HUMEURS DES CHAPRAIS

13 juillet 2019

Les victimes du bombardement de la gare Viotte du 16 juillet 1943

Chaque année, nous revenons à la même période sur le bombardement de la gare Viotte, le 16 juillet 1943, par l'aviation britannique. On sait que ce bombardement fit de nombreuses victimes dans la population bisontine :51 morts et 131 blessés.

bomb 1 gare

Jusqu'à présent, nous avions pu retrouver les noms de 20 victimes publés dans La République de l'Est et repris par  M. François Henriot dans son livre "Merci Monsieur Churchill" publié en 2016, pages 143 et 144;

Une liste dactylographiée, retrouvée aux Archives municipales, atteste de 33 victimes, dont de nombreux débris humains non identifiés. 

victimes bombardement 1943 victimes (2)

Il est ainsi évoqué, dans une sorte de comptabilité macabre des débris calcinés enterrés dans les fosses communes 17,18,19  cimetière ; des débris inconnus fosses 14 et 22; un sac de débris inconnus, fosse 14 et un drap avec un pied fosse 16, tous allée I du cimetière de Saint-Claude. 

A ce sujet, madame Jeanne Dureil, née Plançon, témoigne dans la brochure qu'elle a consacrée à son frère "Gabriel Plançon Résistant Assassiné à Besançon", le 14 septembre 1943, p.24 :

" Le bombardement de Besançon eut lieu dans la nuit du 16 au 17 juillet 1943n c'étair peu avant l'assassinat de Bibi (petit nom de Gabriel).

Après cette affreuse nuit, mon père me dit : "Viens avec nous, on va voir les dégâts avec Bibi" et on s'est dirigés vers la gare qui semblait avoir été le but du bombardement. Alors que nous allions nous engager sur un trottoir juste derrière la gare, mon frère m'empoigna par le bras et me fit faire un écart. Il me dit: "Non, ne regarde pas ça!". Moi je n'ai donc rien vu, mais il y avait une main coupée sur le trottoir. Ce spectacle était si affreux que mon frère m'a ramenée à la maison pensant que je ne devais pas voir ça."

bomb 2 rue des chaprais

Après le bombardement, rue des Chaprais

enterrement victimes bombardemt 43 marcel bidoli

Enterrement des victimes, photo M. Bidoli, Musée de la résistance et de la déportation, photothèque ville de besançon

Enfin nous avons pu retrouver aux archives municipales la liste manuscrite des noms des 42 victimes identifiées auxquelles s'ajoutent les 9 victimes qui n'ont pu être identifiées. Vous pourrez retrouver ces noms dans les listes ci-dessous. Peut-être trouverez-vous des noms connus! N"hésitez pas à nous faire part de votre témoignage. Et ce, afin de rendre hommage à ces victimes!

victimes bombardement 5

 

 

victimes bombardement 6

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06 juillet 2019

Quand la société " La Chapraisienne", trompettes et trompes de chasse, , trompe la Fanfare "Les Trompes Bisontines"...

Le 5 juillet 1906, La société de trompettes et de trompes de chasse, La Chapraisienne était créée, statuts déposés. Siège de la société, le Café de Lyon , 11 rue de Belfort.

cafe de lyon 11 rue de belfort

 

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Mais voilà, il existe déjà à Besançon, une Fanfare des trompes de chasse, Les Trompes bisontines.

chapraisienne 1906 logo

 L'adresse du siège semble être le Café C. Jouan, 29 rue d'Arènes. Une lettre datée du 19 mars 1906 démontre l'antériorité de cette Fanfare, sans que l'on sache exactement quand elle a été créée. Par un courrier adressé au Maire, le 1er mai 1906, lui annonçant le traditionnel bal-tambola, il est réclamé à la municipalité,  comme le font alors toutes les associations, un lot.

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Ce bal est annoncé pour le 5 mai 1906 (donc avant la constitution de La Chapraisienne),  à la salle des fêtes de la société nautique . Il est précisé dans le communiqué paru dans Le Petit Comtois le samedi 5 mai 1906, que le bal commencera à 21h et que presque tous les billets de tambola ont été vendus.

Nouveau courrier de cette fanfare, le 16 décembre 1907, toujours adressé au Maire afin d'obtenir un lot pour un grand concert, bal tambola, cette fois au Kursaal, programmé le 12 janvier 1908.Le Petit Comtois du 11 janvier 1908 annoncera le programme de cette fête "de jour et de nuit" puisqu'elle commence à 14h et comprend trois parties de spectacles avec un bal qui suit à 21h! Il suffit alors de posséder 2 billets de tombola à 0 fr,25 pour pouvoir participer à cette fête présidée par le Maire, Alexandre Grosjean. Fête qui renontra un vif succès rapporte le journal dans son édition du 13 janvier 1908. Le Président des trompes Bisontines est alors un négociant de la rue Morand (où sont exposés les lots de la tombola), M. Marx. Les Trompes bisontines répètent dans...le sous-sol de l'Hôtel de Ville (voir Le Petit Comtois en date du 20 octobre 1906).

Certes les chapraisiens semblent moins dynamiques. Mais ils ont ajouté les trompettes aux trompes de chasse! Et on ne peut qu'être troublé par la similitude des cachets des Trompes Bisontines et de la Chapraisienne!

chapraisienne logo def 2

Le Président signe à gauche avec un cachet...rouge

chapraisienne logo def 1

Là, signature à droite...mais la Chapraisienne semble soutenue par ma munipalité radicale de l'époque...

La Chapraisienne a alors pour Président, un dénommé Blanchard, entrepreneur, rue de l'Industrie. C'est lui qui adresse au maire, le 11 septembre 1906, les statuts adoptés. Il demande, début octobre 1906, au maire , un lot "...afin de réhausser l'éclat de notre fête" qui doit se dérouler le 24 décembre.  

Le compte-rendu dans Le Petit Comtois du 27 décembre 1906 est fort éloquent. En voici quelques extraits : « Fondée depuis 6 mois à peine, la Chapraisienne, société de trompes et trompettes conviait ses nombreux amis à une soirée dansante suivie d’un réveillon. Dans ce coquet établissement de l’Alcazar, une foule nombreuse, 300 personnes environ, évoluaient dès 9h30 aux accords entraînant d’un orchestre parfait.

