HUMEURS DES CHAPRAIS

07 décembre 2019

La construction de l'immeuble Le Président (2) : la polémique...

Dans l’article précédent, nous indiquions que le projet initial de construction de l’immeuble Le Président portait sur environ 200 logements ramenés au final à 136.

Le décompte fait état de 26 deux pièces/cuisine, 13 trois pièces, 43 quatre pièces, 35 cinq pièces, 13 six pièces, 4 sept pièces, 1 huit pièces et 4 neuf pièces . Sans oublier les 14 chambres de « bonne »  (attenantes aux grands appartements) et 14 chambres individuelles. Le tout sur une surface totale habitable de 15 059 m2. Auxquels il convient d’ajouter 416 m2 de bureaux, en rez de chaussée des immeubles, le reste étant occupé par les pilotis, les galeries couvertes et 4 conciergeries. A propos des pilotis, M. René Chevillard qui dessinait alors les plans à la SMCI se souvient qu’il avait fallu forer 198 puits pour asseoir cet immeuble sur ce terrain instable !

 

Président 4

Rappelons que le permis de construire avait été accordé le 29 mars 1968. Et que c’est seulement en 1969 que cette construction est brièvement évoquée en conseil municipal, le   25 octobre 1969,    à propos de l’état des escaliers reliant la rue Isenbart à la rue des Villas. En effet M. Leroy des Barres, conseiller municipal, intervient publiquement lors de conseil sur l’état de cet escalier après la démolition de la brasserie et suggère que le promoteur pourrait faire un effort pour le remettre en état. Il ajoute « …cet immeuble considérable qui se veut majestueux, mais dont – il faut bien le dire- la masse et surtout la hauteur ont détruit désormais le panorama unique que l’on pouvait avoir depuis l’avenue Foch sur la Citadelle et une partie de la vieille ville. Certains diront que c’est un scandale. Je regretterai simplement quant à moi, que l’on puisse aisément disposer de ce qui devrait être le patrimoine de tous les bisontins ».

president (et passerelle denfert rochereau

Le Président, en bas, à gauche. Au premier plan l'ancienne passerelle Denfert Rochereau

Et voici quelle fut la réponse de M. jean Minjoz le maire de l’époque.

Car l’immeuble commence à sortir de terre et inquiète les bisontins. Et la presse s’en fait l’écho, en particulier le journal Le Comtois, dans une rubrique intitulée  « De Battant à Granvelle » et signé de « Barbizier ».

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Trois articles seront publiés en août 1970. Le premier intitulé « Président » paraît le 7 août 1970, suite le 10 août de « Le Président, suite » et le 12 août de « Le Président, encore… ».

Nous vous donnons à lire, ci-dessous,  le dernier de cette série :

Le Président (encore)

Comme c’était à prévoir, les deux récents billets que j’ai consacrés à l’immeuble « Le Président » (citant tout d’abord les propos d’un « Bisontin d’adoption » résolument hostile à cette construction, et reprenant ensuite les explications données par M. Minjoz, maire, quant au processus de la délivrance du permis de construire), ces deux billets, donc, ont déchaîné des réactions épistolaires en quantité. On m’excusera de négliger volontairement la querelle partisane – on pourrait même dire les querelles, car en sujet en entraîne un autre etc. – que traduisent ces lettres qui déferlent sur mon bureau, pour ne retenir que celles qui tendent à informer l’opinion publique sur ce qui s’est passé.

C’est à Pierre Jouffroy, artiste peintre bien connu, que je laisse aujourd’hui la plume :

 « Vous avez parlé, écrit-il, de la commission des sites du Doubs, et du rôle de la municipalité dans l’affaire du « Président ». Comme je représentais, lors de la présentation de la maquette – et du projet de cet édifice – la commission des sites du Doubs ainsi que les Syndicats d’Initiative, je suis bien placé pour vous dire ce que je sais, et ce que je sais ne correspond pas à la version invoquée par M. le Maire de Besançon. Je pense qu’il aura été mal informé.

Siégeaient à cette très importante réunion, M. Mellicourt, architecte en chef des monuments historiques en qualité de représentant du ministère des Affaires culturelles ; le représentant de la ville de Besançon (en l’occurrence un adjoint au maire) ; le représentant du préfet et tous les chefs de service administratif concerné, ceci pour la partie officielle. En outre, six architectes bisontins étaient présents également, mais en qualité d’observateurs.

Le projet fut présenté par M. Mellicourt, est vivement poussé en avant par celui-ci, ce qui veut dire que le ministre était d’accord.

Lorsque le représentant du préfet me donna la parole, je m’opposai vivement à ce projet, celui-ci étant à mon avis dûment officiel, de nature à abîmer au moins à dénaturer le site de Battant, par ailleurs destiné à une vaste opération de restauration. Le représentant de la ville m’interrompit violemment en disant : « d’où sort-il, celui-là, pour vouloir encore des maisons avec des toits ? » et d’autres commentaires de ce genre.

J’ai argumenté, auprès des architectes constructeurs qu’ils auraient intérêt à aller voir à Gien comment on peut construire un immeuble intégré dans un ensemble existant. Bref, finalement, le projet fut repoussé.

Si, comme je l’ai demandé souvent en commission des sites, les journalistes avaient été invités à suivre les débats, votre article n’aurait pas pu être rédigé. L’information aurait été immédiate et sans doute plus efficace que mon opposition.

Hors séance, les architectes bisontins qui n’avaient pas voix au chapitre vinrent me remercier. Depuis, beaucoup de choses ont changé : je ne fais plus parti de la commission des sites ( j’en ai été avisé voici 15 jours) et le projet est quand même passé, j’ignore comment.

Je tenais beaucoup à faire cette mise au point, car j’ai été le seul à m’opposer, arguments à l’appui, à ce projet. Tous les gens présents à cette réunion peuvent témoigner de ce que je viens de vous écrire… »

Hélas, j’ai bien peur que ce nouvel élément d’information dans l’affaire n’en apporte d’autres, venant d’autres sources, je crains que, tel l’apprenti sorcier, je ne me trouve submergé sous le flot que j’ai ouvert. Je crois que je vais acheter un gilet de sauvetage ».

BARBIZIER

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Cette polémique inquiète le Maire de Besançon. Il écrit même à l’un de ses amis, sur son lieu de vacances sur la Côte, afin qu’il puisse lui rapporter les propos tenus lors de cette commission des sites. Malheureusement, dans sa réponse manuscrite, il indique n’avoir guère de souvenirs. Puis, le Maire essaie d’obtenir la délibération de la Commission des abords des Monuments historiques (les remparts Vauban sont déjà classés comme monument historique). Mais il essuie un refus de la part du ministère des affaires culturelles sollicité via le Préfet du Doubs.

