Une belle cérémonie s'est déroulée le jeudi 7 septembre 2017, à 11h00, au 131 rue de Belfort, au cours de laquelle a été dévoilée une plaque en mémoire du colonel Gustave Filippi, qui vécut là de 1943 à 1944. Cet officier de la Légion d'Honneur est mort le 7 septembre 1944, lors des combats pour la libération de Besançon. Il appartenait au réseau de renseignements franco-suisse Micromégas.

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Cette cérémonie a été organisée par la commission Patrimoine et Partage du conseil consultatif des habitants des quartiers Chaprais/Cras et l'association Vivre aux Chaprais avec l'aide des services de la municipalité.

M. Jean-François Filippi, fils de Gustave Filippi, avait trois ans et demi lorsque son père fut tué. Il est venu depuis Toulouse où il réside (et où son père est inhumé), avec son épouse Michèle dévoiler aux côtés de madame Danièle Dard, Première Adjointe au maire de Besançon, la plaque apposée là où la famille a brièvement habité. Car il y avait alors, à la place des quatre immeubles  de la Cité Parc des Chaprais  une demeure appelée "le château" qui hébergea la famille.

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Madame Michèle Filippi (veste noire, aux côtés de la Première adjointe au maire) et monsieur Jean-françois Filippi

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M. Bernard Carré retraçant la carrière de Gustave Filippi

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Le portrait de Gaston Filippi, réalisé par M. Bernard Carré, est paru sur ce blog le 19 août 2015 (saisir le nom de Filippi dans le moteur de recherche de ce blog).

 

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Article paru dans "La Presse Bisontine" de septembre 2017.

Et par le plus grand des hasards, un autre Résistant sera honoré aux Chaprais, le samedi 9 septembre, à 10h30, 24 rue Lanchy.

Ceci à l'iniative de M. Fleutot et d'anciens membres du SOE voir ci-dessous les explications sur ce sigle).

Il s'agit de M. René Gruet qui résida dans cette maison sur laquelle une plaque en sa mémoire sera également apposée.

Mais qui était René Gruet?

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On sait peu de choses à son sujet : il occupait une maison de la rue Lanchy, au N° 24,   où il avait son atelier d’horloger et son logement.

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Il sera arrêté, le 29 octobre 1943, à son domicile, déporté à Buchenwald où il décédera le 9 février 1945, peu de temps avant la libération des camps par les forces armées soviétiques.

Son arrestation est, bien sûr, liée à ses activités clandestines contre les occupants allemands.

Il appartenait en effet à un réseau fort bien organisé, le réseau STOCKBROKER d’inspiration britannique.

En effet, dès le 19 juillet 1940, le Premier Ministre britannique Winston Churchill, avait créé un Service des Opérations Executives (SOE), c’est-à-dire des opérations spéciales. Avec mission « … de coordonner toutes les actions qui seront désormais entreprises contre l’ennemi sur le continent par le moyen de la subversion et du sabotage » nous indique M. Jean-Pierre Marandin dans son ouvrage en deux volumes, publiés chez Cêtre : Résistances 1940-1994  : A la frontière franco-suisse des hommes et des femmes en résistance.

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« Le SOE devra porter le plus grand nombre de coups à la machine de guerre allemande dans les territoires occupés ».

Et pour ce faire, des agents anglais seront formés et parachutés en Europe, en particulier en France. Ce sera le cas de ce jeune agent secret Harry Rée formé dès 1940 et parachuté du côté de Pau en avril 1943. Son objectif est alors de rejoindre Clermont Ferrand afin d’organiser le sabotage des usines Michelin qui travaillent pour l’occupant. Il y retrouve un compatriote, Brian Rafferty, lieutenant, parfaitement bilingue, arrivé dans le Puy de Dôme dès septembre 1942. Mais la ville est très surveillée, les deux hommes renoncent et partent pour le Jura où des contacts ont été noués, à Lons-le-Saunier. C’est donc ainsi que Harry Rée va voyager en Franche-Comté avec comme objectif : saboter dans le pays de Montbéliard, les usines Peugeot. Et lorsqu’il passe à Besançon, il est hébergé chez René Gruet qui travaille pour ce réseau de renseignements. Jusqu’à cette funeste journée du 29 octobre 1943.

Car il y a un traître français qui s’est infiltré dans le réseau et qui a certainement « donné » tout à la fois un réseau de cheminots résistants à Dijon et René Gruet. Le nom de ce traître ? Pierre Martin qui sera finalement abattu aux Chaprais. Nous aurons l’occasion d’en reparler….