HUMEURS DES CHAPRAIS

25 mars 2017

Vivre aux Chaprais fêtera ses 20 ans en 2018;

Et si, à l’occasion du Forum des associations, le 1er avril, nous parlions de Vivre aux Chaprais qui, à l’automne  2018, fêtera ses 20 ans ?

Notre association ne portait pas ce nom actuel de Vivre aux Chaprais. Elle s’appelait Association de défense des habitants du quartier de Chaprais/Rotonde.

Elle est née, en effet, le 23 novembre 1998,  en réaction à la construction d’un immeuble de 6 étages, rue de la Rotonde au milieu de deux autres immeubles existant et dans une proximité prononcée. 35 familles du quartier l’ont fondé !

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Très rapidement cette nouvelle association s’adressait au Maire de Besançon de l’époque, M. Robert Schwint afin de lui annoncer cette création et préciser ses objectifs :

« Notre association a pour volonté d’être un partenaire au niveau de l’aménagement du cadre de vie des habitants, partenaire des conseillers municipaux habitant le quartier, du conseil de quartier et de tous les élus en général.

Elle entend remplir une fonction citoyenne dans la mesure où elle associera étroitement tous les habitants concernés aux décisions à prendre et où elle informera régulièrement des réponses obtenues aux questions posées. »

Qui sont à l’initiative de cette association ? Chantal et René Chevillard, Michèle Jourdan, Jean-Claude Goudot, tous habitants du 28 de la rue de la Rotonde, concernés par ce projet de  nouvelle construction sous leurs fenêtres, en lieu et place de garages !

Mais l’intelligence collective du premier conseil d’administration constitué se résume dans le courrier adressé au Maire et dont l’essentiel vous est rapporté ci-dessus. Dès le départ, il ne s’agit pas de mener le combat contre un projet immobilier particulier, mais de s’intéresser à l’ensemble des problèmes des Chaprais, au cadre de vie de ses habitants.

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D’ailleurs ce projet immobilier tel que conçu initialement ne se fera pas : porté par la SMCI émanation du groupe Kaufman and Broad, ce dernier renoncera. Le projet, plus modeste, sera repris par une nouvelle SMCI crée par la société immobilière Pierre et Vie.

Le combat continuera encore quelques années et malgré une densification reconnue par quelques élus et des observateurs attentifs, un petit immeuble verra tout de même le jour. Au prix de deux procès intentés par le promoteur immobilier contre notre association, pour dénigrement et perte d’image (et donc de clients). Procès qu’il perdra tous les deux !

D’autant plus que conformément à sa première déclaration, les bulletins d’information que publie sous le nom de Défense Chaprais Rotonde Infos : 37 bulletins seront alors édités, photocopiés et tirés à quelques centaines d’exemplaires et ce, jusqu’en 2008.

Du fait de son action tant en ce qui concerne l'urbanisation trop dense du quartier que les grands travaux du tram, le nombre d’adhérents augmente régulièrement (80 en 2004) pour atteindre 120 adhérents dès 2010 et dépasser les 180 en 2014.

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Deux illustrations de la lutte contre les projets immobiliers et ses nuisances : rue de la Rotonde et Passage Rambaud.

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Ci-contre le long feuilleton des travaux du tram  et ses conséquences dans la vie quotidienne des habitants.

 

 

 

 

En mars 2007, l’association a créé un site web Chapraisrotonde.fr aujourd’hui remplacé (en 2014) par une nouvelle version plus moderne qui reprend la nouvelle dénomination adoptée par les adhérents le 12 mai 2009 de Vivre aux Chaprais.

Un journal imprimé manifeste cette transformation : pour le N0 1 de juin 2009, une simple feuille recto/verso. La couleur choisie : l’orange ! Or, dans le même temps cette couleur symbolise le nouveau partir de Centre Droit, le MODEM.

 

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Dès le n°2, une couleur violette est choisie : elle évoluera vers ce bleu caractéristique du journal actuel.

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Tiré et distribué à 4 000 exemplaires, dans les boîtes aux lettres des habitants, il connaîtra une rapide expansion : désormais sur 4 feuilles il atteint des tirages à 5 000 exemplaires, puis

 6 000, avant de se stabiliser à 6 500 ! Un numéro spécial Histoire de la libération vue des Chaprais sera même tiré à 7 500 en septembre 2014 ! Ce sera Vivre Libre aux Chaprais qui bénéficiera de dons financiers des habitants afin de régler ce surcoût financier.

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En 2012, un blog s’ajoute à ces moyens d’expression, Humeurs des Chaprais qui sera par la suite intégré au niveau site mais qui continue à paraître sur Canalblog, là où il avait commencé.

Depuis 2015, l’équipe des dirigeants a été profondément renouvelé ! Il ne reste plus qu’un membre du bureau du début de l’aventure. Les nouveaux dirigeants, pour la plupart, ont adhéré ces trois dernières années. Mais habitant le quartier, ils avaient suivi les différents combats de l’association.

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Ce qui est certain c’est que son avenir reste entre les mains des adhérents !

N'oubliez pas le Forun des Associations, samedi 1er Avril 2017, au FJT La Cassotte de 14h à 18h.


18 mars 2017

Jacques Terrier, Baron de Palente

Pourquoi évoquer dans cet article, un général, devenu Baron d’Empire, qui possédait un château à Palente ?

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Portrait du Baron à l'Hôtel de Clévans

Tout simplement parce que sa tombe est très visible au cimetière des Chaprais (entrée par la rue de l’Eglise, face à cette entrée légèrement à droite).

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Mais également parce que  sa fille Léocadie qui avait épousé Joseph Roy, percepteur, habitait en 1874 les Chaprais. D’ailleurs elle sollicitait à cette époque un bureau de tabac, rue de Belfort,  et nous précise Octave Chevalier dans le ° 63 de La Nouvelle Revue Franc-Comtoise, elle signait « née terrier de Palente ».

Mais qui était le Général Terrier de Palente » se demande O. Chevalier dans son article de cette revue ?

« Jacques Terrier était Haut-Saônois, né le 2 septembre 1770 au hameau de Morogne, commune de Chenevrey près de Marnay, fils de Pierre Terrier, cultivateur et de Françoise Bartholomot.

Ses parents lui firent donner une certaine instruction au petit séminaire de Marnay.