L’éphémère hebdomadaire « Le Télégramme de Besançon » publie, le 15 août 1970, sous la signature du journaliste Bernard Cartron qui s’interroge : « …Est-il possible aujourd’hui de faire quoi que ce soit, sans mécontenter quelqu’un ? ».Vous l’aurez compris, ce journaliste défend ce projet comme s’il avait trempé sa plume dans l’encrier de la marie voire de la SMCI !

smci presse 4

Mais il reconnaît cependant : « Il est vrai que le Président gâte la vue de la vieille ville pour qui descend de la gare par l’avenue Foch. Mais qui descend par cette avenue ? Les automobilistes puisque les piétons prennent la promenade des Glacis. » Et déroulant son argumentation, il ajoute d’une façon péremptoire (et cela s’avère faux !) : « Personne n’a mis en cause le principe même de cette construction. En tout état de cause, qui est responsable ? La commission des sites, réunie plusieurs fois, composée de gens qui par leur profession sont des experts dans ce domaine…

… Qu’ont-ils dit ? Ils ont suggéré des modifications qui ont été faites. ».

Parmi les modifications, effectivement, nous avons pu relever l’inversion de la partie la plus haute (12 étages) à l’origine prévue côté avenue Denfert Rochereau vers la rue Isenbart. Et la suppression d’un 13° étage alors projeté.

L’immeuble terminé, les appartements occupés, la polémique cesse.

Ajoutons tout de même qu’il y avait un projet, dans ce vallon de la Mouillère, développé par ANIBAT avec : « … un vaste parking, des commerces, des bureaux ». La municipalité avait encouragé le rapprochement avec la SMCI. Autre projet, celui d’une maison de la culture. Le ministère des affaires culturelles ne manque pas d’interroger la ville sur l’abandon ou non de ce projet qui devrait se faire indique la municipalité….

Aujourd’hui, une grande majorité de bisontins, semble-t-il, considèrent que cet immeuble s’inscrit parfaitement dans le paysage ! Ce qui ne sera pas toujours le cas de réalisations ultérieures ! Alors, visionnaire le journaliste du Télégramme de Besançon qui terminait son article ainsi : « Peut-être fera-t-on visiter le Président dans deux siècles avec guide »…..

Président 5

Sources :M. René Chevillard,  M. Christian Mourey, archives municipales. Photos A. Prêtre.

J.C.G.

 

 

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30 novembre 2019

La construction de l'immeuble Le Président

Le 21 mars 1966, la société Champigneulles, qui avait racheté la brasserie Gangloff, adressait un courrier au Maire de Besançon pour l'informer qu'elle fermait son usine de Besançon pour la remplacer par un simple centre de distribution en zone industrielle. Et que c'était la S.M.C.I.  ("Société Moderne pour les Commerces et les Immeubles") qui disposait des terrains de la rue Isenbart/avenue Denfert Rochereau et ce, pour un projet immobilier. 

Le Président champigneulles

Le même jour, le 21 mars 1966, la SMCI déposait une demande d'accord préalable pour la construction d'un ensemble immobilier de 200 appartements, 140 garages et 60 parkings! A noter qu'à cette date la SMCI n'est pas encore propriétaire du terrain puisque la société Champigneulles est indiquée comme en étant la propriétaire. Cela expliquerait donc la première lettre citée....

Le Président plan 2

Les hauteurs des bâtiments projetés sont alors dérogatoires aux règles en vigueur mais la municipalité donne rapidement son accord de principe tout en renvoyant, pour une décision définitive, à la Commission Nationale des Sites.

Nous le verrons dans un second article, le projet suscitera de nombreuses réunions et dès 1967 il est présenté au nom de la SCI "Le Président" constituée par la SMCI. Et il ne s'agira pas de construire 200 logements mais 139 auxquels s'ajouteront 14 chambres individuelles et 14 chambres de "bonne".

Le 29 mars 1968, le permis de construire était délivré par la municipalité. Et paradoxalement, ce n'est que deux ans plus tard, lorsque ce projet sera concrétisé par la construction des premiers bâtiments, qu'il souleva le plus d'opposition dans une partie de la population bisontine : critiques dont la presse se fera l'écho. Mais nous y reviendrons.

Le Président plan

Tout d'abord, il nous a semblé utile de reproduire ce document émanant, dès la fin de l'année 1966, de la SMCI . Le voici, malgré sa longueur, dans son intégralité.Ce texte non signé a peut-être été rédigé par l'architecte du projet, M. André Maisonnier  (décédé en 2016 à l'âge de 93 ans), alors salarié à la SMCI.

 

" A PROPOS D’UN PROJET DIFFICILE

L’habitude a une telle puissance que les bisontins subissent depuis deux générations le chaos le plus invraisemblable, juste à l’entrée de leur ville historique.

L’esthétique industrielle est un souci tout récent : la brasserie de Besançon représente bien l’usine du passé, énorme et laide. Le Vallon de la Mouillère, tout aussi désordonné, est une large ouverture sur le site promis à un aménagement de qualité. Les constructions qui s’étagent au-dessus du terrain de la Brasserie sont d’une architecture anecdotique, très douteuse, qui fait espérer un beau rideau d’arbres dissimulateur.

Le premier souci du promoteur et de son architecte, dans cette œuvre courageuse, de rénovation, est bien de créer une architecture de valeur, puisqu’on la découvrira depuis les jardins des remparts, comme depuis les quais du Doubs.

Si la silhouette de notre projet s’inscrit bien dans la courbe douce du vallon, elle veut aussi se profiler verticalement en proue de navire face à la rivière. Cette forme volontaire, culminant à 36 m de hauteur, est d’ailleurs proportionnée aux arbres existants, qui représentent les deux tiers de cette dimension.

Président 3

Mais les créations humaines sont fragiles. Un péché tendu : c’est le parapet situé au pied de l’avenue Foch, qui, par une ouverture entre les arbres du vallon, vous offre un panorama de la Ville.

Le terrain est là, au premier plan, dominé de 24 m. Comment, dans une telle perspective, construire un bâtiment qui ne participe pas au paysage. Même à cinq niveaux de hauteur, il ne pourrait passer inaperçu. Tous nos photomontages nous en ont convaincus.

 

Un problème angoissant se pose alors :

– ne rien tenter.

– ou faire œuvre de bâtisseur.

L’engagement n’est d’ailleurs pas si facile.

Pour arriver au projet actuel, les études préliminaires ont été corrigées à six reprises par Monsieur MELICOURT, Architecte-conseil.

On peut toutefois se demander s’il existe des solutions de compromis. Nous en voyons immédiatement deux :

– la première consisterait à écrêter la tour de deux niveaux et, en compensation, à monter les autres immeubles. Le résultat serait un « U » à dix niveaux sur presque tout son périmètre. Le paysage serait masqué sur une longueur plus importante et la silhouette serait lourde et sans idée. Les façades et la maquette établies sur cette base le prouve.

– la deuxième consisterait à revenir à l’urbanisme du passé, avec construction à l’alignement. Le périmètre étant augmenté, le volume perdrait de la hauteur. La disparition des jardins prévus dans notre projet serait regrettable, aussi bien que celle des dégagements des carrefours. Nous avons rejeté cette solution, qui ne donne pas satisfaction au service de la Construction, ni à ceux de la Ville de Besançon, ni à la S.M.C.I.

