HUMEURS DES CHAPRAIS

19 août 2017

Suite 4 des souvenirs de M. jules Devernay, ancien habitant de la Cité Parc des Chaprais

 M. Jules Devernay est enfermé dans un camp de prisonniers en Pologne.

Je tombe sur un Lagermeister (adjudant d’administration) comme patron ; il a 6 ou 7 mômes et moutarde à la maison, une cinquantaine de berges et pas du tout chaud lapin pour son patron Adolf. Nous allions donc bien nous entendre.

Après quelques jours d’observation, réciproques, nous comprenons que nous pouvons nous faire confiance: il est réserviste, il n’est pas fortuné, il serait mieux avec sa marmaille et sa femme à la maison. Je serais mieux aussi chez moi et surtout je serais plus satisfait si je pouvais faire marcher plus souvent mes mâchoires.

Un jour, il m’apporte les culottes de ses gosses… Elles sont usées sur les bancs de l’école et aussi sur les chantiers de jeunes. Avec de vieilles frusques de l’Armée Allemande, je lui fabrique des toutes nouvelles culottes.

poz culotte 001

Oh ! Pas pour rien ! Tout se paie en kilos de pain et en paquets de cigarettes.      

poz cigarettes 001

 Par la suite , je suis sollicité par des copains pour leur faire des pantalons et des sacs à dos dans nos ex toiles de tente de l’Armée Française ; je ne cherche pas à savoir pourquoi ils veulent se mettre en tenue de toile et porter le sac, mais il commence à y avoir quelques absents aux appels du matin. Les Allemands les voient, puisqu’ils ne les voient plus (ça c’est pas trop mauvais ! je suis content de moi)  et je rigole dans ma moustache , que je n’ai pas. Ce surcroit de travail m’oblige à demander du renfort à mon Lagermeister, tant en hommes qu’en matériel, car il faut s’organiser. En plus des fonds de culotte il faut fournir des tuyaux d’échappement.   

Quand je quitte le camp, nous étions une dizaine de tailleurs à l’atelier et avions 6 ou 7 machines à coudre, des stocks prévisionnels en toile de tente et en toile de paillasse. Je fais mes Adieux aux copains et mon Lagermeister m’apporte en cachette, une grosse musette de vivres et quelques paquets de cigarettes. 

« Au Plaisir de nous revoir «  nous nous retrouverons ailleurs plus tard, mais dans d’autres circonstances plus GRAVES.

Je suis transféré cette fois à Wollstein (Wollstyne en Polonais) où je me remets à nouveau  sous la protection des Petits Suisses ;

poz c4

Wollstein

je fais le lézard, ce qui n’es pas du tout du goût de ces messieurs qui tenaient le haut du trottoir; je n’y fais donc pas de vieux os et l’on décide, enfin quand je dis « l’on décide » ce sont les copains de la petite moustache et de la grande mèche qui décident pour moi, de m’envoyer faire un tour à la Frontière Russe.

C’est là que j’ai l’occasion de voir à peu de distance de ce nouveau camp le Mémorial  d’Hindenburg de Tannenberg, puisque je suis arrivé à Königsberg en Prusse Orientale (actuellement Kaliningrad en Russie).

Tannenberg_ohne_kreuz

 

Mémorial de Tannenberg

Malheureusement, dès mon arrivée les Allemands attaquent la Russie ! Ca Caille ! Il fait moins 42° au soleil, comme à l’ombre, et les Allemands, sans doute pour réchauffer l’atmosphère, attaquent les Russes au lance-flammes ! Quel désastre pour les premiers Russes, je les ai vus mais je ne vous en parlerai pas car ce n’était pas beau à voir !

lance flammes

La suite du récit de M. Jules Devernay sera publiée le 23 août 2017.

 

Posté par vivreauxchaprais à 06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


16 août 2017

Suite 3 des souvenirs de M. Jules Devernay, ancien habitant dev la Cité Parc des Chaprais

M. Jules Devernay se retrouve prisonnier à Grotzisk, en Pologne.

 

Carte_Pologne_fin_1939

 

La population Polonaise, la première que je voyais, depuis mon départ, pleurait en nous voyant ; elle nous aurait embrassés si elle avait pu le faire ; elle nous lança des boules de pain et de la nourriture et tout ceci à l’inverse des Allemands qui leur distribuaient de la crosse.

J’avais récupéré un pain à la volée, je l’avais enfoui de suite sous ma veste, mais malheur ! Il devait sortir du four, il était brulant ! Le soir j’avais des cloques sur la poitrine, mais j’avais mon pain ! Dans cette énorme ferme transformé en camp de prisonniers ça ne tournait pas rond non plus, ils avaient expulsé les propriétaires Polonais et fait poser par ceux-ci et les gens du village des barbelés sur 2 rangs à 2 mètres environ de distance et sur plus de 2 mètres de haut. Mais ils avaient complètement oublié nos chambres à coucher, c’est quand même important lorsqu’on reçoit des étrangers ; et le prestige alors ? Toute une éducation à refaire !

