14 juillet place LabouréeLe journal républicain Le Petit Comtois, offrait en "une", le 14 juillet 1914 un billet intitulé Opinions : La fête Nationale. On peut y lire :" Les adversaires de la République s'en vont répéter partout et sur tous les tons que la fête nationale a vécu et qu'elle va finir par tomber dans le domaine de l'oubli. Ces messieurs prennent leurs désirs pour des réalités. Aujourd'hui même, ils s'apercevront une fois de plus que leur rêve est loin, bien loin de se réaliser encore. Il est certain que cette fête n'est pas célébrée avec l'enthousiasme bruyant qui la caractérisait les premières années. Mais elle n'en reste pas moins une fête nationale à laquelle le peuple collabore. C'est la différence avec les fêtes du passé qui n'étaient que des manifestations officielles concernant la personnalité du souverain. Dans toutes les villes, toutes les communes de france, le 14 juillet sera fêté avec éclat et avec un entrain bon enfant....."

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En "une" toujours, un article concernant une journée à la Chambre (des députés, bien sûr...) où était discutée la question de l'impôt sur le revenu....et la publication des décorés pour ce 14 juillet : la Promotion Violette, c'est à dire la liste des personnes décorées dans l'Ordre des Palmes Académiques.

En page 2, dans la rubrique Besançon, on peut lire un compte-rendu de la distribution des prix au lycée victor Hugo qui se déroule à...8h00 du matin, sous la présidence du député Métin. Un certain mr. Monnot, professeur de première, fait un discours, qui se termine par ces mots : " ...L'esprit de l'enfant doit s'ouvrir à la science, comme la fleur s'épanouit à la lumière. Tout est mystère pour lui dans le vaste univers; tout, par conséquent, excite sa soif de savoir et ça ne devrait pas être une tâche ingrate que de faire comme dit Victor Hugo : Boire la petite âme à la coupe infinie.

La péroraison de ce discours est accueillie par une salve nourrie d'applaudissements."

Dans la rubrique "faits divers" on peut lire qu'une triple noyade de 3 jeunes artilleurs du Doubs s'est produite entre Chalezeule et Chalèze le dimanche précédent ( le 14 juillet 1914 est un mardi). C'est la gendarmerie des Chaprais qui avait été chargée de l'enquête. D'autant plus légitime que cette noyade s'était produite au "trou du gendarme"....Le matin même de ce dimanche, un autre jeune s'y était noyé...

quatorze juillet petit comtois 2 Enfin il nous est signalé un accident dans le tramway, dans la rame même. Un voyageur qui s'était levé au moment même où le tram redémarrait avait été désiquilibré et son bras était passé à travers une vitre....

Naturellement, vous le savez, la première guerre mondiale n'était pas encore déclenchée : ce sera 14 jours plus tard...le 28 juillet 1914.

 Les reproductions de ce journal et de la carte postale du 14 juillet place Labourée proviennent du site "Mémoire vive" de Besançon.