On pourra tous objecter que la hauteur actuelle du bâtiment, jugée trop importante, est motivée par la recherche d’une forte densité. Nous rejetons par avance cette objection, pour les raisons suivantes :

1) la densité de notre projet est de 160 appartements par hectare.

2) cette densité n

Président 1

e peut être réduite sans compromettre l’équilibre de l’opération.

À titre comparatif, les services d’urbanisme de la Ville de Lyon ont fixé une densité de 200 appartements à l’hectare pour toute la zone centrale de l’agglomération. Elle représente un minimum pour les rénovations.

3) la densité du projet récemment accepté par le C.A.U. pour l’îlot « avenue Denfert-Rochereau et sud de la place Flore » admet 220 appartements/ha.

 

Le présent rapport veut démontrer que la vue de notre projet depuis le parapet situé sous la gare ne doit pas nous faire renoncer à la construction d’un immeuble d’habitation résolument moderne de lignes et honnête de proportions.

La perspective plongeante depuis l’arrière du projet n’est certes pas courante et des faiblesses architecturales seraient cruelles ; par exemple, des cheminées ou machineries d’ascenseur pourraient détruire l’harmonie recherchée. Aussi acceptons-nous bien volontiers les conseils de Monsieur MELICOURT pour la création de terrasses-jardins au niveau des superstructures. Nous avons, d’autre part, adouci les volumes principaux, en créant des différences de niveau dans le couronnement, comme dans les murs des façades.

Ces volontés doivent nous amener à la construction d’un édifice susceptible de retenir l’attention du spectateur.

 

 

Cet ensemble ne peut être dissocié de la rénovation du Vallon de la Mouillère. En effet, si les membres de la Commission départementale des Sites se soucient, à juste raison, des volumes projetés par la S. M.C.I., il faut, pensons-nous, pour juger le projet, faire intervenir également les différents premiers plans dans la perspective offerte aux spectateurs installés sur le Belvédère.

Nous imaginons que les terrasses qui couvriront le grand parking seront verdoyantes et qu'au pied du bâtiment qui remplira le creux du vallon, se réalisera une belle place avec des arbres, car il faudra beaucoup planter pour conserver la liaison de verdure entre la promenade des Glacis et le parc des bords du Doubs.

Le projet S. M.C.I. prévoit pour sa part jardins de 10 à 20 m de profondeur en bordure des voies et une cour intérieure jardinée. On peut donc penser obtenir, dans un avenir assez proche, un ensemble de jardins et d’édifices modernes allant du Belvédère à l’entrée de la passerelle. (Il s’agit de la passerelle Denfert- Rochereau, actuel pont R. Schwint).

Le côté agressif que peut avoir notre projet à l'heure actuelle, quand on examine sa silhouette sur une photo de l’état des lieux, devrait disparaître, parce que noyé dans un ensemble de à trois fois plus vaste.

 

Pour terminer, nous voudrions encore faire état de nos nombreuses recherches, depuis tous les points de vue de la Ville de Besançon. Des perspectives qui ne nous laissent aucune crainte dans l’esprit seront offertes depuis les jardins des Glacis et depuis le Doubs.

Mais notre promenade à Chaudanne nous a permis d’examiner attentivement les silhouettes des constructions récentes. Elles deviennent en particulier très cohérentes et à bonne échelle depuis l’ensemble de la gare de la Mouillère jusqu’à celui de la rue Tristan Bernard, en passant par ceux des rues de la Mouillère, des Docks actuel boulevard Diderot) et Fontaine - Argent. On peut très bien imaginer que l’échelle du projet S. M.C.I. s’y raccordera naturellement laissant la parfaite unité architecturale de la vieille ville enserrée dans sa boucle.

En conclusion, nous souhaitons que la Commission des Sites donne son approbation, de préférence, au projet présenté le 28 octobre".

Nous aurons donc l'occasion de revenir tout à la fois sur l'architecte de ce projet, M. André Maisonnier et sur la polémique que suscita cette construction, à partir de 1970.

Source : archives municipales; photos Alain Prêtre pour les photos actuelles et JCG pour les archives.

JCG

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23 novembre 2019

Qui se souvient de l'horloge fleurie ?

Eh oui! Depuis un article de M. Jean-Marc Loiseau, l'historien de l'horlogerie bisontine, (article paru le 3/08/2019 dans l'Est Républicain: son thème principal concernait la confusion entre chronomètres et chronographes), nous savons que les termes "horloge florale" sont impropres et qu'il convient de l'appeler "horloge fleurie".

Aménagée en 1954, elle était située près de la gare Viotte. Elle a depuis disparu après 2011.

horloge floralz 001

L'année suivant son installation, un journaliste de La France Horlogère (journal édité par la famille Millot habitant les Chaprais: voir article, sur ce blog, en date du 16 juin 2018) consacre un article aux Horloges Florales...  Il remarque que celles-ci fleurissent un peu partout en Europe. Ce serait Interlaken qui aurait la première donné l'exemple et ce depuis longtemps peut-on relever dans son article. Suivie par Ostende, Versailles, plusieurs villes de Suisse et d'Autriche, et même Alger. Cela relevait semble-t-il d'un phénomène de mode propre à attirer les touristes..

horloge interlaken

Horloge florale Interlaken

 

horloge florale Alger

 

Horloge florale Alger

Et si celle de Besançon n'est pas, à proprement parler sur le territoire du quartier des Chaprais, elle en est très proche, et surtout elle est constituée d'un mécanisme ATO, entreprise horlogère de la rue de la Rotonde, aujourd'hui disparue qui équipa de ses horloges la plupart des gares. (voir à ce sujet l'article consacré ,sur ce blog,le 20 décembre 2014, à ATO).

D'un diamètre de 5 m, voici les schémas d'explication qui étaient alors publiés.

horloge fleurie mécanisme

L'installation technique proprement dite a été effectuée par M. Cornette, un horloger alors très connu.

Voici encore quelques caractéristiques relevées dans la revue La France Horlogère :

horloge florale texte

 

Sur les photos successives, on peut noter des changements : la devise de la ville de Besançon "Utinam" sera remplacée, dans les années 60 lors du réaménagement de la gare Viotte, par le nom de notre ville; le mur de soutènement de la gare a vieilli .

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horloge fleurie utinam nouveau mur 001 (2)

horloge fleurie besac ancien mur 001 (2)

Horloge et son mur vieilli, années 60

Aujourd'hui l'emplacement ancien de cette horloge  ne peut être distingué dans ce talus actuel amputé d'une grande part de son terrain du fait des aménagements nécessités par l'arrivée du tram.

Gare Viotte ancien emplacement Horloge florale 01 (2)

Il avait été question nous précise M. Alain Prêtre de réinstaller cette horloge sur les Glacis de l'avenue Edgar Faure, là où se trouve la composition florale reproduite ci-dessous. Mais l'inclinaison trop prononcée du lieu posererait problème et il est difficile de procéder à des aménagements du fait des remparts Vauban et de leur classement.

horloge fleurieGlacis emplacement Horloge 02 (2)

Mais puisque l'horloge d'Alger semble toujours fonctionner, pourquoi ne pas demander de l'aide aux algériens? (nous plaisantons, bien sûr!...).

