HUMEURS DES CHAPRAIS

25 janvier 2020

Il y a 110 ans, c'était la crue du XX° siècle !...

L'actualité nous incite à évoquer de nouveau cet événement historique. Dans notre région, en ce mois de janvier 2020, le Doubs et les nappes phréatiques sont au plus bas! Dans les Pyrénées orientales, les effets de la tempête Gloria provoquent le débordement catastrophique des  fleuves Agly et Aude!...

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La "une" de l'Est Républicain du 22 janvier 2020

(à comparer avec celle du Petit Comtois datée du 22 janvier 1910; voir plus bas dans cet article )

Dans un article publié sur ce blog, le 22 janvier 2018 sur Les inondations autrefois vues des Chaprais, nous faisions état du témoignage du curé de Saint-Martin de Bregille (l'église détruite en 1814 et remplacée par Saint Martin des Chaprais), sur la crue du Doubs à Besançon le 26 janvier 1789

inondation avis 1784

Avis datant de 1784!

 

inondations petit comtois 25 janvier les précédents

 

 Et nous évoquions l'étude datée de 1876 d'un agent des ponts et chaussées, M. Hyenne recensant en 28 dates les principales inondations de la rivière Doubs : la oremière recensée le 2 janvier 1290 !

Le mois de janvier serait donc propice aux crues? Pour faire simple il est vrai que l'effet combiné d'une neige tombée qui fond et d'une pluie alors abondante  peut expliquer ce phénomène.

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inondation petit comtois 3 20 janvier 1910

 

Le Petit Comtois du 20 janvier 1910, la veille de l'inondation du siècle

Mais en le 27 mai 1983, puis le 17 février 1990 Besançon avait également connu des débordements de notre rivière comme en témoignent les photos de notre ami Alain Prêtre et celles (1983) de Bernard Faille alors photographe à l'Est Républicain.

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1983 La passerelle Denfert Rochereau (photo Alain Prêtre DR)

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1983, la passerelle Denfert Rochereau ( photo B. Faille DR )

 

inondation ap 17 février 1990

 

Le pont de la République le 17 février 1990 (photo Alain Prêtre DR)

Mais revenons sur les effets de cette crue de 1910 qui avait affecté une grande partie de la France. Sur le site Mémoirevive de la bibliothèque de Besançon, vous pouvez découvrir des dizaines de photos concernant notre ville, certaines étant devenues célèbres! Nous vous en donnons à voir quelques unes qui ont parfois fait l'objet de publication ici.

Et l'étude du quotidien de l'époque Le Petit comtois et des compte-rendus des réunions du conseil municipal (entre autres,une session extraordinaire dès le 23 janvier 1910) ne manquent pas d'enseignements!

Premier effet de cette inondation : la coupure du gaz pour plusieurs jours, donc d'une grande partie de l'éclairage public dont l'essentiel repose encore sur le gaz de ville. La ville, plongée dans le noir, est alors sillonnée par des policiers, des pompiers et des soldats avec des torches afin de rassurer la population. Comme il n'y avait pas encore de sirène, la crue était annoncée au moyen d'une trompe!

L'électricité qui commence à apparaître est également coupée mais, semble-t-il pour une durée plus réduite. Le Petit Comtois rencontre alors des difficultés pour imprimer son journal.

petit comtois 22 janvier 1910

 A la "une" du Petit Comtois du 22 janvier 1910 :ce journal ne comporte qu'une feuille imprimée que d'un côté

Notre quartier, les Chaprais est certes préservé dans sa partie haute. Mais dans le bas, c'est une autre histoire : le parc Micaud est envahi et le buste de notre sculpteur local J. Becquet émerge à peine de l'eau. Le chalet du parc est lui aussi cerné par les eaux. La carte dressée à cette occasion rend bien compte des lieux chapraisiens touchés.

inondations 1910 ville 1

inondation 1910 ville plan

En bleu les zones inondées

 

inondation 1910 micaud

 

Le buste de Becquet, au fond, à gauche de cette carte

 

inondation 1910 chalet micaud

 

Le gouverneur militaire se rend à cheval constater l'inondation qui atteint l'Hôtel des Bains...Une carte postale célèbre et deux photos de M. Bevalot rendent compte de ce phénomène.

inondations 1910 hôtel des Bains 3

 

inondation Bévalot 3

Photo Bévalot

Les Thermes sont fermés car la salle des machines a été envahie par l'eau.

Si le génie militaire, sollicité, a renforcé les attaches des barques lavandières comme celles du pont de la République et au pied de la tour de la Pelotte, à Tarragnoz la barque sera, malgré tout, emportée et détruite par les flots.

inondation 1910 tour de la Pelotte

Les réserves de bois de la papeterie de Novillars menacent les ponts. Et celui entreposé sur les chantiers locaux, comme ceux de Greset installés alors à la Gare d'Eau avant de rejoindre plus tard la rue de la Rotonde puis l'avenue Fontaine-Argent, subissent le même sort.

inondation 1910 pont république

Les bois au pont de la République

Autre conséquence : le report du bal des conscrits des Chaprais. Les Nouvelles Galeries annoncent fermer à 16h00 faute de lumière!

INONDATION PETIT COMTOIS 23 janvier bal conscrits annulé

Le Petit Comtois 23 janvier 1910

Le 44 rue de Belfort est occupé aujourd'hui par la poste.

Une souscription est aussitôt organisés : par la ville et par le journal Le Petit Comtois. Une commission est chargée de répartir les aides.

inondation petit comtois 23 janvier 1910 2

 

Souscription Petit Comtois 23 janvier 1910

Le pouvoir de mobilisation du journal édité par la famille Millot (qui habite les Chaprais) est tel qu'au départ, les sommes collectées par ce journal, pour les sinistrés, sont plus importantes que celles versées en mairie ( souscription au 30 janvier 1910 : Mairie 1 684,50 F; Petit Comtois 2 088, 05 F). De nombreux chapraisiens contribuent à cette solidarité, au premier rang desquels les industriels du quartier . Au final la mairie aura collecté 4 721 F et Le Petit Comtois 2458,05 (4° liste). Soit au total la valeur d'environ 2 800 € de nos jours. Ce qui représente, convenons en, assez peu pour faire face à la situation. Des aides de l'état et de la ville permettront tout de même de faire face aux premières urgences.

Sources : site Mémoirevive de la ville de Besançon; Le Petit Comtois; les délibérations du Conseil Municipal; cpa site Mémoirevive et collection particulière. 

JCG


18 janvier 2020

La fabrique d'horlogerie de Fontainargent

A la fin des années 1920 (1928?) est créée une société anonyme, la Fabrique d'Horlogerie de Fontainargent, sise 19 rue Fontaine Argent, au capital de 602 000 F de l'époque. Une publicité parue dans l'annuaire Davoine daté de 1930, en Suisse, précise que cette fabrique produit des montres des des mouvements cylindre dont la spécificité est la suivante : 5 1/4''' ASSA (AS pour A. Schild Société Anonyme);6 1/2'''ETA (ETA est une vieille manufacture horlogère suisse qui remonte à 1793; cette société existe toujours; 8 3/4 '''ROBERT. Les spécialistes apprécieront...

 

fabrique FA pu Davoine 1930

Rappelons que la rue Fontaine-Argent où était située cette fabrique était dans le prolongement de l'avenue Fontaine-Argent. Elle a été rebaptisée,en 1948, sur proposition de Jean Minjoz rue Tristan BernardElle avait alors conservé sa numérotation. Les en-têtes de cette fabrique rendent comte de ce changement.