Dans la nombreuse assistance, nous constatons la présence de la presque totalité des commerçants des Chaprais. …/…

A minuit et demi M. Grosjean (le maire de Besançon) accompagné des représentants de la presse fait son entrée dans la salle de bal tandis que l’orchestre joue La Marseillaise. M. leMaire et les représentants de la presse sont reçus par M. Garreau, conseiller municipal du quartier, Blanchard, président de la Chapraisienne, Walter, président du comité des fêtes, Toubin secrétaire, Aubet trésorier, Cussignot et Laudes membres du comité des fêtes…et in essaim de jeunes filles aux fraîches toilettes.

Les membres du bureau conduisent leurs hôtes dans les galeries d’où on jouit d’un coup d’œil magnifique sur l’ensemble de la salle. Tandis qu’on sable le champagne, les conversations s’engagent. On parle des questions d’édilité (travaux et équipements du quartier de la responsabilité de la municipalité) intéressant le quartier des Chaprais. Avec une bonne grâce parfaite, M. Grosjean écoute les doléances des intéressés et avec M. Garreau, promet d’y apporter des solutions qui sont en son pouvoir.

…/… A 1h du matin, l’orchestre interrompant les danses, et précédés des membres du bureau, M. le Maire, M. Garreau et une cinquantaine de personnes se dirigent vers la salle où est servi le souper.

Il est 4h, Mrs Grosjean et Garreau regagnent leurs domiciles tandis que les couples continuent leurs ébats qu’ils n’abandonnent à regret qu’au petit matin. »

Le 11 juillet 1907, La Chapraisienne sollicite une aide de la mairie afin de pouvoir participer au concours international de musique de Dijon, le 15 août 1907.

Dans Le Petit Comtois du 17 août, on peut lire :

La Chapraisienne a le plaisir de faire part aux membres honoraires du brillant succès que la section des trompes de chasse vient de remporter au concours international de Dijon, son premier concert.

3° division : 1er prix d’exécution ; 1er prix de lecture à vue ; 1er prix d’honneur ; félicitations du jury

Le 20 août 1907, toujours dans ce quotidien : « La commission administrative de la Chapraisienne adresse ses sincères remerciements à toutes les sociétés de la ville qui ont rehaussé par leur présence et leurs marques de sympathie, l’éclat de la rentrée des vainqueurs du tournoi musical de Dijon ». Les musiciens étaient rentrés le samedi 17, à 8h30 du soir à la gare Viotte.

Par contre la ville semble se faire tirer l’oreille puisque, le 26 août, La Chapraisienne écrit au Maire : « … les succès obtenus à Dijon étaient loin d’avoir enrichi sa caisse déjà bien pauvre au moment du départ. Aussi revenons-nous vous prier d’être assez bon pour ne pas nous oublier. »….

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Nous n’avons ensuite plus de documents, dans ce dossier aux archives municipales.

Qu’est donc devenue La Chapraisienne ?....

29 juin 2019

Les cloches de Saint-Martin des Chaprais

La première pierre de cette église, construite selon les plans de Denis Lapret, architecte, a été posée le 3 mai MDCCCXXI, (1821), sous la présidence du marquis Terrier de Santans, alors maire de la ville de Besançon, nous rappelle M. Guy Paris dans une étude fort intéressante et fort bien documentée qu’il a réalisée en 2010.

clocher chaprais 4

Les travaux semblent terminés en 1823. Cette église avait été construite alors en remplacement de Saint Martin de Bregille, rasée (incendiée ?) en 1814 à la demande du Général Marulaz afin de mieux défendre la ville contre le siège des autrichiens de 1814.

Qu’étaient devenues les cloches de l’ancienne église de Bregille ?  Mystère. Ont-elles été conservées et installées un temps dans la nouvelle église des Chaprais ?

M. Guy Paris nous explique que pour son étude, il s’était glissé dans le clocher de l’église actuelle afin de lire les inscriptions figurant sur ses 3 cloches. Et il les a dictées à un ami l’accompagnant au cours de cette expédition quelque peu acrobatique.

La grosse cloche  de 1 200 kg a été fondue en 1830.

 M. Guy Paris y a relevé les inscriptions suivantes…

Mon nom est Marie Joséphine Françoise et Madame Marie Joséphine Goguely née Fauconnet ngte (négociante) est ma marraine.

Mon parrain   est Monsieur Mermet François Croize ancien ngt.

J’ai reçu la bénédiction de Monsieur Mercier Jean Baptiste

 Mon curé le 20 août 1830

Dieu me conserve et sauve les paroissiens

Monsieur Alexis Fournier a contribué à ma naissance.

Par Louis Emmanuel Prost fondeur aux Chaprais 1830

Nous aurons l’occasion de revenir, dans un article qui lui sera consacré sur ce fondeur des Chaprais

cloche st martin grosse 1

cloche st martin grosse 2

Grosse cloche

La cloche moyenne, dont nous ignorons le poids porte les inscriptions suivantes…

Je m’appelle Louise Clémentine

J’ai été bénite par Monsieur François Xavier Désiré Cretin

De Dompierre, curé de la paroisse de Bregille

J’ai eu pour parrain Monsieur le colonel Bourlon de Moncey –f-l-c

Commandeur de l’ordre impérial de la Légion d’Honneur

Chevalier de Saint Louis et de l’ordre de S. Ferdinand d’Espagne

Et pour marraine Madame G-G-C Goguely veuve de Monsieur J Papillon

Propriétaire aux Chaprais

M-M de Moncey, J Juret, JB Convers, JB Bardot et A Dessirier

Etant membres du conseil de fabrique

Venite Adoremus

Bournez Emile fondeur à Morteau 1862

cloche st martin moyenne 1

cloche st martin moyenne 2

Cloche moyenne

La petite cloche pèse 400 kg et l’on peut lire sur ses flancs …

Je m’appelle Antoinette Laurence

J’ai été bénite par Monsieur François Xavier Désiré Cretin

De Dompierre, curé de la paroisse de Bregille.

J’ai eu pour parrain Monsieur l’abbé Alexis Rozet des Chaprais

Prêtre professeur

Et pour marraine Madame Laurence Jouvenot

Epouse de Monsieur Auguste Klein demeurant aux Chaprais

Laudade Dominum Omnes Gentes

Faite  par Emile Bournez fondeur à Morteau 1862

cloche st martin petite 1

 

Aujourd’hui et depuis plusieurs années, il n’est plus fait usage, lors des sonneries, de la grosse cloche qui ébranle un édifice en mauvais état. La preuve s’il en était, le pare gravois installé depuis 11 ans déjà en vue de protéger paroissiens et passants de toute chute d’éléments en « pierre fabriquée » du clocher conçu par l’architecte A. Nasousky dans les années 1920/30.