Souces : Le Comtois, la France Horlogère, Alain Prêtre ; ce dernier a également réalisé les photos actuelles. Merci.

JCG

16 novembre 2019

Qui se souvient de Madame Lucette Vernier, institutrice à l'école de filles des Chaprais ?

 

La parution toute récente du nouveau livre de madame Brigitte Rochelandet : "Besançon au Féminin - Histoire de la place des Femmes dans la cité" aux éditions Cêtre, met à l'honneur Madame Lucette Vernier qui fut durant de nombreuses années institutrice à l'école de filles des Chaprais.

vernier rochelandet 001

 

En effet, une photo réalisée par M. B. Faille en juin 1959, pour l'Est Républicain, illustre la couverture de ce livre: il s'agit d'une sortie de fin d'année de la classe de filles de madame Vernier, photographiée devant son école.

Une autre photo a été réalisée, toujours par M. B. Faille, en 1960, de la classe de madame Vernier. Peut-être vous y reconnaîtrez-vous?...

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Mme Vernier dans sa classe de filles en 1960

Il faut savoir que cette institutrice était une vraie chapraisienne! Née dans notre quartier, elle l'a habité jusqu'à son décès. Voici donc quelques éléments biographiques que nous avons pu recueillir grâce à sa fille Line. Nous l'en remercions vivement. 

Madame Lucette Vernier, de son nom de jeune fille, Dody, est née le 24 mars 1916, à Besançon, rue de Belfort. Elle est décédée le 30 septembre 2011, à Besançon, à la Villa Médicis.

Les parents de Lucette, la famille Dody, habitaient, 45 rue des Cras, face à la supérette. Son père était tourneur sur métaux.

Dans l’annuaire Fournier de 1936 et 1946, on trouve une mention Dody L. Tourneur Métaux Les Cras. Adresse : chemin des Courtils.

Formée à l'école normale d'institutrices de Besançon, elle se marie en 1942 avec Lucien Vernier, lui-même instituteur. Le couple va occuper divers postes à Saint Vit, La Sommette, Longemaison (1942-1955) avant de revenir à Besançon.

Ce retour à Besançon est nécessaire pour les études des deux enfants, tous deux nés à Besançon : un garçon né en 1943 et une fille en 1947. Toute la famille habite alors à la Cité Parc des Chaprais qui vient alors de sortir de terre. Madame Vernier enseignera à l'école de filles des Chaprais, jusqu'à sa retraite, en 1971.La dernière année, elle est affectée au Centre National d'Enseignement à Distance (CNED), du fait d’un asthme persistant.

 

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vernier longemaison 2

Mme Vernier organisait des sorties scolaires

Nul doute qu'elle a, par ses qualités pédagogiques et sa gentillesse, marqué les esprits de toutes ces petites filles qui l'ont eue comme institutrice. Si c'est votre cas et si vous avez des souvenirs précis de votre enfance dans cette école, n'hésitez pas à nous en faire part.

 

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Registre d'appel et cartable

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Registre d'appel de septembre 1966

Nous ne manquerons pas de les publier, comme nous publierons par la suite un article consacré à la mémoire de M. Lucien Vernier, qui lui enseignait à Palente : il était passionné de poésie et il a publié des recueils dont certains ont remporté des prix prestigieux (comme le prix L. Pergaud).

De même nous publierons bientôt un article sur l'étude historique de Mme Brigitte Rochelandet dont nous vous recommandons, sans plus attendre la lecture puisque son livre est d'ores et déjà en librairie.

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La sortie scolaire de juin 1959

Sources : Mme Line Vernier, archives familiales, archives municipales deux  photos de B. Faille (que l'on peut retrouver sur le site Mémoirevive Besançon).

 JCG

 

 

 

09 novembre 2019

Les Lumières de la Ville et les Chaprais...

Eh non! Nous n'allons pas évoquer dans cet article les illuminations de noël en cours d'installation en ville! Mais plutôt une très belle exposition en cours aux Archives Municipales de Besançon intitulée LES LUMIERES DE LA VILLE? Vivre à Besançon au XIXX° siècle (1815-1914).

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Bien sûr, il est beaucoup question de la Boucle, puisque les Chaprais n'ont vu leur développement réel que dans la seconde moitié du XIX° siècle. Mais compte-tenu de cette longue période de l'histoire illustrée ici (un siècle), les Chaprais ne pouvaient être totalement ignorés par les archivistes de la ville. Les Chaprais font en effet partie de ce que l'on appelle alors la banlieue, même si, rappelons le, notre quartier est intégré à la ville (en repoussant les barrières des octrois), en 1880. Il comptait alors 2 871 habitants en 1876 et     5 818 en 1886 ( 56 511 habitants dans la ville) . Et les octrois sont bien évoqués comme "source de revenus pour la municipalité" ( 500 000 francs en 1870). Les barques lavandières ne sont pas oubliées et dans le catalogue remis gracieusement à chaque visiteur (ainsi que des reproductions de vieilles cartes postales de l'époque) une très belle photo est reproduite p.72 de celles installées quai de Strasbourg, au débouché du vallon de la Mouillère.

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Il a été choisi, à propos du développement de la ville et des Chaprais en particulier, d'évoquer La Société pour l'Amélioration des Chaprais fondée en 1887.

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Les archives municipales possèdent à son sujet quelques documents dont la déclaration de la société en mairie et préfecture. C'est le Préfet qui sollicite le Maire de Besançon (alors M. Nicolas Bruand élu en 1884 et qui décédera en 1888) afin que celui-ci donne son avis sur cette association. Le maire va alors, dans sa réponse au Préfet, critiquer cette association qui ne cesse de revendiquer, susciter des articles dans la presse locale et pétitionner.

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La réponse de la mairie à cette agitation prendra la forme d'une lettre de deux pages, reproduite à la machine à alcool et donc vraisemblablement distribuée à de nombreux exemplaires.

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Cette lettre figure dans la vitrine de l'exposition et dans le catalogue de l'exposition à la page 29. Mais une petite erreur de légende s'est glissée et dans l'exposition et dans le catalogue (nous l'avons, bien sûr, signalée...). Car cette lettre est présentée comme émanant de la société alors qu'il s'agit de la réponse de la mairie. En voici la version au clair.

La Société pour l’Amélioration des Chaprais a fait signer une pétition au Ministre dans laquelle elle expose « que ce quartier est privé d’eau, dégoût, de chaussée pavée ou macadamisées, de trottoirs, etc. ».

Il paraît difficile de dénaturer à ce point la vérité.

Personne n’ignore que les Chaprais sont alimentés par les eaux de Bregille, Fontaine-Argent et Aglans, qu’il existe dans ce faubourg 14 bornes fontaines plus rapprochées entre elles que celles de la ville ; deux poteaux de puisage et plusieurs fontaines monumentales ; qu’il y a 1800 m d’égouts et trottoirs asphaltés et 20 000 m au moins en gravois, avec ou sans bordure, enfin que toutes les rues sont pavées ou macadamisées et qu’il n’y en a aucune sur sol naturel.