barbelés

Nous étions près de 2000 en tout, mais nous arrivions par paquets de 2 à 300 à la fois (d’habitude on parle de paquets de 10 ce n’était pas le cas). Enfin nous, nous sommes comme de braves Français les meilleurs bricoleurs du monde, même en temps de guerre. Nous nous sommes donc débrouillés nous-mêmes pour fabriquer des lits de 24 personnes et à 3 étages avec des planches qui étaient stockées à cet effet dans une petite grange, grande comme un supermarché.

carte camps

Naturellement, comme dans les courses de taureaux en Espagne nous recevions des encouragements de la part de nos « Gardians », soit de la voix, tel que Schnell, Arbeit, Kein Arbeit, Kein Essen ou encore Schwenerein (excuses pour ce mot, mais ce qui a été dit doit être dit, si cruel soit-il). Enfin ce qu’ils disaient n’avait pas d’importance, on n’y comprenait rien de rien. Quant aux actes, ce n’était pas la même chose, c’était compréhensible : ils avaient remplacé la banderille par la crosse et les coups de pieds appliqués à un endroit que je ne vous dévoilerai pas (ça coûte trop cher, 10 frs par exemplaire ! très peu pour moi), disons donc le plus simplement du monde à l’endroit adéquat.

Tout n’était pas fini, le soir de notre arrivée…les uns couchèrent donc sur les échafaudages terminés et les autres par terre sur la paille ; riches comme pauvres tout le monde il était sur la paille ! Quelques jours après nous avons une fouille en règle ; à part mes 20frs 20 de l’époque (que je n’ai jamais revus) on ne me fauche rien d’autre.

La soupe est « délicieuse » et d’une limpidité d’eau de roche quelques malheureuses rondelles de concombres flottent, l’œil triste car elles savent que leur dernière heure a sonné, c’est à peu près tout ce que la soupe contient de légumes, mais il y a aussi quelques petits restes de nerf ou de viande égarés ; la grosse difficulté c’est que nous n’avons pas de microscope pour en évaluer la masse, ni de balance pour en connaitre le tonnage. Nous sommes en pleine période de disette, les plus petits peuvent lire dinette s’ils le veulent.

la soupe

Fort de la convention de Genève, comme sous-officier, je refuse de travailler, mais ça ne dure pas longtemps, car je suis admis à l’infirmerie pour une dysenterie, quelque chose de bien sonné, et je descends encore facilement de poids. Poids record obtenu : 42 kilos, je suis classé Hors Concours ! L’infirmerie est sérieusement désinfectée, nous marchons littéralement sur de la chaux… et puis, comme je ne suis pas le seul atteint de cette maladie, ça sent tout ce que l’on voudra, sauf la parfumerie ; le pain kaka que nous avons pour notre ration journalière, tourne de l’œil comme les bonhommes. Enfin, le 20 Juillet, je suis évacué sur l’hôpital de Gräetz.

infirmerie

Je reprends petit à petit du poil de la bête, c’est à dire du poids ,vous aviez compris) mais il faut dire que ce n’est pas de leur faute, car nous sommes trois dans la chambre et nos infirmiers en partie Polonais. Ainsi nous arrivons à connaitre l’état des lieux par rapport à la cuisine et établissons nos plans de bataille pour des invasions de nuit ; par manque de forces parfois nous traînons à quatre pattes, mais nous torpillons avec parcimonie ( ce n’est pas un corse !)les armoires où il y a de la graille. Nous avons mieux réussi qu’en 39, et nos vert-de-gris ne se sont jamais rendu compte qu’il y avait des manquants dans leurs munitions de bouche. Je sors de l’hôpital le 9 aout 1940 et retourne au camp pour passer une petite convalescence à l’infirmerie ; certains ; après cela prétendront encore que ce sont des sauvages !

prisonniers livre

En Septembre, je commence à me rendre compte que la convention de Genève ne nous oblige pas à travailler comme gradé, mais aussi qu’elle ne nous apporte pas la nourriture complémentaire…aussi j’abandonne les Conventions des PETITS SUISSES et demande à rentrer comme tailleur à l’atelier du camp, car les gars usent leur fond de culotte, pas sur les bancs de l’école, mais sur les chantiers : il faut dons éviter de nous transformer en Sans Culotte ?

convention de geneve

 La suite des souvenirs de M. Jules Devernay sera publiée le 19 août.

Posté par vivreauxchaprais à 06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

12 août 2017

Suite 2 des souvenirs de M. Jules Devernay, ancien habiant de la Cité Parc des Chaprais...

Dans l'épisode précédent, M. Jules Devernay est contraint de se présenter en cet été 1940, à la Kommandantur de Lille, avec 2 jours de vivres, une couverture et une paire de chaussures...