Il y aurait également beaucoup à écrire sur les parrains et marraines de ces cloches pour lesquelles l’on remarque que la première est de 1830 quand les autres sont de 1862. Ils sont, pour la plupart, chapraisiens.

Dans un prochain article, peut-être….

Tous nos vifs remerciements à M. Guy Paris,  au Père N. Petot, à Mrs. Maire et à Alain Prêtre.

J.C.G.

22 juin 2019

Je me souviens de la Rhodia…par madame Jeanine DEBERNARDI, chapraisienne

 

De nombreux salariés de la Rhodia ont habité les Chaprais. Et ce, du fait de la proximité géographique de cette usine.

Le cahier hors série n°2 daté de 2017, édité par l’association Les Amis de la Maison du Peuple et de la Mémoire Ouvrière de Besançon, intitulé La Rhodia…mémoire des murs, des hommes, du travail, rappelle opportunément que 30 logements, dans une construction nouvelle, avenue Fontaine Argent, avaient été réservés «  aux Rhodia ».

rhodia mémoire

Madame Jeanine  Debernardi a bénéficié d’un de ces logements et habite toujours notre quartier . Elle n’a jamais voulu quitter le quitter et l’occupe depuis quelques 60 ans. Embauchée à la Rhodia, quasiment dès le départ de cette aventure industrielle qui a tant marqué Besançon, elle a bien voulu, à notre demande, rédiger ses souvenirs. Son témoignage est d’autant plus intéressant qu’elle a travaillé quelques années au service de la lingerie (elle a quitté la Rhodia après la naissance de son 2° fils, puis deviendra conseillère à l’ANPE, à l’agence de la rue de la République). Ce service  lui a permis, comme vous pourrez le constater,  ce regard un peu différent sur cette usine.

debernardi

Merci à Mme Debernardi pour ce travail de mémoire qui vient compléter utilement le travail historique déjà accompli. Mais il reste encore beaucoup à faire, et c’est pour cela qu’une commission du Conseil Consultatif des Habitants du quartier des Prés de Vaux a entrepris de compléter ce travail. Ce témoignage s’inscrit dans cette démarche.

 

“J’ai été embauchée à la Rhodiaceta le 1er mars 1956. Il faisait un froid de canard : moins 15° à moins 30° ; le Doubs était en glace.

J’avais déjà un frère et une sœur qui travaillaient dans les bureaux comme comptable et secrétaire.

Lorsque la direction avait pensé à l’ouverture d’un magasin d’habillement, elle recherchait quelqu’un qui savait coudre, piquer à la machine et tenir un emploi de bureau.

Mon frère et ma sœur ont proposé ma candidature.

C’est comme ça que j’ai été embauchée sans avoir été reçue au préalable.

J’ai organisé ce magasin d’habillement (devenu par la suite « La Lingerie »).

Je suis restée seule pendant un an. Ensuite, au fur et à mesure des embauches du personnel, j’ai eu, moi aussi, des aides.

La lingerie se chargeait de fournir des vêtements nécessaires au travail, à tous les ouvriers embauchés :

- une combinaison blanche pour les hommes qui travaillaient aux filières et en atelier (travail en 3X8) ;

- une combinaison bleue aux mécaniciens ;

- un complet blanc pour l’équipe de peintres ;

- un complet bleu pour l’équipe de la « cour », équipe de nettoyage ;

- une blouse nylon pour les employés de bureau ;

- une blouse coton pour les ateliers et la lingerie.

Les combinaisons blanches étaient entretenues par l’usine, récupérées en fin de poste, envoyées à une blanchisserie en ville.

A leur retour nous inspections tous ces vêtements et nous les réparions si nécessaire. Un ourlet par ci, un bouton par là. Bien sûr ces combinaisons étaient personnelles avec un numéro dans l’encolure. Elles étaient remises impeccables à chaque reprise de poste.

A la lingerie nous connaissions bien la topographie de l’usine car chaque jour, deux personnes allaient changer les essuie-mains dans tous les services.

Je me rappelle encore le coup de chaud à la sortie de l’ascenseur, tout en haut des filières où l’on passait de 20° à 60° en quelques instants.

J’ai travaillé 8 ans ½ à la Rhodiaceta et ai dû quitter à la naissance de mon fils.

rhodia 19 20 fev 62 nouv bâtiment

Février 1962, ajout d'un nouveau bâtiment

Comme j’avais une machine à coudre à la maison, j’ai encore travaillé un an de plus. Je réparais principalement des manchots décousus plein de poussières de polymère.

Le travail à la lingerie ne manquait pas, mais avec une bonne organisation et une bonne ambiance nous pouvions nous accorder quelques pauses pour les anniversaires de chacune.

En parlant de pause nous avions celle de midi et notre magnifique restaurant (libre service) ce qui n’existait pas à Besançon.

rhodia cantine 1 9 nov 64

Le self en 1964

Il y avait surtout un chef de cuisine lyonnais qui nous régalait chaque jour. Ce magnifique restaurant, c’est la dernière chose que je voyais chaque fois que je descendais la côte de MORRE (depuis la fermeture). Chaque fois un peu plus dégradé, plus de vitres cassées plus de tags !

J’ai un immense regret de ce gâchis.

J’ai oublié de dire que lorsque je suis arrivée, il y avait 300 employés ; à mon départ 3 000 et à la lingerie 10.

Et j’ai oublié de parler des avantages.

1)      Une prime tous les mois correspondant (à mon époque) à 19% du salaire des 6 mois précédents. Ensuite le pourcentage n’a fait que baisser.

2)      Des cadeaux à Noël et à la fête des mères.

3)      Avantages pour les colonies de vacances, prêt de matériel pour les adeptes du ski.

Etc.

J’ai connu des personnes travaillant à la sécu qui avaient quitté leur emploi pour Rhodiaceta.

En conclusion je pense qu’il n’y avait pas à Besançon l’équivalent.

rhodia grève 13 19 nov 61

Grève novembre 1961

Photos B. Faille site Mémoirevive Besançon (DR)

J.C.G.