Il n’attendit pas son ordination pour s’engager dans les volontaires du Doubs, le 21 avril 1791. Caporal ledit jour, il servit 18 mois dans ce bataillon. Elu capitaine au 9° Bataillon de la Côte-d’Or, le 8 octobre 1793, il fit toutes les campagnes de la République dans les armées du Rhin et du Rhin-Moselle. Fait prisonnier par les autrichiens à Manheim le 11 novembre 1795,échangé le 4 novembre 1796, il passa à la 97 ° demi-brigade de nouvelle formation. »…

Il fit alors toutes les campagnes militaires. Tout d’abord d’’Italie où il est blessé à la jambe droite devant Capoue en janvier 1799 ; il est ensuite affecté à l’Etat Major, il devient chef de Bataillon dès 1807 ; puis c’est la campagne d’Espagne, d’Allemagne, de Saxe, de Russie. Il est nommé Colonel, « … participe à la retraite de Russie puis la campagne de France. Il est nommé Général de Brigade le 25 décembre 1813 ». Auparavant, il avait été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur, puis Officier en 1810.

En 1802, il s’est marié : avec Anne-Marie Maire, de Pesmes (décédée à Palente en 1843). Ils eurent deux filles l’une mariée avec Félicien Pourny juge au tribunal de Pontarlier, l’autre donc au percepteur Joseph Roy. C’est Félicien Pourny, son gendre, qui fit élever le monument du cimetière des Chaprais.

Et c’est l’impératrice Marie-Louise, qui était alors régente, qui le fait Baron de l’Empire, sous la dénomination qu’il a choisie « Baron de Palente », et ce par un décret en date du 4 juin 1813. Il a alors 42 ans ! « …Après la première abdication de l’empereur il es mis en disponibilité. Aux Cents-Jours il est nommé Commandant du département des Basses-Alpes. Après la seconde abdication il est mis en demi-solde puis à la retraite à compter du 1er janvier 1825.

Il se retira à Palente et mourut le 11 novembre 1849. Entre-temps la Restauration l’avait fait Chevalier de Saint-Louis ».

 

Il avait acheté son château entouré d’un grand domaine en 1809.

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 Mais sa propriété fut dévastée par les autrichiens lors du blocus de Besançon de 1814 (rappelons que c’est à l’occasion de ces événements que le Général Marulaz fit littéralement raser les demeures des Chaprais dont l’église Saint Martin de Bregille).

 Et que devint son château ?

Il a d’abord été vendu après la mort du Baron, en 1854. Divers propriétaires se succédèrent dont le célèbre Ténor Scarembert (de 1903 à 1913), enterré lui aussi au cimetière des Chaprais. Son dernier propriétaire fut Fred LIP qui bâtit son usine sur cette propriété.

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 Le château au milieu des usines Lip

Mais depuis il a été rasé.

L’histoire ne dit pas si Léocadie Terrier de Palente obtint son bureau de tabac rue de Belfort.

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Sources : article de M. Octave Chevalier, revue citée; iconographie M. Roger Chipaux.

N'oubliez pas le 3° café histoire, le jeudi 23 mars 2017, consacré à la vie autrefois dans le haut de la rue de Belfort. Au Café des Pratiques, 105 bis rue de Belfort, de 15h à 17h, puis de 19hà20h30.

Réservation : Café des Pratiques 03 81 56 20 65 ou par mail cafedespratiques@gmail.com

11 mars 2017

Le haut de le rue de Belfort, 3° thème du café histoire du 23 mars 2017

Le 6 octobre 2016, le groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire de Vivre aux Chaprais a organisé son premier café histoire consacré à l’histoire de l’avenue Fontaine-Argent (au café restaurant Le Fontaine Argent). Devant le succès de cette initiative, un second thème était choisi : l’histoire de la place Flore (au café restaurant Le Flore) les 8 et 15 décembre 2016.

Flore emblème

 Plus de 150 personnes ont participé à ces initiatives qui reprennent ce printemps 2017.

 En changeant de thème et de lieu, en explorant le quartier : ce troisième café histoire est  donc consacré à l’histoire du haut de la rue de Belfort : de la Cité Parc des Chaprais au n° 131 ( Là où il y avait un château titre de la brochure éditée par M. Denis Arbey, gardien de la Cité Parc)

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jusqu’à l’embranchement avec la rue de l’Eglise (Là où il y avait, en face, l’Auberge du Cheval Blanc ).

Le lieu ? Le café des Pratiques 105 bis rue de Belfort.

rue de B café des pratiques 105 bis

 

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Avant le Café des Pratiques, il y avait un artisan chauffagiste,

et encore avant, une droguerie...

Quand ? Le jeudi 23 mars 2017 de 15h à 17h ; avec une seconde séance programmée de 19h à 20h30.

Les conditions de participation ? Compte-tenu d’un nombre limité  de places , il faut au préalable s’inscrire pour une de ces deux séances prévues : tel 03 81 56 20 65 ou cafedespratiques@gmail.com

La participation est gratuite : seuls sont à vos frais le prix de votre consommation sur place.

Le haut de la rue de Belfort a connu une forte activité : ne serait-ce, entre autres, du fait de l’installation du chemin de fer, rue Résal et de sa rotonde. Savez-vous qu’à la fin du XIX° siècle, les bisontins venaient en nombre, en curieux, assister à l’édification de cette rotonde.

En 1880, les barrières d’octroi de la ville sont déplacées en haut de la route qu’on appelait encore, route de Baume et le quartier des  Chaprais, la banlieue de Besançon est intégrée dans la ville, sous la magistrature de Gustave Oudet.

Le peuplement du quartier, par les cheminots est très important.

rue de B tranchée sncf impasse entre 87 et 89 face au Murano

Les commerces également. On compte au moins trois cafés assez proches l’un de l’autre !

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Les activités de service vont se développer à cette sortie de la ville : en particulier deux garages s’installeront là, tous deux disparus aujourd’hui : le garage Raffin et la garage Lerner dotés tous deux de pompes à essence.

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Bref, nous n’allons pas tout vous dévoiler. Nous partirons de vos propres souvenirs et donc nous privilégierons votre parole et les échanges. Mais nous ne manquerons pas de vous projeter des vues plus ou moins anciennes de ce quartier toujours aussi vivant !

N’oubliez pas de téléphoner afin de réserver votre place ! A bientôt.

Tous nos vifs remerciements à M. Denis Arbey pour sa documentation.