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fontaine argent locaux

Les locaux actuels du 19 rue Tristan Bernard occupés par des services du conseil départemental

Autre fait notable : la société anonyme devient SARL, après la guerre, au capital de 120 000F, puis, en 1950 au capital de 350 000F.

Il semble qu'elle ait eu comme directeur-gérant, M. Joseph DROUHARD, du moins jusqu'en 1951. S'agit-il de ce bisontin né dans notre ville le 19 mars 1908 et décédé à Créteil le 22 février 1986?

En lisant, aux archives départementales, la correspondance échangée avec la Fédération Nationale de l'Industrie de la Montre, alors installée dans notre quartier, au n° 16 de l'avenue Carnot, nous pouvons entrevoir quelques aspects de la vie de cette entreprise: c'est ainsi, qu'en 1948 apprenant, par une circulaire de cette fédération,  que des accords commercieux viennent d'être signés avec L'Autriche, le Canada,l'Egypte, les Etats Unis, l'Inde, l'Iran, la Turquie, la Fabrique veut obtenir la liste des importateurs de ces pays.

Elle fait la même demande pour la Grande Bretagne puis l'Indochine. En novembre 1949, nous apprenons que 250 montres ont été commandées, pour l'exportation par un commissionnaire. Mais l'absence de mention de l'origine française de ces montres, que la Fédération doit accorder, représente un frein.

En décembre 1947; l'entreprise veut acheter des lampes d'établi appelées alors "quinquets" (d'où l'expression "ouvrir ses quinquets"...). Mais le commerce portant sur des objets métalliques est toujours, depuis l'Occupation, très réglementé. Il faut pour cela obtenir l'attestation du commerce chargé de la commercialisation de ces lampes : en l'occurrence l'Est Electric (Est Electrique?) ou Maison Bonnefoux, place Flore. Et la Fédération peut alors délivrer la quantité nécessaire de monnaie matière acier. Là, il s'agit de 24 kg.

fab FA 5

fab FA 4

 

monnaie acier 2

En janvier 1949, il est sollicité, toujours auprès de la Fédération que 500 dollars lui soient accordés sur les crédits des devises rapatriées (le commerce des devises est alors très encadré), afin d'acheter une petite machine comptable américaine de marque FRIDEN.

friden 1

En janvier 1950, il faut encore solliciter un bon pour obtenir du benzène. La même année, dans un courrier à la Fédération, il est précisé que les montres de la Fabrique sont assemblées à partir d'ébauches DAMA, MHS, Jeambrun et Parrenin. Mais elle n'a jamais,malgré ses protestations, pu obtenir d'ébauches suisses.

En 1951, 96 montres sont exportées pour un montant de 427 000 F.

L'entreprise sera déclarée en faillite le 18 avril 1954 et disparaîtra totalement du paysage bisontin.

fab FA faillite 9 avril 54

 Annonce légale parue dans La France Horlogère

Sources : archives départementales, annuaire Davoine, France Horlogère.

JCG

Vendredi 16 janvier 2020, ce blog affichait 190 000 visiteurs! Merci à tous nos lecteurs pour leur fidélité.

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11 janvier 2020

Quand on pêchait dans la fontaine de la place Flore....

Nous avons retrouvé cet article paru dans le quotidien Le Comtoisle 12 juillet 1954 et rendant compte de la fête organisée dans le quartier le dimanche 11 juillet 1954. Et ce, sous le tire

Les réjouissances chapraisiennes ont attiré hier la grande foule

"Une fois de plus, mais pour la dernière fois peut-être, on a pêché place Flore… et du vrai poisson. Avec cette pêche miraculeuse dans les vasques de la fontaine des Chaprais, et Chaprais nage, chaque année, en plein divertissement. Cette manifestation rassemble toujours une foule d’amateurs et de curieux. Hier matin encore, pour cet exercice de style, les abords de la place Flore étaient noirs de monde et l’ont refusait des concurrents. Le poisson, lui, ne se refusait pas, éternelle victime d’un jeu un tant soit peu barbare.

réjouissances chapraisiennes

 

Consultez plutôt les règles du jeu, et ne vous souciez plus après d’adhérer à la Société Protectrice des Animaux. Il est vrai que si Dieu ne protège plus le tsar, il a pour M. Daniels, libre maire des Chaprais, une prédilection particulière.

C’est pour cette raison, sans doute, que Daniels peut entreprendre de marcher sur les eaux… de la fontaine Flore et permettre à ses administrés de pêcher avec des gaules de fortune. Ce n’est pas au poisson qu’il appartient de donner son avis, au poisson pêché, rejeté à l’eau, pour être repêché ensuite, et ainsi de suite, jusqu’au moment où, le concours terminé, on le sort de l’eau, les nageoires devant, afin de le vendre à l’encan.

Flore verticale

En fait de gaule, des bâtonnets qui se brisent. En fait d’amorces, des crochets sans mouches et sans asticots. Parce que les amorces, voyez-vous, c’est cher. Le poisson n’a qu’à passer à la soupe populaire.

Le maire, la municipalité et les administrés des Chaprais forment une famille où les traditions sont respectées même et surtout celle de l’humour. Parmi les concurrents, des gamins hauts comme trois pommes « gaulaient » mieux que les anciens. Et le palmarès, assez long, ne les oublie pas :

MM. Ardiet (17 poissons) ; Robez (15) ; Faye (6) ; Hamel (5), Petolat (5), Bernard (2), Bergeant (2), Blanchot (2) autant de valeureux pêcheurs tout fiers de leur exploit.

réjouissances chapraisiennes 2

Place restait au corps des pompiers Chapraisiens et à leur maison en carton-pâte. Ce fut un véritable feu de joie qui se déroula naturellement, sous le regard ahuri du colonel des pompiers. C’est un jeu, aux Chaprais, que d’assister impuissant au déroulement d’un incendie, en pompant pourtant, en pompant toujours, par acquit de conscience, sur une pompe dont Néron aurait doté Rome. La pompe n’est pas refoulante. Car le libre maire des Chaprais a trouvé mieux. Il a inventé la pompe aspirante. Et pendant que les pompiers, noyés sous l’eau, véritable arroseur arrosé, la maison en papier brûlait, brûlait comme de l’encens, avec un léger goût de soufre. Parce que s’il ne faut tout de même pas comparer Daniels avec Néron (les pompiers de Besançon veillent), on peut quand même lui accorder d’avoir beaucoup inventé et notamment une machine à tout casser, destinée à chasser les nuages de grêle.

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Le maire de la Commune libre des Chaprais : Daniels

Daniels et son adjoint Benderitter ont doté leur anti grêle d’une poudre de leur invention. La poudre d’escampette. Les pétards ont fusé pendant que les vaillants pompiers s’éparpillaient comme des lapins retrouvant leur courage pour la remise des décorations.

Ce troisième acte de la comédie chapraisienne s’est déroulée avec le faste coutumier. La décoration du jour ce fut l’ordre de la noix… de coco dont l’adjoint Benderitter décora Daniels.

Mais, voyez-vous, chapraisiens fervents et amis de l’humour, sans que vous vous en doutiez, la pêche d’hier matin a été, peut-être la dernière de l’histoire des Chaprais.