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15 juin 2019

Si les Chaprais connaissent la musique, ça ne gaze pas toujours!....

Un article publié sur ce blog le 11 mai 2019 affirmait Aux Chaprais, on connait la musique. Il s'agissait alors d'évoquer l'histoire de La Fanfare des Chaprais créée en 1860!

Maintenant, à l'occasion du concert des classes de musique de chambre du Conservatoire, en particulier des Clarinettes du Conservatoire, concert qui se déroulera samedi 15 juin, à 18h30, à l'église des Chaprais, évoquons l'histoire d'une autre société: L'Union Musicale des Chaprais, créée le 24 août 1905 comme l'indique leur papier à en-tête et dont le siège se situait au 44 rue de Belfort, c'est à dire à l'emplacement du bureau de poste des Chaprais actuel.

rue de belfort café baléar

 

Le Café Français était situé au n° 42 de la rue de Belfort

Si l'on en croit l'annuaire Fournier, en 1936, puis 1946 résidaient au 44 rue de Belfort de nombreux habitants et un commerce de vins en gros était tenu par M. P. Brochet.

Une photo de Bernard Faille,  prise en avril 1965, montre que le nouveau bâtiment de la poste des Chaprais, au 44 rue de Befort, n'est pas terminé. Il sera inauguré en septembre de la même année. Un habitant du quartier peut-il nous faire part de ses souvenirs sur ce lieu?

poste rue de belfort avril 1965

44 rue de Belfort, le nouveau bureau de poste est en cours de construction en avril 1965

Revenons à l'Union Musicale des Chaprais. Dès le 3 août 1905,  alors que cette société est en cours de constitution, son délégué provisoire domicilié 66 rue de Belfort, demande à la mairie, l'autorisation d'effectuer une retraite aux flambeaux le samedi 4 août 1905, dans le quartier. Autorisation accordée.

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Le 20 août 1905, la Présidence d'honneur de l'Union Musicale est proposée au maire de Besançon ( Alexandre Grosjean maire, radical, élu le 30 mars 1906), qui accepte volontiers.

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Mais le 20 août 1906, elle refuse de participer à une retraite aux flambeaux et à un concert au Casino, organisés à l'occasion de la Coupe du Matin et ce "...en raison de la formation trop récente de notre société"...Pourtant un an auparavant !...

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Ensuite, elle organise des tambolas afin d'acheter des instruments de musique à ses membres. Elle sollicite un lot auprès de la mairie qui demande l'avis du Préfet! Qui est d'accord : le lot est accordé et l'Union remercie la municipalité. Tout ce courrier est conservé aux archives municipales.

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En 1909, là ça ne va plus "gazer" du tout! Jugez en plutôt.

Le 30 juin 1909, par courrier adressé à la mairie, l'Union Musicale sollicite l'autorisation de donner un concert, le samedi 3 juillet, sous le kiosque de la promenade Micaud. Elle demande également, puisque le concert se déroulera le soir, à partir de 21h, que le kiosque soit éclairé.

Le programme est annoncé dans Le Petit Comtois en date du 3 juillet (un musicien pourrait-il nous indiquer si ces morceaux sont toujours joués?...)

Trompette-Marche (G. Parès), allégro;

Carillon joyeux (A. Adroit), fantaisie;

Rêverie d'automne (E. Wesly - Parès), nocturne;

Une soirée près du lac (F. Leroux), fantaisie;

Mazurka pour hautbois, soliste M. Lazar;

Parfum d'éventail (Noko Ghika.Allier), valse.

Il est précisé qu'en cas de mauvais temps, ce concert serait remis à une date ultérieure, mais que MM. les musiciens sont priés de se réunir au siège social, à 8h1/4 précises, même s'il pleut; en ce cas il y aurait répétition.

Mais là, pas de chance! Ce n'est pas la pluie qui provoque l'annulation du concert mais l'absence d'éclairage du kiosque! Une vive protestation est adressée aussitôt à la mairie,  reprise dès le lendemain dans Le Petit Comtois, en date du 4 juillet 1909.

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Vous vous demandez, bien sûr, pourquoi l'éclairage n'avait pas fonctionné!

La mairie, dans sa réponse, explique tout simplement qu'il avait bien été commandé à la société d'éclairage au gaz de la ville, qu'il avait bien été installé, mais que....l'on avait oublié d'ouvrir les compteurs!!! 

Espérons qu'il n'en sera pas de même lors du concert de musique de chambre en l'église Saint Martin des Chaprais.

J.C.G.

 

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08 juin 2019

Souvenirs, souvenirs …….. Figurant au théâtre avec des danseuses !

Futur retraité pour la fin de la fin de l’année 2019, c’est en classant les archives de sa vie professionnelle que Denis ARBEY a retrouvé ce programme de spectacle au théâtre le 29 mai 1982 ….

 

danse programme couverture

«  A cette époque, j’étais animateur photos à la MPT des Clairs Soleils !

Je commençais à me faire connaître.

Une amie danseuse du Studio MELIKCHAHIAN m’avait demandé de venir au spectacle pour les photographies.

Une personne manquant comme figurant, il fallait trouver un coureur cycliste de toute urgence !

Pendant mes loisirs, amateur de vélo, je faisais des courses comme les 24 heures de FRANOIS.

Mon amie me demande d’aller chercher mon vélo de course et de m’habiller, ce que je fis rapidement !

danse denis arbey photo

Certaines danseuses habitaient le quartier des Chaprais...

Je me suis souvenu que le spectacle avait été filmé, et que la cassette avait été remise à toutes les danseuses, en souvenir de leur passage au théâtre.                                

Les souvenirs reviennent pour se graver ….

danse programme 3

danse programme 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n’ai pu contacter personne. Seuls quelques prénoms me restent : Claire ....... Catherine, et puis …. »

Si vous possédez cette cassette, contactez-moi au 131 Rue de Belfort.

Merci ! 

 

                                               Denis ARBEY

Nous vous signalons deux initiatives intéressantes de la commission patrimoine et partage du CCH Chaprais/Cras : 

- dès le mardi 11 juin, à 10h00, une exposition sur l'histoire du Grand Hôtel des Bains, à la Villa Médicis (et ce jusqu'au 21 juin voir horaires sur flyer ci-dessous);

le jeudi 13 juin à 17h00, une conférence sur l'histoire des automobiles Schneider, par M. Jean Pracht et P. Frachebois, au Lycée Saint-Joseph,  28 av. Fontaine-Argent (entrée libre dans la limite des places disponibles).