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04 mars 2017

Lip durant la seconde guerre mondiale

N'oublions pas que l'usine LIP dite de la Mouillère est installée aux Chaprais depuis 1897 (voir article précédent "Les années Lip aux Chaprais" publié le 22 novembre 2014).

La concernant, nous avons trouvé ce communiqué paru, au cours de l'année1945, dans un numéro de la revue LA FRANCE HORLOGERE.  Cette publication, jusqu'à sa disparition en 2008, était destinée aux horlogers bijoutiers. Elle était éditée par la famille MILLOT qui fit paraître de 1883 à 1944 le quotidien Le Petit Comtois.

 

france horlogère une revue

 

Le texte que nous reproduisons ci-dessous est donc daté de février 1945 : la guerre n'est pas finie; les camps de concentration sont toujours là et l'espoir subsiste, dans les familles de déportés, du retour des leurs! Fred Lipmman attend donc le retour de ses parents arrètés et déportés depuis Drancy, convoi n°62 du 5 novembre 1943. Ils sont tous deux morts à Auschwitz le 27 novembre 1943.

 

LIP photo fred

 

 Fred Lip

COMMUNIQUES COMMERCIAUX

La S.A. LIP à sa fidèle clientèle

Dès le mois de février 1945, la S.A. LIP a adressé à sa clientèle la circulaire suivante :

Monsieur et Cher Client,

Les années qui viennent de s’écouler ont laissé sur le territoire français des traces douloureuses. Certains ont perdu des êtres chers, d’autres leurs moyens d’existence. Notre usine et ses dirigeants n’ont pas été épargnés. Le manque de régularité dans l’échange des correspondances, le caractère superficiel des lettres inspiré par la crainte de la censure ont permis la création de véritables légendes.

Beaucoup de bruits, vrais ou faux, ont circulé autour de la marque LIP, de nombreux clients et amis nous ont demandé ce qu’il fallait croire. Nous avons donc estimé que nous devions nous expliquer à nos clients ce que les événements nous avaient apporté.

En 1939, l’usine fabriquait non seulement des montres, mais également des appareils de précision en nombre important pour l’industrie et l’armée. Sur les conseils des ministères intéressés, une usine située loin des frontières fut créée à Issoudun (Indre).

A la faveur des lois d’exception édictées en zone occupée, une direction complice de l’occupant fut installée à Besançon. Cette direction centra l’activité de l’usine sur la production d’appareils divers sortant du cadre de l’horlogerie avec, au début, réquisition complète de la production des montres, ce qui explique la disparition totale des montres LIP du marché horloger.

Réduit aux seules possibilités de production d’Issoudun, M. Fred Lippmann décidait de créer une nouvelle usine d’horlogerie. L’absence de certaines machines-outils obligea nos techniciens à fabriquer une montre d’un type spécial de calibre 10 ½, appelée Issoudun 24 (i24).

Cette montre, bien que d’une qualité inférieure à la LIP Besançon, fut une belle réussite LIP, si l’on veut bien tenir compte des conditions exceptionnelles dans lesquelles elle fut réalisée : manque d’outillage, de locaux, de personnel qualifié pour le remontage. La fabrication fut exécutée dans une usine spéciale édifiée à Valence. Les horlogers-bijoutiers de l’ex-zone libre, bien que critiquant quelques fois sa conception, l’appréciaient et ne cessaient d’en demander. Les raisons de la création de ce calibre n’existant plus, la fabrication en sera ralentie ; la fourniture pour la réparation de ce modèle sera livrée à Besançon.

Dès la libération de Besançon, M. Fred Lippmann reprenait possession de la Société dont il assure aujourd’hui la direction générale en attendant le retour de son père, M. Ernest Lippmann, malheureusement déporté en Allemagne. Il veut que l’usine demeure toujours à l’avant-garde de l’industrie horlogère française. Il est entouré d’une équipe jeune, animée de l’esprit LIP d’avant guerre, qui désire l’aider dans ses réalisations.

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Dans les mois qui vont venir, nos clients des grandes villes recevront la visite de nos représentants. Ils vous soumettront les modèles de montres-bracelets qui vont sortir. Ils vous parleront de notre effort pour vous livrer des montres encore plus précises que par le passé et de celui que nous entreprenons pour vous offrir des montres en or, en quantité importante. Nous croyons vous rendre service en nous orientant dans ce sens. Vous aurez ainsi des montres à placer en vitrine, ce qui permettra à votre clientèle d’avoir une idée des prix actuels et contribuera à créer un mouvement tendant l’assainissement commercial demandé par tous et dont profiteront les horlogers-bijoutiers durement concurrencés par des individus sans compétence horlogère.

Notre personnel qualifié est actuellement en nombre insuffisant pour terminer à la fois des montres de poche et des montres-bracelets en quantité telle que nous puissions répondre à toutes les demandes. Aussi, pendant quelques mois, nous produirons uniquement des montres-bracelets.

Nous désirons, au début de l’année 1945, liquider toutes les affaires laissées en suspens ou en litige par l’ancienne direction et redresser toutes les erreurs qui auraient pu être faites. Vous avez peut-être des indications ou des desiderata à nous signaler, vous nous rendrez un réel service en nous écrivant de suite. Nous croyons que votre concours nous permettra d’arriver plus rapidement à un résultat positif.

Nous espérons que vous avez repris maintenant votre ancienne activité et que sous peu, vous nous adresserez des nouvelles des vôtres et de vos affaires.

Le Directeur Général

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Sources : archives municipales; musée du Temps de Besançon.

Samedi 4 mars, matin, notre compteur affiche 122 000 visiteurs! Merci à tous nos lecteurs!

25 février 2017

La maison historique des numéros 19/21 de la rue des deux Princesses

La maison historique située aux 19/21 de la rue des Deux Princesses a été vendue à deux particuliers (voir à ce sujet l’article publié sur le site Vivre aux Chaprais, le 22 juillet 2016).

rue des 2 p vue géné

C’est l’ancienne propriétaire elle-même qui nous en a informés. De quand date cette maison ? Difficile de donner une date précise en absence de documents officiels. Elle a certainement été construite à la fin du XVIII° siècle ou au tout début du XIX°.

rue des 2 p numéros en gros

  Nous avons découvert aux archives municipales de la ville un plan géométrique d’un domaine de 117 ares 14 centiares, datant de 1826. Ce document, sous timbre royal, évoque une propriété des Deux Princesses provenant de la succession Briot.

rue des 2 p plan géométrique (entête)

Il ne comporte qu’une maison de jardinier, un puits et une citerne. Deux indications de voie y figurent : la ruelle des Chaprais et le chemin vicinal des Chaprais. Pas d’autres indications, sinon que les impôts ont été payés au notaire en 1829. Il ne semble donc pas concerner cette maison chargée d’histoire.

rue des 2 p plan géométrique complet

Cette propriété apparaît, bien sûr, sur un plan de la ville du début du XX° siècle.

rue des 2 croisement cassotte deux p

Presque en face, au 28 rue de la Cassotte,  la maison a été classée au titre des Monuments Historiques.

maison classée 1

Elle aurait été construite entre 1740 et 1760. Elle offrait un grand parc dont on peut avoir une idée avec cette vieille carte postale datant de 1912 !

