" de Lionel Estavoyer et Jean-Pierre Gavignet; photos collection François Lassus et Alain Prêtre.

 

Besançon les Bains, du rêve à la réalité 

Il y avait beaucoup de monde, ce jeudi 16 novembre 2017après-midi, à la Villa Médicis, avenue Carnot, pour cette première séance du Café Histoire de l’association Vivre aux Chaprais consacré à Besançon les Bains.

Cafe Histoire Medicis 01 (2)

Des résidants de cet établissement pour seniors qui peuvent y louer un logement du T1 au T3 et qui accueillent aussi bien des personnes seules que des couples. La Villa Médicis est un lieu de résidence avec de nombreux services dont, entre autres la possibilité de restauration dans la superbe salle de réception de l’ancien Grand Hôtel des Bains. Hôtel ouvert en 1893, rénové à plusieurs reprises, racheté par la SEGER en 2003 et inauguré en 2009.

 

Cafe Histoire Medicis 02

Le directeur de l’établissement, M. François Monnier et toute son équipe ont donc accueilli des résidants et de nombreux chapraisiens afin d’échanger leurs souvenirs sur ces lieux devenus mythiques d’une « belle époque » disparue, celle des bains salins de la Mouillère.

medicis 05

 

On notait dans la salle la présence de Madame Eveline Toillon, l’historienne bien connue pour ses nombreux ouvrages sur l’histoire de Besançon.

82-besac e toillon 001 (2)

Mais aussi de personnes plus inattendues comme la petite fille du peintre franc-comtois Emile Isenbart ( né à Besançon en 1846, mort à Besançon en 1921 et enterré au cimetière des Chaprais).

isenbart

 

Ou le petit fils de M. Robert,  dont le grand-père, Paul Robert né en 1874 devait s’associer, en 1926,  avec son oncle François Jean Marie Pateu (1835-1905) afin de créer la célèbre entreprise de travaux de construction et de rénovation Pateu Robert.

pateu robert citadelle et disney

Coupure presse Est Républicain 19 mars 1992 

Emile Isenbart avait participé avec d’autres artistes franc-comtois à la décoration de la salle des fêtes du Casino tandis que l’entreprise Pateu devait construire l’ensemble des bâtiments de ce complexe comprenant un Casino  (avec sa salle de restaurant et sa salle des fêtes), un établissement thermal et le Grand Hôtel des Bains tous ouverts au cours des années 1892 et 1893. 

Ce Café Histoire sera renouvelé, sur ce même thème, sous une forme différente, le jeudi 30 novembre, toujours à la Villa Médicis. Malheureusement il est d’ores et déjà complet….. 

Un compte-rendu plus détaillé des différents sujets abordés et des discussions provoquées sera publié ultérieurement. 

Photos : M. Alain Prêtre, site Mémoirevive Besançon.

A la date du 12/11/2017, les chiffres de 137 000 visiteurs, pour ce blog, ont été atteints et dépassés avec plus de

205 570 pages lues. Merci et bravo à vous!

04 novembre 2017

A propos de l'exposition "C'est mon choix" : les problèmes de sécurité, une question historique et très politique?

Les Archives Départementales du Doubs consacrent aux "élections politiques dans le Doubs du Moyen Age à nos jours" une exposition très intéressante visible jusqu'au 9 février 2018.

C'est mon choix 001 (2)

Au delà des explications sur l'origine du droit de vote et l'apparition du suffrage universel, un panneau a retenu toute notre attention.

Celui représentant une photo agrandie d'une coupure de presse de l'Est Républicain du 1er mars 1983. Nous sommes alors en pleine campagne électorale pour les élections municipales à Besançon, comme ailleurs ( 6 et 13 mars 1983). Le quotidien régional avait alors choisi de poser un certain nombre de questions aux têtes des 4 grandes listes qui s'affrontaient alors.

c'est mon choix est r

Il s'agit là de la question n°7 concernant les problèmes de sécurité. : " Certains quartiers de Besançon sont devenus difficiles à vivre. Sur ce sujet les personnes inquiètes veulent des réponses concrètes. Quelles sont les vôtres?"

Les quatre têtes de liste, Robert Schwint pour "Ensemble pour Besançon", liste d'union de la gauche, Michel Bittard pour "Union de l'opposition", liste d'union de la droite, Alain Fousseret pour "Besançon-Ecologie" et Gérard Maillot pour "La voix des travailleurs contre l'austérité, extrême gauche, répondent.

A noter que M. Robert Schwint se présentait pour la seconde fois, puisque élu dès le premier tour en 1977, à la tête d'une liste d'union de la gauche,il avait remplacé le maire sortant Jean Minjoz qui ne se représentait pas.

Sur sa liste figurait un jeune Jean-Louis Fousseret, frère d'Alain tête de liste de Besançon-Ecologie.

Les propositions faites par les différents candidats pourraient certainement être reprises, en partie, aujourd'hui...

Ainsi, pour le candidat de l'union de la droite :

"Quel mot employer à Besançon? Sécurité ou Insécurité? De l'aveu même de la municipalité sortante, les vols par effraction progressèrent de 20% entre 1980 et 1981, les vols à la roulotte de 33%, les vols de véhicules de presque 10%. Chaque jour 10 à 12 bisontins sont victimes de malfrats.../...

...De plus incontestablement la petite délinquance est liée à des phénomènes dans lesquels une saine gestion municipale pourrait apporter des solutions : univers de béton, chômage, climat social, difficultés économiques, morosité ambiante..."

Réponse pour le candidat de gauche R. Schwint :

"S'il est un sujet important c'est bien celui de la sécurité car il touche au quotidien de la vie des habitants. Nos adversaires de droite ne s'y trompent pas eux qui distillent des propos inquiétants et des statistiques alarmistes.

Il importe de ne pas se laisser abuser.../... La grande criminalité a diminué à Besançon, la moyenne et petite délinquance ont augmenté de façon analogue à celle des années précédentes. Ce bilan une fois dressé, il importe de trouver des solutions sans se limiter à une dénonciation stérile..." . Et d'évoquer les travaux de la commission Bonnemaison (du nom du député-maire d'Epinay sur Seine d'alors) qui prône une politique nouvelle de prévention. Cette commission rassemblait  des maires des plus grandes villes toutes tendances politiques confondues.

Remontons encore un peu plus loin : il y a 50 ans, l'hebdomataire catholique "Cité Fraternelle", dirigé par un chapraisien alors célèbre, le père Jacques Charrière  (voir à ce sujet l'article que nous lui avons consacré sur ce blog, le 20 juin 2015), éditait deux numéros spéciaux, en avril 1967,consacrés à la délinquance juvénile.

 

cité fraternelle 4 16 avril 1967

 

 

cité fraternelle 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits de l'éditorial :

" L'effrayant accroissement de la délinquance juvénile est le signe évident de graves déficiences dans notre société et ses modes de vie. Le heurt entre les civilisations traditionnelles et les nouveautés de la civilisation industrielle brise les structures qui ne s'adaptent pas aux conditions nouvelles..../...

...On doit prévoir une crise qui secouera l'univers civilisé. Elle ne sera ni politique, ni nucléaire, ni économique mais morale.