Les pétitionnaires prétendent que la Ville s’est engagée à affecter les produits de l’octroi à l’amélioration des Chaprais.

Aucun engagement de ce genre ne peut avoir été pris. Si la ville consacrait à l’amélioration de chaque quartier les produits de son octroi elle aurait aucune ressource pour faire face aux dépenses des services publics, police, voirie, instruction publique, etc.

Mais la ville n’a pas attendu que les Chaprais fussent dans le rayon de l’octroi pour faire les améliorations réclamées dans l’intérêt général de ce quartier. Elle s’est imposée de lourds sacrifices pour les doter de belles rues, de maisons d’écoles, d’une salle d’asile, d’un bureau de poste et télégraphe, d’égouts, de trottoirs, et de près de 10 km de conduites d’eau et de gaz. Depuis 15 ans elle a dépensé près d’un million en améliorations  (non compris sa part dans la construction du pont Saint-Pierre); pour environ 300 000 Fr. ont été distribué aux habitants sous forme d’indemnités de terrain. Plusieurs projets parmi lesquels figurent la construction d’une école de filles, seront encore prochainement exécutés.

Cependant les produits de l’octroi, déduction faite de l’entretien afférent aux améliorations ci-dessus, ne s’élève pas au quart de ses dépenses.

Les pétitionnaires cherchent évidemment à créer une agitation dont le but est facile à deviner à la veille des élections municipales. Mais le bon sens de la population saura faire justice d’accusations aussi injustes qu’intempestives.

 

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N'oubliez pas de courir à cette belle et passionnante exposition qui se termine le 16 novembre : vous pouvez y accéder librement du mardi au samedi inclus de 14 h à 18 h, avec possibilité de visites guidées à 14 h 30 le mercredi et 14 h3O et 16 h le samedi;  puis du 23 novembre au 7 décembre uniquement les samedis à 14 h et 18 h avec visites guidées possibles  à 14 h 30 et 16 h.

Source : archives municipales

JCG

 


02 novembre 2019

Inauguration officielle de la Poste des Chaprais

Dans un Article de l’Est Républicain daté du 6 octobre 1965, sous le titre: 

« Inauguré par le préfet régional le luxueux bureau de poste des Chaprais annonce la modernisation effective des PTT bisontins »

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on pouvait lire  :

"En 1873, rue des Chaprais, la balbutiante administration des postes ouvre le premier bureau télégraphique bisontin.

poste chaprais date

Près d’un siècle plus tard, en 1965, les dynamiques Postes et Télécommunications inaugurent, rue de Belfort, donc aux Chaprais, le bureau le plus moderne de la ville. Ce raccourci illustre la vocation « postale » du quartier Chapraisien, tandis que l’inauguration du bureau lui-même, annonce, en la procédant de 16 mois, l’inauguration et la mise en service du nouveau central téléphonique automatique.

poste rue de belfort avril 1965

Avril 1965, la poste en travaux rue de Belfort

Celui-ci, dès sa mise en service, desservira 4000 abonnés. Le bâtiment climatisé de quatre niveaux (dont deux souterrains) jouxte l’actuel et tout neuf bureau de Poste.

Ce bureau, nous l'avons déjà présenté à nos lecteurs, comme nous en avons décrit le luxe de la façade de marbre, la finition des installations. Hier matin, les invités des Postes et Télécommunications ont longuement visité et admiré des équipements techniques avant se rassembler au second étage où avaient lieu le discours et vin d’honneur.

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Septembre 1965 la nouvelle poste de la rue de Belfort

Bientôt deux nouveaux bureaux à Montrapon  et Saint Ferjeux

Directeur régional des Postes, venu  de Dijon, en compagnie de M. Rerolle, Directeur régional des télécommunications, M. Laporte remercie le Préfet de Franche-Comté M. Vaugon et les personnalités présentes. Il brosse un tableau assez nuancé de la situation des P et T à Besançon. « Cet ensemble constitue une réussite qui préfigure les réalisations prévues au V° Plan en matière des Postes et Télécommunications » déclara le Directeur régional qui poursuivit « en ce qui concerne le téléphone, nous aurons dépassé le stade des promesses lorsque le nouveau central entrera en service… Le vétuste bureau de Battant sera restauré pour le 15 décembre, des bureaux satellites seront prochainement créés à Saint-Ferjeux et sur l’avenue de Montrapon ».

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M. Laporte, Directeur régional des services postaux prononce son allocution en présence de ses invités

L’orateur évoqua ensuite « la misère du tri d’Isenbart » en attendant la construction (vraisemblablement dans le vallon de la Mouillère) d’un centre de tri plus moderne. Il souligna l’état de vétusté de la recette principale qui rendra indispensable le départ de 150 facteurs préposés et conclut en demandant à ses hôtes « de ne pas oublier la vieille dame des Postes que Louis XI a tenue sur les fonts baptismaux ».

Quant à M. Vauthier, premier adjoint, représentant M. Minjoz, après avoir assuré que la municipalité « ferait le maximum pour aider les P et T » souhaita que le ministère des finances comprenne que « la véritable grandeur vient aussi au bout du fil » et lut un télégramme de félicitations spécialement adressées au maire par le ministre Jacques Marette.

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La moins critiquée des administrations

Le Préfet régional, M. Bernard Vaugon sut enfin faire avec humour l'éloge des P et T : « la moins critiquée des administrations parce que la mieux adaptée à son époque » et après avoir formé des vœux de bonheur pour les fonctionnaires qui y travaillent, conclut que « le bureau des Chaprais était à l’image de la ville, en pleine expansion ».

Parmi les personnalités qui assistent à la cérémonie, on remarquait également MM. Joubert, Président du conseil général, M. Foissot, directeur départemental des P et T, Carrière, Directeur adjoint, Granclaude, Chef du central téléphonique, Bony, Receveur principal, Jeannot, Receveur des Chaprais, Mahé, Receveur honoraire ainsi que tous les inspecteurs principaux venus constater la magnifique réalisation de ce bureau des Chaprais auquel il ne manque qu’un parking, destiné aux usagers, pour être parfait".

Voici donc quelques précisions sur l'implantation de la Poste aux Chaprais. Ainsi nous apprenons qu'un bureau télégraphique ouvrit en premier, en 1873, rue des Chaprais, le bureau de Poste proprement dit n'ouvrant qu'en 1883, rue de la Liberté. De plus nous découvrons un centre de tri installé rue d'Isenbart, dans le vallon de la Mouillère, vraisemblablement dans ces deux petits bâtiments jumelés que l'on aperçoit sur cette photo datée de 1958.

 

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Centre de tri Isenbart dans anciens garages du tram (identifié par G. Renaud)

Ce centre a dû ouvrir dans les années 50. Mais, comme le savent les bisontins, il n'a jamais été reconstruit dans ce vallon mais rue Demangel et il a, depuis, été fermé (il abrite aujourd'hui la salle des ventes de Maître Renoud Grappin).