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Ces deux maisons, nous disent les spécialistes,  sont de rares témoignages du bâti, hors les murs d’enceinte de la ville, à cette époque de la fin du XVIII° ou début XIX°.

rue des 2 plan croisement

La propriétaire l’avait bien compris puisqu’elle a entrepris une démarche visant à obtenir, pour la maison,  un classement en Elément Bâti à Protéger (EBP) ; sans oublier le parc ou jardin qui s’étend de la rue des deux Princesses jusqu’aux logements bordant le passage du Cheval Blanc qui relie la rue de Belfort. Il a été demandé pour ce dernier un classement en Espace Vert Protégé (EVP). Ces demandes sont en cours d’instruction.

rue des 2 p derrière avec parc

Cette ancienne propriétaire nous avait expliqué que son souhait était que ce bien de famille, dont elle a hérité, demeure un lieu de vie, et ne fasse pas l’objet d’une spéculation immobilière quelconque. Elle avait d’ailleurs entrepris, marquant ainsi sa volonté, dès l’été dernier, des travaux concernant le mur extérieur qui entoure cette propriété .

Car des projets immobiliers, il y en a eu, à notre connaissance, au moins un ! Il affichait une volonté de réhabiliter cette maison…Très bien direz-vous ! …Oui, mais de construire dans le parc « douze maisons de ville de taille moyenne et 23 places de parking en sous-sol ».

A l’origine de ce projet, une jeune SARL immobilière ayant pignon sur rue à Besançon, au capital social de 1 000 euros ! Nous ne donnerons pas son nom. Inutile de lui faire de la publicité.

Bien sûr, la demande de classement en EVP de l’espace vert de cette propriété est venue contrarier cette opération.

Souhaitons aux nouveaux propriétaires, la bienvenue dans notre quartier des Chaprais. Et n’oublions pas de remercier celle qui leur a vendu ce lieu étonnamment préservé, au milieu de tous ces immeubles d’habitation collective. Les habitants les plus proches continueront à bénéficier d’une vue imprenable sur un nid de verdure au cœur des Chaprais.

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D’où provient ce nom de rue des Deux Princesses ? Baptisée ainsi lors d’un conseil municipal du 17 décembre 1881 en même temps que 25 autres rues des Chaprais, madame Eveline TOILLON dans son livre sur les rues de Besançon précise : « Coindre (Gaston Coindre historien 1844-1914 auteur de "Mon vieux Besançon) rapporte qu’il existait dans cette rue une auberge à l’enseigne « Aux deux Princesses » tandis qu’une Description Historique et Topographique de la Route de Besançon à Belfort, datant de 1779, situe à cet endroit l’Hôtel des Trois Princesses : « C’est une jolie maison bâtie à droite, où les bourgeois de la ville vont souvent faire des parties de plaisir ».


18 février 2017

Qui se souvient d'André Seurre, peintre verrier? Deuxième article

Le premier article concernant André Seurre a été publié sur ce blog, le 21 février 2015. Nous en avons reparlé quelques fois dans d'autres articles concernant le 13 rue de la Rotonde, là où était son atelier qui a été définitivement rasé afin de laisser la place à la construction, en cours, d'un petit immeuble.

Ancien atelier d'André Seurre 13 rue de la Rotonde

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A la place, aujourd'hui un chantier de construction d'un petit immeuble

 

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Depuis cet article, nous avons beaucoup progressé dans la connaissance (premiers pas vers la reconnaissance?) de cet artiste (artisan d'art?).

André Victor Seurre est donc né le 9 juin 1902 à Besançon, au n°37 de la rue de Belfort.

andre seurre acte de naissance

Son père, Julien Seurre est originaire de Côte d'Or; il est alors âgé de 30 ans à la naissance de son fils. Sa mère, Marie Joséphine Gagnepain, originaire d'Evillers dans le Doubs est âgée de 34 ans. Le père d'André aurait été cuisinier, receveur aux tramways, employé de commerce. Sa mère était employée des Postes et Télégraphes (au bureau des Chaprais alors rue de la Liberté? Voir les articles publiés concernant ce bureau de poste, sur ce blog les 16 et 23 janvier 2016)

La mère d'André décédera deux ans après la naissance de son fils; son père malheureusement meurt également alors qu'André n'a que 8 ans! Il sera donc très tôt orphelin de mère et de père et recueilli par une cousine, à Liesle, en bordure de la forêt de Chaux.

De ses années d'enfance, on sait peu de choses. A l'âge de 18 ans il aurait suivi des cours à l'école des Beaux Arts de Besançon.

Il se marie à Besançon, à l'âge de 22 ans (le 31.05.1924) avec Marie Jeanne Antoinette Rergue (1903-1969) et habite de nouveau le 37 rue de Belfort. La même année naît leur fils Robert (le 24.08.1924), mais le couple est alors domicilié au 13 rue de la Liberté : il n'avait eu qu'à traverser la rue de Belfort pour trouver un nouveau logis. Comme le fait remarquer M. André POGGIO, un fin connaisseur d'André Seurre, entre son mariage et la naissance de son fils, non seulement A. Seurre change de logement  mais "la profession aussi a changé: il se déclarait doreur en mai, en août il est devenu gérant des établissements Cotelle et Foucher (les inventeurs de la célèbre marque d'eau de Javel "La Croix")."

Puis, nouveau changement, dans la continuité de sa nouvelle profession, nous révèle M. Poggio :" Très rapidement il s'installe à Valence (en 1928) où il exerce la profession de représentant de commerce et vend de la lessive. Pour cela il sillonne la Drôme, et découvre la Haute Provence.

Vers 1934-35, il commence à travailler aux ateliers Thomas, une entreprise spécialisée dans la création et la restauration des vitraux dont le siège est à Valence..."