L'homme cherchera de nouvelles raisons de vivre"....

 

cité fraternelle 7

cité fraternelle 3 bis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques chiffres et commentaires  cités par cet hebdomadaire :

"1966:  Besançon 115 000 habitants.

40 000 mineurs.

10 000 de 16 à 21 ans". Souvenons-nous que la majorité est alors encore à 21 ans.

" 242 mineurs inculpés : 230 français, 12 étrangers; 222 garçons, 20 filles.

"Mais tous sont récupérables déclare le commissaire Roland Pidoux (voir, à son sujet, l'article que nous lui avons consacré sur ce blog le 2 août 2017)

En 1966, 12 seulement des 242 mineurs inculpés étaient des récidivistes. 80% d'entre eux s'amendent avant de devenir des adultes."

Les 16/21 ans représentent 80% du total.

Pourcentage de délinquance juvénile 24 pour 1 000."

"En réalité les 10 000 jeunes peuvent être considérés comme étant en danger moral quels que soient le niveau de vie et le comportement à leur égard de leurs parents.

" Délinquance en hausse de plus de 54% par rapport à 1965 (même progression dans de nombreuses villes)".

 

cité fraternelle 8 les 10 000 jeunes en danger 2

 

 

cité fraternelle 10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

délinquance juvénile 2017 001

 

Article paru dans l'Est Républicain le 17 octobre 2017

Aujourd'hui (statistiques 2015), selon les statistiques diffusées, les faits délictueux constatés, quels que soient les âges se situeraient dans une moyenne de 270 par mois, soit environ 9 par jour à Besançon.

 

abs 2017 sécurité 001

 

 

Pour le quartier des Chaprais/Cras si ces faits de délinquance n'atteignent pas encore un par jour (environ 25 par mois en 2015?), le sentiment d'insécurité dépasse les 20% dans l'opinion des habitants. Ce qui est beaucoup, bien sûr... Mais c'est le pourcentage le moins élevé de tous les quartiers de la ville! Et l'on sait depuis les travaux du criminologue, M. Sebastian Roché, que ce sentiment d'insécurité se nourrit de faits réels ou fantasmés mais aussi des trop nombreux actes d'incivilité constatables au quotidien, par chaque habitant, dans son quartier....

La question de la sécurité ou de l'insécurité n'est certes pas nouvelle comme le montre ce petit retour sur le passé.

Si elle n'est pas centrale, aujourd'hui,  dans notre quartier, elle ne devrait pas, cependant, être négligée.

Il est annoncé le retour d'une nouvelle police de sécurité au quotidien, pour laquelle Besançon est candidate, quant à son expérimentation. Les missions de cette police devraient être connues d'ici la fin de l'année.

Celle-ci apportera-t-elle une amélioration de la situation? Quelle place sera accordée à notre quartier dans ce dispositif?

Sources : Archives Départementales du Doubs, Archives Diocésaines, Ville de Besançon observatoire de la sécurité, Est Républicain.

28 octobre 2017

Petite histoire de la stèle de la Résistance, place de la Liberté et commémoration le 1er novembre 2017, à 11h00

Pour la 7° année consécutive, Vivre aux Chaprais a organisé, le mercredi 1er novembre 2017, à 11h00, place de la Liberté, une cérémonie à la mémoire des 24 Résistants tués lors des combats pour la Libération de Besançon.

stele 2017 1

La cérémonie en 2017 : M. Bernard Carré retraçant la vie des trois premiers résistants inscrits sur cette stèle

 

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stele résistance 3)

L'hommage du Président de la Fédération des Anciens Combattants du Doubs, M. Louis Chevillard

stele resistance

Dépôt de gerbe par le Délégué local du Souvenir Français, M. Michel Stegre

Cérémonie émouvante ce 1er novembre, en présence de nombreux élus et personnalités. Jugez plutôt : M. Jacques Grosperrin, sénateur; madame Michèle De Wilde, députée suppléante de M. Eric Alauzet; madame Odile Faivre Petitjean, vice-présidente du conseil départemental; madame Carine Michel, adjointe au maire de Besançon, le représentant; les adjoints au maire, mesdames Marie Zéhaf, Anne-Sophie Andriantavy et messieurs Nicolas Bodin et Christophe Lime;M. Louis Chevillard président de la fédération des anciens combattants du Doubs;M. René Mussillon, Président de l'aéssociation des Résistants et Familles de Franche-Comté;  M. Jean-Claude Rebière délégué départemental du Souvenir Français; M. Michel Stegre, délégué local du Souvenir Français; M. Jérémy Cholet, chef de cabinet du maire; M. Franck Desgeorges, direction, à la mairie,  des relations avec les usagers.

Sans oublier les représentants des familles de Résistants : madame Nicole Gentine, nièce de M. Roger Pourchet; M. Alain Prêtre, petit fils de Louis Renaudin; M. Christian Mercier neveu de Jean Robert.

Relevons également la présence fidèle de M. Fabien Carriage, porte drapeau du Souvenir Français.

Des fleurs ont été déposées par les représentants de Vivre aux Chaprais, de la fédération des anciens combattants du Doubs, de la section locale du Souvenir Français et, pour les familles par M. Christian Mercier.

M. René Chevillard a chanté, accompagné par les personnes présentes, Le Chant des Partisans puis la Marseillaise.

A noter également qu'à cet hommage aux 24 Résistants, a été associé  un hommage à M. René Gruet, horloger, Résistant, habitant le 24 rue Lanchy,, arrêté le 27 octobre 1943 à son domicile et mort en déportation à Buchenwald le 9 février 1945 : une plaque à sa mémoire a été dévoilée suite à une initiative privée, le 9 septembre 2017, devant son domicile  ( voir notre article paru sur ce blog le 2 septembre 2017).

 L’érection d’une stèle à la mémoire de ces Résistants ne fut pas si simple ! Jugez en plutôt !

Une dizaine de documents, à ce sujet, en particulier les courriers échangés sont conservés aux archives municipales. Même si le dossier n’est pas complet, nous avons pu reconstituer le déroulement passé de ce projet dans ses grandes lignes.

La première démarche officielle concernant ce monument est datée du 12 juillet 1946. Elle émane du Front National pour la Libération et l’Indépendance de la France, section des Chaprais.

Carte_Front-National_1944_recto 3

Quand cette section a-t-elle été créée ? Certainement, sauf erreur de notre part,  aux lendemains de la Libération. Rappelons que cet organisme est à l’initiative,  en 1941, du parti communiste français en vue d’élargir la lutte contre l’occupant. A Besançon, un rapport de police daté du 19 avril 1942, signalait des tracts du Front National collés sur les murs de la ville. Il s’est dissout en 1948.

Voir à ce sujet l’article ci-dessous, paru dans le N° 19 du journal Vivre aux Chaprais, édition spéciale de septembre 1944.

FN article 001

Si le responsable semblait être à Besançon, M. J. Clausse, domicilié aux Quatre Vents,  celui qui mènera le projet à bien était M. René Mussillon, secrétaire de police au commissariat des Chaprais, place de la Liberté (voir sur ce blog  nos articles précédents sur R. Mussillon, en date du 9 septembre 2017 et celui du 7 octobre 2017 pour le poste de police des Chaprais).