Les projets d’urbanisme sévères et hypocondres (qui n’ont pas le temps, tout simplement d’aimer l’humeur) ont fait table rase de la fontaine ou les chapraisiens viennent pêcher une fois l’an. La fontaine de la place Flore disparaîtra sans doute d’ici l’an prochain. Il ne restera plus au libre maire qu’à suivre l’exemple célèbre de Don Camillo emportant la croix de l’église qu’on lui enlève. Nous verrons, un de ces jours, et ce sera le « gag » le plus sensationnel de l’histoire des Chaprais, Daniels prendre la fontaine Flore sous son bras pour aller la replanter sur la place de la liberté.

Les Chaprais valent bien un miracle".

Les prédictions étaient donc exactes.

En effet, on relève dans les délibérations du Conseil Municipal du 26 juillet 1954 « …il  faut se résoudre à supprimer la fontaine de la place Flore pour permettre les travaux d’aménagement de cette place… ».Date prévue automne 1954

Et plusieurs suggestions sont faites pour remplacer en lieu et place cette fontaine : un sens giratoire, des WC  souterrains,un jet d’eau mais il est évoqué un autre projet de jet d’eau lumineux, à la pointe de l’île aux moineaux, susceptible de concurrencer celui de Genève…

Est exprimée alors la volonté de la réinstaller dans un quartier extérieur à la Boucle.

Coût : 340 000 F. Les travaux sont effectués par l'entreprise chapraisienne Pateu Robert.

Puis, lors Conseil municipal du 28 mars 1955 figure à l'ordre du jour la question : Réinstallation de la statue Flore

« ..l’administration municipale s’est préoccupée de trouver un nouvel emplacement pour réinstaller la statue Flore que les nécessités de la circulation ont conduit à supprimer des Chaprais »…

Le lieu choisi est la place des Tilleuls, à Palente,  côté rue des Roses.

« Elle sera remontée sur la colonne compris son pied et sa corniche qui surplombait la fontaine des Chaprais ».

Coût 120 00 F. Adopté à l’unanimité.

FLORE à Palente (2)

Flore place des Tilleuls à Palente

A noter que la dernière ligne de tram, celle des Chaprais qui passe par la place Flore est supprimée en 1952. Donc Flore a vu cette dernière rame passer….

Enfin, rappelons que si la fontaine ne fut pas transportée place de la Liberté, la statue Flore devait s'y rendre le temps des travaux du tram et y rester le temps que ces travaux d'aménagement soient terminés, et ce, soyons précis,  du 18 avril 2012 au 18 décembre 2013....

flore place lib automne reduite pour énugme

Flore place de la Liberté

Sources : archives municipales; photos DR.

JCG

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04 janvier 2020

Les restaurants autrefois aux Chaprais...

Juste avant les fêtes de fin d’année, deux restaurateurs-traiteurs de la rue de Belfort ont été mis à l’honneur. Du fait de leur présence également au marché des Beaux Arts ?

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M Victor 001 (2)

Aussi nous a-t-il semblé intéressant de faire un saut rapide dans le passé afin de retrouver les différents restaurants des Chaprais au XX° siècle.

Certes, le hameau des Chaprais existait dès la fin du XVIII° siècle : Fabrice Petetin nous indique d’ailleurs, dans son Mémoire de maîtrise consacré au développement de notre quartier, que l’on comptait déjà 294 habitants aux Chaprais, en 1794 dont 110 route de Baume (ancien nom de la rue de Belfort). Les nombreux voyageurs entrant à Besançon (ou quittant la ville) par cette route rencontraient de nombreuses auberges offrant gîte et couvert. Une au moins est restée célèbre : l’Auberge du Cheval Blanc devenue depuis une agence du Crédit Lyonnais.

R auberge du cheval blanc

 Hier

 

R Crédit Lyonnais

 

Aujourd'hui

Sans vouloir établir une histoire complète de ces commerces aux Chaprais, nous avons cependant examiné leur existence à travers les annuaires Fournier du Doubs des années 1936, 1946, 1952. On comprendra donc qu’il reste une étude beaucoup plus exhaustive à réaliser et qu’il ne s’agit là que d’une première approche.

 En 1936, on décompte, sauf erreur de notre part,  83 restaurants à Besançon dont 8 aux Chaprais. La rubrique de l’annuaire Fournier indique qu’il convient de se reporter également à la liste des Pensions bourgeoises. Or, en fait, elles sont regroupées sous le titre Pensions de famille. Et l’on n’en compte qu’une aux Chaprais, celle de Madame Bertholon, 3 rue de la Mouillère qui publie d’ailleurs un encart publicitaire dans l’annuaire. Cette pension figurera dans l’annuaire, après guerre en 1946, mais en 1952, elle a disparu.

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Le 3 rue de la Mouillère aujourd'hui

A noter que curieusement, les hôtels restaurants, nombreux autour de la gare, ne sont pas répertoriés ici.

Voici donc la liste de ces 8 restaurants relevés en 1936 :

- le Casino municipal

casino salle du restaurant

- Desfougières A. 1, avenue Fontaine-Argent ;

R 1 av Fontaine-Argent

L'actuel 1 avenue Fontaine Argent

- Gautherot L., à l’enseigne Café Restaurant de la Poste, 12 rue de la Liberté ;

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Le restaurant de la Poste avait été remplacé par un bar aujourd'hui fermé

- Melot R. 17 rue de Belfort  ( répertoriée également comme Pension Bourgeoise) ;

R 17 rue de B

Un nouvel immeuble a été construit au 17 rue de Belfort

- Oudet, 12 avenue Fontaine-Argent ;

R 12 av Fontaine Argent

Nouvelle enseigne 12 avenue Fontaine Argent

- Poichet, à l’enseigne « A l’espérance » 28 rue de Belfort ;

R 28 rue de Belfort

Le 28 actuel rue de Belfort

- Poncet J. 87 rue de Belfort ;

R 87 rue de Belfort

Une banque a remplacé l'ancien 87 rue de Belfort

- Vieille 13 rue de la Liberté (répertoriée également comme Pension de Famille)

R 13 rue de la Liberté

Le café restaurant Kalypso est aujourd'hui fermé

Dans l’annuaire de 1946, nous relevons également 83 restaurants à Besançon, dont 9 aux Chaprais. Par rapport à la liste de 1936 reproduite ci-dessus apparait le Buffet de la gare Viotte.

A noter que un nouveau Vieille L., s’il s’agit bien du même qu’en 1936, a quitté son restaurant du 13 rue de la Liberté, tenu désormais par Tivant.

 Melot, 17 rue de la Liberté et Mme Berthelon, 3 rue de la Mouillère sont toujours répertoriés dans les Pensions de Famille.

Dans l’annuaire de 1952, des changements sont notables. Il y aurait alors 115 restaurants à Besançon dont 9 aux Chaprais. Auxquels il faut rajouter pour notre quartier 1 nouvelle pension de famille,  Gerbet A. 1 rue de la Cassotte et Miserey F. continuant à exploiter celle du 17 rue de Belfort.

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Un immeuble, construit dans les années 60, remplace l'ancienne maison 1 rue de la Cassotte

Dans cette nouvelle liste figurent 5 hôtels dont on peut penser qu’ils faisaient également restaurants avant guerre : le Terrass Hôtel tenu par un dénommé Jacquot au 6 rue de Belfort ;

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L'ancien Terrass Hôtel au coin de l'avenue Carnot et de la rue de Belfort

le Nouvel Hôtel tenu par M. Coquard au 2 avenue Foch ;

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l’hôtel Moderne par M. Maillard, au 6 rue de la Viotte ;l’hôtel des Voyageurs face à la gare Viotte tenu par la famille Rozet ;

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l’hôtel Bellevue tenu par Mme Mussillon au 1 rue de Belfort.