Et il semble qu'il reviendra s'installer à Besançon, après la guerre, au 13 rue de la Rotonde où étaient tout à la fois son atelier et son logement dans un des bâtiments de la même cour. Un habitant de cette cour nous déclarait, il y a quelques années, l'ambiance qui règnait là au 13, avec de nombreux et joyeux enfants : l'atelier d'André Seurre les accueillait bien volontiers.

André Seurre en 1959 dans son atelier

 

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Nous n'allons pas dresser dans cet article l'ensemble des oeuvres (vitraux et fresques) réalisées tant à Besançon qu'à travers toute la France. Nous en reparlerons certainement puisqu'une brochure doit être éditée cet été par la ville de Besançon, à l'initiative de la commission Patrmoine et partage du conseil Consultatif des Habitants Chaprais/Cras. Elle doit associer tous celles et ceux qui, en France, s'intéressent à son oeuvre. Son petit fils, Michel Seurre, a lui aussi été maître verrier dans les années 1970, d'abord en association avec son grand-père, puis seul lorsque ce denier meurt en 1977. Et ce toujours au 13 rue de la Rotonde!

Deux des vitraux de l'église de Montperreux illustrant la vie de Saint Isidore Gagelin, natif du village, martyrisé en Asie lors d'une mission d'évangélisation en 1833 (canonisé en 1988)

 

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Ci-dessous les deux parties du chemin de Croix peint par andré Seurre dans l'église de séderon dans la Drôme

 

André Seurre fresque chemin de croix partie 1 (3)Séderon

 

 

André seurre fresque chemin de croix partie 2 (3) sederon

Positionnement de ce chemin de croix

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L'atelier a donc disparu mais il nous reste leurs oeuvres qui témoignent de leur esprit créatif !

Ci-dessous Eglise de boisset les Montrond (Loire)

 

André Seurre Eglise de Boisset les Montrond chemin de la croix 1947 (2)

 

Nous renouvelons notre appel à témoignage  de tous ceux qui ont connu André et/ou Michel Seurre ou qui ont connaissance de leurs oeuvres. Nous vous en remercions par avance.

Sources : Roger Chipaux membre du groupe histoire, patrimoine, mémoire de Vivre aux Chaprais;monsieur André Poggio, Lou Trepoun, revue semestrielle de l'association l'Essaillon  https://www.essaillon-sederon.net/    et madame Michèle Péault, association Liger  http://liger42.e-monsite.com/

 Photographies: A. Seurre dans son atelier de B. Faille, collection Mémoire Vive ville de Besançon; fresques de Séderon A. Poggio; fresque de Boisset les Montrond J.M. Péault. Pour toutes les photos de cet article, tous les droits sont réservés.

Vendredi dernier, ce blog a dépassé les 121 000 visiteurs qui ont lu plus de 184 000 pages. Merci à toutes et à tous.

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11 février 2017

De la rue Delavelle Victor,notaire, à Victor Delavelle, maire.

Dans un article précédent publié le 24 décembre 2016, nous avons essayé de dresser le portrait de Victor Delavelle, maire de Besançon de 1881 à 1884.

DELAVELLE victor aristide (2)

 

Photo ville de Besançon (DR)

Afin d'illustrer cet article, la photo de la plaque indiquant la rue Delavelle avait été insérée. Et deux chapraisiens plus attentifs que nous (encore merci à eux...) avaient signalé les contradictions entre les deux  plaques comme vous pouvez le constater sur ce photomontage de Guy Renaud, membre du groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais. Côté Denfert Rochereau, Victor Delavelle est notaire et serait mort en 1919; alors que la date de son décès est 1907, le jour même de son anniversaire! Plus bas,  au coin de la rue Krug, Victor Delavelle était signalé comme maire de Besançon durant moins de 4 ans. Bref, au début de la rue, nous avions un notaire! Au bout de la rue, un Maire! Belle carrière en quelques pas!

Rue Delavelle GR 2017-02 (5)

Comme nous l'avons indiqué dans cet article précédent, nous avons alerté la ville début janvier 2017 de cette incongruité. Et nous avons été aussitôt entendus puisque au début de ce mois de février, de nouvelles plaques ont été apposées. Merci donc à madame l'adjointe à la voirie Marie Zéhaf et au directeur de la voirie,M. Daniel Mourot. Vous dire que les habitants de cette rue dorment mieux depuis...serait abusif! Mais l'histoire de la ville y trouve son compte en précision.

Nous indiquions dans cet article que "Victor Delavelle comme plusieurs de ses successeurs étaient des membres éminents voire des responsables de la loge maçonnique bisontine Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié Réunies, loge alors très influente".

Or un lecteur nous signale l'article consacré à Victor Delavelle dans le "Dictionnaire biographique du département du Doubs" (éditeur : Arts et Littérature s.a.r.l.) de Max Roche et Michel Vernus qui écrivent, P. 145, entre autres :

dico bio du Doubs 001

..."Beau-frère de Jules Gros, il participa à la fondation en août 1883 du Petit Comtois, journal opportuniste, qui devint franchement radical. Il fut le premier directeur de ce périodique.

Malgré les apparences, il ne fut sans doute pas franc-maçon, car il eut des obsèques religieuses à St Pierre de Besançon le 18 mars 1907."...

La question concernant son appartenance ou non à la franc-maçonnerie pourra paraître secondaire à beaucoup de nos lecteurs. Mais une question peut-être plus intéressante pourrait être posée. A cette époque, un enterrement religieux était-il un marqueur suffisant pour juger de cette appartenance ou non?

Dans un ouvrage collectif intitulé :"  250 ans de franc-maconnerie à Besançon (1764-2014") publié aux éditions du Belvédère, les auteurs indiquent, dans un chapitre intitulé "L'anticléricalisme, une spécificité française", p.98,

 

FM besac

 

 ..."Au Grand Orient de France, en 1877, on supprime de la constitution la phrase : « La franc-maçonnerie a pour principe l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme ». Il devient libéral et sans dogme prônant l’absolue liberté de conscience. Coup de tonnerre dans le monde maçonnique qui rend cette obédience « irrégulière » aux yeux de la toute-puissante Loge unie d’Angleterre. Le pape Léon XIII par sa lettre encyclique Humanus genus du 20 avril 1884, aux accents médiévaux, s’en prend violemment aux francs-maçons.