Dans ce courrier officiel adressé au Député-maire de Besançon (M. Jean Minjoz), le Front National pour la Libération et l’indépendance de la France faisait part de sa décision  « …d’élever un petit monument à la mémoire des combattants volontaires tombés à la libération de Besançon. »…

FN courrier 12 juillet 2

Et il sollicitait donc « …l’autorisation de faire placer cette pierre place de la Liberté à l’emplacement que vous voudrez bien nous indiquer ».

Il avait bien sûr rappelé que c’est de cette place qu’étaient partis aux  combats, les Résistants regroupés là.

M. Jean Minjoz, à la lecture de ce courrier, donna, par quelques lignes manuscrites, sur le courrier même,   des instructions  à ses services : Voirie n’y a-t-il pas une règlementation propre à ce genre de monument. Se renseigner.

Le 31 juillet 1944, le chef de bureau de la voirie, dans une note manuscrite visée par le directeur des services techniques de la ville précisa les conditions réglementées par une circulaire du ministère de l’intérieur datée du 12 avril 1946.

FN circulaire 12 avril 1 modif

 

FN circulaire 12 avril 2 modif

Aussi prudemment était-il demandé, à la date du 1er août 1944, des instructions à la préfecture par un courrier officiel ; de même, réponse est faite au demandeur, le même jour : il était indiqué que des instructions préfectorales avaient été sollicitées.

Le 10 août 1944, la réponse préfectorale tomba : il n’y avait pas eu de nouvelles instructions autres que celles du mois d’avril et donc il convenait de s’y conformer.

Le 19 août, M. René Mussillon est reçu, à sa demande, par le directeur des services techniques de la ville. Ce dernier rendit compte de cette entrevue dans une note manuscrite datée du 2 septembre 1944.

Il avait alors conseillé à M. Mussillon «... de s’adresser à la Préfecture, seule habilitée à lui délivrer l’autorisation nécessaire…précisant que « …la quantité de matériaux nécessaire à cette mise en œuvre est suffisamment réduite pour que l’esprit de la circulaire se trouve respecté… » Ajoutant : « J’espérais donc que la Préfecture transmettrait la demande avec avis favorable à l’administration centrale.

J’avais suggéré à M. Mussillon d’apposer une simple plaque commémorative en attendant que l’instruction soit terminée mais cela n’a pas paru le satisfaire ».

Après cette entrevue, le 21 août 1944, le Préfet écrivait au Député-maire de Besançon loi disant  qu’il est saisi d’une demande du Front National et tout en citant une circulaire en date du 6 juin 1944, il soulignait l’intérêt « qu’il y aurait à surseoir à la réalisation de projets de cette nature ». Et de préconiser une simple plaque commémorative.

Le 29 août 1944, le Front National qui a reçu copie de cette lettre transmise par la mairie a alors vivement protesté auprès de M. Jean Minjoz et indiquait: « Le comité (des Chaprais) à la majorité absolue maintient son projet».

Aussi le 2 septembre 1944, le Député-maire adressait au Préfet le courrier suivant :

P1020739

 

Le Préfet céda et le 10 septembre suivant, un arrêté préfectoral autorisait le monument projeté tout en précisant ses dimensions.

P1020753

Et c’est ainsi que le 24 octobre 1946,  le Front National pour la Libération et l’Indépendance de la France pouvait annoncer officiellement à M. Jean Minjoz la date de l’inauguration du monument commémoratif le 17 novembre 1946 (la date avait tout d’abord été prévue le 10 novembre, mais il y avait ce jour là, les élections législatives…).

Ce monument a donc été érigé grâce à une souscription publique lancée dès le mois de juin 1944  par le Front National, comme cela est indiqué et gravé dans sa partie inférieure.

stele résistance noms 2

Le lendemain de cette inauguration M. Jean Minjoz reprenant l’invitation officielle qu’il avait reçue, donnait, par note manuscrite,  les instructions suivantes à ses services techniques : « Le monument a été remis à la ville hier, le 17/11/1946. Prendre toutes les dispositions pour en assurer l’entretien. »

Nous pouvons donc constater aujourd’hui, que ce projet réalisé n’a pas été aussi simple que cela à conduire. Et si la raison l’a finalement emportée, les délais nécessaires furent, somme toute, assez courts.

21 octobre 2017

La Gestapo à Besançon

Revenons sur les deux conférences organisées le 12 octobre, puis le 19 octobre 2017, à l'occasion de la sortie du livre de M. Jean-Claude Bonnot  : Gestapistes et Agents Troubles Franche-Comté et Bourgogne 1940-1945, publié aux éditions Cêtre.

gestapo conf flyer 001 (2)

La première a donc eu lieu dans une salle de l'hôtel Florel, rue de la Viotte. Ce choix, rappelons le, ne résulte pas du hasard. L'ancien siège de la Gestapo après une courte période d'installation à l'hôtel de l'Europe, dès,l'automne 1940, est situé à l'hôtel de Lorraine (aujourd'hui hôtel Ibis). Cet hôtel ne disposant pas de salle de réunion, nous avons donc choisi, au plus près, l'hôtel Florel. Du fait du nombre de places limité (50) l'inscription préalable était nécessaire. Il ne fut pas besoin de beaucoup communiquer pour la remplir! Dans l'assistance, outre de nombreux habitants des Chaprais qui représentaient la majorité du public, nous avons relevé la présence d'auteurs de livres d'histoire comme :

M. Joseph Pinard (onze livres publiés chez Cêtre) dont le dernier livre, "Laïcité et Fraternité", suscite bien des débats auxquels participe son auteur avec la fougue que l'on lui connaît;

cêtre 4 Pinard

 

Présence également de M.  Jean-Pierre Marandin auteur, lui-aussi,  de nombreux ouvrages, dont deux volumes publiés également chez Cêtre sur la Résistance en Franche-Comté.

cêtre marandin

 

cêtre Resistances marandin 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JP Marandin frères de misère 001 (2)

Son dernier ouvrage, publié aux éditions Sekoya,"Frères de misère", traite un épisode mal connu, du moins dans la région de Besançon, de l'arrestation, en décembre 1943, de six collégiens, un surveillant, leur directeur, de l'Institut protestant de Glay, dans le Doubs, tous résistants.

Outre ces historiens présents,nous avons également remarqué la présence d'anciens universitaires franc-comtois comme M. François Lassus (historien) et M. Pierre Chauve (géographe). Sans oublier M. Jean-Marie Pinel, président de Renaissance du Vieux Besançon, et madame Danièle Pinel. Rappelons que M. Pinel, le père de Jean-Marie, était propriétaire du Nouvel Hôtel proche de la gare et qu'il fut un grand Résistant (voir à ce sujet l'article que nous lui avons consacré le 7 mars 2015; pour cela, utilisez le moteur de recherche de ce blog). Présence également de Madame Evelyne Cêtre, éditrice.

A noter  l'intervention, lors de ces deux conférences de la direction du Musée de la Résistance de la Citadelle,quant au travail de modernisation de ce musée et à leur volonté d'en faire un musée citoyen.