Nous aurons l'occasion de revenir cet été, sur ce blog, sur cette histoire du Grand Hôtel des Bains et celle des automobiles Schneider.

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01 juin 2019

L'horlogerie dans ses murs....aux Chaprais...

Une exposition fort intéressante se déroule, en ce moment, au Musée du Temps du Palais Granvelle et ce, jusqu'au 6 octobre 2019. Elle concerne les Lieux horlogers de Besançon et du Haut-Doubs.

expo horlogers 001

Si  quelques 70 sites horlogers, à Besançon,ont été repérés et documentés, sauf erreur de notre part, 25 concernent les Chaprais et 9 font l'objet d'un panneau explicatif détaillé .

Commençons par les 9 entreprises des Chaprais plus particulièrement exposées, sur un total, pour Besançon, de 26. Nous ne manquerons pas de vous rappeler celles qui ont déjà fait l'objet d'un article (voire plusieurs) sur ce blog. Avec la petite fenêtre "rechercher", située à droite de votre écran,  vous les retrouverez aisément. Nous effectuerons, bien sûr, les recherches nécessaires, afin de vous informer, si possible, sur les autres lieux.

- le CETEHOR, 16 avenue Carnot (jusqu'en 1962) :  articles parus les 12 et 19 janvier 2019;

cetehor 16 av carnot 2 vue géné

- Frankowski et Pierre Seguin,36 avenue Carnot;

- Hatot, 13 rue de la Rotonde : article paru le 20/12/2014;

rotonde cour

Les horloges ATO étaient fabriquées dans le bâtiment du fond de la cour, derrière le magnolia

- Lip, 4 rue des Chalets, articles parus le 22/11/2014; 4/03/2017; 26/05/2018;

 

Lip cadran (2)

- Petolat et Anguenot 7 avenue Denfert Rochereau et 19 rue Nicolas Bruand : article paru le 3 mai 2014;

petolat enseigne

rue Nicolas Bruand

- Utinam, Universo, Richert-Laval, 10, 14, 19 rue des villas : articles parus le 18/04/2014 et 22/10/2016;

universo façade longitidinale

- Sarda, 21 avenue Carnot : article paru le 14/12/2013;

sarda pub

- Sidhor, 23 rue de la Mouillère : article paru le 26 octobre 2013.

sidhor 1

- Yema, 3 rue Paul Bert

Quant aux autres entreprises, elles sont évoquées soit dans des vitrines, soit dans le diaporama projeté :

- Philippe, 2 rue de l'Industrie : article paru le 21/11/2015

philippe catalogue

- Paul Lévy, 19 avenue Carnot;

- Usine horlogère montres Luxia 41 avenue Carnot;

- Usine de montres Mougin puis Cadrhor , 43 avenue Carnot;

- Les Pierres Françaises 13 rue des Jardins

- Boîte de montres Monnet, 17 rue des Jardins;

- Sormel, 26 rue de l'Eglise;

- Perfex,  17 bis rue de la Rotonde;

perfex 4

 

 

- Argentor, 6 rue du château Rose;

argentor 1950 davoine

- Cadralux, 7 rue des Chaprais;

- Miserey et Spiraux Français, 16 rue Suard : article paru le 1er mao 2015;

- Henri Melet, 15 rue Klein;

- Grand Comptoir National d'Horlogerie et de Bijouterie, 19 rue de Belfort;

- Balanche Masoni 105 ter rue de Belfort;

- Quartier Frères et Cie, 3 rue Henri Baigue;

quartier frères lettre 1961

 

- Atelier d'horlogerie Henri Girard, 5 bis rue Nicolas Bruand.

Nous aurons donc l'occasion de revenir, peut-être tout l'été, sur ces entreprises et d'autres horlogers qui travaillaient autrefois à domicile et de vous proposer cet automne un parcours commenté de ces lieux horlogers.

Précisons également qu'un catalogue fort intéressant, de 140 pages est vendu à la boutique du musée....5€ seulement! N'attendez donc pas le mois d'octobre pour visiter cette belle exposition!

catalogue horlo 001

J.C.G.

25 mai 2019

Roland Gaudillière revient à Ornans saluer son ami Courbet...

Quelle bonne idée que cette exposition de 39 œuvres du peintre Roland Gaudillière, à Ornans, dans le cadre du Bicentenaire de la naissance de Courbet. Et ce, du samedi 1er juin jusqu’au vendredi 7, de 10h à 19h, salle des Iles Basses, place Courbet (à proximité de la passerelle piétonne sur la Loue).

RG affiche Ornans

Comme le précise le communiqué de Presse :

“ En 1962, en compagnie de Robert Fernier, Roland Gaudillière est partie prenante dans le comité d’organisation de la première exposition des œuvres de Gustave Courbet à Ornans. Cette exposition fera date et sera décisive dans le projet de création du Musée Courbet en 1971“.

 

RG photo 1998-Roland-par-photographe-Carron-1-576x1024

 

Roland Gaudillière est décédé il y a 20 ans : une exposition lui a été consacrée, l’automne dernier à la mairie de Montfaucon, commune où le peintre est inhumé, son atelier installé à la Malate dans la maison familiale. Cette exposition doit beaucoup à la mairie et à l’épouse du peintre, Annie Gaudillière, qui habite les Chaprais et  qui s’active depuis des années afin de perpétrer la mémoire et l'oeuvre de son mari qui fut, lui aussi, chapraisien. Le Catalogue Raisonné des productions de Roland Gaudillière, qu’elle organise sur le net,  en atteste. http://www.roland-gaudilliere.com/

Mais saviez-vous que Roland Gaudillière a passé une partie de son enfance à Ornans où sa famille habitait un hôtel particulier, place Courbet même. Son père avait installé là son cabinet dentaire tout en rayonnant sur Vercel et Valdahon. Ce père était d’ailleurs tout à la fois dentiste, médecin et vétérinaire et d’un dévouement aux autres tel  qu’il reste dans les mémoires des anciens. Il est décédé en 1967.