Partout, les frères maçons-travail de fourmis-, dans leurs ateliers contestent de plus en plus fort l’action séculière de l’Eglise. On veut plus spécialement l’école gratuite, laïque et obligatoire (pour les plus jeunes) et tout faire pour diminuer, sinon anéantir, l’action du clergé en ce domaine particulièrement sensible."...

 

petit comtois delavelle 2

 

Le Petit Comtois, dans son édition datée du 19 mars 1907, rend compte en première page et en page 2 des obsèques de Victor Delavelle : " Dès 9h30, une nombreuse assistance se pressait dans la Grande Rue devant le domicile mortuaire de l'ancien maire de Besançon. Dans un des appartements du premier étage, une chapelle ardente, garnie de fleurs et de couronnes, était installée.

Autour du cercueil, tandis que les nombreux amis du défunt défilent respectueusement, quelques soeurs de la Charité récitent les prières liturgiques. A 10h le clergé de la paroisse Saint Pierre vient procéder à la levée du corps et prononcer les rituelles psalmodie des morts"...

Les autorités religieuses de Besançon auraient-elles été aussi présentes si Victor Delavelle avait appartenu à la franc-maçonnerie.

Nous vous laissons le soin de conclure!

Sources : outre les deux ouvrages cités que l'on peut se procurer en librairie, archives municipales de Besançon, Mémoire Vive.

Photo du portrait officiel de Victor Aristide Delavelle, galerie des portraits des anciens maires, hôtel de ville (inacessible au public actuellement du fait des travaux suite à incendie criminel du hall de la mairie). Tous droits réservés.

04 février 2017

Arc en neige : une exposition de photos de Guy Georges Lesart, à la mairie d'Arc sous Cicon

guy expo arc sous cicon

 

 

Guy Georges Lesart est membre du groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire de Vivre aux Chaprais. A ce titre, il a créé le diaporama projeté lors du premier café histoire sur l'avenue Fontaine-Argent ( le 6 octobre 2016 ).

Nous avons publié cet été (le 20 juillet 2016) des photos réalisées par Guy, accompagnées d'un poème.

Il récidive pour notre plus grand plaisir. Il expose, ces mois d'hiver (jusqu'au 4 mars), dans une très belle salle voutée que la mairie d'Arc sous Cicon a restaurée et qu'il inaugure en quelque sorte.

Comme nous l'indiquions déjà à propos de ses photos et de ses poèmes sur les sapins,  Ses clichés lui inspirent des poèmes. Sa vision poétique  le  guide dans  ses prises de vue.    Images, mots et  impressions  dialoguent  donc sans cesse dans  ce travail.

Ne manquez pas cette exposition, intitulée Arc en neige.

guy lesart photo 1

 

 

L’office   d’hiver près  d’Yverdon

 

                                                             I

Serait-ce  un  ku kux klan fourbissant   votations 

Porté  par   sa  vindicte

Contre  les  minarets,

Contre  les noirs moutons ?

 

Serait-ce  la  montagne qui vous montre ses dents 

Promettant   l’avalanche,

Promettant la  mort  blanche

À tout  contrevenant ?

« Que  nul ne  vienne  ici,

La  douane  est  helvétique

L’homme est fait pour  les plaines 

Nous broyons   les  passants »

 

Serait ce  collier  de perles  

Prestement  enfilé  pour  se  hausser  du  col

Séduire   le pèlerin cheminant  vers    l’Eiger  ou le Cervin tranché

Les  Dieux  européens dont    la  Suisse  est  vestale ?

 

Est-ce  publicité  pour  un chocolat  blanc 

Un  toblerone  au  lait 

Dont  chaque  cran  appelle

À jouir  du  suivant ?

guy lesart photo 2 en route pour l-office Chaprais (2)

                                                      II

Je ne  vois  que   des  moines

Cisterciens     de  la  neige 

De pureté  épris

De  belle  liturgie

Ils  ont prêté  leurs vœux, ont  dressé leur convent

Au  lieu  dit   « la Combaz »,

Sur  les   flancs  Chassseron   non  loin du  creux du Van

Vous  les  voyez  l’hiver   partant  à  la  prière

En colonne  réglée pour  laudes  ou pour  les vêpres

Dans  leur  robe  de bure à capuchon béant

 

Je  vois  ici  des  frères 

Sphinx  de  la sagesse   

Priant  indifférents aux  foules des   fondeurs.

Obstinés  du  divin

Leur   foi est  en  béton

Et   l’heure  capitulaire

 

Parfois  un  noir choucas se pose  sur  l’épaule

D’un  frère  en  dévotion

Tenant  propos  sinistre

Parlant du grand démon 

Mais tel un saint  François

Il  lui  prêche  oraison

En fait un converti 

Devant  le  peuple  gris  des poteaux ahuris

 

On  peut  les  voir  encor   à l’heure  des  vigiles 

Quand   en Valais tout  dort  

Ils  veillent   en  prière  sur  la  douleur  du  monde 

Et  prient  pour  que   l’espoir  tue la  résignation,

guy lesart photo 3 le noir choucas Chaprais (2)

 

                                         III

 

« Ce  sont  des  antichars »  me  dit un imbécile 

Qui  voit toujours  le  mal  et  la raison hostile

Je ne  vois  que   des  moines

Ils  se  sont  convertis   en chantre  de  la paix

Ils  célèbrent   à genoux la  beauté  de ce   monde 

Laquelle  ne  passera

Comme   chars  allemands

 

Des     sapins   balancés   accompagnent  leurs  psaumes

Veillant avec   respect leur vigilance  blanche

Ils    observent  au loin l’ultime procession 

Autre cérémoniel  perçu à l’horizon 

Des sommités moniales des Alpes échancrées

C’est le frère Oldenhorn suivi de Weisshorn

Les  frères  Oche,  Ruan,  Sallière, Muveran 

Le frère La Berneuse tenté   des  Diablerets

Puis le  prieur  Jorasse  et l’Abbé qu’on  dit  « Blanc »  

Congrégation  géante  posée  comme  une  offrande

Sur un    damier  varié parsemé de grands   lacs

O sainte   oligocène qui vit sa fondation

guy lesart photo 4 lutrin pour l-office d-hiver2 (2)

 

                                        IV

 

« Ce n’est que  l’arc   alpin  dont  tu vois  la  façade »

Me  dit notre  imbécile  qui  revient à la  charge 

Non   c’est  la  maison  mère  de la  congrégation

Qui chante  la  louange   du  Dieu  de permanence

Le  divin   manifeste
le  dieu  de la  beauté  

Qui  a  béni  la  Suisse  et la  rend

                                         Exaltée

                                                                                                                                            GGL 2014

guy lesart photo 5 Est R expos GGL Arc sous cicon article EST (2)

       

Guy est non seulement "un poète qui capture la nature", mais n'oubliez pas qu'il est aussi historien...