Autre nouvelle, l'ouverture en 1967 vraisemblablement d'un central téléphonique automatique pour 4 000 abonnés, et ce juste à côté du bureau de poste. 

Enfin, et cela ne figure pas dans cet article, la Protection Judiciaire de la Jeunesse avait des locaux au 2° étage de ce bureau de Poste, rue de Belfort, dans les années 70...

Si vous possèdez d'autres renseignements ou des souvenirs, des anecdotes à ce sujet, n'hésitez pas à nous en faire part : nous serons heureux de les publier. 

Source : Est Républicain 1965

Crédit photos : B. Faille, Mémoirevive Besançon, JCG.

J.C.G.

26 octobre 2019

La poste des Chaprais est fermée pour travaux : retour sur son Histoire...

Comme vous avez pu le constater, la poste des Chaprais est fermée pour travaux de rénovation jusqu’au mois de novembre de cette année. Nous avons déjà évoqué dans deux articles histoire de cette poste. Mais à l'occasion de ces travaux, il ne nous semble pas inutile de revenir sur son histoire et ce, en vous rapportant les propos écrits du journaliste l’Est Républicain daté du 22 septembre 1965, quelques jours avant son ouverture. Vous pourrez constater l’émerveillement ce journaliste qui semble avoir trempé sa plume dans l’encrier des Postes et Télécommunications pour écrire son article.

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La Poste en septembre 1965 : depuis, le marbre noir a vieilli....

 

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La façade aujourd'hui ..

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Le marbre aujourd'hui

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" RENOUVEAU DANS LES POSTES BISONTINES

Petit « Palais de marbre » le bureau des Chaprais ouvre ses portes lundi

La « grande dame des Postes » qui, dans Besançon, conservait le charme de plus en plus vieillot de ce début de siècle, voire de la seconde moitié du précédent, a décidé de se rajeunir. Nous allons bientôt l’apprécier dans de nouveaux atours qui lui redonneront l’allure raffinée et distinguée qu’elle avait indiscutablement perdue.

Une opération « mode » se termine au Chaprais, une autre débute à Battant. La grande poste centrale laissera-t-elle ses petites sœurs de quartier faire preuve de coquetterie sans donner elle-même le ton ? On l’ignore encore. Mais sans doute un jour viendra où elle aussi secouera la poussière de ses anciens habits pour se présenter, pimpante et souriante. En ce qui concerne la grande poste, l’opération est, on le conçoit, extrêmement délicate car se posent les problèmes communs à toutes les réalisations importantes c’est-à-dire celui de l’emplacement, de l’accès des parkings, et nous en passons. Toujours est-il que rechercher dans Besançon une heureuse solution au seul problème que nous venons d’énoncer, peut conduire le plus optimiste des hommes aux limites de la crise nerveuse. En plus, et dans un tel cas, il ne peut être question de faire de l’urbanisme au « petit pied ». Et si l’on veut être objectif, il ne saurait être question de reprocher à l’administration de ne pas s’engager, sans que sa décision n’intervienne après mûres réflexions.

La fin de la « poste prison »

Les Chaprais seront donc que le premier quartier bisontin à bénéficier de ce modernisme qui, depuis quelques années, s’inscrit dans la politique d’aménagement et d’équipement des PTT. Avec l’aide des municipalités, cet effort s’est déjà manifesté dans nos campagnes. On se doit de souligner que les  PTT ne sont pas tombés dans le travers des « bureaux types », ce qui nous aurait valu des immeubles sortis du même moule. Partout ils sont fort agréables à contempler. Partout ils s’inscrivent dans le cadre des pays où elles sont implantées. Partout aussi, il marque la fin de ces « postes prisons » où les receveurs et les « demoiselles des postes » étaient enfermés tels des bêtes curieuses malfaisantes derrière d’inesthétiques grillages. Faites l’essai : pour sourire un client que vous apercevez découper en petits carrés, il faut presque faire preuve de mauvais esprit. Depuis que les bureaux sont clairs, aérés, fleuris, que rien ne brise le contact entre l’employé et l’usager, l’ambiance s’est nettement améliorée. Tout le monde y gagne, et si le prix des timbres n’était pas si élevé, se rendre à la poste deviendrait véritablement un plaisir.

Une des plus belles façades de la rue de Belfort

ce double aspect de la profession et du service que l’on est en droit d’attendre des PTT existe au Chaprais. Rue de la liberté, les usagers se rendront quelque jours encore dans son bureau assez sombre qu’ils connaissent depuis toujours.

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Le vieux bureau de poste de la rue des Chaprais en 1965

Mais en fin de semaine, ce sera le grand déménagement pour gagner l’immeuble spacieux ouvert à quelques 200 m dans la rue Belfort.

Il possède la plus belle façade de cette rue avec son revêtement de marbre que l’on retrouve à l’intérieur dans le vaste hall d’accueil du public.

Incontestablement les PTT n’ont pas lésiné sur les moyens. C’est là une recette postale moderne, avec table, fauteuils, cabines téléphoniques ultramodernes de même que l’éclairage et l’insonorisation. Le tout est parfaitement disposé. Si la clientèle n’est pas satisfaite c’est qu’elle sera difficile.

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L'intérieur du bureau de poste rue de Belfort, avant son ouverture au public

Ce bureau ouvrira ses portes lundi 27 septembre. Jusqu’à cette date, les opérations se traiteront toujours rue de la Liberté.

À Battant la même opération de rajeunissement est en cours. Dans quelques mois on ne reconnaîtra pas le vieux bureau (et en écrivant « vieux » nous somme vraiment modeste au choix des qualificatifs). Les murs extérieurs étant sous la protection des Monuments historiques, il ne faut pas s’attendre à les voir se transformer en marbre, mais très certainement ils feront quand même un brin de toilette.

Voilà donc deux heureuses réalisations à l’actif des Postes et Télécommunications. »

Début octobre 1965, ce bureau sera inauguré officiellement. Nous aurons l’occasion d’y revenir, puisque dans les discours officiels, nous avons découvert de nouveaux renseignements à caractère historique.

Source : Est Républicain

Crédit photos : B. Faille site Mémoire vive Besançon ;JCG.

J.C.G.

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19 octobre 2019

Le lavoir municipal de la Mouillère (suite et fin)

Comme nous l'indiquions dans notre précédent billet, les barques lavandières installées sur le Doubs, propriétés privées, font place, en 1945, au lavoir municipal installé lui, sur la terre ferme.La municipalité avait alors deux projets : un rue d'Arênes, l'autre dans le vallon de la Mouillère. Seul celui de la Mouillère semble avoir été réalisé. Avec la particularité que l'eau nécessaire proviendra de la brasserie Gangloff qui capte alors une partie de la source de la Mouillère et qui revend donc à la ville cette eau au même tarif que celui pratiqué par la ville avec des clients équivalents.