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Auxquels il convient d’ajouter les deux seuls anciens de la rue de la Liberté : le Café de la Poste au n°12, tenu par M. Bussière ; et au 13 un restaurant tenu par M. S. Glasson.

Deux nouveaux lieux apparaissent : Au bon vin de M. Roche, 13 rue de Belfort, et le Café de la Viotte, 25 rue Nicolas Bruand de M. Page-Dornier.

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Le 13 rue de Belfort

Les changements sont donc importants par rapport aux années 1936 et 1946. Nous ne manquerons pas de poursuivre cette étude. Mais sans attendre, pouvez-vous répondre à la question suivante : combien pouvons-nous compter de restaurants, en 2020, aux Chaprais ?.....

Sources : annuaire Fournier, Mémoire de M. Fabrice Petetin, Mémoirevive ville de Besançon.Toutes les photos ont leurs droits réservés.

JCG

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28 décembre 2019

La reconstruction de la gare Viotte dans les années 60....

Il y a 60 ans, lors du dernier conseil municipal de l'année, le 18 décembre 1959, était inscrite à l’ordre du jour la question de l’aménagement des abords de la gare Viotte. Car le maire de notre ville, alors Jean Minjoz, annonçait alors que les travaux de reconstruction de la gare seraient effectifs l’année suivante : il en avait reçu l’assurance, au printemps 1959, du PDG de la SNCF et ce, par écrit, et du ministre des travaux publics et des transports,  Robert BURON ( 1910-1973 ; il fut ministre des TP, des Transports et du Tourisme de 1958 à 1962).

Rappelons également que M. Jean Minjoz (1904-1987) fut maire de Besançon de 1945 à 1947, puis de 1953 à 1977.

Jean Minjoz

 

Cette reconstruction était rendue nécessaire après le bombardement de cette gare par l’aviation britannique dans la nuit du 15 au 16 juillet 1943 : les bâtiments avaient alors été détruits par l’incendie provoqué. Et si le trafic ferroviaire fut peu perturbé, il fallut implanter des baraquements provisoires.

gare viotte bbmt

 La gare après le bombardement du 16 juillet 1943

gare plus monument

 On aperçoit en bas, à gauche, les toits des installations provisoires

Car la gare Viotte, avait été construite en bois, et ce, pour des impératifs militaires : elle devait pouvoir être rapidement détruite en cas d’invasion étrangère. Le plan en avait été réalisé par l’architecte A. Ducas ( qui devait réaliser par la suite la gare de la Mouillère, détruite depuis mais aussi celles qui existent toujours à Dole et à Auxonne). Elle était entrée en service lors de la première liaison ferroviaire Dole-Besançon le 7 avril 1856. Remarquons au passage que les gares en bois ne furent pas nombreuses. Une autre fut construite avec de la brique et du bois, en 1862 à Abbeville.

gare viotte Ducas 1855

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La gare d'Abbeville

Et il faudra attendre…2007 pour qu’une nouvelle gare en bois (avec des essences différentes d’épicéa, de pin, de chêne) soit construite de nouveau pour le TGV à Meuse Bois sacré (architecte, M. Jean-Marie Duthilleul qui est aussi le concepteur de la gare Besançon Franche-Comté TGV en 2011).

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Gare TGV Meuse Bois Sacré

Revenons à ce conseil municipal de la fin de l’année 1959. Jean Minjoz avait, à cette occasion, rappelé les nombreux efforts qu’il avait déployés pour cette reconstruction, et ce dès sa réélection comme maire en 1953. Et il confiait alors que le ministre des travaux publics et des transports M. Bonnefous, dans un courrier en date du 8 octobre 1957 lui avait répondu « …que la reconstruction pourrait être entreprise dès maintenant si la ville de Besançon consentait l’avance dont elle serait remboursée par paiements échelonnés sur les crédits qui lui seraient ultérieurement alloués. Bien entendu il ne pouvait être question pour la ville qui avait déjà bien du mal à contracter des emprunts pour les travaux lui incombant d’avancer de l’argent à une entreprise nationale comme la SNCF »….

Une rumeur circulait alors en ville, propagée par les adversaires politiques de Jean Minjoz, reprise au moment de la campagne électorale par un journal local : afin de faire plaisir à un de ses amis politiques, maire d’une grande ville du Nord (en l’occurrence Guy Mollet, maire d’Arras) le maire de Besançon aurait laissé enlever les crédits prévus pour la gare de Besançon au profit d’Arras. Il semble que cette rumeur ait persisté un certain temps puisque lors de l’inauguration officielle de la gare, le… 28 septembre 1963, Jean Minjoz tient à tordre le cou définitivement à cette rumeur !

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Inauguration officielle de la gare Viotte

gare viotte inauguration sept 63

Les travaux de reconstruction et d’aménagement de la gare s’étalèrent donc de 1960 à 1963 : il fallut pour cela revoir les installations techniques de la gare, construire un passage souterrain conduisant aux 3 voies alors en service, aménager l’esplanade en coupant des arbres, etc.

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Mars 1960 abattage des arbres devant la gare

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Travaux passage souterrain janvier 1961

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Gare Viotte en reconstruction 1962

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Intérieur provisoire de la gare Viotte en novembre 1962

Notons que le coût des travaux concernant la reconstruction de la gare proprement dite fut pris en charge par la SNCF ainsi que 70% des frais d’aménagement de l’esplanade. L'architecte de cette nouvelle gare est Louis Madeline qui n'en verra pas la réalisation finale puisqu'il meurt en 1962.

Dernier avatar de l’époque concernant cette gare : la tour de l’horloge n’offrait, lors de son inauguration, qu’une seule horloge sur une face ! Le Maire ne manque pas de signaler cette incongruité car, dans la capitale de l’horlogerie d’alors, cela faisait mauvais genre. Aussi dès le conseil municipal du 25 octobre 1963, ce problème est résolu : l’heure pourra se lire sur les 4 faces de la tour grâce à une prise en charge financière à hauteur de 20 000 F par la SNCF, 10 000 F par la Chambre de commerce et d’industrie et une somme équivalente par la ville…

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Fin 1963, la tour de la gare avec une seule horloge

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La tour de la gare et ses 4 horloges

Bien sûr, la gare devait, par la suite, connaître d’autres aménagements, en particulier lors de l’arrivée du tram. Ce n’était donc pas la fin de l’histoire….

Sources : archives municipales, Est Républicain, site Mémoirevive, ville de Besançon pour les photos de B. Faille des années 60 et vieille carte postale.

JCG


21 décembre 2019

"Besançon au Féminin" et l'école de filles des Chaprais

Après un premier article publié sur ce blog le 16 novembre dernier, évoquant Madame Lucette Vernier, en photo avec sa classe de l’école de filles des Chaprais et ce,  en couverture du livre de Mme Brigitte Rochelandet « Besançon au féminin », revenons, comme promis, sur cette étude historique fort intéressante et instructive.

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Ainsi, dans un chapitre intitulé « Le premier lycée de jeunes filles de Besançon » (p.25), l’auteure indique que ce premier lycée de jeunes filles, ouvert le 1er octobre 1905 à Besançon était « …le troisième de ce genre créé en France depuis 1882. Un lycée pour filles ? Et quoi encore ? Inutile de rendre « ces créatures du diable » encore plus dangereuses pour les hommes !