 

Lille occupée

 

La ville de Lille occupée

Devant la Kommandantur, il avait un de ces attroupements à croire que toute la ville était descendue…Enfin je ne ferai pas le voyage seul ! Et l’on disait que ce n’était que pour quelques jours, travaux urgents dans l’intérêt de la population. En effet, c’était urgent, car quelques heures après, en colonne nous reprenions la route à pied et quelques jours après nous arrivions à GAND en BELGIQUE ; j’étais en queue de colonne prêt à virer de bord à la première occasion mais il y avait continuellement des « rabatteurs » et quand ça ne marchait pas assez vite, quelques coups de fusil ou de mitraillette par terre ou en l’air, nous redonnait de l’élan, à nous, les traînards. Il faut dire que les gardes chiourme ne se reposaient pas beaucoup non plus, car la colonne faisait au moins 3 à 4 kilomètres de long !

kommandantur

Le 20 nous embarquions dans des péniches sur l’Escaut. La marche allait enfin se terminer, mais les péniches avaient transporté du charbon et le batelier n’avait pas eu le temps de passer l’aspirateur, il y avait encore un peu… beaucoup de poussière de charbon, et nous commencions déjà à être pas mal crasseux, car nous ne logions pas à l’hôtel en cours de route, nous étions trop nombreux sans doute !

Nous passons à NIMEGUE (HOLLANDE)… (Ce n’est pas nous qui avons signé le fameux traité portant le nom de cette ville et qui, donnait à la France, entre autres, la Franche Comté. C’était déjà fait, nous arrivions trop tard !) Puis nous quittons notre péniche et la Hollande à EMMERICH, ce fut comme la remontée des mineurs de fond de la fosse n°3 d’Henin-Liétard ou d’ailleurs, car de toute façon un mineur est un mineur, même s’il est majeur.

traité de Nimèque

Traité de Nimègue 1678 (Henri Gascard 1635-1701)

Un affamé, qu’on appelle en termes militaires « un saute au rabe » au cours de notre croisière m’avait fauché 2 boites (sur 3) de lait sucré concentré, dont je tairais la marque pour ne pas être, comme à la télévision poursuivi pour publicité clandestine, mais enfin c’est quand même vache, c’est comme si on enlevait le biberon de la bouche, çà ne se fait pas, c’est laid (avec un D et pas un T).

En cours de route nous n’avions pas froid étant dans la cale la plus inférieure, on ne peut pas toujours voyager en première classe il faut les comprendre… de plus nous étions 200 dans un espace réservé à environ 100 personnes, nous n’avions donc pas besoin de chauffage d’appoint. La chaleur animale suffisait.

Dommage qu’il y avait comme partout ailleurs des trouble-fêtes j’entends par là les ceusses (faux frères) qui auraient pu se désinfecter les pinceaux car ça ne sentait pas la rose ni l’œillet ; vous voyez (non vous pouvez pas voir, vous n’y étiez pas, donc je comprends !) vous voyez (bis) tous ces gars dormir les uns sur les autres, rien d’étonnant de se réveiller asphyxié, lorsque vous avez un gros orteil et un autre de ses frères qui se sont logés dans vos trous de nez, mais ceci est du passé puisque nous débarquons (ce n’était pas le grand débarquement comme en Normandie mais c’en était un quand même et je crois qu’il fallait le dire.)

Après la distribution de la boule de pain noir, dénommé pain KK

pain 001 (2)

 

et d’une espèce de saucisse, nous changeons de moyen de transport et embarquons enfin dans un train, wagons très confortables portant l’inscription réglementaire « 40 hommes 8 chevaux en long » Là encore les Allemands nous encouragent à nous presser aux cris de « LOS ! LOS ! Schnell ! Schnell ! ».En premier nous pouvions être en droit de croire qu’il y avait encore une distribution d’Os à moelle  (Journal très connu à l’époque).

os à moelle 001 (2)

            

                       

Mais non ! Ils nous ont fait comprendre par gestes, que nous étions pressés ; c’est normal, on nous attendait quelque part et nous n’avons donc pas le temps de nous laver le nez… et d’autres, les pieds.

J’ai le bonheur pour mon compte personnel de pouvoir me passer un peu d’eau sur le visage et de me secouer un peu. D’une cale de charbon (noir) je grimpe dans un wagon ayant transporté de la farine (blanche). Comme toujours l’Intendance n’a pas suivi et il va manquer des wagons de 40 hommes…cela n’a pas d’importance comme à la pelle on nous charge à 60. Y faut quand même pas laisser les petits copains sur le quai, il faut bien s’aider que diable ! Surtout en temps de guerre.

déportation wagons 2

Nos wagons sont verrouillés, c’est une précaution essentielle pour que personne ne tombe du train en cours de voyage. Comme ils sont gentils et prévoyants nos braves anges gardiens !! Aux arrêts prolongés ils entrouvrent la porte de 2 à 3 centimètres, mais ceci de temps en temps lorsqu’eux-mêmes et leurs chiens ont besoin de se dégourdir les pattes, on en lève une contre les roues des wagons, cela permet aussi à ceux qui ne sont pas au vasistas (orthographié ici en français pour une meilleur compréhension) de pouvoir admirer le paysage et d’avoir un peu d’air frais aussi, ce serait dommage de perdre de la main-d’œuvre gratuite en cours de route, par suite d’étouffement, et puis il y a aussi chez tout être humain une question de vessie, mais ne vous bousculez pas au portillon. N’Y en aura pas pour tout le monde ! « Lancequiner » c’est bien mais il faut éviter les inondations. En cas d’arrêt de nuit c’est toujours verrouillé, sans doute à cause du froid ?