Les questions posées reflètaient le malaise (pour ne pas dire plus!...) que chacun éprouve devant ces chiffres : 12 agents de la Gestapo dûment recensés à l'antenne de Besançon, ce qui est peu, mais une soixante d'agents troubles, collaborateurs français, à l'exception de quelques suisses!

Autres chiffres significatifs qui ne rendent pas compte, bien sûr, des drames humains épouvantables, les 38 personnes du Doubs, déportées parce que de confession juive et dont 4 seulement rentrèrent des camps d'extermination! (49 déportées pour la Haute-Saône, 5 rescapées seulement!). Attentionsuite à une observation d'une lectrice attentive, ces chiffres nous précise M. Bonnot correspondent uniquement aux arrestations effectuées après le 19 février 1944, sur l'ordre du kommandeur de Dijon Willy Hülf. Ils figurent dans les archives militaires du procès des responsables du commandement régional jugés à Lyon en février 1955.

Les 243 noms figurant sur une plaque commémorative apposée à la synagogue de Besançon concernent la région. Et il semble que cette liste soit loin, malheureusement, d'être complète Une centaine de noms doivent être retenus pour le Doubs. Voir les commentaires publiés ci-dessous après cet article.

 

Plaque

 

 

Il fut question également du rôle joué par des hommes remarquables, comme celui de M. Léonel de Moustiers, député, ayant été un des rares parlementaires à s'opposer aux pleins pouvoirs à Pétain, mort en déportation. On se reportera à ce sujet à l'ouvrage de son fils.

leonel de M 001

 

Il fut question aussi du traître Pierre Martin, exécuté au Terrass Hôtel, alors situé au coin de l'avenue Flore et de la rue de Belfort. A son sujet, M. J.P. Marandin, au printemps prochain, devrait nous écrire un article détaillé .

 

terrass hôtel 1905 1930 2

 

M.  Robert Greset, ancien propriétaire du Chantier du Gaulois et dont nous avons publié les souvenirs (sur ce blog, les 15 et 22 avril 2017), a pu dialoguer avec l'auteur sur la mort de Claude Greset, résistant, blessé à mort dans une ferme près de Nancray.

 

greset 5 1967 001 (2)

 

 

Une habitante de la rue de la Préfecture était également venue assister à cette conférence afin de se renseigner sur l'appartement dont elle est actuellement propriétaire et qui fut occupé par des membres éminents de la Gestapo.

 

conf Bonnot 01 (2)

Salle Courbet, jeudi 19 octobre 2017

(Photo Alain Prêtre)

 

conf gestapo 1

 

Sur l'écran, la photo d'Alfred Meissner, le chef de la Gestapo

Cette richesse des questions et des débats, nous l'avons également constatée lors de la seconde conférence organisée à la salle Courbet de la mairie, du fait de sa proximité, dans la Boucle avec l'hôtel de Clévans, rue Lecourbe, où la Gestapo déménagea dès août 1943.Salle pleine également avec de nombreux habitants des Chaprais et des autres quartiers, voire même de l'extérieur (Saint Vit, Pontarlier!). Il faut dire qu'un article paru le jour même dans l'Est Républicain a largement contribué quant au succès de cette initiative!

gestapo 1

 

 

gestapo 7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gestapo 6

 

Les sinistres geôles de la Gestapo à l'hôtel de Clévans

Nous avons remarqué dans la salle un adjoint au Maire, M. Christophe Lime, le chef du service de la démocratie participative, M. Gilles Labrousse, le délégué du Souvenir Français du comité de Boussières/Saint Vit, M. Jean-Luc Sauvin, sans oublier l'historienne Madame Anne-Laure Charles auteure d'un livre sur les prisonniers allemands de la Citadelle.

 

cêtre 5 anne laure Charles

 

Pour ceux qui s'intéressent à cette période de l'Histoire, il est urgent de lire le livre de 367 pages de M. Jean-Claude Bonnot!

 

gestapo livre 001

 

D'ores et déjà, les organisateurs prévoient de prolonger cette réflexion sur cette période sombre de notre histoire avec, en juin 2018 ( à confirmer) le sujet, encore polémique aujourd'hui, du bombardement de la gare Viotte le 17 juillet 1943 par l'aviation britannique; mais aussi, en septembre 2018 (à confirmer) des précisions sur les quatre hôteliers et cafetiers résistants autour de la gare Viotte. 

Vous pouvez d'ores et déjà nous communiquer vos coordonnées afin que nous puissions vous tenir informés de ces prochaines initiatives.

Précision : les couvertures des livres présentés ici ne sauraient être considérés comme de la publicité. Il s'agit juste d'une information.

 

 Samedi prochain (28 octobre 2017), ne manquez pas l'article qui sera consacré à la stèle de la Résistance, place de la Liberté. Et ce, afin d'annoncer la cérémonie symbolique, devant cette stèle, le 1er novembre 2017, à 11h00, en mémoire aux 24 Résistants tués lors des combats pour la libération de Besançon.

 


14 octobre 2017

Enfin une brochure sur André Seurre, peintre verrier (1902-1977)

Depuis dimanche 15 octobre dernier, ce blog vient de dépasser les 135 000 visiteurs avec 204 700 pages lues! Bravo à tous. Et bonne lecture....

C’est parce qu'André Seurre est né aux Chaprais et qu’il a longtemps vécu et travaillé dans son atelier du 13 rue de la Rotonde, que la commission Patrimoine et Partage du Conseil Consultatif des Habitants des quartiers Chaprais/Cras a décidé de s’intéresser à l’œuvre de ce peintre de fresques religieuses et de vitraux. Et ce, avec le concours de notre association Vivre aux Chaprais.

 

Seurre s

Il convient de rappeler que nous avons évoqué, sur ce blog,  cet artiste, dès le 14 novembre 2013, à propos d'une opération immobilière ( en cours de finalisation en 2017), au 13 rue de la Rotonde où se situait l'atelier d'André Seurre. Puis deux autres articles intitulés "Qui se souvient d'André Seurre?" ont été publiés le 21 février 2015 et le 18 février 2017. Et ce sont ces écrits qui ont permis d'établir des contacts, dans toute la France, avec des admirateurs d'André Seurre et des oeuvres de son petit-fils, Michel Seurre;(pour les retrouver utilisez le moteur de recherche de ce blog en saisissant "André Seurre").

 

brochure seurre 001

 

 

Singulier destin que celui qui après avoir été gérant des établissements Cotelle et Foucher (les inventeurs de la célèbre marque d’eau de Javel Lacroix), découvrira l’art du vitrail aux ateliers Thomas de Valence. Il faut dire qu’il avait suivi, vers l’âge de 18 ans, les cours de l’école des Beaux Arts de Besançon.

Les réalisations d’André Seurre, si elles sont importantes dans le Doubs (église de Montperreux, clinique Saint Pierre de Pontarlier, musée des Beaux Arts de Besançon, église Saint Louis de Montrapon, etc.),  peuvent être également admirées, entre autres, dans la Loire, la Drôme et les Ardennes.

La brochure recense l’ensemble de ses œuvres, sans oublier celles de son petit fils Michel Seurre, toujours vivant, qui travailla dans un premier temps avec son grand-père, puis poursuivit cette activité selon un style qui lui sera propre (églises de Sirod dans le Jura, de Fougerolles en Haute-Saône et à la chapelle de la maison de retraite Jean XXIII de Montferrand le Château : voir photo ci-dessous).