Roland avait un frère Patrick, né 14 ans plus tard : ils n’ont donc pas été élevés ensemble. Ce musicien professionnel de talent, guitariste classique est décédé il y a 10 ans : il vivait en Espagne, à Alicante, où il était professeur au Conservatoire. Et ce, après une rencontre à Besançon, au Grand Hôtel des Bains avec l’illustre maître, Andrès Ségovia (1893-1987) !

Ce côté artistique des deux frères est, sans aucun doute, un héritage maternel :

Elza Gaudillière était en effet connue  pour ses goûts artistiques et son appartenance à la haute société bisontine. Dans les années 50, elle circulait dans la région en Thunderbird et ne passait pas inaperçue. Elle est décédée en 1997.

Ce qui n’avait pas empêché les parents en 1952 de couper les vivres à Roland, qui, parti à Paris, devait survivre en travaillant à des travaux de nuit pour l'étanchéité du métro, tout en poursuivant ses études artistiques !

« La peinture comme un acte de foi » disait le peintre.

Les 39 tableaux présentés à Ornans embrassent l’ensemble de sa carrière. Et comme une sorte de clin d’œil à Courbet,est exposée une œuvre appartenant au Musée Courbet :

« Les deux amies » pièce maîtresse de l’exposition puisque Roland Gaudillière réinterprète la composition de Courbet « Le sommeil » Elle est datée de 1960 et il est indiqué à proximité de la signature du peintre : Hommage à Courbet ;

RG les deux amies

 

  Exposé aussi un tableau appartenant au Musée des Beaux Arts et d'Archéologie de Besançon intitulé «  Le Miroir ».

RG le miroir 1965

D’autres tableaux déjà connus mais que nous aurons plaisir à revoir témoignent de la palette d’inspirations diverses du peintre : Le phaéton ; La batteuse ; l’orgue de barbarie. Ou encore  Le voyageur ; La lettre ; L’extrême onction et L’enterrement dans le Haut Doubs.

RG lenterrement-dans-le-haut-doubs-50F-088-116-isorel-1985

 

RG le voyageur 1987

 

R G 1988 la lettre 12F 0-61-0-50 isorel (2)

Son dernier tableau « Le dernière feuille » date de 1997 : il n’avait pas eu alors, la force de le signer.

RG la dernière 1997

Michel Sarrazin, journaliste, a bien voulu nous autoriser à reproduire une grande partie d’un texte qu’il a écrit sur :

Roland Gaudillière homme de lumière et d’humanisme

Chez ce peintre “ …la maîtrise artistique la plus totale prédomine. Il faut y voir là, un apprentissage solide des bases à l’Ecole des Beaux Arts de Besançon perfectionné aux Arts Déco à Paris. 

Mais le travail « technique » ne suffit pas pour réaliser l’œuvre. Il faut de la profondeur intellectuelle, une vraie intelligence de l’âme. Le petit plus qui fait qu’une toile reflète autre chose qu’une image. Ce que Malraux résumait ainsi en parlant de toute œuvre d’art « comme une sorte de prière muette, un appel vers l’absolu, la quête d’un monde irréel, éternel et parfait ».

Roland Gaudillière, initié aux mystères de la lumière nous permet d’approcher son monde invisible et au fil de pratiquement un demi-siècle de peinture nous donne les clefs pour y accéder. Chaque toile est un message en soi, un instant symbolique et sensible qui nous raconte l’histoire du moment. Avec toujours comme une marque de fabrique, un regard humaniste, voire compatissant et indigné lorsqu’on évoque « les femmes de Sarajevo » ou nostalgique « sur le chemin de l’école ».

L’œuvre de Roland Gaudillière s’inscrit dans le grand canevas du chant du monde, c’est aussi une belle histoire de la peinture régionaliste qui ne cessera de nous interpeller et d’inspirer les jeunes générations d’artistes en quête de la beauté que révèle l’une des dimensions essentielles de l’être humain. Cet art qui confine comme le dit Malraux « l’honneur d’être Hommes ».

« Peut-on faire de sa vie une œuvre d’art » s’interrogeait Nietzsche ?

Oui! Mais n'est pas Roland Gaudillière qui veut."

 

RG et Courbet 1962

 Sources : Mme Annie Gaudillière et site www.roland-gaudilliere.com

Cet article est le 1 000e publié sur ce blog! Blog qui affichait ce samedi 25 mai 2019, quelques 177 000 visiteurs! Merci à tous nos lecteurs!

J.C.G.

18 mai 2019

Le pavillon du tourisme de Micaud

Le pavillon de l’office du Tourisme du parc Micaud est donc fermé depuis la réouverture de l’hôtel de ville. Les services sont donc désormais installés au rez de chaussée de la bâtisse historique restaurée qui tenait lieu de mairie.

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Cela faisait quelques 50 ans que cet office existait dans le petit bâtiment conçu par l’architecte Michel DEMENGE. Désormais, pour ces locaux qui ne sauraient rester vides très longtemps, la CAGB a lancé un appel à projet d’installation d’un restaurant de qualité.

Mais savez-vous que plus de 50 ans avant l’installation de cet office, le grand architecte bisontin, Maurice Boutterin (voir à son sujet l'article publié, sur ce blog,  le 4 mai 2013, Connaissez-vous Marcel Boutterin?) , avait, à la demande du syndicat d’initiative de l’époque et de la mairie, conçu un magnifique projet de Pavillon du Tourisme ?

Qui plus est, ce projet avait été adopté, après pas mal de palabres, par le conseil municipal le 11 décembre 1915 ! En pleine première guerre mondiale ! Il ne fut, compte-tenu des événements, jamais réalisé ! Et c’est bien dommage ! Jugez-en plutôt !

pavillontourisme (5)

Voici ce que déclarait, en 1915, le délégué général du Touring Club :

“ Nous avons le devoir, comme capitale de la Franche-Comté, d’offrir un local digne d’eux, aux touristes de passage qui viennent chercher des renseignements avant de se rendre dans nos régions pittoresques …

../.. Lorsque des tentatives furent faites, il y a plus d’un quart de siècle, pour créer à Besançon, un syndicat d’initiative, les ouvriers de la première heure ne réussirent pas à faire comprendre aux négociants de notre ville l’importance du but qu’ils voulaient atteindre et l’influence que leur œuvre exercerait sur l’extérieur du commerce local.“

Mais rapidement, des bureaux seront installés au 73 Grande Rue en lieu et place de ceux de la société d’agriculture du Doubs. Puis en 1912, ces bureaux déménagent au Rond Point des Bains dans des locaux mis à disposition dans le commerce  Grosperrin Frères.