Nous avons nettement l’impression que notre train tourne en rond car nous passons presque éternellement aux gares « AUSGANG » et « EINGANG » et le copain qui avait réussi à emporter en douce, une carte routière n’arrivait pas à trouver ces patelins ni à savoir où nous étions ! Il aurait mieux fait de prendre une carte ferroviaire !

Mais le comble du bonheur dans ce wagon il n’avait que des illettrés ou des incapables : pas un ne connaissait la langue de GOETHE.

De temps en temps une ville était repérée, victoire ! Mais nous retombions…. A nouveau à Au gang ou Eingang…ce n’est qu’au bout de deux jours, lors d’un ravitaillement que nous avons su que cela voulait dire « Sortie » et « Entrée « ; dès lors les observateurs furent plus vigilants.

entree sortie 001 (2)

Au bout de 7 jours de voyage aux frais de je sais plus quelle Princesse, nous débarquons en POLOGNE, dans un petit village  appelé Südhof, proche banlieue de Gräetz (en Allemand) Grotzisk (en Polonais) ; nous faisons un ou deux kilomètres à pied, histoire de se dégourdir les guibolles, et nous arrivons dans une ancienne ferme transformée en camp.

La suite de ces souvenirs paraîtra sur ce blog le 16 août 2017.

Posté par vivreauxchaprais à 06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 août 2017

Suite 1 des souvenirs de M. Jules Devernay, un ancien habitant de la Cité Parc des Chaprais....

Le premier épisode des souvenirs de M. Jules Devernay nous avait conduit, en juin 1940 jusque dans le nord de la France, où, après la défaite française, il rejoint sa famille.

Enfin rentré chez moi, tout serait au moins fini, j’aurais pu aussi faire une collection de timbres, avec les timbres de textile qu’on appelait points, de ferrailles ,de pain, de matières grasses, de sucre (qu’on appelait tickets) mais… c’était comme les Emissions des Emirats d’Arabie ou autres "émissions pirates", il y en avait en quantités limitées de tous les modèles ,de toutes les couleurs et ils se vendaient très chers au marché noir, parce qu’il étaient rares. Des mauvaises langues, (et il y en a partout) disaient même que certains faisait leur beurre avec ! Ce qu’il y a de certain c’est qu’au moins un de ces timbres est resté témoin de cette époque et qu’il est catalogué en France même. Il s’appelait « Timbre de Ravitaillement » et servait à affranchir les questionnaires ; il fut régulièrement oblitéré.    

poz9 002 (2)

poz10 001

 

poz11 002

                                  

                                      

J’étais donc heureux d’avoir retrouvé mes parents, bons marcheurs aussi et malgré les quelques 250 kms faits à pied, pas à cheval ni en voiture, mais parfois à plat ventre, sur mes genoux, dans la position de l’autruche qui cache sa tête, et même au pas de course olympique, j’avais enfin atteint le but ??

La guerre était au moins finie…c’était tout au moins ainsi que le croyais, mais…

Vers le début du mois de Juin, je me rends à la mairie de mon bled pour ne pas trop torpiller les tickets de ravitaillement de mes parents et ne plus en acheter au marché noir, mais me voilà fiché (je ne m’en fichais pas, je vous l’assure) surtout que l’on commençait à parler d’une nouvelle race « les collaborateurs ». Ah ! Pour mon compte je peux dire qu’ils ont contribué à mon voyage à POZNAN. Je fus « donné » comme étant un militaire d’active, car vous pensez bien que, contrairement aux ordres affichés par les occupants, je m’étais bien abstenu d’aller les saluer et de leur demander des nouvelles de leur santé !!

Mais voici que le 15 Juin, deux gaillards, tout de vert habillés….portant, comme les vaches qui ont remporté un premier prix dans un comice agricole, une énorme plaque de ferraille au cou peut être aussi pour se préserver des coups de froid sur la poitrine, enfin, je ne sais pas...) se présentent chez mes parents.

poz12 001 (2)

poz13 001

            

Ils avaient aussi sur la tête une énorme marmite, qui ressemblait à celle qu’avait ma grand-mère pour faire ses confitures, à la seule différence que de chaque côté de leur marmite, il y avait comme les cocottes minute une espèce de petit tuyau qui, certainement, devait servir de soupape d’échappement de la transpiration intellectuelle, mais ce qu’il y a de certain, c’est que… çà ne sifflait pas !

poz14 001 (2)

Je ne les ai pas vus, ayant été prévenu par un ami qu’ils faisaient des visites de politesse dans le coin, aussi j’étais allé faire un petit tour au bois. Ils furent très polis, paraît-il, et n’étaient venus que pour traiter un marché. Ce marché (pas commun) était du genre des gaziers qui le proposaient : si je ne me rendais pas le jour même à la Kommandantur de Roubaix, avec 2 jours de vivres, une couverture et surtout une bonne paire de godasses, ils embarquaient purement et simplement mes vieux parents.