Sous l’Ancien régime, l’enseignement secondaire, réservé aux garçons, resta aux mains de l’Eglise. Nul besoin d’instruire les filles en raison de leur infériorité doublée d’une incapacité intellectuelle. Nul besoin de savoir le latin ou le grec pour enfanter et tenir une maison !

Au cours des siècles, quelques voix affirmèrent le contraire et défendirent l’instruction des filles. Les élites politiques et religieuses n’en firent pas cas. Au XVIII° siècle, des philosophes insistèrent un peu. Après la Révolution, des députés souhaitèrent retirer l’enseignement au clergé et le placer sous la responsabilité de l’Etat. Théoriquement, cette sécularisation concernait les deux sexes, de l’école primaire à l’enseignement secondaire. Cependant, dès l’école primaire, les fillettes furent encore défavorisées. Pour exemple, aux Chaprais, les archives démontrent l’existence d’une école de garçons dès 1806, puis une école de filles en 1830.

école filles 1901 (2) carte postale

école des garçons chaprais 2

En 1874, les deux écoles étaient dans un état de vétusté tel que la ville dut intervenir. L’école de garçons eut la priorité. Les filles attendirent 1893. La différence de traitement était significative d’une injustice cautionnée par la croyance en la supériorité masculine »…..

école garçons 1839

Plan de l'ancienne école de garçons 1839

Il est vrai que, aux Chaprais,  les garçons étaient, en 1873, les plus nombreux : 175 quand les filles n’étaient que 117 (chiffres relevés dans budget primitif 1874 examiné en conseil municipal le 27 juin 1873).

école garçons chaprais 2 plan vue générale

Dans son Mémoire pour l’Amélioration des Chaprais, la société syndicale créée à cet effet, établissant un état des lieux des Chaprais dans la première moitié du XIX° siècle relevait  (p.21):

bullerin societe syndicale pour l'amélioration des chaprais

« Nous n’avions pour maison d’école qu’un vieux presbytère où résidaient maîtres et maîtresses. Le rez de chaussée était affecté aux jeunes garçons et l’étage aux petites filles ».

Cette assertion ne précise pas où se situait le vieux presbytère. Près du cimetière des Chaprais comme semble l’indiquer ce plan ? S’agirait-il de l’ancienne maison du pharmacien Dangest dans laquelle les paroissiens se réunissaient après la destruction de l’église Saint Martin des Chaprais en 1814 ? Questions auxquelles nos lecteurs pourront peut-être répondre ?

Il convient de signaler que ; par la suite, dans ce Mémoire (p.33), figure cette accusation surprenante : « …l’argent de nos impôts a été employé à faire autre chose que des améliorations aux Chaprais. Il a peut-être été enfoui quelque part, dans les arcades de la salle d’asile de Saint Claude, dans les dômes de l’Observatoire de la Bouloie ou dans les palais scolaires que la ville fait édifier sur tous les points de banlieue, Velotte compris ».

Suite à une pétition datée de 1887,  à l’initiative de cette association, la mairie répondait qu’une école de filles allait être construite aux Chaprais. Une décision du conseil municipal en date du 8 février 1888 concrétise enfin cette intention.

école de filles des Chaprais 1888

Plan école de filles 1888

Pour en revenir au livre d’histoire de Mme Brigitte Rochelandet, il comporte bien d’autres études portant sur les Sociabilités Féminines, De quelques femmes dans la ville, Travailler au féminin, La place des femmes dans la littérature et dans l’art, Enfermements et violences.

Et s’il fallait vous convaincre de tout l’intérêt de ce livre qui devrait être un cadeau intelligent en ces fêtes de fin d’année, voici donc la dernière de couverture présentant son contenu.

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Bonne lecture.

Sources : livre "Besançon au féminin" de Mme Brigitte Rochelandet (ed. Cêtre); archives municipales; site mémoirevive Besançon.

La révérence de Denis Arbey à la Cité Parc des Chaprais

Nous étions nombreux, vendredi soir 20 décembre dans la salle Jean XXIII de la paroisse de Saint Martin des Chaprais, afin d'assister à la sympathique soirée d'adieu de Denis Arbey, gardien de la Cité Parc, qui part à la retraite.

Après avoir rappelé son parcours de vie professionnelle, le Président du conseil syndical de cette co-propiété du 131 rue de Belfort n'a pas manqué de rappeler les nombreuses missions confiées à Denis dans le cadre de son travail. Et ce, pour la plus grande satisfaction des habitants qui n'ont pas manqué de le remercier.

 

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 Avant de découper les deux magnifiques gâteaux réalisés tout spécialement pour cette soirée, Denis nous a fait la surprise d'interpréter une chanson de sa composition, mise en musique par son ami Bruno Thiebaud qui l'a accompagné à l'accordéon. Un titre évocateur : "J'suis Chapraisien", comme une véritable déclaration d'attachement à notre quartier qu'il va bientôt quitter! Jugez en par les paroles reproduites ci-dessous.

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Si notre quartier te manque, tu vas encore plus manquer à notre quartier! Mais nul doute que nous aurons l'occasion de t'y croiser! C'est notre souhait le plus cher! A bientôt l'artiste!

JCG

14 décembre 2019

M. Denis Arbey tire sa révérence....

Il nous l’annonce de belle façon ! Denis Arbey, le sympathique gardien de la Cité parc des Chaprais tire sa révérence pour une retraite bien méritée !

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Denis Arbey est, bien sûr, connu de nos lecteurs puisque nous lui avons consacré, par le passé, sur ce blog, 3 articles. Le 29 juillet 2017, nous publions ses Souvenirs des années 60 ;

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le 30 décembre 2017, ses souvenirs de Johnny Hallyday (qu’il avait rencontré à Besançon) ;

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le 3 février 2018, ses Souvenirs de la fabrique de plumes métalliques de la rue de la Famille, entreprise dans laquelle il avait travaillé. Au-delà de ses propres souvenirs, il a réalisé un travail très intéressant sur la Cité Parc, en rappelant qu’autrefois, à cet endroit, avant la construction de cette cité, il y avait un château….Il a d’ailleurs publié le résultat de ses recherches dans une brochure fort bien documentée et célébré le 50° anniversaire de la cité Parc, événement dont la presse locale et la TV rendront compte.

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Et pourtant rien ne destinait notre ami à devenir gardien, sinon de la mémoire ! Jugez plutôt !

Il commence par faire des études de comptabilité : et bien que diplômé de son école privée, il ne sera jamais comptable ! Devançant l’appel il effectue ses obligations militaires dans l’armée de l’air.

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Puis, libéré, il travaille dans un bureau d’études d’ingénierie du bâtiment. Il se forme alors à la photographie qui devient vite une passion et le conduit à être vacataire à la Maison pour Tous des Clairs Soleils. Ses photos humoristiques et détournées illustreront le journal mensuel Vivre aux Clairs Soleils .Il enchaîne alors de nombreux stages pour parfaire ses connaissances en informatique, photographie, imprimerie. Puis après un stage de projectionniste, il bifurque vers le cinéma : projections dans les écoles, dans les villages (où il fait même rouvrir, pour l’occasion d’anciennes salles), animation d’un ciné club ! Le tout pour le compte de l’Office Régional Laïque d’Education Permanente (ORLEP) dont se siège est aux Chaprais, rue de la Cassotte.

