Albert Metin fut un grand homme d'état de la III° République. Nous avions évoqué sa venue à Besançon, alors qu'il était ministre du travail et de la protection sociale pour la pose de la première pierre de la Maison de l'Agriculture, rue Delavelle dans notre quartier ( voir article et photos publiés sur ce blog le 24 janvier 2015). Il accompagnait alors le ministre de l'agriculture en titre, M.  Maurice  Raynaud, et c'était le 8 mars 1914. C'est parce qu'il est né à Besançon ( le 28 janvier 1871) et qu'il a commencé sa carrière politique dans la 2° circonscription du Doubs, qu'on qualifiait alors de "Besançon campagne"  ( qui comprenait alors les cantons d'Amancey, d'Audeux, Boussières, Marchaux, Ornans et  Quingey) qu'il est du voyage à Besançon.

 

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Cet agrégé d'histoire avait commencé ses études au lycée Victor Hugo à Besançon, puis à Louis le Grand à Paris. Il enseignait donc  (et il est  l'auteur de nombreux ouvrages scolaires) lorsque Clémenceau crée le ministère du travail en 1906 et lui demande de devenir directeur de son cabinet. Radical socialiste comme son mentor (tous deux alors les plus à gauche de ce parti), il se présente sous cette étiquette à une élection législative partielle le 12 décembre 1909 à la suite du décès du député Léon Janet  (le 24 octobre 1909 à Paris, à l'âge de 47 ans...).

 

albert metin cours d'histoire

 

 

albert metin cours de géographie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Gallica Bibliothèque Nationale de France

Soutenu par les 3 autres députés du Doubs et de nombreux conseillers généraux, Albert Métin est élu avec 6628 voix, soit  1375 de plus que ses adversaires (le candidat de droite M. Pourny est alors baptisé de "radicalo clérical"...).

Mais il doit de nouveau se soumettre au verdict des électeurs lors des élections législatives générales du 24 avril 1910. Il l'emporte aisément par 7239 voix contre 5061 à son adversaire de droite.

A noter que lors de ces mêmes élections, c'est M. Charles Beauquier (1833-1916),un bisontin,  député sortant, qui sera élu dans la 1ère circonscription à laquelle appartiennent les Chaprais. Et ce par 4106 voix, avec seulement 80 voix d'avance ! Aux Chaprais il n'y avait alors que 2 bureaux de vote :

- Chaprais garçons avec 1014 inscrits; 597 votants seulement et 297 voix pour M. Beauquier.

- Chaprais filles avec 1167 inscrits, 727 votants et 362 voix pour M. Beauquier.

 

Charles_Beauquier_1913

 Charles Beauquier en 1913

Albert Métin fut un grand ministre et nombre d'avancées sociales sont à porter à son crédit! Nous n'allons pas les énumérer ici : une conférence de M. Joseph Pinard, programmée le 5 novembre 2018, à 18h00, au Petit Kursaal, devrait répondre à votre curiosité et vos questions.

Il était un des rares hommes politiques de l'époque qui maîtrisait tout à la fois la langue allemande et anglaise!

Et c'est à ce titre qu'il est envoyé par le gouvernement, l'été 1918, pour une mission de rapprochement avec l'Australie, pays qui compte alors de nombreux soldats qui combattent dans le Nord, aux côtés des anglais et des français contre l'envahisseur allemand. Rappelons que 53 993 soldats australiens furent tués durant cette première guerre mondiale! Plus de 331 000 de leurs soldats participèrent aux combats (pour une population alors estimée à 4, 5 millions). Rappelons également l'existence d'un mémorial national australien en France, à Villers-Bretonneux. 

Mais revenons aux obsèques d'Albert Métin qui se déroulent aux Chaprais. Albert Métin est donc à San Francisco, sur le chemin de l'Australie, lorsqu'il meurt subitement à son hôtel le 16 août 1918.

Son corps rapatrié en France, un hommage national est organisé pour son enterrement à Besançon le 11 septembre 1918 (à noter qu'un seul autre bisontin d'origine a bénéficié d'un tel hommage national : Victor Hugo).

Voici ce qui est publié en page 2 du journal réputé de droite L'Eclair Comtois qui visiblement fait un compte-rendu à minimum.

"A midi le cercueil recouvert d'un drapeau tricolore avait été placé sous le hall de la gare (Viotte) transformée en chapelle ardente. Madame Métin et sa fille, M. Métin frère du défunt et les autres membres de la famille, M. Roussel, secrétaire de Métin se tiennent auprès du catafalque.

Des détachements de troupes viennent se ranger face à la gare pour rendre les honneurs..."

On remarque de nombreuses couronnes offertes par la mission australienne (à noter que la mission française en Australie que devait conduire M. Métin, arrivera le 11 septembre 1918 à Sydney...).

Puis le cortège descend l'avenue Carnot et emprunte l'avenue Fontaine-Argent. Au cimetière 5 discours seront prononcés : par M. Gaillard, ministre du travail; le marquis de Moustier en sa qualité de Président du conseil général du Doubs; M. Grosjean, sénateur; M. Reville député de Montbéliard et M. Tramu, ancien député au nom des électeurs du canton de Boussières.

Sa tombe au cimetière des Chaprais était dans un triste état : le Souvenir Français et Renaissance du Vieux Besançon l'ont donc fait restaurer et c'est au pied de cette tombe que la première adjointe au maire, Madame Danièle Dard et M. François Pinard rendirent un bel hommage à cet homme aujourd'hui un peu trop vite oublié.

 

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Tombe avant restauration

 

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Tombe après restauration

 

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 Cérémonie pour le centenaire de son inhumation

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