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Maison de retraite Jean XXIII : vitraux de Michel Seurre

Richement illustrée elle est le résultat d’un travail collectif de nombreux acteurs dûment recensés et remerciés. Elle a donc été écrite à plusieurs mains mais une part essentielle en revient à M. André Poggio pour lequel les fresques et vitraux de Séderon dans la Drôme mais aussi de la Loire n’ont plus de secrets.

Cette brochure de 36 pages, conçue pour le graphisme par l’agence Rhodosigne, imprimée par les services de la ville, témoigne d’un style tout à fait particulier et attachant.

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Vesontio : musée des Beaux Arts de Besançon

Dans le cadre des travaux de rénovation du Musée, il ne sera pas reposé. Alors? où l'exposer?

(photo DR Musée des Beaux Arts)

Vous pouvez la consulter sur le site de la ville à l'aide du lien suivant :

http://participer.besancon.fr/

Elle contribue à la mémoire des habitants des quartiers Chaprais/Cras, et de l’ensemble de la ville. 

Elle donne un coup de projecteur particulier sur cet artiste et appelle l’attention des habitants des villes et villages où André Seurre et Michel Seurre ont travaillé et laissé un témoignage de leur création artistique.

Deux conférences sur La Gestapo à Besançon, ont été organisées le jeudi 12 octobre à l'hôtel Florel, au plus près de l'ancien siège de cette police politique de sinistre mémoire (ancien siège à hôtel de lorraine, aujourd'hui hôtel Ibis) puis le jeudi 19 octobre 2017, salle Courbet de la mairie, (au plus près du siège de la Gestapo, après septembre 1943, à l'hôtel de Clévans rue Lecourbe).

Le conférencier,un ancien journaliste Jean-Claude Bonnot, historien, vient de publier chez Cêtre un livre intitulé : "Gestapistes et Agents troubles Franche-Comté et Bourgogne 1940-1945". Aussi Vivre aux Chaprais et le CCH Chaprais/Cras ont-ils proposé à cet auteur de livrer les résultats de ses recherches, dans des ces deux lieux symboliques.

 

gestapistes

 

Ces deux conférences ont fait le plein dans ces deux salles, rassemblant au total 140 participants! La preuve que l'Histoire intéresse les bisontins (en particulier les chapraisiens fort nombreux).

07 octobre 2017

L'ancien poste de police des Chaprais...

 

Petit rappel préalable : n'oubliez pas la Conférence sur la Gestapo à Besançon le 12 octobre, de 17h à 19h à l'hôtel Florel rue de la Viotte (inscription préalable obligatoire au 06 70 29 61 50) et le 19 octobre, de 17h à 19h, salle Courbet de la mairie; là l'entrée est libre puisque nous disposons de beaucoup plus de places .

Sait-on qu'il y a eu, autrefois, un poste de police aux Chaprais?

Lors d'un conseil municipal du 10 février 1882, il est question d'installer le poste de police dans l'immeuble appartenant à la Société Coopérative des Chaprais, rue de la Liberté, là où se trouvera, par la suite, le bureau de poste secondaire. Il est précisé que la ville loue déjà, depuis un an, en pure perte, ces locaux qui sont restés vides. 

poste chaprais vue générale

La société coopérative des Chaprais rue de la Liberté

Or, il ne semble pas que la police municipale ait élu demeure ici.

Car M. Christian Mourey a retrouvé ce document et nous indique:

" suite à une délibération du conseil municipal du 22 mars 1883, une convention est établie  entre le maire Victor Delavelle et Auguste Martin propriétaire aux Chaprais. La mairie loue à raison de 50 Fs par mois une maison, un magasin sur cave, située rue de la Liberté, en vue de l'installation d'un bureau de police municipal. Or, dans les annuaires de 1923, je retrouve ce poste place de la Liberté. S'agit-il du même emplacement?".

 

poste police commissariat rue des chaprais A (3)

 

Location de locaux en 1883, rue de la Liberté

Difficile de le dire en l'absence de précision sur le n° de cette maison dans cette rue. Mais , si l'on en croit les archives municipales et le plan du poste de police qui y est conservé (sans date lui aussi!), il ne s'agirait pas des mêmes locaux. De nouveaux locaux sont donc construits, à la fin du XIX° siècle selon les plans suivants.

poste de police chaprais

Plan du poste de police projeté place de la Liberté (archives municipales)

Dans les années 1920, un rapport d'inspection précise, quant au commissariat des Chaprais de la place de la Liberté.

"l'installation de ce commissariat est assez satisfaisante. Il occupe un petit pavillon indépendant comprenant une salle d'attente, un bureau pour le commissaire, un autre pour le secrétaire, une petite cour donnant accès aux deux geôles assez sommaires et sans autre ouverture que la porte.

Le bureau du commissaire est convenablement meublé, celui du secrétaire où se tiennent également les agents possède une armoire où sont conservées les archives du commissariat.

Tous les registres réglementaires existent au commissariat des Chaprais et leur tenue ne donne lieu à aucune observation.

Il n'y a pas de fiches à ce commissariat, elles sont centralisées au service de sûreté de la mairie."

Il convient de noter que Besançon compte alors un commissariat central (installé à la mairie) et 3 autres commissariats : un à la mairie (en plus du commissariat central), un autre dans le quartier de la Madeleine, et le 3ème aux Chaprais. Soit en tout 35 agents en tenue, 3 brigadiers, 5 sous-brigadiers, 1 officier de paix, 3 agents de la sûreté , 1 inspecteur chef de la sûreté , 6 secrétaires ou employés de bureau, 2 commissaires de police et un commissaire central. Et un rapport d' un policier pour 912 habitants (la ville de Besançon comptait alors 55 652 habitants), alors qu'on en compte, à la même époque,  un pour 361 habitats au Havre et un pour 604 à Belfort (c'est le même rapport qui le souligne).

Ces données chiffrées sont communiquées par le Commissaire Central de Besançon dans un rapport lu par le Maire lors du conseil municipal du 23 janvier 1923.

On sait le rôle joué par ce poste de police lors des combats pour la libération de Besançon en septembre 1944. En particulier avec son secrétaire René Mussillon. Trois policiers seront tués lors de ces combats (voir notre article précédent publié le 9   septembre 2017).

 

poste police 2016

 

Ce qu'il reste de l'ancien poste de police de la place de la Liberté

Ce commissariat de police des Chaprais sera déplacé après la guerre et installé 24 avenue du Carnot. Jusqu'à quand? La date exacte ne nous est pas connue, mais ce doit être au début des années 50 ou début des années 60.

poste police années 50 2016

Dans les années 50, le poste de police des Chaprais était installé là, au 24 avenue Carnot

(voir preuves ci-dessous)

 

police guide pratique 001 (2)

 

 

police services 1951 001

 

Commissariat du IIIème arrondissement (Chaprais)

24 av. Carnot (collection privée Alain Prêtre)

Nous aurons l'occasion, dans un prochain billet, de publier le contenu étonnant pour ne pas dire détonnant du maire Charles Krug, datant de 1923, concernant la police à Besançon.