L'installation en bois se révèle sommaire comme le révèle cette photo de B. Faille réalisée pour le reportage sur la démolition du lavoir en octobre 1965.

lavoir municipal démolition oct 65

 Démolition du lavoir en octobre 1965

Il s'agit en fait, comme il est précisé lors de la délibération du conseil municipal, d'une baraque en bois qui est vendue, donnée (?) par la Société de la Foire Exposition.

La vie administrative de ce lavoir transparaît lors de quelques cessions du conseil municipal. Il faut en fixer les conditions d'utilisation, les horaires d'ouverture, le gardiennage, le chauffage de l'eau et donc les tarifs qui seront révisés plusieurs fois puisque les recettes - (les rétributions des laveuses professionnelles, les coûts étant  pour une demi-journée) - ne couvrent que la moitié des dépenses. Et même s'il ne s'agit pas pour la ville de réaliser des bénéfices, les conseillers municipaux considèrent qu'il n'y a pas lieu de subventionner autant une activité professionnele privée. Les tarifs sont révisés en 1957 (séance du conseil du 25 février) puis, de nouveau en 1958 (conseil du 20 janvier): il s'agit là, en 1958, en plus,  de remplacer la chaudière.

lavoir 1957 tarifs 1

Délibération du conseil municipal sur les tarifs : séance 25 février 1957

lavoir CM 1958 1

Séance du conseil municipal du 20 janvier 1958

Mais déjà,en cette année 1958, la municipalité envisage la fermeture du lavoir et a fait dresser par ses services, la liste des laveuses occupées à temps partiel (minimum 2 journées par semaine) ou à temps plein (le lavoir est fermé les samedi, dimanche et lundi). La moyenne d'âge que nous avons calculée, d'après cette liste, est de 59 ans; la plus jeune ayant 43 ans, la plus ancienne 72 ans. Deux seulement habitent les Chaprais, rue Krug

Le conseiller municipal Henri Huot, les réunit le 12 décembre 1959 afin de discuter de cette éventuelle fermeture. Quelques jours plus tard, une pétition est remise au maire, afin de lui demander "...de bien vouloir examiner notre situation n'ayant d'autre lieu nous permettant d'exercer notre profession". Elle comporte 28 signatures.

Six ans plus tard, en 1965, lorsque le lavoir sera détruit, le bureau d'aide sociale de la ville,  après une enquête précise, versera un secours à 7 d'entre elles. Secours en argent qui ira de 880 F pour 4 d'entre elles, les plus âgées, à 600, 100, 150 F pour les trois autres. Le salaire le plus élevé alors déclaré par l'une d'entre elle était de 318 F 6 centimes et se situait pour les autres dans une fourchette de 100 à 280 F.

lavoir municipal faille 2 tatouée

Deux laveuses professionnelles  : la pls ancienne, à gauche, avec lunettes est âgée de 80 ans. L'autre porte un tatouage réalisé sur le bras, une pensée, réalisée à l'âge de 18 ans

lavoir municipal faille chaufferie

La chaufferie,en juillet 1965, avec M. Paul Rodary qui a remplacé M. Cuenin décédé quelques mois plus tôt.

Que sont-elles ensuite devenues ? Deux signalaient cependant pouvoir, malgré leur âge, retrouver un travail!

Sources : délibération du conseil municipal, mémoirevive Besançon, Est Républicain (1965).

Crédit photos B. Faille, Mémoirevive, capture d'écran du délibération du conseil municipal.

J.C.G.

12 octobre 2019

Le lavoir municipal de la Mouillère (1945-1965)

Lors du dernier café - histoire consacré au vallon de la Mouillère, M. Guy Renaud en véritable historien de ce vallon qu'il est, a évoqué, photos à l'appui, les barques lavandières installées autrefois sur le Doubs, puis le dernier lavoir municipal démoli en octobre 1965. En effet, ce lavoir avait été créé tout de suite après la guerre, les barques lavandières ayant disparu (détruites avec les ponts?). Dans un article fort bien documenté, paru dans la revue BARBIZIER (bulletin de  du Folklore Comtois), n° 32 de 2008, M. Fernand Frachebois recense 14 barques lavandières à Besançon en 1887 et encore 7 en 1931. Les lecteurs intéressés pourront également se reporter aux articles rédigés par M. Christian Mourey, sur ce blog, les 8 et 15 octobre 2016 (sans oublier les 8 commentaires que ces articles ont suscités).

 

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Inondation du 21 janvier 1910: à droite la barque lavandière près de la tour de la Pelote et un pilier d'une des deux portes du quai (photo Bevalot)

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Barque Lavandière Isenbart 1936: au premier plan Mme Juliette Devenge puis Mme Denise Roy (DR)

En juillet 1965, un journaliste de l'Est Républicain effectua, en compagnie du photographe du journal, M. Bernard Faille, un reportage sur ce lavoir, quelques mois seulement avant sa démolition.

Nous reproduisons donc, ci-dessous, l'article alors paru le 23  juillet 1965, sous le titre :

" Le lavoir de la Mouillère dernier « bastion de la résistance » contre la machine à laver

Dans le vallon de la Mouillère que l’UAC et les autobus urbains ont déserté, le lavoir municipal sera le dernier vestige d’un passé révolu. Quand les autres vieux bâtiments auront été détruits, les cours du ruisseau couverts, la rue de la descente directe de la gare en ville tracée, le pont destiné à remplacer la passerelle Denfert-Rochereau sera jetée par-dessus le Doubs

c’est que le lavoir, bien qu’il soit condamné à disparaître à plus ou moins brève échéance, bénéficie d’une certaine protection car il représente le gagne-pain d’une dizaine de dames courageuses, mais dont l’âge avancé, pour la plupart, empêcheraient de trouver un autre travail.

Ce sont les lavandières de Besançon. Rien à voir avec celle du Portugal, comme les a rendus célèbre la chanson. Les bisontines se rapprocheraient plutôt de Gervaise héroïne du livre d’Émile Zola, « l’Assommoir », ne serait-ce que par le cadre très vétuste dans lequel elles opèrent.

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Photo B. Faiile octobre1965,au moment de la démolition du lavoir

 

Chauffage à la vapeur

Pourtant le lavoir de la Mouillère comporte un perfectionnement qui n’existait pas à l’époque de l’action dudit roman, le chauffage à la vapeur. Une grande chaudière à vapeur a été installée en effet par la ville, et c’est Monsieur Paul Rodary qui est chargé d’y entretenir le feu. Il a remplacé à ce poste le sympathique M. Cuenin, décédé au mois d’octobre dernier. Malgré tout, M. Rodary a déjà eu le temps d’apprécier les qualités humaines des habituées du lavoir qui sont toutes aimables malgré leur franc-parler. Quelques-unes n’y viennent qu’une fois par semaine pour laver leur linge personnel, mais une dizaine d’autres, dont cinq sont particulièrement assidus, travaillent pour différents clients et gagnent leur vie ainsi. Parmi elles se trouvent Madame Morel toujours fière de faire voir la pensée que son fiancé l’avait tatoué sur le bras gauche le jour de ses 18 ans. « Il y a longtemps déjà, dit-elle, presque un demi-siècle ». Mais Madame Morel n’est pas la plus âgée des quelques lavandières professionnelles qui luttent contre la terrible concurrence de la machine à laver dans le dernier bastion de résistance contre cet engin des temps modernes. La doyenne est une petite femme toute ridée dont les lunettes à monture métallique tombent constamment sur le bout du nez. Elle est toujours droite comme un I RI aussi facilement qu’à 20 ans. Elle aura bientôt 80 ans. C’est Madame veuve Marie Faivre, domiciliée 18, rue de Vignier. Il y a bientôt 50 ans qu’elle fait ce travail et c’est toujours avec le même entrain et la même joie de vivre qu’elle commence une nouvelle journée. Sa vitalité et son dynamisme feraient envie à bien d’autres  plus jeunes.