Vendredi dernier, le nombre des visiteurs sur ce blog dépassait les 120 000 !

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28 janvier 2017

La compagnie de chemin de fer de Dijon à Besançon ou les aventures des bisontins dans le chemin de fer....et la gare Viotte

Une compagnie de chemin de fer s'est constituée, à Besançon,  fin 1851 et obtint, suite au décret du 12 février 1852, l'autorisation de construire la ligne Dijon-Besançon. Si de nombreux "capitalistes" bisontins investirent dans cette société, ils sont loin d'avoir été les seuls et ils sont rejoints par des investisseurs de toute la France. L'universitaire Claude Fohlen qui a beaucoup oeuvré afin d'établir une Histoire de Besançon, donne la liste détaillée de ces investisseurs, dans une communication à la Société d'Emulation du Doubs en 1962.

Les seules illustrations dont nous disposons concerne la gare Viotte à différents moments de son histoire.

Et voici la première photo de M. Montrille, collection Morel Mémoire Vive Besançon

gare Viotte photo ancienne collection moutrille

Les voici, classés par ordre alphabétique, les bisontins ayant été regroupés en début de liste:

Théodore AMET : banquier   200 actions

BRETILLOT, banquier           260

Jules de BUSSIERES, Juge à la cour d'appel de Besançon  200 actions

Thomas DEPREZ, commissionnaire                             200 

J. DETREY-MAIROT, banquier                                     260 

FRANCE et Cie, négociants                                        200 

GERARD et Cie, banquiers                                         200 

Auguste LIPPMANN, banquier                                     160 

Alfred MARQUISET, propriétaire                                 153

OUTHENIN-CHALANDRE                                             260

PAPILLON, négociant                                                 200

REMY aîné, négociant                                                200

ROBB, négociant                                                      200

Louis de SAINTE-AGATHE, propriétaire                         200

Comte de VAULCHIER                                                170

Ch. VEIL, négociant                                                   1 125

VEIL-PICARD et Cie, banquier                                      260

Joseph ZELTNER, négociant                                         200

Soit un total, pour les bisontins, de 4 448 actions.

Vous reconnaîtrez certainement, parmi eux, des noms connus....

Ajoutons aux bisontins, les franc-comtois :

BOUCHOT, maître des forges, Lisle sur le Doubs    3 100 actions

JAPY frères, Beaucourt                                           50    

Comte de MERODE, conseiller général, Maîche          100                                 

Jules VAUTHERIN, maître des forges                        50

Juvénal VIEILLARD, maître des forges, Morvillars       50

Soit un total de 3 350 actions pour les franc-comtois non bisontins et 7 798 si l'on les ajoute . 

gare viotte Ducas 1855

 

Alfred Ducat(1827-1898), est aussi l'auteur des gares encore actuelles de Dole et d'Auxonne.

Il est également l'auteur de la basilique Saint-Ferjeux.

Or, dans la liste, les autres souscripteurs hors Franche-Comté capitalisent, sauf erreur de notre part, quelques 16 072 actions.

Le plus gros actionnaire est un certain Julien Lacroix ( ancien agriculteur, puis filateur de coton, député du Rhône de 1848 à 1849) de Saint-Vincent-de-Reins dans le Rhône : il en détient 4 475! A peine plus que tous les bisontins réunis. Le plus petit est le juge à la cour d'appel de Besançon, 20 actions, suivi d'un courtier de commerce à Paris qui acheta 25 actions. Pas non plus de noms de grandes banques d'affaires nationales dans cette liste. Le capital est d'ailleurs modeste souligne C. Folhen : 12 millions de francs. La valeur d'une action émise est de 500Fr. 

Ci-dessous, 2 photos de René Lacombe, de la gare après le bombardement du 17 juillet 1943 : la gare en bois et métal d'Alfred Ducat est détruite.

Gare_Viotte_04_16_07_43

 

Gare_Viotte_03_16_07_43

 

L'opinion communément admise que ce sont des banquiers et maîtres des forges franc-comtois qui sont à la manoeuvre dans la création de cette première compagnie de chemin de fer ne résiste donc pas à l'analyse. Et ceci explique que, très vite, devant les investissements nécessaires  pour assurer une liaison de Besançon à Dijon, ces actionnaires décident de fusionner avec une compagnie plus puissante, la compagnie de Lyon. Claude Folhen cite cette lettre du du 23 janvier 1854, retrouvée aux archives nationales, qui indique : " Nous n'avons plus d'argent en caisse...Aucune combinaison ne nous fera réaliser de capitaux suffisants. .. La fusion seule mettra fin à nos embarras...La Cie de Lyon, riche de son crédit, et ce qui est  mieux encore, de ses fonds réalisés et disponibles, poursuivra nos travaux sans interruption, remplira tous nos engagements".

Sur la vue aérienne ci-dessous, on distingue la gare provisoire 

gare plus monument avant 1959

Et la ville de Besançon, direz-vous? Pourquoi n'entre-elle pas au capital? C'était bel et bien son intention : après de nombreuses discussions tant en commission des finances qu'en conseil municipal, le 19 mars 1852 est adopté le principe d'un emprunt de un million de francs afin d'acheter 2 000 actions. Mais dès le 28 juin 1852, le conseil municipal autorise le maire à cèder ces actions à une compagnie anglaise (elles ne sont pas encore achetées...mais elles sont déjà cédées...). Ce qui la débarasse d'une opération financière soumise à emprunt, obligations nominatives qu'elle voulait créer, etc.

gare viotte construction (2)

De fait, comme le relève notre historien, la ligne Dole-Dijon est ouverte en juin 1855 et Dole-Besançon, le 7 avril 1856.