J’étais encore jeune et célibataire, mes parents comptaient plus que moi, je décidai donc de me rendre à leur « très aimable » invitation, mais cette histoire de godillots me chatouillait la plante des pieds, car la marche, j’en avais « plein les bottes » ! Enfin, après les adieux, je pris mon courage à deux mains et repartis… à pied, bien sûr.

Suite le samedi 12 août 2017.....

Posté par vivreauxchaprais à 06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

05 août 2017

M. Jules Devernay, un ancien habitant de la Cité Parc des Chaprais, raconte.....Poznan et Dunkerque...

M. Jules Devernay est né le 7 Octobre 1916 à Izegem en Belgique. Il sera, à sa demande, naturalisé français. Après la guerre et sa captivité, engagé dans l’armée, il a été en Occupation à Koblenz (Allemagne) où il fait connaissance de sa future épouse…qui était alors sa secrétaire. Un ami lui avait indiqué l’existence de logements disponibles à la Cité Parc des Chaprais où il aménage en septembre 1957. C’est d’ailleurs en décembre de la même année que naît son fils Patrick qui nous a aimablement communiqué ces textes. M. Patrick Devernay habite toujours la Cité Parc où il est d’ailleurs, à l’heure actuelle, le président du conseil syndical de cet ensemble de 4 immeubles soit 172 logements.

Ayant quitté, à cette époque là, l’armée, il travaille tout d’abord aux Nouvelles Galeries, puis à la CEDIS où il terminera contrôleur de gestion.

A l’occasion d’une exposition philatélique organisée en 1973 à Poznan, M. Jules Devernay, décédé en 1981, enterré au cimetière des Chaprais, se souvenait alors d’événements du passé : il les a relatés avec beaucoup d’humour. Son fils, Patrick a choisi les illustrations. Qu’il en soit ici remercié pour ce travail de mémoire.

Gageons que vous aurez plaisir à lire ce témoignage inédit dont la publication se poursuivra jusqu’à la fin du mois d’août.

 

poz3 001 (2)

SOUVENIRS DU SERGENT DEVERNAY JULES (1916-1981)

 

Ce nom de Poznań m’a rappelé beaucoup de souvenirs.

Je voudrais vous les raconter, de façon humoristique pour vous distraire.

         Quelqu’un a dit : J’Y SUIS, j’Y RESTE ! (Mac Mahon)

         Moi je dis : J’y suis allé – je n’y suis pas resté !!

Tout ceci a commencé lorsque le 10 Mai 1940, nous avons appris que les Allemands, aprèsla Pologne, avaient bombardé et attaqué la Belgique et à Feignies dans le Nord.

Là, ça ne collait plus du tout parce que j’y étais avec mon Bataillon, mais nous avons quitté ce coin trop bruyant entre des barrages d’artillerie…etc…C’était (vos parents s’en souviennent peut-être) un secteur de la « ligne Maginot » dont la devise était « On ne passe pas » c’était formidable, pas vrai ?...et j’en faisais partie.

poz4 001 (2)

Les blocs (maintenant nous avons trouvé un mot bien de chez nous car nous disons les « Blockhaus » !) sont abandonnés et nous prenons la direction de Valenciennes, puis de Raismes (Nord), c’était pas marrant, car il y avait beaucoup de monde sur les routes, des réfugiés, des militaires, des qui montaient, des qui descendaient et aussi des autres qu’à cette époque on appelait ceux de la 5° colonne ??? enfin, en majorité des gens qui ne savaient pas où ils allaient…mais ils allaient quelque part, ça c’est certain.

  

poz4 002 (2)

poz5 001 (2)

                                                                                                                

 Comme il pleuvait beaucoup…de bombes et de mitraille provenant des avions qui faisaient des cartons dans la foule qu’ils prenaient d’enfilade, nous repartions, pour le moment, pour Hasnon à 2 h du matin (ce qui l’on pouvait être matinal à cette époque !) nous nous dirigeons sur Saint Amand les Eaux toujours avec les bombardements et les mitraillages d’aviation ; le 25 Mai St Amand est sérieusement bombardé.

poz6 001 (2)

Mais nous sommes à quelques kilomètres où nous passons notre première nuit calme. Je me souviens avoir dormi dans un fossé et m’être réveillé le lendemain, trempé comme une soupe, car toute cette nuit-là, il y avait plu réellement, mais si l’eau passait sous moi dans ce petit fossé, moi je dormais du sommeil des « Anges » malgré trois pièces d’artillerie qui envoyaient des pruneaux(pas d’Agen) il fallait le préciser pour ceux qui ne connaissent que ceux-là.

Faute de véhicule nous abandonnons notre ravitaillement (à la guerre, comme à la guerre) et arrivons à Sainghien en Mélantois (Nord).Mon bataillon quitte le cantonnement pour Lille à 10 heures du soir et personnellement je le quitte vers 3 ou 4 heures pour arriver à Lille vers 6 heures du matin ; le bataillon est dans un état squelettique.