Marié en 1971, il aura avec son épouse Marie, 4 enfants.

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La photographie le met en contact avec de nombreuses stars qu’il est impossible de citer toutes ici. Il participe également avec son épouse à la création d’une association d’art graphique et avec quelques amis, il réédite de vieilles gravures du Vieux Besançon.

En 1975 il a la douleur de perdre sa maman alors qu’elle n’est âgée que de 46 ans !

Malgré tout, la vie semble lui sourire. Mais en 1992, il est victime d’un très grave accident de la circulation qui lui interdit toute activité professionnelle durant de nombreuses années.

En 2000, il est embauché comme gardien de la Cité Parc jusqu’à ce jour.

En 2005, il crée la Collection d’Arbey, en qualité d’artiste libre, éditeur et producteur.

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A noter que notre ami Denis a remis aux archives municipales le fruit de ses recherches sur le passé de la Cité Parc.

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Comme vous pouvez le constater à la lecture de ces lignes, la vie de Denis a été riche et bien remplie ! Et ce n’est pas fini : la retraite lui laissera, c’est sûr, le temps nécessaire à l’assouvissement de ses passions ! Alors, à bientôt, l’artiste !

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JCG

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07 décembre 2019

La construction de l'immeuble Le Président (2) : la polémique...

Dans l’article précédent, nous indiquions que le projet initial de construction de l’immeuble Le Président portait sur environ 200 logements ramenés au final à 136.

Le décompte fait état de 26 deux pièces/cuisine, 13 trois pièces, 43 quatre pièces, 35 cinq pièces, 13 six pièces, 4 sept pièces, 1 huit pièces et 4 neuf pièces . Sans oublier les 14 chambres de « bonne »  (attenantes aux grands appartements) et 14 chambres individuelles. Le tout sur une surface totale habitable de 15 059 m2. Auxquels il convient d’ajouter 416 m2 de bureaux, en rez de chaussée des immeubles, le reste étant occupé par les pilotis, les galeries couvertes et 4 conciergeries. A propos des pilotis, M. René Chevillard qui dessinait alors les plans à la SMCI se souvient qu’il avait fallu forer 198 puits pour asseoir cet immeuble sur ce terrain instable !

 

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Rappelons que le permis de construire avait été accordé le 29 mars 1968. Et que c’est seulement en 1969 que cette construction est brièvement évoquée en conseil municipal, le   25 octobre 1969,    à propos de l’état des escaliers reliant la rue Isenbart à la rue des Villas. En effet M. Leroy des Barres, conseiller municipal, intervient publiquement lors de conseil sur l’état de cet escalier après la démolition de la brasserie et suggère que le promoteur pourrait faire un effort pour le remettre en état. Il ajoute « …cet immeuble considérable qui se veut majestueux, mais dont – il faut bien le dire- la masse et surtout la hauteur ont détruit désormais le panorama unique que l’on pouvait avoir depuis l’avenue Foch sur la Citadelle et une partie de la vieille ville. Certains diront que c’est un scandale. Je regretterai simplement quant à moi, que l’on puisse aisément disposer de ce qui devrait être le patrimoine de tous les bisontins ».

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Le Président, en bas, à gauche. Au premier plan l'ancienne passerelle Denfert Rochereau

Et voici quelle fut la réponse de M. jean Minjoz le maire de l’époque.

Car l’immeuble commence à sortir de terre et inquiète les bisontins. Et la presse s’en fait l’écho, en particulier le journal Le Comtois, dans une rubrique intitulée  « De Battant à Granvelle » et signé de « Barbizier ».

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Trois articles seront publiés en août 1970. Le premier intitulé « Président » paraît le 7 août 1970, suite le 10 août de « Le Président, suite » et le 12 août de « Le Président, encore… ».

Nous vous donnons à lire, ci-dessous,  le dernier de cette série :

Le Président (encore)

Comme c’était à prévoir, les deux récents billets que j’ai consacrés à l’immeuble « Le Président » (citant tout d’abord les propos d’un « Bisontin d’adoption » résolument hostile à cette construction, et reprenant ensuite les explications données par M. Minjoz, maire, quant au processus de la délivrance du permis de construire), ces deux billets, donc, ont déchaîné des réactions épistolaires en quantité. On m’excusera de négliger volontairement la querelle partisane – on pourrait même dire les querelles, car en sujet en entraîne un autre etc. – que traduisent ces lettres qui déferlent sur mon bureau, pour ne retenir que celles qui tendent à informer l’opinion publique sur ce qui s’est passé.

C’est à Pierre Jouffroy, artiste peintre bien connu, que je laisse aujourd’hui la plume :

 « Vous avez parlé, écrit-il, de la commission des sites du Doubs, et du rôle de la municipalité dans l’affaire du « Président ». Comme je représentais, lors de la présentation de la maquette – et du projet de cet édifice – la commission des sites du Doubs ainsi que les Syndicats d’Initiative, je suis bien placé pour vous dire ce que je sais, et ce que je sais ne correspond pas à la version invoquée par M. le Maire de Besançon. Je pense qu’il aura été mal informé.

Siégeaient à cette très importante réunion, M. Mellicourt, architecte en chef des monuments historiques en qualité de représentant du ministère des Affaires culturelles ; le représentant de la ville de Besançon (en l’occurrence un adjoint au maire) ; le représentant du préfet et tous les chefs de service administratif concerné, ceci pour la partie officielle. En outre, six architectes bisontins étaient présents également, mais en qualité d’observateurs.

Le projet fut présenté par M. Mellicourt, est vivement poussé en avant par celui-ci, ce qui veut dire que le ministre était d’accord.

Lorsque le représentant du préfet me donna la parole, je m’opposai vivement à ce projet, celui-ci étant à mon avis dûment officiel, de nature à abîmer au moins à dénaturer le site de Battant, par ailleurs destiné à une vaste opération de restauration. Le représentant de la ville m’interrompit violemment en disant : « d’où sort-il, celui-là, pour vouloir encore des maisons avec des toits ? » et d’autres commentaires de ce genre.

J’ai argumenté, auprès des architectes constructeurs qu’ils auraient intérêt à aller voir à Gien comment on peut construire un immeuble intégré dans un ensemble existant. Bref, finalement, le projet fut repoussé.

Si, comme je l’ai demandé souvent en commission des sites, les journalistes avaient été invités à suivre les débats, votre article n’aurait pas pu être rédigé. L’information aurait été immédiate et sans doute plus efficace que mon opposition.

Hors séance, les architectes bisontins qui n’avaient pas voix au chapitre vinrent me remercier. Depuis, beaucoup de choses ont changé : je ne fais plus parti de la commission des sites ( j’en ai été avisé voici 15 jours) et le projet est quand même passé, j’ignore comment.

Je tenais beaucoup à faire cette mise au point, car j’ai été le seul à m’opposer, arguments à l’appui, à ce projet. Tous les gens présents à cette réunion peuvent témoigner de ce que je viens de vous écrire… »

Hélas, j’ai bien peur que ce nouvel élément d’information dans l’affaire n’en apporte d’autres, venant d’autres sources, je crains que, tel l’apprenti sorcier, je ne me trouve submergé sous le flot que j’ai ouvert. Je crois que je vais acheter un gilet de sauvetage ».

