La semaine dernière, par deux fois, l’écrivain Guy Boley est venu à la rencontre des habitants dans notre quartier des Chaprais : tout d’abord au Café des Pratiques, puis le lendemain, au CDN en clôture du festival littéraire régional Les Petites Fugues (dont c’était la 17° édition). Ce festival a mis en lumière, grâce aux nombreuses rencontres proposées dans la région, quelques 20 auteurs, dont précisément « notre » Guy Boley.

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Dans un article publié samedi dernier sur le site de Vivre aux Chaprais, vous pourrez lire les éléments essentiels de sa biographie.

Aussi nous nous intéresserons plus particulièrement à son œuvre, en particulier à son dernier roman paru, comme le premier (« Fils du feu »), aux éditions Grasset. Ce deuxième roman publié s’intitule  « Quand Dieu boxait en amateur ». Nous découvrirons bien vite que Dieu, ici,  est son père et qu’il va nous conter sa vie. Il naît le 3 mai 1926, dans le quartier des Chaprais, près du dépôt de chemin de fer, « entre les rails et les wagons, les tenders et les tampons, dans les panaches bleutés de leurs lourdes bouzines aux déchirants sifflets » dans « un bâtiment trapu et court sur pattes qui fut jadis coquet et que tous appelaient : l’hôpital du quartier. On y faisait de tout, deuil et maternité ». C’est là d’ailleurs que son père « …mourut ainsi quasi à la verticale du lieu qui l’avait vu naître. Trois étages au-dessous, le 8 octobre 1999. »

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Ne cherchez pas cet hôpital de quartier près du dépôt de chemin de fer. Il n’a jamais existé, sinon plus bas dans le quartier, avec la clinique Saint-Vincent ; voire, au centre ville, ce pourrait être l’hôpital Saint-Jacques. Car comme l’explique l’auteur, s’il part d’éléments vécus, sans pouvoir imaginer intégralement des personnages, il s’agit bien de roman !

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D’ailleurs explique-t-il, le livre débute comme le film culte « West Side Story ». Un seul plan séquence, pour ce film, qui s’ouvre sur une vue aérienne de New York et descend progressivement sur cette cour d’immeubles d’un quartier du Bronx, où de jeunes gens claquent des doigts.

Là, tout commence par une vue aérienne de » Besançon…petite ville de l’est de la France… » pour parvenir « …dans l’un de ces quartiers d’ultime catégorie …un peu plus haut que la gare Viotte, entre la cité des Orchamps et la cité des Parcs, à la frontière du quartier des Chaprais et du dépôt, loin des vitrines et des godasses (il évoque auparavant le centre ville et les « …luxuriantes vitrines, aquariums du désir frustré où des chaussures neuves, poissons de cuir inertes sur fond de velours rouge, se contemplent par paires dans le blanc des œillets. »).

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Le dépôt SNCF et la Rotonde en 1962 (photo B. Faille site mémoirevive DR)

Son père y déroulera sa vie d’artisan laborieux travailleur du fer évoluant en même temps que les techniques et les matériaux. Vie de comédien amateur incarnant Jésus dans une passion du Christ reconstituée ; vie de boxeur amateur martelant les chairs comme il martelait le métal. C’est aussi dans ce quartier que l’auteur essuiera ses fonds de culotte à l’école des Chaprais, avant de connaître les distractions offertes par la paroisse des Chaprais avec l’association fédérant une grande part de la vie du quartier: l’Aiglon

A la lecture de ces quelques lignes, vous aurez compris combien la langue de notre auteur est flamboyante ! D’ailleurs il se laisse porter par la prosodie, par des mots nouveaux découverts dans le dictionnaire, qu’il note soigneusement dans ses petits carnets (dans son roman, il indique que c’est son père qui pratique ainsi…). Il ne conçoit pas de plan a priori et se laisse porter par la phrase qu’il déroule soudain comme des alexandrins !

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Guy Boley au CDN

Vous l’aurez compris : c’est le livre que tout chapraisien et bien sûr, au-delà, tout bisontin doit avoir lu avant la fin de l’année ! Et n’hésitez pas à l’offrir en ces périodes de fêtes !

D’ailleurs Guy Boley nous l’a promis : il reviendra ce printemps aux Chaprais, ce quartier de son enfance  qu’il a, vous l’aurez compris, beaucoup aimé.

A bientôt Guy ! Est-il utile de dire que nous attendons avec impatience la publication de son troisième roman qui sera consacré, pour clore cette trilogie, à la figure de la mère…

A noter : son premier roman, Fils du Feu, est paru en collection Folio (poche). 

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