Les allemands s’installent partout, c’est une grosse pagaille quelle drôle de guerre ! Mais pourquoi se faire des soucis puisqu’il y a des affiches partout sur lesquelles on peut lire « Nous Vaincrons parce que nous sommes les plus forts » ou encore « Avec votre vieille ferraille nous forgerons l’acier victorieux ! » Dommage les gars en vert savent pas les lire, car ils auraient certainement fait gaffe, pour nous çà remonte sérieusement le moral car il faut dire qu’en cours de route, dans les bois et les forets nous ne savions pas ces choses importantes, nous ne rencontrions que des … prénommés Fritz, avec qui nous évitions d’engager la conversation.

poz7 001

Aussi, prenant notre courage à deux mains et surtout à deux pieds, je me retrouve à Dunkerque qui est le port (pas la porte) de salut, et où il y avait bien du boulot, il consistait surtout à gagner du terrain…sur la mer, à l’aide de planches, de carcasses de voitures, de bateaux, de barcasses, enfin de tout et de rien, car il fallait encore allait plus loin et puis cela permettait aux Anglais de pouvoir embarquer pour passer un week-end ou plus à la maison et, à nous de faire les…Intelligents (qualificatif employé ici pour rester poli et correct).

Devant cette immensité de sable pollué par des tas de ferrailles de bric à brac innommables, d’êtres humains sans moyens (il n’y avait pas encore à l’époque de ministère de l’environnement) il ne restait pas grand-chose à faire…mais cependant j’ai fait un demi-tour non réglementaire et essayé de repasser à travers le rideau « vert de gris », vous voyez ce que je veux dire ? C’était le rideau des gars qui portaient sur leur costume un corbeau tenant dans ses serres une espèce d’araignée à 4 pattes tordus dans tous les azimuts.

Cette entreprise folle et non sans difficultés, je n’étais pas le seul à l’avoir pensée ; pour mon compte personnel elle réussit et j’arrivais à rentrer au bercail en me retapant les 70 kms (à vol d’oiseau) mais comme je n’étais pas un oiseau, au lieu de 70 j’en fis bien une bonne centaine, et l’on prétend que nous ne savons pas marcher, si…si…je savais marcher, car partant de près de Maubeuge, j’arrivais à Dunkerque pour retourner ensuite à Lille, je faisais donc par anticipation l’année du tourisme pédestre (1972).

poz8 001

A suivre : prochaine publication mercredi 9 août 2017.

 

Posté par vivreauxchaprais à 06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


02 août 2017

"On y va patron?"

Et si l'on profitait de l'été pour lire un peu?..Un "polar" par exemple? Alors nous vous en recommandons deux écrits par un même auteur, Roland Pidoux, qui habita notre quartier,au 3 rue Pierre Semard.

on y va patron 002 (2)

Et précisons tout de suite que son premier roman, "On y va patron" publié chez Hachette, dans la collection Le Point d'Interrogation, obtint le Prix du quai des Orfèvres en 1963. C'est dans le haut Doubs, près de la Suisse que le commissaire Brunois devra mener l'enquête après la découverte du cadavre d'une jeune femme.

Photo ci-dessous : séance de dédicaces, en mars 1964, à la librairie Chaffanjon

 

commissaire Pidoux mars 1964 librairie Chaffanjon

 

Mais c'est à Besançon que se déroule l'intrigue du second roman de Roland Pidoux, "Les clochards d'Asmodée". L'enquête est toujours menée par le commissaire Brunois! Un personnage du roman, Béranger, journaliste, qui mène lui aussi l'enquête, est domicilié aux Chaprais! Et lorsque l'on ajoutera que Roland Pidoux, lorsqu'il publie ce livre en 1966, est alors commissaire principal de police, chef de la Sûreté Générale à Besançon, nul doute que vous voudrez le lire!

Facile puisqu'il a été réédité en 2011 aux éditions Phébus, collection Libretto.

 

clochard d'Asmodée 2 001 (2)

 

Parlons un peu plus de ce policier qui résida 6 ans aux Chaprais alors qu'il était en poste à Besançon.

Il est né  le 10 janvier 1920 à Villers le Lac oú son père était douanier.  Ses parents ayant ensuite habité Morteau,  il a fait ses études au petit séminaire de Consolation . Apres le bac, il a enseigné peu de temps les lettres classiques au lycée de Gray, puis il a intégré l'école de police de St Cyr au Mont d'Or (près de Lyon) afin de devenir commissaire de police en 1943.

Retraçons les grandes étapes de sa carrière.

Il est tout d'abord, pour son premier poste, affecté en lorraine, à Longwy,puis à Dombasle sur Meurthe en 1944.

Il se marie alors à Morteau avec Odile Gagelin en aout 1944. De cette union naîtront deux enfants (Nicole  et Christian ).

 

Ensuite  de 1949 a 1957, il est en poste dans le Jura, à Dole. Puis à Lyon, au commissariat de la Part Dieu  de 1957 à1960.

 

Il obtient le grade de commissaire principal et rejoint, jusqu'en 1964, Moulins dans l'Allier.  

 

Puis il est nommé à Besançon comme chef de la Sûrete où il exercera jusqu'en 1970. 