BARBIZIER

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Cette polémique inquiète le Maire de Besançon. Il écrit même à l’un de ses amis, sur son lieu de vacances sur la Côte, afin qu’il puisse lui rapporter les propos tenus lors de cette commission des sites. Malheureusement, dans sa réponse manuscrite, il indique n’avoir guère de souvenirs. Puis, le Maire essaie d’obtenir la délibération de la Commission des abords des Monuments historiques (les remparts Vauban sont déjà classés comme monument historique). Mais il essuie un refus de la part du ministère des affaires culturelles sollicité via le Préfet du Doubs.

L’éphémère hebdomadaire « Le Télégramme de Besançon » publie, le 15 août 1970, sous la signature du journaliste Bernard Cartron qui s’interroge : « …Est-il possible aujourd’hui de faire quoi que ce soit, sans mécontenter quelqu’un ? ».Vous l’aurez compris, ce journaliste défend ce projet comme s’il avait trempé sa plume dans l’encrier de la marie voire de la SMCI !

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Mais il reconnaît cependant : « Il est vrai que le Président gâte la vue de la vieille ville pour qui descend de la gare par l’avenue Foch. Mais qui descend par cette avenue ? Les automobilistes puisque les piétons prennent la promenade des Glacis. » Et déroulant son argumentation, il ajoute d’une façon péremptoire (et cela s’avère faux !) : « Personne n’a mis en cause le principe même de cette construction. En tout état de cause, qui est responsable ? La commission des sites, réunie plusieurs fois, composée de gens qui par leur profession sont des experts dans ce domaine…

… Qu’ont-ils dit ? Ils ont suggéré des modifications qui ont été faites. ».

Parmi les modifications, effectivement, nous avons pu relever l’inversion de la partie la plus haute (12 étages) à l’origine prévue côté avenue Denfert Rochereau vers la rue Isenbart. Et la suppression d’un 13° étage alors projeté.

L’immeuble terminé, les appartements occupés, la polémique cesse.

Ajoutons tout de même qu’il y avait un projet, dans ce vallon de la Mouillère, développé par ANIBAT avec : « … un vaste parking, des commerces, des bureaux ». La municipalité avait encouragé le rapprochement avec la SMCI. Autre projet, celui d’une maison de la culture. Le ministère des affaires culturelles ne manque pas d’interroger la ville sur l’abandon ou non de ce projet qui devrait se faire indique la municipalité….

Aujourd’hui, une grande majorité de bisontins, semble-t-il, considèrent que cet immeuble s’inscrit parfaitement dans le paysage ! Ce qui ne sera pas toujours le cas de réalisations ultérieures ! Alors, visionnaire le journaliste du Télégramme de Besançon qui terminait son article ainsi : « Peut-être fera-t-on visiter le Président dans deux siècles avec guide »…..

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Sources :M. René Chevillard,  M. Christian Mourey, archives municipales. Photos A. Prêtre.

J.C.G.

 

 

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30 novembre 2019

La construction de l'immeuble Le Président

Le 21 mars 1966, la société Champigneulles, qui avait racheté la brasserie Gangloff, adressait un courrier au Maire de Besançon pour l'informer qu'elle fermait son usine de Besançon pour la remplacer par un simple centre de distribution en zone industrielle. Et que c'était la S.M.C.I.  ("Société Moderne pour les Commerces et les Immeubles") qui disposait des terrains de la rue Isenbart/avenue Denfert Rochereau et ce, pour un projet immobilier. 

Le Président champigneulles

Le même jour, le 21 mars 1966, la SMCI déposait une demande d'accord préalable pour la construction d'un ensemble immobilier de 200 appartements, 140 garages et 60 parkings! A noter qu'à cette date la SMCI n'est pas encore propriétaire du terrain puisque la société Champigneulles est indiquée comme en étant la propriétaire. Cela expliquerait donc la première lettre citée....

Le Président plan 2

Les hauteurs des bâtiments projetés sont alors dérogatoires aux règles en vigueur mais la municipalité donne rapidement son accord de principe tout en renvoyant, pour une décision définitive, à la Commission Nationale des Sites.

Nous le verrons dans un second article, le projet suscitera de nombreuses réunions et dès 1967 il est présenté au nom de la SCI "Le Président" constituée par la SMCI. Et il ne s'agira pas de construire 200 logements mais 139 auxquels s'ajouteront 14 chambres individuelles et 14 chambres de "bonne".

Le 29 mars 1968, le permis de construire était délivré par la municipalité. Et paradoxalement, ce n'est que deux ans plus tard, lorsque ce projet sera concrétisé par la construction des premiers bâtiments, qu'il souleva le plus d'opposition dans une partie de la population bisontine : critiques dont la presse se fera l'écho. Mais nous y reviendrons.

Le Président plan

Tout d'abord, il nous a semblé utile de reproduire ce document émanant, dès la fin de l'année 1966, de la SMCI . Le voici, malgré sa longueur, dans son intégralité.Ce texte non signé a peut-être été rédigé par l'architecte du projet, M. André Maisonnier  (décédé en 2016 à l'âge de 93 ans), alors salarié à la SMCI.

 

" A PROPOS D’UN PROJET DIFFICILE

L’habitude a une telle puissance que les bisontins subissent depuis deux générations le chaos le plus invraisemblable, juste à l’entrée de leur ville historique.

L’esthétique industrielle est un souci tout récent : la brasserie de Besançon représente bien l’usine du passé, énorme et laide. Le Vallon de la Mouillère, tout aussi désordonné, est une large ouverture sur le site promis à un aménagement de qualité. Les constructions qui s’étagent au-dessus du terrain de la Brasserie sont d’une architecture anecdotique, très douteuse, qui fait espérer un beau rideau d’arbres dissimulateur.

Le premier souci du promoteur et de son architecte, dans cette œuvre courageuse, de rénovation, est bien de créer une architecture de valeur, puisqu’on la découvrira depuis les jardins des remparts, comme depuis les quais du Doubs.

Si la silhouette de notre projet s’inscrit bien dans la courbe douce du vallon, elle veut aussi se profiler verticalement en proue de navire face à la rivière. Cette forme volontaire, culminant à 36 m de hauteur, est d’ailleurs proportionnée aux arbres existants, qui représentent les deux tiers de cette dimension.

Président 3

Mais les créations humaines sont fragiles. Un péché tendu : c’est le parapet situé au pied de l’avenue Foch, qui, par une ouverture entre les arbres du vallon, vous offre un panorama de la Ville.

Le terrain est là, au premier plan, dominé de 24 m. Comment, dans une telle perspective, construire un bâtiment qui ne participe pas au paysage. Même à cinq niveaux de hauteur, il ne pourrait passer inaperçu. Tous nos photomontages nous en ont convaincus.

 

Un problème angoissant se pose alors :

– ne rien tenter.

– ou faire œuvre de bâtisseur.

L’engagement n’est d’ailleurs pas si facile.

Pour arriver au projet actuel, les études préliminaires ont été corrigées à six reprises par Monsieur MELICOURT, Architecte-conseil.

On peut toutefois se demander s’il existe des solutions de compromis. Nous en voyons immédiatement deux :

– la première consisterait à écrêter la tour de deux niveaux et, en compensation, à monter les autres immeubles. Le résultat serait un « U » à dix niveaux sur presque tout son périmètre. Le paysage serait masqué sur une longueur plus importante et la silhouette serait lourde et sans idée. Les façades et la maquette établies sur cette base le prouve.

