La maison historique située aux 19/21 de la rue des Deux Princesses a été vendue à deux particuliers (voir à ce sujet l’article publié sur le site Vivre aux Chaprais, le 22 juillet 2016).

rue des 2 p vue géné

C’est l’ancienne propriétaire elle-même qui nous en a informés. De quand date cette maison ? Difficile de donner une date précise en absence de documents officiels. Elle a certainement été construite à la fin du XVIII° siècle ou au tout début du XIX°.

rue des 2 p numéros en gros

  Nous avons découvert aux archives municipales de la ville un plan géométrique d’un domaine de 117 ares 14 centiares, datant de 1826. Ce document, sous timbre royal, évoque une propriété des Deux Princesses provenant de la succession Briot.

rue des 2 p plan géométrique (entête)

Il ne comporte qu’une maison de jardinier, un puits et une citerne. Deux indications de voie y figurent : la ruelle des Chaprais et le chemin vicinal des Chaprais. Pas d’autres indications, sinon que les impôts ont été payés au notaire en 1829. Il ne semble donc pas concerner cette maison chargée d’histoire.

rue des 2 p plan géométrique complet

Cette propriété apparaît, bien sûr, sur un plan de la ville du début du XX° siècle.

rue des 2 croisement cassotte deux p

Presque en face, au 28 rue de la Cassotte,  la maison a été classée au titre des Monuments Historiques.

maison classée 1

Elle aurait été construite entre 1740 et 1760. Elle offrait un grand parc dont on peut avoir une idée avec cette vieille carte postale datant de 1912 !

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Ces deux maisons, nous disent les spécialistes,  sont de rares témoignages du bâti, hors les murs d’enceinte de la ville, à cette époque de la fin du XVIII° ou début XIX°.

rue des 2 plan croisement

La propriétaire l’avait bien compris puisqu’elle a entrepris une démarche visant à obtenir, pour la maison,  un classement en Elément Bâti à Protéger (EBP) ; sans oublier le parc ou jardin qui s’étend de la rue des deux Princesses jusqu’aux logements bordant le passage du Cheval Blanc qui relie la rue de Belfort. Il a été demandé pour ce dernier un classement en Espace Vert Protégé (EVP). Ces demandes sont en cours d’instruction.

rue des 2 p derrière avec parc

Cette ancienne propriétaire nous avait expliqué que son souhait était que ce bien de famille, dont elle a hérité, demeure un lieu de vie, et ne fasse pas l’objet d’une spéculation immobilière quelconque. Elle avait d’ailleurs entrepris, marquant ainsi sa volonté, dès l’été dernier, des travaux concernant le mur extérieur qui entoure cette propriété .

Car des projets immobiliers, il y en a eu, à notre connaissance, au moins un ! Il affichait une volonté de réhabiliter cette maison…Très bien direz-vous ! …Oui, mais de construire dans le parc « douze maisons de ville de taille moyenne et 23 places de parking en sous-sol ».

A l’origine de ce projet, une jeune SARL immobilière ayant pignon sur rue à Besançon, au capital social de 1 000 euros ! Nous ne donnerons pas son nom. Inutile de lui faire de la publicité.

Bien sûr, la demande de classement en EVP de l’espace vert de cette propriété est venue contrarier cette opération.

Souhaitons aux nouveaux propriétaires, la bienvenue dans notre quartier des Chaprais. Et n’oublions pas de remercier celle qui leur a vendu ce lieu étonnamment préservé, au milieu de tous ces immeubles d’habitation collective. Les habitants les plus proches continueront à bénéficier d’une vue imprenable sur un nid de verdure au cœur des Chaprais.

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D’où provient ce nom de rue des Deux Princesses ? Baptisée ainsi lors d’un conseil municipal du 17 décembre 1881 en même temps que 25 autres rues des Chaprais, madame Eveline TOILLON dans son livre sur les rues de Besançon précise : « Coindre (Gaston Coindre historien 1844-1914 auteur de "Mon vieux Besançon) rapporte qu’il existait dans cette rue une auberge à l’enseigne « Aux deux Princesses » tandis qu’une Description Historique et Topographique de la Route de Besançon à Belfort, datant de 1779, situe à cet endroit l’Hôtel des Trois Princesses : « C’est une jolie maison bâtie à droite, où les bourgeois de la ville vont souvent faire des parties de plaisir ».