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 Photo B. Faille juillet 1965

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La personne du premier plan (1) vient de la rue Gustave Courbet : c’est Mademoiselle Back ; la seconde, plus forte, de la rue Krug ; la troisième, avec ses lunettes, Madame Faivre, habite rue de Vignier ; la quatrième demeure square Saint-Amour ; la grande personne vu de profil (5) est une laveuse professionnelle qui habite au bas de la rue Battant..Le lavoir pouvait abriter une vingtaine de femmes.

Le lavoir pouvait abriter une vingtaine de femmes. Chacune disposait d’une seille en bois avec un banc à laver, d’un bac en ciment avec l’eau courante pour le rinçage, et d’une lessiveuse pour bouillir le linge.

Au temps des bateaux lavoirs

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Cette extraordinaire aïeule a déjà connu le temps où les lavandières exerçaient leur talent sur le Doubs, dans les fameux bateaux lavoirs de Rivotte à Tarragnoz sur le cours de la rivière que les papeteries de Novillard et les égouts n’avaient pas encore salie et polluée comme aujourd’hui. Mais l’eau du Doubs a été avantageusement remplacée par « l’eau du robinet » ce qui permet à ces dames de s’acquitter de leurs tâches à la perfection « mieux qu’avec une machine » pestent-elles".

Nous aurons l'occasion, dans un prochain article, de revenir sur la fin de ce lavoir et de ses dernières laveuses professionnelles (5 recensées par les services de la ville, en 1965).

Sources : Fernand Frachebois (Barbizier n°32 année 2008; Christian Mourey; Est Républicain.

Crédit photographique : Mémoirevive ville de Besançon; Barbizier; Mme Marcelle Roy (DR)

J.C.G.

05 octobre 2019

Le docteur Perron et les Chaprais

«  Un homme de bien, un homme de cœur… » écrit la rédaction du journal bimensuel « Les Gaudes » à la suite du décès, à son domicile du 80 rue de Belfort, du docteur Perron, le 27 août 1892.

Ci-dessous le registre des décès d'août 1892 de la ville de Besançon

PERRONdécès 28 aout 1892

perron tombe inscription

S'agit-il de la tombe du docteur Perron, au cimetière des Chaprais?

Le docteur Charles François Alexandre Perron est né le 21 avril 1824 à Broye les Pesmes en Haute-Saône. Son père (1794-1888) était percepteur à Broye les Pesmes et maire de ce village. Aîné d’une famille de 8 enfants, il fut tout d’abord placé par son père au petit séminaire de Marnay. Puis en 1841, il quitte Marnay pour une institution libre, la pension Meynier : il suit les cours du collège royal de Besançon (qui deviendra le collège puis le lycée Victor Hugo). La pension était dirigée par l’abbé Meynier. Il s’agissait de donner aux élèves des habitudes de bonne société. « Homme  du meilleur monde causeur aimable et enjoué, l’abbé présidait à tous les repas avec infiniment de distinction, ayant soin de ne mettre sur le tapis que des questions morales, des sujets de philosophie, de littérature ou d’histoire qui pouvaient intéresser ses élèves en vue d’entretenir une causerie agréable à laquelle chacun d’eux était plus ou moins en état de prendre part ».

Après son bac, il souhaite entreprendre des études médicales en vue d’entrer dans le corps de chirurgie militaire. Il fréquente donc la faculté de médecine de Besançon, puis l’école militaire de santé de Metz avant de se perfectionner à Paris, à  l’Ecole du Val de Grâce ; en juin 1849, il se met à la disposition de la municipalité parisienne afin de soigner une épidémie de choléra. C’est à cette époque qu’il est arrêté comme républicain. Il est alors emprisonné 3 mois à la Conciergerie : ayant souscrit un engagement militaire de 7 années en sa qualité d’étudiant en chirurgie, il doit passer 3 ans comme simple soldat dans un régiment de lanciers à Lunéville ! Libéré de ses obligations militaires, il rejoint à pied, faute d’argent, l’école réputée de médecine de Montpellier et il en repart en mars 1853, toujours à pied, son diplôme de docteur de médecine en poche,  afin de rejoindre sa Franche-Comté. Il s’établit aux Chaprais et il devient,  durant 34 ans, le médecin de la compagnie du PLM.

docteur perron maison

L'ancienne maison du docteur Perron, 80 rue de Belfort

Il épouse en 1854 Eugénie Marie Joséphine Brocard, (1828-1902), la fille d’un avocat de Besançon : ils auront 7 enfants, dont Laure Marie Françoise qui épouse à Besançon, en 1880, le capitaine Célestin Bobillier qui termina 2° de la première course vélocipédique Paris Rouen en 1869.

Malgré son travail et ses charges familiales, ce brillant esprit, curieux de tout va s’adonner  à des travaux littéraires sur les usages, les mœurs et les traditions du pays comtois, soit à des études médicales ou des travaux philanthropiques. Il sera d’ailleurs conseiller municipal de la ville de Besançon durant plusieurs mandats, de 1871 à 1884.

Voici d’ailleurs la liste de ses principaux travaux.

- Histoire de l’horlogerie en Franche-Comté (édition spéciale Lyon 1856) ;

Des aspirations cuivreuses dans le travail de l’horlogerie (société de médecine de Besançon 1860) ;

- Annales des pestes en Franche-Comté (Société d’Emulation du Doubs) ;

- Recherches sur la mortalité dans le département du Doubs  (Société d’Emulation du Doubs) ;

- Les superstitions médicales (Edition spéciale)

- Proverbes de Franche-Comté (Edition spéciale) ;

- De l’honnêteté professionnelle (Société de médecine du Doubs. Edition spéciale) ;

- Histoire de Broye (Société d’Emulation du Doubs 1889) ;

- Mémoire sur la fièvre typhoïde aux Chaprais (Société de médecine de Besançon, publiée en 1890) ;

docteur perron fièvre typhoïde

- Du Médecin (Société de Médecine de Besançon 1891) ;

- Les Francs-Comtois : leur caractère national, leurs mœurs, leurs usages (Edition spéciale 1892).

docteur perron

Indépendamment de ces ouvrages, le docteur Perron a publié de nombreux autres travaux dans le concours médical, la Revue littéraire de Franche-Comté, le journal Le Doubs, le Réveil du Doubs, les Gaudes, etc.  

J.C.G.