Et c’est alors que la maire, M. Antoine Saillard, suggère la création d’un pavillon du tourisme, avec l’appui de la municipalité, et indique l’emplacement : “ A la place de l’abri actuel des tramways et du débit de plein air qui déparent la tête du pont Saint-Pierre“. C’est-à-dire à l’emplacement de l’actuel monument érigé en mémoire du comte de Chardonnet.

pont saint pierre version 3 1 pierre kiosque

“ …Les pourparlers engagés au sujet de cette affaire nous firent connaître qu’un coiffeur de notre ville consentirait à payer cher la location d’un sous-sol comprenant des salons de coiffure pour hommes et dames et l’établissement complet de WC-lavatory ; et, d’autre part, une maison de papeterie de notre ville serait disposée à louer un magasin de journaux librairie papeterie, tabacs au rez de chaussée du pavillon, à condition que le public y ait un accès commode.

Notre distingué concitoyen M. Maurice Boutterin, architecte, Grand prix de Rome, fut alors invité par nous à dresser le plan définitif du Pavillon comportant les installations accessoires prévues. En vous présentant ce nouveau projet avec l’espoir de le voir favorablement accueilli, ,nous pensons que vous jugerez, comme nous, que s’il occasionne une dépense importante, par contre il doterait la ville d’un immeuble élégant, complétant heureusement la place publique très fréquentée, offrant à la population bisontine, avec tout le confort un établissement de première nécessité, depuis longtemps réclamé et enfin capable de produire, en toutes conjectures, un revenu très appréciable.

office T brochure

 

Permettez-moi de vous exposer en une sorte de légende explicative, la description de l’édifice extérieur : la façade principale fait face exactement à l’entrée du casino des bains ; elle comporte un vaste porche couvert surmonté d’un cadran d’horloge. Celle de gauche parallèle à l’avenue du pont, comprend une niche circulaire à grande ouverture qui servira d’abri aux personnes attendant les voitures des tramways bisontins et un magasin de papeterie, librairie, journaux. Dans la façade de droite parallèle à l’avenue d’Helvétie, est percée une niche semblable à la précédente et qui abritera les voyageurs au passage des trains de la Compagnie du chemin de fer de Vesoul. Les façades de gauche et de droite supportant des marquises destinées à prolonger les abris et à tenir lieu de balcons aux fenêtres de deux petits logements situés à l’étage supérieur destinés au personnel de l’établissement.

La façade arrière, demi-circulaire, est percée de grandes ouvertures pour l’éclairage des salles de rez de chaussée et du sous-sol.

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Intérieur : au rez de chaussée

Sous le porche de la façade principale élevé de quatre marches d’escalier, une large porte pratiquée dans une devanture en glaces donne accès au grand hall, vaste salle ovale (13 m sur 8 m) recouverte d’une coupole avec ciel ouvert et décorée de peintures. C’est là qu’en outre du bureau de renseignements du syndicat, les voyageurs bisontins ou autres, trouvent un bureau de ville complet, concédé au syndicat par la Compagnie PLM qui leur délivrera les billets ordinaires des longs parcours, les billets spéciaux à prix réduit, où ils pourront retenir des places pour les voyages en express.

office T rdc

Une large table de lecture et de correspondance occupera le centre de la pièce autour de laquelle sont disposés :

- une consigne pour dépôt de bagages, bicyclettes, etc.

- un vestiaire

- une cabine téléphonique reliée au réseau

- une chambre noire pour photographe.

 

Du côté opposé à l’entrée, derrière une cloison mobile qui le sépare du hall, se trouve le grand salon des réunions du conseil d’administration du syndicat, belle pièce très éclairée qui servirait aisément de lieu d’exposition pour les industries locales. La cloison mobile étant soulevée, les deux pièces principales du rez de chaussée ne formeront plus qu’une très vaste salle utilisable pour les concerts ou réunions diverses.

Du hall, on pénètre également à droite, dans un premier bureau réservé aux employés du syndicat d’initiative et dans une pièce plus vaste salle utilisable pour des concerts ou des réunions diverses.

Du hall, on pénètre également à droite dans un premier bureau plus vaste dans lequel les délégués des sections du syndicat des Monts Jura tiendraient leurs réunions.

Office T plan sous sol

Au sous-sol : une allée tracée au travers des corbeilles de verdure entoure la partie arrière du bâtiment. En la suivant, à partir de la tête du pont, on rencontre un premier péristyle couvert donnant accès :

1)      A un salon de coiffure pour dames, contenant un salon d’attente et 3 box ;

2)      A un salon de coiffure pour hommes garni de six toilettes-lavabos ;

3)      A des waters-closets payants, très confortables munis de glace ;

4)      A des urinoirs. Un atelier de lingerie pour les besoins de l’établissement et des sièges pour des sièges pour cireur.

Nous reviendrons par la suite sur ce projet non réalisé.

Sources : archives municipales ville de Besançon; catalogue de l'exposition "Besançon de papier" de la bibliothèque municipale; site mémoirevive Besançon.

J.C.G.

11 mai 2019

Aux Chaprais, on connaît la musique!...

Le prochain concert de l'Harmonie des Chaprais dans le parc de la rue de l'Eglise, samedi 18 mai, à 16h00, nous a incités à explorer le passé musical du quartier.  Et ce passé est fort riche, ce qui démontre, si besoin était, qu'aux Chaprais, on connaît la musique...depuis la naissance de ce quartier!

En effet, dans le Bulletin de la Société Syndicale pour l'amélioration des Chaprais, daté de novembre 1887, il est fait état d'un Cercle des Chaprais réunissant les bonnes volontés , afin d'améliorer le cadre de vie de ce quartier naissant (voir à ce sujet, l'article paru sur ce blog, sur Le Cercle des Chaprais le 21 septembre 2013). 

L'ouverture solennelle de ce Cercle se fit le 2 mars 1862. Et le bulletin de relever à ce sujet :

"...Ce jour là, nous donnâmes à nos amis une petite fête d'inauguration avec la concours de la Fanfare des Chaprais et quelques artistes de bonne volonté..."

"...La Fanfare des Chaprais qui nous avait si gracieusement prêté son concours avait eu des commencements bien laborieux.

