Saint Valentin oblige : nous avons demandé à Dominique Calame, notre ami sculpteur de la rue des Cras, de nous permettre de photographier le prototype d'une sculpture qu'il a réalisé avec 2 coeurs. Les photos sont d'Alain Prêtre, chapraisien, qui a déjà écrit 3 billets de souvenirs sur ses années Kelton et qui réalise bénévolement pour nous de nombreuses photos. Nous avons demandé à Michèle Jourdan, autre chapraisienne qui a écrit un billet très apprécié sur le peintre Roland Gaudillière, ce que lui inspirait ce travail de Dominique Calame. Et un autre auteur, chapraisien lui aussi, qui souhaite garder l'anonymat, nous a proposé le petit texte inspiré lui aussi par cette oeuvre.

Bonne lecture. Bonne célébration de la Saint Valentin, aux Chaprais ou ailleurs.

coeurs Calame 01

 

J’ai écrit ton nom sur les rives du Doubs

Mais la crue l’a effacé

J’ai gravé notre cœur sur les bouleaux de mon jardin chapraisien

Mais les vents et les pluies l’ ont érodé

Tu étais sans vie et te voilà vivant

Mon sang coule au plus profond de ton être

Et comme vivre fait l’espoir

Je me vois désormais dans ton regard

Et puis je sais qu’aujourd’hui

Ton cœur ne bat que pour moi.

 Michèle Jourdan

coeurs Calame -02

 

Saint Valentin 2014

 

C’est arrivé un vendredi ! Le vendredi 14 février 2014. La veille, le jeudi 13, ça n’avait pas été mon jour de chance (je sais…vous me direz que ce n’était pas un vendredi, le 13…Et donc….). Bref : je m’étais senti mal : la tête qui tourne, du mal à respirer, visite impromptue chez le médecin traitant qui m’a fait aussitôt hospitaliser, au pavillon du cœur. Pour une intervention urgente, le lendemain, jour de la Saint Valentin ! Ca ne s’invente pas ! En fait, une intervention banale m’avait précisé le chirurgien…la pose d’un pacemaker afin de stimuler mon cœur devenu paresseux. Le courant ne passait plus entre nous… Le jour de la Saint Valentin ! Pour un célibataire endurci !

Bon, me voici préparé, béthadéïné à souhait, donc aseptisé dans tous les sens du terme, en attente dans l’antichambre du bloc opératoire.

C’est alors que je la vis ! Elle était plus que pâlotte ! Des infirmières s’activaient autour de son lit qu’ils isolèrent avec des paravents. Mais si la vue m’était privée, il me restait tout de même l’ouïe ! Et j’entendis…pacemaker... Elle-aussi ! Quelle coïncidence ! Deux cœurs à la peine le jour de la Saint Valentin !

M’avait-elle seulement remarqué ? Il m’avait semblé que le rythme de mon cœur s’était soudain accéléré au moment même où mon regard se posa sur elle! Il faut dire que le peu que j’aperçus : un visage lisse fort bien dessiné, des yeux qui me semblèrent langoureux, perdus dans la souffrance ou la rêverie. Ce peu qui était déjà beaucoup, m’a aussitôt ému !

Puis elle partit la première… dans cette salle que je fréquentai ensuite. Je ne la revis plus ! J’essayai bien de me renseigner auprès de mes soignants. Comment allait la dame qui m’avait précédé ? Mais personne semblait comprendre de qui je voulais parler…Je me demandai alors si j’avais rêvé !

Le premier rendez-vous, après cette intervention, chez le cardiologue, me détrompa. Elle partait au moment même où j’arrivais. Nous nous croisâmes alors que les portes du cabinet coulissaient ! Nos regards se rencontrèrent ! Je ne sais comment elle réagit, mais moi je sus à cet instant qu’elle pouvait être le champ de tous mes possibles !

Quelques jours après la Saint Valentin 2015, je fis le guet sur le parking, tout près du pavillon du cœur…La visite est quasi obligatoire, un an après, pensais-je ! J’y étais moi-même astreint !

 Mais je ne l’aperçus point…

Je garde pourtant l’espoir pour cette Saint Valentin 2016 ! Alors ne vous étonnez pas si vous ne me trouvez pas à mon logis entre Mardi Gras et la Sainte Bernadette…

Vous saurez, lisant ces lignes, où je suis…..

coeurs Calame 03G.B. des Chaprais