Après un premier article publié sur ce blog le 16 novembre dernier, évoquant Madame Lucette Vernier, en photo avec sa classe de l’école de filles des Chaprais et ce,  en couverture du livre de Mme Brigitte Rochelandet « Besançon au féminin », revenons, comme promis, sur cette étude historique fort intéressante et instructive.

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Ainsi, dans un chapitre intitulé « Le premier lycée de jeunes filles de Besançon » (p.25), l’auteure indique que ce premier lycée de jeunes filles, ouvert le 1er octobre 1905 à Besançon était « …le troisième de ce genre créé en France depuis 1882. Un lycée pour filles ? Et quoi encore ? Inutile de rendre « ces créatures du diable » encore plus dangereuses pour les hommes !

Sous l’Ancien régime, l’enseignement secondaire, réservé aux garçons, resta aux mains de l’Eglise. Nul besoin d’instruire les filles en raison de leur infériorité doublée d’une incapacité intellectuelle. Nul besoin de savoir le latin ou le grec pour enfanter et tenir une maison !

Au cours des siècles, quelques voix affirmèrent le contraire et défendirent l’instruction des filles. Les élites politiques et religieuses n’en firent pas cas. Au XVIII° siècle, des philosophes insistèrent un peu. Après la Révolution, des députés souhaitèrent retirer l’enseignement au clergé et le placer sous la responsabilité de l’Etat. Théoriquement, cette sécularisation concernait les deux sexes, de l’école primaire à l’enseignement secondaire. Cependant, dès l’école primaire, les fillettes furent encore défavorisées. Pour exemple, aux Chaprais, les archives démontrent l’existence d’une école de garçons dès 1806, puis une école de filles en 1830.

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école des garçons chaprais 2

En 1874, les deux écoles étaient dans un état de vétusté tel que la ville dut intervenir. L’école de garçons eut la priorité. Les filles attendirent 1893. La différence de traitement était significative d’une injustice cautionnée par la croyance en la supériorité masculine »…..

école garçons 1839

Plan de l'ancienne école de garçons 1839

Il est vrai que, aux Chaprais,  les garçons étaient, en 1873, les plus nombreux : 175 quand les filles n’étaient que 117 (chiffres relevés dans budget primitif 1874 examiné en conseil municipal le 27 juin 1873).

école garçons chaprais 2 plan vue générale

Dans son Mémoire pour l’Amélioration des Chaprais, la société syndicale créée à cet effet, établissant un état des lieux des Chaprais dans la première moitié du XIX° siècle relevait  (p.21):

bullerin societe syndicale pour l'amélioration des chaprais

« Nous n’avions pour maison d’école qu’un vieux presbytère où résidaient maîtres et maîtresses. Le rez de chaussée était affecté aux jeunes garçons et l’étage aux petites filles ».

Cette assertion ne précise pas où se situait le vieux presbytère. Près du cimetière des Chaprais comme semble l’indiquer ce plan ? S’agirait-il de l’ancienne maison du pharmacien Dangest dans laquelle les paroissiens se réunissaient après la destruction de l’église Saint Martin des Chaprais en 1814 ? Questions auxquelles nos lecteurs pourront peut-être répondre ?

Il convient de signaler que ; par la suite, dans ce Mémoire (p.33), figure cette accusation surprenante : « …l’argent de nos impôts a été employé à faire autre chose que des améliorations aux Chaprais. Il a peut-être été enfoui quelque part, dans les arcades de la salle d’asile de Saint Claude, dans les dômes de l’Observatoire de la Bouloie ou dans les palais scolaires que la ville fait édifier sur tous les points de banlieue, Velotte compris ».

Suite à une pétition datée de 1887,  à l’initiative de cette association, la mairie répondait qu’une école de filles allait être construite aux Chaprais. Une décision du conseil municipal en date du 8 février 1888 concrétise enfin cette intention.

école de filles des Chaprais 1888

Plan école de filles 1888

Pour en revenir au livre d’histoire de Mme Brigitte Rochelandet, il comporte bien d’autres études portant sur les Sociabilités Féminines, De quelques femmes dans la ville, Travailler au féminin, La place des femmes dans la littérature et dans l’art, Enfermements et violences.

Et s’il fallait vous convaincre de tout l’intérêt de ce livre qui devrait être un cadeau intelligent en ces fêtes de fin d’année, voici donc la dernière de couverture présentant son contenu.

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Bonne lecture.

Sources : livre "Besançon au féminin" de Mme Brigitte Rochelandet (ed. Cêtre); archives municipales; site mémoirevive Besançon.

La révérence de Denis Arbey à la Cité Parc des Chaprais

Nous étions nombreux, vendredi soir 20 décembre dans la salle Jean XXIII de la paroisse de Saint Martin des Chaprais, afin d'assister à la sympathique soirée d'adieu de Denis Arbey, gardien de la Cité Parc, qui part à la retraite.

Après avoir rappelé son parcours de vie professionnelle, le Président du conseil syndical de cette co-propiété du 131 rue de Belfort n'a pas manqué de rappeler les nombreuses missions confiées à Denis dans le cadre de son travail. Et ce, pour la plus grande satisfaction des habitants qui n'ont pas manqué de le remercier.

 

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 Avant de découper les deux magnifiques gâteaux réalisés tout spécialement pour cette soirée, Denis nous a fait la surprise d'interpréter une chanson de sa composition, mise en musique par son ami Bruno Thiebaud qui l'a accompagné à l'accordéon. Un titre évocateur : "J'suis Chapraisien", comme une véritable déclaration d'attachement à notre quartier qu'il va bientôt quitter! Jugez en par les paroles reproduites ci-dessous.

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Si notre quartier te manque, tu vas encore plus manquer à notre quartier! Mais nul doute que nous aurons l'occasion de t'y croiser! C'est notre souhait le plus cher! A bientôt l'artiste!

JCG