Ceci explique également le refus de la Cie de Lyon de bâtir une gare au centre ville, préférant l'emplacement de la gare à la Viotte moins coûteux car plus direct. 

gare viotte 1959 (2)

Et n'oublions pas que le peuplement des Chaprais, dans la seconde moitié du XIX° siècle doit beaucoup à cette gare avec l'afflux des cheminots qui s'installent dans notre quartier. Mais il s'agit là d'une autre Histoire sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir.

gare-SNCF-le-parking-au-premier-plan modif 2 (2)

Sources : "Les échecs ferroviaires de Besançon", Claude Fohlen, Mémoires de la Société d'Emulation du Doubs n°4, nouvelle série. 1961/1962; archives municipales ; cartes postales anciennes, photos B. Faille : site Mémoire Vive de la ville de Besançon; M. Pracht (photos gare bombardée de son oncle René Lacombe, tous droits réservés).

gare viotte moderne couleurs 2 (2)

21 janvier 2017

Quand le monument Pergaud faillit disparaître 3° et dernier article 1942-1946

Nous l'avons évoqué dans le premier article consacré au monument Pergaud, c'est M. Charles Léger qui avait pris contact avec Antoine Bourdelle pour sa conception. Et dans un courrier qu'il adressa alors à ce commanditaire, le sculpteur Bourdelle écrivit : 

"En plusieurs séances de jour, sur ma table de salle à manger, en plusieurs longues séances de nuit, j'ai taillé dans le tuf souple, dans une sorte de limon blanc découvert dans l'angle d'un champ, dans un fossé au tournant d'un chemin de la Roche-Posay. J'ai taillé notre monument, et cette matière est Pergaud. Il naît du sol l'admirable ami de Goupil, que je relisais ce matin dans un frisson au sommet de la peau. Quel écrivain!- Ce petit modèle fera un bronze d'art ardent et maîtrisé. Vive Pergaud! Besançon, votre belle volonté, et j'ai tenu ma promesse de me hâter..".

Monsieur O. Chevalier rapporte, dans les années 50, ces propos, dans un article intitulé "La dernière oeuvre de Bourdelle".

Ce même auteur n'a pas manqué de noter par ailleurs, lors de l'inauguration du monument le 19 juin 1932, la décrivant comme un témoin qu'il semble avoir été : "La conception de Bourdelle a- nous devons le reconnaître- un peu déçu le public. On ne se représentait pas Pergaud en "poilu" agonisant, mais en paysan plein de vie et de santé, ivre de grand air, ami passionné de la nature et des animaux."

pergaud bourdelle 4

Donc, lorsque la fonctionnaire municipale répond au maire Henri Bugnet (lui même interrogé par le Préfet, suite à l'article paru dans le journal "Le Franciste", rappelons le), elle semble reprendre l'opinion qui prévaut alors concernant ce monument. Par contre lorqu'elle rapporte qu'il a été réalisé, après la mort de Bourdelle, "...d'après une toute petite maquette en terre cuite très mal interprétée..." cela ne semble pas correspondre en tous points à la réalité. Il est vrai qu'elle ne fait que rapporter, sans beaucoup de précautions, ce que lui aurait dit le conservateur. Le fondeur E. Rudier, ami de Bourdelle aurait pu, s'il en avait eu connaissance, apprécier ce jugement sur son travail! Par ailleurs, l'opinion rapportée de la veuve d'A. Bourdelle, semble être démentie par la suite. Mais passons, car il y a plus sérieux...

Le monument serait d'inspiration maçonnique : en cause les triangles qui semblent ponctuer la liste des oeuvres de Pergaud et le sceau de Salomon que l'on y retrouve.

pergaud signes maçonniques

C'est là qu'entre en scène, si l'on en juge par la correspondance échangée alors, la fille d'Antoine Bourdelle (conservée aux archives municipales de Besançon).  Rhodia Bourdelle indique clairement qu'elle agit également au nom de sa mère (souvenez-vous des  propos rapportés, dans le précédent article, qui exprimeraient son accord pour que le bronze soit fondu et remplacé par un monument en pierre...).

Rhodia Bourdelle aurait été alertée par Charles Léger des menaces qui pèsent sur ce monument enlevé fin 1941, avec les autres, sur ordre de l'administration française. Elle habite alors avec sa mère, 6 avenue du Maine, proche de la gare Montparnasse actuelle, maison devenue depuis le Musée Bourdelle, ouvert au public avec sa galerie, sa maison, son atelier  et ses dépendances. La mairie de Besançon avait alors pris contact avec la veuve d'Antoine Bourdelle.

Et nous pouvons retrouver, aux archives municipales l'échange de courrier qui semble s'étaler de 1943 à 1946, d'abord avec le maire de Besançon sous l'occupation,  l'avocat Henri Bugnet.

Ces différents courriers révèlent des éléments essentiels. Tout d'abord Rhodia parle en son nom mais aussi au nom de sa mère. Quel crédit donc apporter aux propos de la fonctionnaire municipale concernant la veuve d'A. Bourdelle?

pergaud sceau salomon

Ensuite Rhodia affirme que son père et l'écrivain Pergaud (selon C. Léger) n'ont jamais été franc-maçons. Et elle explique, schéma à l'appui, la confusion concernant la signature du sculpteur avec le symbole maçonnique :

"...on aurait trouvé sur le monument "des signes maçonniques". Le monogramme de mon père est le seul signe qui puisse se trouver sur ses monuments. C'est donc de lui qu'il s'agit. mon père composa ce monogramme lorsqu'il dut signer en abrégé une petite médaille (après la guerre de 14/18). Depuis, trouvant cette composition si décorative, il l'ajouta à toutes ses nouvelles oeuvres. Il plaça le de Bourdelle sur le d'Antoine, puis trouvant cela plus ordonné et sculptural, il enleva tout ce qui dépassait. Cela ressemble sans doute a des signes maçonniques.

J'ai grande envie de me composer un monogramme ressemblant à des signes chinois, peut-être me prendrait-on pour une petite chinoise, ce serait mignon tout plein."*

pergaud rhodia bourdelle explications signature 2

Il faudra attendre sa dernière démarche qu'elle évoque dans un courrier au maire de Besançon le 8 mars 1944, démarche couronnée de succès puisqu'elle est suivie, le 11 avril 1944, d'une lettre officielle du ministre de l'éducation Abel Bonnard indiquant que le monument est épargné!

Il sera enfin replacé au parc Micaud début avril 1946 et il sera officiellement réinauguré le dimanche 26 mai 1946 ( selon O. Chevalier)!

pergaud photo réinauguration monument pergaud

Sources : archives municipales ville de Besançon, Roger Chipaux membre du groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire de Vivre aux Chaprais.