Des jeunes gens à qui leur situation de fortune ne permettait pas la fréquentation des cafés ou des spectacles, amusements coûteux, se réunissaient chaque soir pendant la semaine et le dimanche après-midi, pour faire de la musique. Les fils Chapuis dont le père est tuilier au Vernois, arrangeaient les partitions. Charpy, Jean Gavirey, Morel, les frères Farey, Jules Coin, Médard Dubois, etc. furent les premiers exécutants de cette société de musique.

Mais la bonne volonté ne pouvait suffire à tout. Nos jeunes artistes manquaient des instruments les plus indispensables. Auguste Klein  (un des fondateurs du Cercle) leur avait procuré en 1860 un tambour et facilité l'achat de quelques cuivres.

 

trompette XIX°

 

Trompette du XIX° siècle

 

trompettes tambour

 

Tambour XIX° siècle

Ces actes de mugnificence lui valurent la reconnaissance éternelle de ces braves garçons qui devinrent l'âme de nos fêtes. Aussi la pauvre fanfare était mise en oeuvre à l'occasion de chaque événement un peu important, s'associant à toutes les réjouissances du Cercle, auxquelles elle donnait du lustre et du retentissement"...

Donc,nous pouvons avancer la date de 1860 pour la création de cette Fanfare. On ne connaît pas la date de dépôt des premiers statuts (la grande loi sur les associations est de 1901). Par contre, la date de dépôt de nouveaux statuts est connue : un arrêté préfectoral en date du 7 novembre 1884 approuvait les nouveaux statuts; cet arrèté était transmis au Maire de Besançon qui demandait au commissaire de police (rappelons que la police est alors  municipale et ce, jusqu'en 1941...) de notifier cet arrèté au Président de la Fanfare des Chaprais. Ce qu'il fit le 20 novembre 1884, un procès verbal l'attestant. 

 

fanfare chaprais 1884

Reconnaissance officielle 1884

En 1882, elle est autorisée par arrèté préfectoral du 14 avril 1882, à organiser une tombola au capital de 1 000 f, composée de 2 000 billets à 50 c! Elle s'adresse donc au maire de Besançon, M. Victor Aristide  Delavelle (voir à son sujet l'article qui lui est consacré sur ce blog en date du 24 décembre 2016) afin d'obtenir un lot pour sa tombola, car elle a besoin de financer sa participation au concours international de Genève.

A noter que le nom de la Fanfare, avant l'adoption des nouveaux statuts de 1884,  est en 1882 Fanfare des Chaprais-Besançon.

Puis début 1884, elle s'intitulera Fanfare des Chaprais-Besançon et du Bataillon des Sapeurs-Pompiers. Elle écrit alors le 7 février 1884 au Maire de Besançon, M. Nicolas Bruand, afin de solliciter une subvention car elle avait à supporter..." des frais assez considérables pour réparations et achat d'instruments..et pour prêter son "...concours qu'elle s'est engager à prêter aux fêtes qui doivent avoir lieu à Besançon". Le 9 février 1884 (vous remarquerez la célérité de la réponse!...) le conseil municipal accorde une subvention de 200 f (environ 400€ actuels). La lettre de remerciements de la Fanfare est lue au conseil du 14 mars.

Et le 11 avril 1884, le conseil municipal répond favorablement à une demande de lot pour la tombola annuelle de la Fanfare : ce sera une montre de dame en or!

En 1885, son siège est déclaré au 37 rue de Belfort, siège de la future société syndicale pour l'amélioration des Chaprais, du Cercle des Chaprais et de la commune libre des Chaprais (créée en 1930).

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Siège 37 rue de Belfort en 1885

Le 3 août 1885 le nouveau maire Nicolas Bruand (après la démission de Victor Delavelle"...est autorisé à offrir (pour la loterie annuelle) une des montres à gousset en argent restant de la loterie horlogère de 1880"...

En 1890, le siège est déclaré 3 rue de la Liberté.

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Siège 3 rue de la Liberté en 1890

Le 1er juin 1891, autorisation est donnée à la Fanfare d'organiser un concert Promenade Micaud, comme on appelait alors ce parc.

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Demande d'autorisation d'un concert en 1891

Et ce "...au profit des pauvres et de notre société".  La Fanfare doit en effet participer à un concours, le 21 juin 1891 à Saint Germain en Laye. D'où elle revient couverte de lauriers! Dans son N° du 22 juin Le Petit Comtois indique, sous le titre Nouveaux succès de nos sociétés : La Fanfare des Chaprais, sous la direction de M. Bourgoin, vient d'obtenir le 1er prix au concours de Saint Germain en Laye. Un premier prix à vue avec félicitations du jury, 1ère section; un premier prix d'exécution ascendant avec félicitations du jury; L'excellent directeur de cette société, M. Bourgoin, a obtenu un premier prix avec félicitations du jury. Enfin des diplômes de mérite ont été alloués à MM. Lombard pour les  services qu'il a rendus à la Fédération dont il est le représentant dans notre ville".

La dernière trace écrite retrouvée est datée du 25 mai 1894. La Fanfare remerciait alors la ville pour le don d'un lot pour sa loterie et annonçait qu'elle participerait au concours musical de Lyon les 12 et 13 août 1894.

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Oui, mais voilà! Lors de ce concours à Lyon, c'était La Concorde de Saint-Ferjeux (fondée en 1887 par le docteur Lepagnole) qui allait recevoir le 1er prix d'exécution ascendant avec les félicitations du jury et le 2° prix de solfège!  Le Petit Comtois en date du 13 août en rendait compte, mais son édition du 16 août 1894 décrivait alors l'enthousiasme des habitants de Saint Ferjeux! Mais pas seulement puisque "a la gare attendaient des représentants de toutes les sociétés bisontines qui apportaient aux heureux vainqueurs des couronnes et des bouquets largement mérités". Avec discours, à la gare, d'un membre de ma commission de la Concorde; puis arrêt à la Butte au Café Joly, tenu par M. Marchal, un des deux présidents de la Concorde (l'autre étant M. Gondy qui sera élu maire de Besançon en 1898 jusqu'en 1901 date de sa mort). Et enfin arrivée à Saint Ferjeux où deux demoiselles avaient tenu de bien beaux discours au nom de tous les habitants de Saint Ferjeux!

Nos chapraisiens ont dû regretter les honneurs certes, mais surtout le vin...et les demoiselles....

J.C.G.