Sources : archives municipales, archives départementales du Doubs; Mrs. Christian Mourey et Alain Prêtre (merci à tous deux).

30 septembre 2017

La Gestapo à Besançon à l'hôtel de Lorraine, face à la gare Viotte

Le livre de M. Jean-Claude Bonnot, intitulé "Gestapistes et Agents Troubles  Franche-Comté et Bourgogne  1940-1945" vient de paraître aux éditions Cêtre. Il est en vente d'ores et déjà à la librairie L'Intranquille et aux Sandales d'Empédocle (aucune publicité déguisée ici, simple information...).

 Précisons d'entrée qui est M. Jean-Claude Bonnot puisqu'il a un homonyme, avec lequel il n'a aucun lien.

Quand-les-miliciens-traquaient-les-resistants

Titulaire d'une maîtrise d'histoire contemporaine, il a été de nombreuses années journaliste au Progrès, d'abord en Bourgogne, puis à Dole, une ville qu'il n'a plus quitté depuis 1990. Il a publié 6 livres d'Histoire : 5 l'ont été aux éditions du Belvédère, ce dernier, donc,  chez Cêtre.

gestapistes

 

Lorsque nous avons appris le travail réalisé par M. Bonnot, nous lui avons proposé de nous écrire un article concernant le siège de la Gestapo, qui  était situé, jusqu'en 1943, à l'hôtel de Lorraine. Il a volontiers accepté et nous l'en remercions.

Ajoutons que Vivre aux Chaprais, la commission Patrimoine et Partage du CCH Chaprais/Cras, le Musée de la Résistance de la Citadelle proposeront deux conférences avec cet auteur, sur le thème de La Gestapo à Besançon.

La première se déroulera au plus près de l'ancien emplacement de ce premier siège de la Gestapo, à l'hôtel Florel, 6 rue de la Viotte, qui dispose d'une salle de conférence de 50 personnes. Et ce, le jeudi 12 octobre 2017, de 17h à 19h. Compte-tenu du nombre de places une inscription préalable est nécessaire, auprès de madame Michèle Roche, par  tel 06 70 29 61 50 ou par mail mic.roche@wanadoo.fr. Hâtez-vous, il ne reste que quelques places.

Cette conférence sera renouvelée le jeudi 19 octobre 2017, de 17h à 19h salle Courbet de la mairie, rue Mégevand. Comme la salle est plus grande, l'entrée sera libre. Là aussi le lieu est symbolique puisque fin 1943, la Gestapo s'installa rue Lecourbe, à l'hôtel de Clévans où l'on peut voir encore les sinistres cellules et les inscriptions laissées par les Résistants!

 

gestapo plaque emprisonnement

 

 

gestapo 6

"Derrière la façade de l’hôtel Ibis, avenue Foch, se cache aujourd’hui une sombre tranche de l’histoire bisontine. Construit à la fin des années vingt, sur les plans de l’architecte Albert Rouch, il hébergea jusqu’en juillet 1943 l’antenne de la Gestapo de Besançon.  Mitoyen de l’hôtel des Voyageurs, le bâtiment portait à l’époque l’enseigne de l’hôtel de Lorraine. Il était la propriété d’un certain M. Nicod, qui possédait également à proximité une annexe baptisée « hôtel d’Alsace ».

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Carte postale collection Chistian Mourey

hotel de Lorraine 1936

Annuaire Fournier 1936

 

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Annuaire Fournier 1965

Même s’il est largement utilisé pour évoquer la police nazie, le terme « Gestapo » constitue le plus souvent une simplification de langage. D’abord créée en Prusse sous la direction d’Hermann Göring, la Gestapo, pour Geheime Staatspolizei (Police secrète d’État) avait pour mission de traquer tous les ennemis du régime. Dans un souci de centralisation et de contrôle de l’appareil policier, les nazis créèrent en 1936 la Sipo (Sicherheitspolizei, police de sécurité) regroupant sous un même commandement la Gestapo et la Kripo, la police criminelle. Toutefois, et dès 1931, le parti s’était doté de son propre service de renseignement, le Sicherheitsdient (SD, service de sécurité). En septembre 1939, la Sipo, service d’État, et le SD, service du parti nazi, furent regroupés au sein du Reichsicherheitshauptamt (RSHA, Office central de sécurité du Reich), dont la Gestapo proprement dite constituait la quatrième division.

C’est cette même organisation que les Allemands mirent en place en France dès juillet 1940, d’abord de manière secrète pour ne pas heurter la Wehrmacht, puis au grand jour. La Sipo-SD débarqua à Besançon dès la mi-août 1940, sous le commandement du SS Hauptsturmführer (capitaine) Alfred Meissner, 44 ans, qui restera en poste jusqu’à la Libération. Le service fut d’abord logé à l’hôtel de l’Europe, un bel établissement de la rue de la République avant de rejoindre l’hôtel de Lorraine, face à la gare Viotte. Les nazis appréciaient le confort. Le Bottin départemental du Doubs de 1943 nous indique que l’hôtel de Lorraine, « entièrement neuf », disposait du téléphone dans toutes les chambres, du « confort moderne », d’un ascenseur et d’un grand garage. Avec ses soixante-dix chambres, il était largement dimensionné pour accueillir un service qui ne compta jamais plus d’une douzaine de personnes. On ne sait si la Sipo-SD réquisitionna la totalité du bâtiment ou seulement une partie. Mais vu la nature de ses activités, on imagine mal son personnel croisant quotidiennement la clientèle dans le hall et les couloirs… On ignore également quelle compensation fut accordée au propriétaire.

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Le combat contre la Résistance, alors à peine embryonnaire, ne fut pas le premier souci du Haupsturmführer Meissner, qui était dans le civil policier à Münich. Il prit d’abord connaissance du terrain local, pour sans doute mieux repérer les ennemis potentiels du Reich. Ainsi, en octobre 1940, il s’adressa au préfet afin d’obtenir des renseignements sur les activités et les responsables de plusieurs associations. Ce n’est que dans les premiers mois de 1942 que la Sipo-SD obtint « le pouvoir exécutif », celui d’opérer des arrestations, jusqu’alors dévolu à la sécurité militaire. Le véritable travail de répression allait pouvoir commencer.

Meissner, de l’avis même de nombreux résistants bisontins, se montra peu sanguinaire et volontiers conciliant. Par exemple, il favorisa en juillet 1944 la libération de Jean Minjoz, futur maire de Besançon. Cet état d’esprit n’était pas celui du Hauptscharführer (adjudant-chef) Herald Mauz qui fut son adjoint du printemps 1943 au début de l’année 1944. Né en 1905, il aurait été avant la guerre dessinateur publiciste, puis employé d’un camp de jeunesse. Très brutal lors des interrogatoires, il suscitait même la crainte de son chef qui n’osa que très rarement s’opposer aux pratiques de son subordonné. Mauz fut en particulier le meurtrier du passeur et résistant Paul Koepfler, abattu le 31 mars 1943 dans une rue de Poligny.