Photo ci-dessous, le commissaire principal Roland Pidoux lors de sa prise de fonction à Besançon

commissaire Pidoux chef sûreté 1

 

Nouvelle promotion, il devient commissaire divisionnaire et rejoint Chalons sur Marne de 1970 à 1974 ,  

 

Il terminera sa carrière à Belfort, en 1977, en qualité de directeur départemental de la police et s'installera, pour sa retraite, à Thise.

Il est décédé le 23 janvier 2005 à Besançon à l'âge de 85 ans.

Merci à sa fille Nicole pour les renseignements qu'elle a bien voulu nous communiquer.

 

29 juillet 2017

Souvenirs, souvenirs des années 60 par M. Denis ARBEY

Monsieur Denis Arbey a passé sa jeunesse aux Chaprais, dans le haut de la rue de Belfort. Il est un spécialiste incontesté de l'histoire du 131 rue de Belfort, là où se dressent aujourd'hui les bâtiments de la Cité Parc des Chaprais. Il nous fait part de ses souvenirs de jeunesse.

 

slc 3

Denis Arbey

05

Posté par vivreauxchaprais à 06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

26 juillet 2017

Et avant le magasin de luminaires, 9 rue des Chaprais, il y avait quoi?

Les chapraisiens se souviennent certainement qu'avant le magasin de luminaires, au 9 rue des Chaprais, exerçait là un coiffeur pour hommes.

lumi elec 9 rue des chaprais

Mais difficile de se souvenir que dès le début du XX° siècle, il s'agissait d'un marchand de parapluies. C'est ce que nous rappelle une chapraisienne qui se souvient de la boutique de ses arrière grands-parents puis celle de ses grands-parents. Elle nous a transmis beaucoup de photos qui vous donneront une idée de la physionomie de la rue des Chaprais et de ses commerces.

marchand de parapluies chaprais 9 rue des chaprais-3 (2)

Sur cette photo ancienne du début du XIX° siècle, on peut voir debout son arrière grand-père Monsieur Chambre avec sa femme assise et les enfants : Hélène Chambre la plus âgée, René Chambre et sa grand-mère Julienne Chambre qui a tenu ensuite le magasin. On remarquera que le magasin assurait la réparation des parapluies et ombrelles et vendait du linoleum et des toiles cirées.

La famille semble provenir de Corrèze et avait migré à Besançon où résidait une importante "colonie" auvergnate.

Julienne, la fille Chambre, est souvent citée comme Madame Gaston (le prénom de son grand-père , son mari ) Berche. Elle est née en 1901. Son mari M.Gaston Berche a travaillé comme électricien à L'Est Electrique qui se trouvait à l'époque 28 avenue Carnot. Il ne se doutait pas alors, que la boutique de son épouse deviendrait plus tard un magasin de luminaires et d'électricité

marchand de parapluies photo 2

Voici donc madame Berche vers 1919, devant sa boutique.

marchand de parapluies photos magasin rue des Chaprais_0002 (2)

Et voici l'état de la rue des Chaprais, après le bombardement de la gare, par l'aviation britannique le 16 juillet 1943.

marchand de parapluies photos magasin rue des Chaprais_0003 (2)

 

marchand de parapluies photos magasin rue des Chaprais_0004 (2)

Les grands-parents avaient acheté une maison, 24 rue Charles Fourrier, vendue il y a peu.

marchand de parapluies photos magasin rue des Chaprais_0005 (2)

 

Vous aussi, si vous avez des documents historiques sur le quartier, n'hésitez pas à nous les confier. Nous les numériserons et vous les rendrons. Contribuez ainsi à la rédaction d'une mémoire collective des Chaprais.

 Sources : madame Marielle Combe; M. Christian Mourey.

 

22 juillet 2017

Les Nouvelles Galeries autrefois

C'est l'été, le temps des lectures et des ballades. Et si partant du haut Doubs, nous revenions aux Chaprais puis dirigions nos pas vers le centre ville? C'est un peu à cela que nous invite le livre dont il est question ci-après....

Dans un livre de souvenirs intitulé "Enfance paysanne dans le Haut-Doubs : Pissenavache 1923-1938", M. Arthur Griffon évoque la vie paysanne dans ces années 30.

enfance paysanne 001 (2)

Jusqu'à 12, 13 ans, c'est l'âge des culottes courtes :

"Le premier complet, c'était à 12 ans pour la première communion, ce qui m'a permis de faire mon premier voyage à Besançon.Ma soeur Camille, de 6 ans mon aînée, sur les conseils de Melle Racle, institutrice, avait été placée à Besançon chez un de ses cousins, Monsieur Mathey, comme bonne (employée de maison).Elle était tellement timide et gênée devant les gens que l'institutrice disait à ma mère que ça lui ferait du bien de sortir un peu de Pissenvache. Je rappelle que c'était la seule fille de la famille avec sept garçons.....

Monsieur Mathey était directeur d'un grand magasin qui devait déjà s'appeler les Nouvelles Galeries. De fil en aiguille, si l'on peut dire, il avait été décidé que ma mère et moi descendions à Besançon pour acheter mon complet aux Nouvelles Galeries, que nous mangerions avenue Fontaine Argent chez M. Mathey, le voyage s'effectuant par le "tacot", petit train à vapeur qui circulait de Besançon à Mouthe et au-delà par Pontarlier....