– la deuxième consisterait à revenir à l’urbanisme du passé, avec construction à l’alignement. Le périmètre étant augmenté, le volume perdrait de la hauteur. La disparition des jardins prévus dans notre projet serait regrettable, aussi bien que celle des dégagements des carrefours. Nous avons rejeté cette solution, qui ne donne pas satisfaction au service de la Construction, ni à ceux de la Ville de Besançon, ni à la S.M.C.I.

On pourra tous objecter que la hauteur actuelle du bâtiment, jugée trop importante, est motivée par la recherche d’une forte densité. Nous rejetons par avance cette objection, pour les raisons suivantes :

1) la densité de notre projet est de 160 appartements par hectare.

2) cette densité n

Président 1

e peut être réduite sans compromettre l’équilibre de l’opération.

À titre comparatif, les services d’urbanisme de la Ville de Lyon ont fixé une densité de 200 appartements à l’hectare pour toute la zone centrale de l’agglomération. Elle représente un minimum pour les rénovations.

3) la densité du projet récemment accepté par le C.A.U. pour l’îlot « avenue Denfert-Rochereau et sud de la place Flore » admet 220 appartements/ha.

 

Le présent rapport veut démontrer que la vue de notre projet depuis le parapet situé sous la gare ne doit pas nous faire renoncer à la construction d’un immeuble d’habitation résolument moderne de lignes et honnête de proportions.

La perspective plongeante depuis l’arrière du projet n’est certes pas courante et des faiblesses architecturales seraient cruelles ; par exemple, des cheminées ou machineries d’ascenseur pourraient détruire l’harmonie recherchée. Aussi acceptons-nous bien volontiers les conseils de Monsieur MELICOURT pour la création de terrasses-jardins au niveau des superstructures. Nous avons, d’autre part, adouci les volumes principaux, en créant des différences de niveau dans le couronnement, comme dans les murs des façades.

Ces volontés doivent nous amener à la construction d’un édifice susceptible de retenir l’attention du spectateur.

 

 

Cet ensemble ne peut être dissocié de la rénovation du Vallon de la Mouillère. En effet, si les membres de la Commission départementale des Sites se soucient, à juste raison, des volumes projetés par la S. M.C.I., il faut, pensons-nous, pour juger le projet, faire intervenir également les différents premiers plans dans la perspective offerte aux spectateurs installés sur le Belvédère.

Nous imaginons que les terrasses qui couvriront le grand parking seront verdoyantes et qu'au pied du bâtiment qui remplira le creux du vallon, se réalisera une belle place avec des arbres, car il faudra beaucoup planter pour conserver la liaison de verdure entre la promenade des Glacis et le parc des bords du Doubs.

Le projet S. M.C.I. prévoit pour sa part jardins de 10 à 20 m de profondeur en bordure des voies et une cour intérieure jardinée. On peut donc penser obtenir, dans un avenir assez proche, un ensemble de jardins et d’édifices modernes allant du Belvédère à l’entrée de la passerelle. (Il s’agit de la passerelle Denfert- Rochereau, actuel pont R. Schwint).

Le côté agressif que peut avoir notre projet à l'heure actuelle, quand on examine sa silhouette sur une photo de l’état des lieux, devrait disparaître, parce que noyé dans un ensemble de à trois fois plus vaste.

 

Pour terminer, nous voudrions encore faire état de nos nombreuses recherches, depuis tous les points de vue de la Ville de Besançon. Des perspectives qui ne nous laissent aucune crainte dans l’esprit seront offertes depuis les jardins des Glacis et depuis le Doubs.

Mais notre promenade à Chaudanne nous a permis d’examiner attentivement les silhouettes des constructions récentes. Elles deviennent en particulier très cohérentes et à bonne échelle depuis l’ensemble de la gare de la Mouillère jusqu’à celui de la rue Tristan Bernard, en passant par ceux des rues de la Mouillère, des Docks actuel boulevard Diderot) et Fontaine - Argent. On peut très bien imaginer que l’échelle du projet S. M.C.I. s’y raccordera naturellement laissant la parfaite unité architecturale de la vieille ville enserrée dans sa boucle.

En conclusion, nous souhaitons que la Commission des Sites donne son approbation, de préférence, au projet présenté le 28 octobre".

Nous aurons donc l'occasion de revenir tout à la fois sur l'architecte de ce projet, M. André Maisonnier et sur la polémique que suscita cette construction, à partir de 1970.

Source : archives municipales; photos Alain Prêtre pour les photos actuelles et JCG pour les archives.

JCG

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23 novembre 2019

Qui se souvient de l'horloge fleurie ?

Eh oui! Depuis un article de M. Jean-Marc Loiseau, l'historien de l'horlogerie bisontine, (article paru le 3/08/2019 dans l'Est Républicain: son thème principal concernait la confusion entre chronomètres et chronographes), nous savons que les termes "horloge florale" sont impropres et qu'il convient de l'appeler "horloge fleurie".

Aménagée en 1954, elle était située près de la gare Viotte. Elle a depuis disparu après 2011.

horloge floralz 001

L'année suivant son installation, un journaliste de La France Horlogère (journal édité par la famille Millot habitant les Chaprais: voir article, sur ce blog, en date du 16 juin 2018) consacre un article aux Horloges Florales...  Il remarque que celles-ci fleurissent un peu partout en Europe. Ce serait Interlaken qui aurait la première donné l'exemple et ce depuis longtemps peut-on relever dans son article. Suivie par Ostende, Versailles, plusieurs villes de Suisse et d'Autriche, et même Alger. Cela relevait semble-t-il d'un phénomène de mode propre à attirer les touristes..

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Horloge florale Interlaken

 

horloge florale Alger

 

Horloge florale Alger

Et si celle de Besançon n'est pas, à proprement parler sur le territoire du quartier des Chaprais, elle en est très proche, et surtout elle est constituée d'un mécanisme ATO, entreprise horlogère de la rue de la Rotonde, aujourd'hui disparue qui équipa de ses horloges la plupart des gares. (voir à ce sujet l'article consacré ,sur ce blog,le 20 décembre 2014, à ATO).

D'un diamètre de 5 m, voici les schémas d'explication qui étaient alors publiés.

horloge fleurie mécanisme

L'installation technique proprement dite a été effectuée par M. Cornette, un horloger alors très connu.

Voici encore quelques caractéristiques relevées dans la revue La France Horlogère :

horloge florale texte

 

Sur les photos successives, on peut noter des changements : la devise de la ville de Besançon "Utinam" sera remplacée, dans les années 60 lors du réaménagement de la gare Viotte, par le nom de notre ville; le mur de soutènement de la gare a vieilli .

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Horloge et son mur vieilli, années 60

Aujourd'hui l'emplacement ancien de cette horloge  ne peut être distingué dans ce talus actuel amputé d'une grande part de son terrain du fait des aménagements nécessités par l'arrivée du tram.

Gare Viotte ancien emplacement Horloge florale 01 (2)

Il avait été question nous précise M. Alain Prêtre de réinstaller cette horloge sur les Glacis de l'avenue Edgar Faure, là où se trouve la composition florale reproduite ci-dessous. Mais l'inclinaison trop prononcée du lieu posererait problème et il est difficile de procéder à des aménagements du fait des remparts Vauban et de leur classement.

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Mais puisque l'horloge d'Alger semble toujours fonctionner, pourquoi ne pas demander de l'aide aux algériens? (nous plaisantons, bien sûr!...).

Souces : Le Comtois, la France Horlogère, Alain Prêtre ; ce dernier a également réalisé les photos actuelles. Merci.

JCG