La plus grosse affaire à laquelle fut mêlée la Sipo-SD de Besançon, à l’époque de son séjour à l’hôtel de Lorraine, fut le démantèlement du groupe Guy Mocquet. En réalité, Meissner et ses hommes n’y jouèrent qu’un rôle de second plan. L’affaire fut en effet conduite par l’Abwehr de Dijon, avec le concours de la Sipo-SD de cette ville, dont dépendait l’antenne de Besançon. Elle se conclut par l’exécution de seize résistants, fusillés le 26 septembre 1943 à la citadelle de Besançon, et la déportation de nombreux autres.

La police allemande n’aurait pu atteindre l’efficacité qui fut la sienne sans le concours de nombreux auxiliaires français. C’est ainsi qu’arriva fin mars 1943 à l’hôtel de Lorraine Charles Huter, un jeune homme de 22 ans embauché comme interprète. Il n’allait pas tarder à sortir du cadre initial de sa mission pour devenir un fidèle de Mauz. Autre figure des lieux, Conchita M., une curieuse aventurière, mère célibataire de trois enfants, devenue la maîtresse de Mauz. L’hôtel de Lorraine ayant été sérieusement endommagé lors du bombardement de la nuit du 15 au 16 juillet 1943, la Sipo-SD fut contrainte de déménager. Elle s’installa dans le cadre luxueux de l’hôtel de Clévans, 4 rue Lecourbe, un bâtiment construit au milieu du dix-huitième siècle laissé disponible par les autorités militaires après la dissolution de l’armée de Vichy. Les policiers allemands ne quitteront les lieux que quelques jours avant la libération de Besançon.

Que devinrent les principaux responsables de la Sipo-SD de Besançon ? Meissner fut condamné le 10 mai 1950 par le tribunal militaire de Lyon à cinq ans de travaux forcés ; son second Herald Mauz fut condamné à mort par contumace. Le successeur de ce dernier, Walter Menzel, fit appel de sa condamnation à mort. Le tribunal militaire de Marseille confirma le 26 octobre le jugement de celui de Lyon, et Menzel fut fusillé le 21 février 1951. Quant à Charles Huter, à l’issue de son procès devant la cour de justice du Doubs, il fut lui aussi fusillé, le 2 octobre 1945, comme le seront plusieurs de ses complices français".

Jean-Claude Bonnot

Gestapo (2)

Le jeudi 28 septembre dernier, ce blog dépassait le nombre de 134 000 visiteurs et 203 200 pages lues. Merci à tous nos lecteurs.

23 septembre 2017

Le sculpteur Albert Pasche célébré à Besançon et à Fournets-Luisans

Si nous avons déjà évoqué sur ce blog, dans des articles précédents, le sculpteur Albert Pasche, l'actualité nous incite à revenir sur cet artiste qui avait un domicile à Besançon, rue Emile Zola, et qui est l'auteur de plusieurs statues et monuments remarquables. Nous avons également signalé deux d'entre eux qui ont un rapport plus direct avec les Chaprais : le monument funéraire qu'il a sculpté pour sa famille au cimetière des Chaprais et le poilu du monument aux morts installé, à l'origine, devant la gare Viotte (aujourd'hui déplacé en partie dans l'espace du souvenir aux Glacis).

 

pasche 3 11 2016

 

 

 

pasche et drapeau

 

Nous indiquions dans l'article publié le 11 novembre 2016 intitulé "Les trois statuaires du monument aux morts de la Grande Guerre" à propos d'A. Pasche : :..."Ne commettez pas l'erreur de croire qu'il est lui aussi enterré au cimetière des Chaprais! Le très beau monument funéraire de marbre blanc qu'il a sculpté lui-même, est le tombeau de sa famille (sa mère, sa soeur et son père en médaillon, le sculpteur se représentant lui-même en train de sculpter ce dernier)."

Et si nous ne vous indiquions pas où se situe la sépulture d'Albert Pasche, c'est parce que nous ne le savions pas encore! Les membres de la commission Patrimoine et Partage du CCH Chaprais/Cras qui avaient organisé des visites guidées du cimetière des Chaprais en 2016 ont mené l'enquête pour vous!

Il est donc enterré au Pré Oudot, dans les bois,  sur sa propriété qui était alors une ferme de la commune de Fournets-Luisans. Cette ferme a depuis, été transformée en magnifique Maison d'Hôtes de Charme, classée récemment 5 épis, le "top niveau" dans cette catégorie! 

Albert Pasche y avait fait construire son tombeau, une sorte de mausolée, en ciment!...( lui qui sculptait si magnifiquement le marbre), pour son épouse Jeanne décédée en 1958. Lorsqu'il mourut lui même en 1964, il se fit enterrer là. Or, au fil du temps, le mausolée, à cette altitude, dans les bois, était fortement dégradé. Le grand Christ en Croix, sculpté par A. Pasche, était abimé.

 

pasche et christ août 1947 001

 

 

Le sculpteur et son Christ au Pré Oudot

Grâce aux propriétaires du Pré Oudot, les époux Benoit-Péquignet, tout vient d'être magnifiquement restauré.

 

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pasche mausolée dégradé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mausolée neuf début années 1960

 

Le mausolée dégradé par le temps tel qu'on pouvait

encore le voir en juillet 2017

 

 

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Le mausolée restauré septembre 2017

 

Aussi, à cette occasion, un hommage est rendu à Jeanne et Albert Pasche, le samedi 23 septembre 2017, avec le dévoilement du Christ en Croix réinstallé. Et à cette occasion, les derniers membres de la famille du sculpteur, dont M. Pierre Favre-Bulle, 90 ans, habitant le Calvados, ont fait le voyage afin de pouvoir se recueillir également sur le tombeau familial au cimetière des Chaprais. C'était vendredi 22 septembre, avant de rejoindre Le Pré Oudot pour la cérémonie du lendemain. Ils étaient donc 7 membres de cette famille venus d'Ifs, Annecy, Aix les Bains, Mandelieu pour cette occasion, trois générations confondues. Voir la photo ci-dessous.

 

famille favre bulle

 

Plus de cent personnes étaient présentes, samedi 23 septembre 2017, au milieu des bois, au Pré Oudot devant le mausolée Pasche. Voir ci-dessous la photo d'Alain Prêtre avec une vue partielle de l'assistance.

 

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Article Est Républicain du 24 septembre 2017

Un document a été édité pour la cérémonie au Pré Oudot et nous vous en livrons, ci-dessous,  les éléments biographiques rapportés.

Et si l'on songeait à baptiser le nom d'une rue de Besançon "Albert Pasche"  ?

 

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Albert-André Pasche (1873-1964) : repères sur sa vie et ses œuvres

- Naissance d’André-Albert Pasche, le 27 décembre 1873, en Suisse, à Plainpalais ; son  père Louis Daniel Pasche était ingénieur horloger (inventeur en 1899 d’un «  système de montre perfectionné avec remontoir au pendant » ; sa mère, Marie Roy était originaire de Baume les Dames.

- Installation de la famille à Besançon. Pas de renseignements précis sur la scolarité du jeune Albert. Il semblerait qu’il soit d’abord tailleur de pierre et sculpte à l’âge de 14/15 ans la fontaine de la place de l’Etat Major à Besançon (actuelle place Jean Cornet), pour devenir progressivement statuaire.