Que de découvertes en ville et aussi chez ces gens où nous mangions à midi. Une odeur d'abord indéfinissable, de cire sans doute, associée à quantité d'autres qui font que, comme dans les "pots pourris", chaque maison exhale une odeur différente. Un intérieur dont le seul souvenir est que je n'en connaissais pas de pareil"...

C'est à la fin du XIX° siècle qu'avait été créée la société des Nouvelles Galeries qui devait s'implanter rapidement dans les grandes villes. Le magasin de Besançon fut tout d'abord installé, semble-t-il, dans la chapelle désaffectée du couvent des dames de Battant, 59 rue des Granges, là où s'est installé la grande librairie L'intranquille.

Le magasin déménagea s'installa ensuite, pas très loin , en face, en lieu et place de ce qui avait été l'hôtel National, au 44 rue des Granges. Voici ce qu'en disent les historiens Lionel Estavoyer et Jean-Pierre Gavignet dans leur livre " Besançon, ses rues, ses maisons"publié chez Cêtre.

besançon ses rues ses maisons 001 (2)

"Au début du siècle, l'hôtel National était composé de quatre bâtiments qui encadrait une cour en quadrilatère allongé. Sur la rue des Granges se trouvait une construction basse qui abritait des magasins avec entresols. Elle était percée d'une grande porte cochère et couverte d'un toit mansardé. Au fond de la cour s'élevait le bâtiment le plus important : un café s'y logeait, ainsi que les cuisines, le bureau de l'établissement et, à l'étage, de vastes salles dont les portes-fenêtres ouvraient sur un grand balcon"....

nouvelles galeries modif 1909

 

nouvelles galeries 7

nouvelles galeries pub juin 1932

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                         Affiche de 1932

 

nouvelles galeries 3

Les mêmes auteurs, dans le même ouvrage, indiquent concernant les numéros 60,62,64 Grande Rue, là où sont installés Les Nouvelles Galeries devenues, depuis,  Galeries Lafayette:

"Rappelons que ces numéros étaient occupés à la Belle Epoque par un grand magasin de nouveautés, "Le Bon Marché". L'entrée était placée au 60; les fenêtres du premier étage, élargies, servaient de vitrines. De grandes devantures de bois habillaient le rez de chaussée des trois immeubles. Aux numéros 62 et 64, séparant les étages et les baies, des placards annonçaient le nom du magasin et énuméraient les articles très divers qu'il débitait : tapis, étoffes, costumes pour dames, fourrures, vêtements sur mesure pour hommes et enfants, corbeilles de mariage, etc."

Ci-dessous, illustrations p.39 du livre de Lionel Estavoyer et Jean-Pyerre Gavignet "Besançon autrefois".

bon marché 003

Quand ces deux magasins ont-ils fusionné? A vous de nous le dire...

bon marché personnel 2

Ce que nous pouvons cependant préciser, c'est que l'ouverture de ce grand  magasin, côté place du Quatre Septembre, ne se fit qu'en...1977!

Sources : livres cités de Lionel Estavoyer et Jean-Pierre Gavignet; archives municipales.

19 juillet 2017

La dame qui saignait du lait....

Voici un souvenir d'enfance de M. Pierre Brendel alors qu'il était enfant et habitait avenue Fontaine Argent.

 

pierre brendel

 


"Maman,Maman,j'ai vu une dame qui saignait du lait !!! ( C'est un enfant de 6 ans qui s'exprime ainsi ).

 

lait 2

 


Chaque matin,ma soeur ou moi,étions chargés d'aller cherché le lait nécéssaire pour la journée,cela impliquait de se lever de bonne heure,pour faire  la queue pour se faire servir.

A ce moment,je suis intrigué par ce que je vois,une dame est couchée par terre,devant une porte cochère,elle semble dormir ,ou alors elle est morte.

Dès lors,la tâche qui m'était confiée n'existe plus,je suis fasciné et j'entends dire :"elle va se réveiller ",dans mon esprit,cette dame a passé la nuit là,curieux tout de même cet endroit pour dormir !!!!!

 

lait 3

 

Son bidon à lait s'est renversé,et ,est tombé entre elle et la porte cochère,encore fermée à cette heure,le trottoir à cet endroit est en déclivité,si bien que le lait s'est déversé,en passant sous le corps de l'endormie,pour rejoindre le caniveau, je pouvais ainsi croire,que cette dame,que je croyais morte,saignait du lait.

 

lait 4

 

Ce jour là,tellement choqué,par cet incident,je rentrerai à la maison,sans lait.


J'apprendrai plus tard,beaucoup plus tard,que cette dame,avait fait une crise d'épilepsie,et était dans cet état,ce jour là,après une de ses crises."

Si vous aussi vous avez des souvenirs d'enfance passée aux Chaprais, d'anecdotes, n'hésitez pas à nous les communiquer. Nous ne manquerons pas de les publier.


Posté par vivreauxchaprais à 06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,