- Travaux de sculpture à la basilique  Saint Ferjeux, et réalisation des statues de Saint-Ferréol et de Saint Ferjeux, dont une réplique de ce dernier est à l’entrée de la grotte et de la chapelle de Remonot.

-  Premières médailles au salon des Artistes Français, au Grand Palais, à Paris en 1903 pour une Ariane abandonnée, puis en 1909 pour le monument funéraire de Clarisse Bourdeney, au cimetière du Père Lachaise à Paris.

- Mariage en 1912 avec Juliette Sionneau, 22 ans,  avec qui il vivait à Paris dans le 14° arrondissement et avec laquelle il avait eu deux enfants : Jean né en 1907 (décédé en 2002)  et Madeleine née en 1910 (décédée en 1997). Le divorce interviendra dès 1913.

- Il se remarie peu de temps après avec Jeanne Louise Ducasse, musicienne et chanteuse lyrique qui dans les années 50 organisera, à Besançon,  de grands concerts de musique, les concerts Bourdeney, en mémoire et en tant que légataire testamentaire de Clarisse Bourdeney, compositrice de musique. Jeanne Ducasse semble être issue d’une riche famille, aux multiples relations dont Lili Laskine et Yedi Menuhin, entre autres qu’elle accueillera à Besançon dans le cadre de ces concerts.

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- Leg en 1919 par Marie Angélique Laure Bourdeney, sœur de Clarisse, à sa mort, de la fortune familiale au couple Pasche, dont le château d’Etrabonne (Doubs) et le Pré Oudot à Fournets-Luisans.

- C’est la période de sculpture des poilus pour les monuments aux morts de la Grande Guerre : Besançon, Etrabonne, Reugney  (Doubs).

- Albert Pasche réalisera ensuite des séries de sculptures sur divers thèmes : sportifs (footballeurs, boxeurs, etc.) étant lui-même un grand sportif ; sur Jeanne d’Arc (œuvres à Besançon, Rouen, Paris) ; deux autres tombeaux funéraires au Père Lachaise (Marie Roze, cantatrice 1846-1926 ; Georges Enesco chef d’orchestre, violoniste 1881-1955) ; des bustes glorifiant des personnalités  comme Veil Picard, promenade Granvelle à Besançon, etc.

- Le couple partageait son temps entre différentes propriétés et villégiatures : Paris, avenue d’Auteuil, Besançon (rue Emile Zola), le Pré Oudot à Fournets-Luisans.

Albert Pasche meurt à Besançon le 27 juin 1964 quelques années après son épouse Jeanne, enterrée la première au Pré Oudot en 1958 et pour laquelle il a fait réaliser ce mausolée par l’entreprise de maçonnerie Pierre Tissi d’Orchamps-Vennes et sculpté, dans le bois, le grand Christ en Croix réinstallé, après restauration par l’ébéniste suisse Nicole Chevalley, dans son mausolée lui aussi restauré par l’entreprise de maçonnerie Mota & Mota.

Sa volonté était d’être enterré auprès de son épouse dans cette propriété qu’ils ont tant aimée !

Les œuvres d’Albert Pasche témoignent de sa force créatrice et de son talent ! Il en reste de nombreuses à découvrir ! Et nous comptons sur vous tous afin de compléter ces informations. Si vous possédez des documents, photos, etc. n’hésitez pas à contacter madame Laurence Péquignet au Pré Oudot : car une brochure plus complète sur Albert Pasche est en préparation.

 

 

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16 septembre 2017

Journées Européennes du Patrimoine et exposition Besançon de papier ou Projets d'urbanisme oubliés

Ce sont les traditionnelles Journées Européennes du Patrimoine ce week-end. Aux Chaprais/Cras une seule visite proposée, celle des locaux occupés par Le Centre Dramatique National, avenue Edouard Droz, esplanade Jean-Luc Lagarce. Et ce sur inscription préalable à l'office du tourisme. Nous aurons l'occasion d'évoquer ce lieu historique lors de notre prochain café histoire programmé le jeudi 16 novembre 2017. Nous vous en reparlerons....

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Pas de visites commentées de la partie classée du cimetière des Chaprais cette année. La commission Patrimoine et Partage du Conseil Consultatif des Habitants des quartiers Chaprais/Cras, organisatrice des 3 visites guidées l'an passé ( qui ont rencontré, rappelons le,  un grand succès... ) a décidé de souffler un peu car elle conduit d'autres projets et souhaite se donner du temps afin de proposer un nouveau circuit en 2018.

Outre les lieux traditionnels que vous pourrez visiter dans la Boucle et au-delà, nous vous signalons une exposition fort intéressante  aux Archives Municipales de Besançon, 1 rue de la Bibliothèque,qui débutera le 16 septembre (jusqu'au 21 octobre, puis prolongation du 28 octobre au 25 novembre, le samedi après-midi uniquement). Son thème : une trentaine de projets d'urbanisme étudiés (de 1756 à 1993), pour la ville de Besançon, et qui n'ont jamais vu le jour.

 

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Quatre projets,  au moins, concernent directement les Chaprais. Trois concernaient le quartier de la Mouillère et datent respectivement de 1881, 1914/1915 et le derbier...1993. 

 

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Il s'agit, pour le plus ancien de l'aménagement d'une passerelle piétonne à la gare de la Mouillère ! Cherchez l'erreur!

Cette gare a été mise en service seulement en 1884! Voir à ce sujet, sur ce blog,  les articles consacrés à cette gare.

 

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Si vous visitez cette exposition, tout ceci vous sera expliqué. Et nous y consacrerons prochainement, comme pour les 3 autres projets, un article complet. Nous n'allons pas tout vous dévoiler aujourd'hui....

Le second, à la Mouillère, concerne un pavillon du tourisme,  qui se serait situé au Rond Point des Bains, à peu près à l'emplacement actuel de l'office du tourisme à Micaud . Projet daté de 1914/1915 du grand architecte Maurice Boutterin que nous avons déjà évoqué sur ce blog. et là aussi nous reparlerons de ce pavillon du tourisme "à la pointe de la modernité".

 

boutterin pavillon tourisme

 

 Troisième et dernier projet plus récent ((1993) pour la Mouillère, un grand bâteau hôtel sur le Doubs .Reproduction d'un vaisseau royal du XVIII°siècle, d'une longueur prévue de 40 mètres, amarré près de l'office du tourisme, ce projet émanant d' un propriétaire privé était surprenant! Nous l'évoquerons là-aussi, plus en détails dans un prochain article.

Enfin quatrième projet concernant les Chaprais, à la gare Viotte cette foisdaté de 1969, émanant du service d'urbanisme de la ville chargé d'imaginer le Besançon de l'an 2000....il envisageait de créer autour de Viotte, un nouveau centre-ville avec un Centre directionnel. Le journal s'informations de l'agglomération du Grand Besançon, dans son n° de septembre distribué dans les boîtes aux lettres, a mis en avant, dans ce cas, la création d'e ce centre d'affaires avec héliport. Mais cela ne s'arrêtait pas là.

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Bonnes visites! Rendez-vous dès samedi prochain, sur ce blog pour un article annonçant la sortie prochaine d'un livre sur la Gestapo à Besançon et deux conférences que nous organiserons à ce sujet.